Sois mère ! De la biologie à la volonté…

Avec l’émancipation des femmes, la contraception et l’évolution des moeurs, la maternité n’est plus un destin mais un choix. Les progrès scientifiques bouleversent aujourd’hui la réalité biologique de la maternité. Est-on mère par l’ovule, par l’accouchement, par la volonté ? Une question à laquelle la société n’a pas fini de répondre.

Voici la phrase sur laquelle débute cet article paru sur le site Sciences Humaines et qui m’a interpellé, j’ai donc voulu le commenter pour les vendredis intellos. Vous retrouverez cet article ici.

Tourne la page ! Peut-on être sûr de ne plus vouloir d’enfants…

Nous avons accueilli, au sein de notre famille, notre troisième enfant, il y a quelques jours. Un petit ange, tout sage qui vient compléter magnifiquement notre famille. J’ai le sentiment maintenant que notre famille est au complet. Certains couples, à ce stade, prennent alors des décisions qui mettent un terme définitif à la taille de leur famille et décident de faire une ligature des trompes ou une vasectomie. J’en serais incapable. Comment peut-on être sûr un jour de ne plus avoir envie d’un autre enfant ?

Quand j’y réfléchis, je ne peux pas dire « je n’aurais plus jamais d’autres enfants », nul ne sait ce que nous réserve la vie. Cependant, après ce troisième accouchement, mon état d’esprit est différent de celui après mes accouchements précédents.

Après la naissance de Lise et Melody, j’ai été tout de suite nostalgique de la grossesse. Nostalgique de cette période d’attente où on se projette dans l’inconnu vers ce bébé. Nostalgique de cette fusion entre ce bébé et moi, qui me permet de l’avoir toujours près de moi, toujours rien que pour moi. Après la naissance, j’ai parfois continué à avoir l’impression d’avoir encore un bébé dans le ventre, de sentir ses coups, et, par réflexe je portais ma main à mon ventre. Je me souviens avoir, pour les deux, dit à mon mari que j’avais du mal à me dire que je ne serais plus jamais enceinte.

Après la naissance de Jack, je n’ai pas ressenti tout ça. Cette grossesse, un peu plus compliquée que les précédentes, s’est au final bien passée. Comme les précédentes, j’étais assez en forme, et en fin de grossesse, j’ai même pu bien me reposer. Et je crois que j’ai aimé être enceinte, sentir le bébé bouger, avoir le sentiment d’être tout pour lui jusqu’à sa naissance, savoir que je prenais soin de lui et que c’était grâce à moi qu’il grandissait bien. Pourtant, à la fin, j’avais envie que ce bébé naisse. J’ai réellement ressenti le besoin de ne plus être enceinte, de récupérer mon corps rien que pour moi. Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver la ligne, retrouver un corps de femme qui ne sert que moi, d’avoir le sentiment d’être en forme et pleine d’énergie !

Mon accouchement s’est bien passé, il n’y a eu aucune complication et les choses se sont déroulées à peu près comme je me l’imaginais. Pendant l’accouchement, et principalement avant d’avoir la péridurale, je me suis dit que c’était la dernière fois que je vivais tout ça, que je sentais les contractions. Et c’est avec soulagement que je me disais que c’était la dernière fois. Je n’ai pas envie de revivre un accouchement, l’attente, les contractions. Je n’ai pas non plus particulièrement envie d’être enceinte, d’avoir un gros ventre, etc.

Je ne sais pas ce qui fait la différence entre cette naissance et les précédentes, et pourtant j’ai bien ce sentiment d’avoir une famille au complet avec mon mari, mes deux belles princesses et mon petit prince. J’ai envie de profiter de ce petit coeur qui a déjà grandi en me disant que c’est le dernier de notre famille à passer par les différentes étapes traversées par un bébé. Une page se tourne, celle de la formation de notre famille, et une autre arrive que j’ai hâte de vivre. Et pourtant, je ne jurerais pas que je n’aurais jamais d’autres enfants. Est-ce que cela signifie que j’en voudrais un jour un autre ? Ou est-ce normal de ne pouvoir être certain de ne pas changer d’avis ?

Images : Etolane

DIY – Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 3/3 …

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Pour cette troisième grossesse, je voulais en profiter pour faire une préparation à l’accouchement un peu différente. Je me suis orientée vers la sophrologie. J’avais commencé à me renseigner, mais avec deux filles en bas âge, le travail, la maison, le temps file et je me suis retrouvée en congé maternité (5 semaines avant le terme) sans avoir rien fait ni programmé. Il était trop tard, aucune sage femme n’avait de disponibilités avant le terme, pour la préparation à l’hôpital c’était également trop tard. Je suis donc allé acheter la semaine dernière un livre : Préparation sophrologique à la naissance de Elisabeth Raoul.

Je ne vous cache pas que même pour une préparation à la naissance « Faite maison » je m’y prends trop tard. Une préparation à l’accouchement basée sur la sophrologie c’est normalement un minimum de 7 semaines. Et cela demande une pratique sur la longueur, de la réflexion personnelle, etc. Mais bon, je me dis que le peu que je ferais ce sera déjà ça de pris…

Ce livre est très bien fait. Il est découpé en 7 séances et chaque séance contient des informations théoriques (sur la sophrologie mais aussi sur la naissance) et il est accompagné d’un CD pour guider les exercices pratiques. Il est agréable à lire et il est agrémenté de témoignage de parents qui reprend leurs réactions au cours des différentes séances réellement menées par l’auteur.

Le principe de base que je retiens, en plus des techniques de relaxation, respirations, est celui de la Sophro-Acceptation Progressive (SAP). Voici la définition donnée par l’auteur :

La SAP consiste à vivre par anticipation une action, une situation à venir d’une façon positive et constructive.

A la place des projections habituellement négatives, la patiente choisit de mettre en place des scénarios de comportements ajustés. Et, volontairement, elle censure ou met en échec le négatif, en arrêtant ces pensées parisites qui représentent un frein à son épanouissement.

La SAP part du principe que l’être humain est dynamique ; il n’est pas stagnant, il change constamment. Il est capable d’un perpétuel développement et surtout il a le choix ; il n’y a pas de fatalité et l’être humain peut éviter de reproduire sans cesse les mêmes comportements négatifs.

Ceci se concrétise par des exercices pratiques où l’auteur aborde plusieurs étapes importantes de l’accouchement. Elle les décrit et les explique de manière simple, invite à s’y projeter, et explique pourquoi ces étapes ont lieu. Tout cela d’une façon très positive qui invite la lectrice à être acteur de son accouchement, à se projeter dans l’avenir, à voir le côté positif de chaque chose. Les thèmes abordés sous cet aspect sont par exemple : acceptation d’un travail long ou au contraire d’un travail très rapide, acceptation de l’utilité d’une contraction, acceptation de notre capacité d’adaptation à une perturbation, une contraction, etc.

Sans le savoir, j’avais commencé cette démarche pour ma seconde grossesse, et je crois que c’est ce qui a fait la différence. Le peu de préparation que j’aurais fait, par moi-même pour cette grossesse me sera utile je pense. Ce livre m’aide. Prise dans le tourbillon du quotidien, je n’ai pas vu filer cette grossesse. Et les moments de lectures et de pratiques piqués dans ce livre me permettent de me projeter, de mieux réaliser, mais aussi de profiter de ces dernières semaines de grossesses. Je devenais très impatiente que le bébé arrive. Et même si je le suis toujours, je profite de nos derniers moments à 4, de mes filles pour qui ça va être un grand chamboulement. Je comprends que ce temps d’attente est nécessaire et utile pour tout le monde.

Ce livre me permet également de penser à l’aspect positif des choses. J’ai toujours tendance à ne voir que les problèmes, les contraintes, à tout ce qui peut mal se passer. Mais j’ai pris conscience que l’optimisme permet d’être plus zen, mais aussi que les choses se passent mieux si on se concentre sur ce qui est positif. Et je n’applique pas cela seulement à cette grossesse et l’accouchement à venir, mais aussi à mon quotidien, à mon présent.

Je ne conseillerais peut être pas une préparation à l’accouchement « DIY » pour une première grossesse (ou peut-être en complément). Mais pour les déjà maman, qui n’ont pas le temps ou le courage d’en faire une autrement, je pense que ça ne peut être que bénéfique.

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Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 2/3 …

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Pour ma seconde fille, j’étais décidée à faire appel à une sage femme libérale pour ma préparation à l’accouchement. Je ne pouvais pas faire celle proposée par l’hôpital où j’accouchais. Elles se déroulaient pour la plupart en journée et j’ai travaillé jusqu’à 3 semaines avant le terme prévu. Je me suis renseignée sur les forums et j’ai trouvé les coordonnées d’une sage femme qui officiait dans ma ville et donc des internautes étaient contentes. Mais voilà, prise par le travail et par ma première fille, je m’y suis prise assez tard et je n’ai donc pas pu faire l’intégralité des séances de préparation à l’accouchement. Nous nous sommes donc concentrées sur 3-4 séances individuelles avec un peu de rappels théoriques et pratiques. Au cours de cette préparation, j’ai commencé à mettre le doigt sur ce qui ne s’était pas déroulé correctement pendant mon premier accouchement. Pour beaucoup, ce que j’ai appris est peut-être évident mais ça ne l’était pas pour moi.

Tout d’abord, sur la gestion de la douleur des contractions. Pour bien supporter une contraction, il ne faut pas la subir, mais l’accompagner et adapter sa respiration. J’ai compris qu’en restant complètement passive pendant les contractions, je me laissais complètement submerger par celles-ci. J’étais focalisée sur ma douleur. En bloquant ma respiration, j’asphyxiais mes muscles et c’est cela qui avait fait que je tétanise de la tête aux pieds au bout de quelques heures de contractions douloureuses.

Ensuite, sur la descente du bébé. Une fois la péridurale posée, je suis restée allongée sur le dos à ne plus bouger. Ma fille n’étant pas encore descendue, elle est restée bloquée par cette position allongée. Même si la péridurale était bien dosée (je sentais les contractions mais pas la douleur), je n’avais plus les sensations et douleurs qui auraient pu m’alerter sur le fait qu’il fallait changer de position pour bien accompagner la descente de ma fille. Le travail a donc été très long (heureusement d’ailleurs que la péridurale était là, sinon, je n’aurais pas eu l’énergie nécessaire pour la poussée). Et il s’est relancé, non pas par les piqûres d’ocytocines mais par un changement de position (sur le côté, une jambe repliée).

Enfin sur la poussée, j’avais appris à pousser en bloquant ma respiration. Cela ne m’avait pas posé de soucis particuliers, puisque j’avais quand même une poussée efficace et qu’elle n’a pas duré trop longtemps. Par contre, je n’avais pas du tout appris à ressentir mon périnée qui était très tonique, et il a donc fallu faire une épisiotomie pour laisser sortir la belle tête de ma poupée parce que je ne savais pas du tout ce que signifiait « détendre son périnée » !

Pendant l’accouchement de Melody, ces éléments théoriques et pratiques m’ont bien servi. J’ai vécu l’accouchement plus détendue, je n’ai pas été sous tension pendant toute la période sans péridurale et les contractions ne m’ont pas paru insurmontables. J’ai osé changer de position une fois la péridurale posée (et tant pis pour le monitoring qui a du être repositionné à plusieurs reprises). Et quand la péridurale a commencé à ne plus faire effet dû à un défaut de la seringue qui devait repousser le produit régulièrement, j’étais bien contente de ne pas être complètement épuisée, que le travail ait été rapide.

Je ne regrette pas ces quelques cours de préparation à l’accouchement, je me suis même fait la réflexion que s’il y avait une autre grossesse, j’en referais sûrement une autre (comme piqûre de rappel) mais peut être une différente plus axée sur la sophrologie, la relaxation…

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Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 1/3 …

Les cours de préparation à la naissance m’ont toujours paru une étape importante. Quand j’ai eu ma première fille, je n’étais pas entourée de femmes enceintes ou de jeunes mères, et la naissance, la maternité, n’était pas un sujet de conversation avec ma mère. Je ne savais donc pas trop comment se passe un accouchement que cela soit physiologiquement ou psychologiquement. Il était donc hors de question de passer outre les cours de préparation à l’accouchement.

Assez sottement (puisque déjà, je ne l’appréciais pas particulièrement), j’ai fait confiance au gynécologue qui me suivait pour me préparer à la naissance. J’ai eu des cours théoriques avec lui (et d’autres futures mères). Mais voilà, c’est un obstréticien qui accouchait des femmes dans une clinique, et moi j’accouchais à l’hôpîtal. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce médecin n’avait pas une approche très intelligente. Pendant le suivi de grossesse et les cours de préparation, j’ai bien ressenti le mépris, absolument pas caché, que ce « professionnel » éprouvait pour les hôpitaux. J’avais plus de probabilité de subir les conséquences dramatiques de ce choix, mon bébé avait plus de risque de décéder, et moi également. Tout simplement parce que :

  • les hôpitaux sont des usines à bébé (particulièrement celui où j’accouche),
  • dans la plupart des cas le médecin n’est pas présent (oui apparemment, les sages-femmes ne sont juste que des belles potiches au cours d’un accouchement),
  • les hôpitaux sont pleins d’étudiants alors qu’en clinique cela est interdit (oui mais cher ami, s’il n’y avait pas d’étudiants dans les hôpitaux, il n’y aurait plus de diplomés non ?),
  • au moindre imprévu dans la clinique, au moins, on te fait une césarienne (ça c’est l’argument de choc).
Me voilà donc bien rassurée pour vivre la naissance de ma fille dans la sérénité. Sans compter, que quand j’avais le malheur de poser une question, j’avais le droit à une réplique bien sentie « Vous n’avez pas besoin de le savoir ». J’attendais patiemment les cours pratiques avec une sage femme. Je n’ai pas été déçue non plus. Pareillement, j’accouchais à l’hôpital donc les petits euros n’ont pas fait « tilt » dans les yeux. La préparation s’est résuméeà deux séances rapides : voilà comment vous devez respirer, voilà comment vous devez pousser. Pas besoin de me préparer à supporter la douleur, puisque je voulais une péridurale.
Heureusement, que je n’étais pas du genre à anticiper le déroulement de l’accouchement, sinon je n’aurais jamais autorisé Lise à sortir de mon ventre.

Le résultat d’une telle préparation à l’accouchement est sans appel. Je ne garde absolument pas un mauvais souvenir de mon accouchement, à l’instant où ma fille est née, j’ai mis tout cela derrière moi, et les hormones m’ont tout de suite fait oublier les mauvais côté. Mais je sais que cet accouchement a été laborieux. Je n’étais pas préparée à supporter les contractions. Je suis allée à la maternité à cause de la fissure de la poche des eaux. Mais ma fille n’était pas descendue, et le col n’était pas prêt. Les contractions sont vites devenues insupportables pour moi alors qu’il fallait que j’attende patiemment que mon col soit ouvert à 4 pour avoir la péridurale. Je ne savais pas du tout comment aborder chaque contraction, soulager et accepter la douleur. A chacune d’elle, je me crispais de douleur. Le travail a été très long, tous les muscles de mon corps tétanisaient à chaque contraction (et cela a continué encore quelques temps après la pause de la péridurale).

Une fois la péridurale posée, le travail a stagné, ma fille ne descendait pas et personne ne m’avait expliqué qu’il y avait des positions qui favorisaient la descente du bébé, que parfois la descente du bébé est bloquée « physiologiquement » et qu’il fallait donc changer de position pour l’aider à descendre. J’ai donc fait « la moule » sur son rocher pendant de nombreuses heures jusqu’à ce qu’une sage femme se décide à me faire changer de position pour relancer le travail.

Cette expérience m’a motivée pour faire une préparation à l’accouchement pour ma deuxième fille. Je me suis rendue compte que j’avais loupé quelque chose à la première.

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Maman ! Comment devient-on mère…

Je ne fais pas parti des femmes qui ont attendu la maternité avec impatience depuis qu’elles sont en âge de materner leur poupée. Avant d’avoir mes propres enfants, j’ai toujours été mal à l’aise avec les enfants des autres… Comment le tenir ? Pourquoi il vient vers moi ? Ah non, c’est dégoûtant ! Pourtant je ne me suis jamais imaginée n’avoir jamais d’enfants…

Quand je suis tombée enceinte ce n’était pas par hasard, et j’étais sur un petit nuage, toujours un sourire au coin des lèvres. J’ai adoré sentir mon bébé bouger, avoir le sentiment de tout faire pour l’amener en pleine forme vers son premier pas vers l’autonomie : sa naissance. Pourtant, quand j’essayais de m’imaginer avec ce bébé une fois né, c’était le flou le plus complet. Comment allais-je faire pour m’occuper de ce petit être dépendant alors que j’étais mal à l’aise avec tous les enfants, même les plus grand ?

Le pire était quand je lisais des choses du genre : une femme devient mère dès le test de grossesse alors qu’un homme devient père après la naissance. Apparemment, je m’étais trompée de sexe, je ne me sentais pas vraiment mère pendant la grossesse et il m’a fallu du temps pour devenir mère après la naissance. Donc entendre ce genre de choses me mettaient très mal à l’aise, et je me demandais comment j’allais faire pour ne pas échouer dans ce nouveau rôle, comment j’allais rendre mon enfant heureux…

À la naissance de ma fille, j’ai bien évidemment était très émue et j’ai pris soin de ce petit bébé mais je n’avais pas l’impression d’être devenue une maman. J’ai souvent eu l’impression de ne pas être à la hauteur et de ne pas savoir quoi faire avec ce petit humain. Pour moi, le déclic s’est plutôt produit quand ma fille m’a elle-même considéré de manière particulière, comme quelqu’un qui a un rôle particulier : comme sa maman. Cela commence par des regards, des sourires, des câlins, puis ce mot magique dont ils découvrent très vite le pouvoir : maman !Je suis devenue une maman.

Ce miracle s’est reproduit une autre fois depuis, avec ma seconde fille. Et bizarrement, j’ai découvert qu’on ne devient pas maman qu’une seule fois. On est autant de maman qu’on a un enfant. Pendant ma seconde grossesse (et cette troisième en cours), j’ai eu autant de doutes, d’inquiétudes sur ma capacité à m’occuper de ce deuxième (puis troisième) enfant. Comment est-ce que j’allais pouvoir l’aimer autant que le premier ? Comment allais-je pouvoir gérer les deux (trois) ensembles ?

J’ai toujours été mal à l’aise avec l’expression : l’amour d’une mère ne se partage pas, il grandit à chaque enfant… Pour moi, c’est une sorte de fable raconté à ses enfants pour les rassurer. J’ai plutôt l’impression qu’à chaque grossesse, on ne gagne pas seulement un petit amas de cellule. C’est un nouveau lien qui se tisse entre deux êtres tous neufs : un petit bébé tout neuf et une maman toute neuve.

L’instinct maternel reste également un mystère pour moi, rien n’est inné pour moi dans ce domaine. J’apprends au fur et à mesure que mes enfants grandissent, je fais des erreurs, j’essaie de les corriger, je savoure mes succès mais l’apprentissage est long.

Images : Brennaval

Soigne-toi ! Ou comment deux patients ayant le même problème seront soignés différemments…

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous pour une échographie de contrôle et une amniocentèse suite à ma séronversion toxoplasmose (cf. Pas de panique ! et Pas de panique ! Episode 2).

Avec mon mari, nous avons bien pris conscience que deux femmes dans la même configuration que moi, prises en charge par les mêmes médecins, suivront un protocole différent. Je ne parle pas ici de soins qui seraient différents pour une raison d’argent mais de vraiment tout autre chose.

Nous sommes allés à ce rendez-vous un peu stressés par l’amniocentèse et ses conséquences. Nous avons été pris en charge par une sage femme qui nous a expliqué que par un hasardeux concours de circonstances (un premier laboratoire pas très au fait des protocoles de datation de la toxoplasmose et la perte d’un échantillon de sang), nous ne pourrions jamais être sûrs de la date à laquelle j’ai attrapée la toxoplasmose. Tout ce qui est sûr c’est que cela s’est passé autour de la date de conception. Par conséquent, nous partions sur un suivi échographique tous les mois et une amniocentèse que nous allions faire aujourd’hui.

Après cela, elle m’a posé deux questions :

  • Est-ce que la toxoplasmose me fait peur ? Ma réponse est non, j’ai bien compris qu’en début de grossesse, le bébé a peu de chance de l’avoir et que s’il l’attrape, les conséquences sont très graves et de suite visibles, en général, aux échographies. Dans mon cas, il n’y a pas de signes à l’échographie donc le pire est évité.
  • Est-ce que l’amniocentèse me fait peur ? Ma réponse est oui, avec mon mari, on se pose des questions sur ses conséquences, les risques associés et le gain attendu. Et on se pose des questions sur son utilité

Elle a donc fait venir le médecin pour en discuter avec lui. A nos diverses questions, il nous répond que :

  • le risque de perdre le bébé à cause de l’amniocentèse et le risque que le bébé soit atteint est le même. Ce qui signifie que la probabilité de perdre un bébé « sain » est assez élevé.
  • si on découvre que le toxoplasme a traversé le placenta, cela ne déclenchera pas de décision allant dans le sens d’une interruption médicale de grossesse. Cela entraînera le changement du traitement que j’ai déjà, pour un plus puissant qui passe la barrière du placenta mais qui ne nous garantira pas que le bébé sera soigné et épargné de toutes séquelles.
  • la seule chose qui peut amener à une interruption de grossesse est un signe d’atteinte visible à l’échographie. Et dans ce cas, une recherche approfondie serait faîte, il serait encore temps de faire une amniocentèse pour savoir si la toxoplasmose est à l’origine de cette anomalie.
  • aujourd’hui, le bébé est protégé par mes anticorps qui empêchent le toxoplasme de passer la barrière du placenta. Dans deux semaines, le bébé aura ses propres anticorps et pourra commencer à se défendre lui-même.
  • la France et l’Autriche sont quasiment les seuls pays au monde à mettre en place un contrôle systématique de l’immunisation à la toxoplasmose sur les femmes enceintes. Et à préconiser une amniocentèse, en cas de séroconversion, avant d’avoir un signe à l’échographie. Donc, si les risques étaient élevés, on retrouverait le même protocole que la France dans de nombreux pays.

En bref, on ne nous conseille pas particulièrement de faire l’amniocentèse.  L’amniocentèse auraient eu pour rôle de nous rassurer (ou pas, si elle avait été positive). Nous ne l’avons donc pas faîte.

Et c’est en ça que deux personnes ayant la même pathologie, et le même contexte médical (et social) ne seront pas soignés de la même façon par les mêmes équipes médicales. Si nous n’avions pas dit que nous ne nous étions pas documentés par nous même, si nous n’avions pas posé des questions, nous aurions fait cette amniocentèse et nous aurions peut-être dû en assumer les conséquences.

Cela me choque, parce que j’ai toujours pensé que les médecins, surtout dans des centres spécialisés, ne nous conseilleraient pas des actes inutiles et non anodins juste pour nous rassurer. Et pour le coup, nous n’aurions pas été plus rassurés, puisque le résultat positif ou négatif, ne nous aurait apporté aucune garantie sur l’état de santé de notre enfant.