Sois mère ! De la biologie à la volonté…

Avec l’émancipation des femmes, la contraception et l’évolution des moeurs, la maternité n’est plus un destin mais un choix. Les progrès scientifiques bouleversent aujourd’hui la réalité biologique de la maternité. Est-on mère par l’ovule, par l’accouchement, par la volonté ? Une question à laquelle la société n’a pas fini de répondre.

Voici la phrase sur laquelle débute cet article paru sur le site Sciences Humaines et qui m’a interpellé, j’ai donc voulu le commenter pour les vendredis intellos. Vous retrouverez cet article ici.

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Porte mon enfant ! Non merci, ce ne sera pas pour moi…

En France, la gestation pour autrui (c’est à dire le principe de mère porteuse) n’est pas autorisée. Mais le débat reste à l’ordre du jour et revient sans cesse sur le devant de la scène sans vraiment trouver de réponses. Je laisserai aux spécialistes de la bio-éthiques trancher le point de vue légal.

Cela ne m’a pas empêché d’y réfléchir à titre personnel. Et moi, que ferais-je si c’était légal ?

J’ai trois enfants et une famille que j’estime complète. Mon corps semble être fait pour porter des enfants puisque j’ai eu trois grossesses « faciles », et je suis encore jeune. Alors pourquoi je ne ferais pas ce don à un couple en mal d’enfants ? Je ne vais pas vous tenir en halène. Je serais tout simplement incapable de le faire, pour de multiples raisons :

  • l’attachement au cours de la grossesse : Je me souviens bien de mes trois grossesses. Au début, rien ne change. On ne se sent pas tellement différent quand on est enceinte. Puis au cours des mois, l’enfant grandit dans notre corps, mais aussi dans notre coeur, dans notre tête. Il y a des échanges qui se forment entre les parents et le bébé encore lové au creux de sa mère.
    Qu’est-ce qui fait d’adultes des parents ? On peut être mère sans avoir porté l’enfant dans son ventre. Mais peut-on ne pas être la mère d’un enfant qu’on a porté ? Personnellement, je ne pense pas que je pourrais ne pas m’attacher à un enfant lié à moi aussi intimement. On continue d’appeler « mère biologique » la génitrice d’un enfant adopté, on continue à appeler « mère porteuse » la matrice d’un enfant issu de gestation pour autrui. On continue d’être la mère de ces enfants qu’on n’élève pas. Ces enfants auront d’autres parents qui les aimeront, les élèveront, mais quoi qu’il arrive le lien avec la mère porteuse existe et est indestructible.
    Dans ces conditions, comment est-ce que je pourrais laisser partir cet enfant vers sa nouvelle famille en acceptant de ne plus décider pour lui ?
  • expliquer à ses enfants :Comment expliquer à ses enfants qu’on va porter en soi un enfant qui aura un statut différent d’eux. Comment répondre à leurs questionnements inévitables :
    • Ce ne sera pas leur frêre ou leur soeur, pourtant maman l’a porté pendant 9 mois, tout comme eux.
    • Ils n’ont certes pas les mêmes gènes (faut-ils qu’ils soient assez grands pour comprendre ce principe), mais est-ce vraiment les gènes qui font une famille ? Bien évidemment que non, l’adoption en est la preuve la plus flagrante.
    • Pourquoi mes parents ont décidé de nous garder nous et pas ce bébé là ? Est-ce qu’ils ne pourraient pas changer d’avis et nous donner nous aussi à d’autres parents ?
  • expliquer à cet enfant : si le lien a pu être conserver, comment expliquer à cet enfant que lui, on ne l’a pas gardé avec nous, qu’il était destiné à une autre famille, à d’autres parents qu’il rejette peut être dans ces phases critiques de l’adolescence ?
  • le regard des autres : la théorie voudrait qu’on fait les choses pour soi, sans se préoccuper des autres. Cependant, face à nos choix de vie, le jugement des autres est omniprésent. Je ne me sentirais pas le courage de devoir me justifier quand les gens me demanderaient si mon bébé va bien en me voyant revenir de la maternité. Devoir expliquer que ce bébé n’était pas le mien, qu’il a trouvé ses parents, et que non, ce n’est pas difficile de leur avoir fait ce don.
  • le travail : Les grossesses ralentissent la carrière des mères (dans le cas où elles ont une profession qui permet de parler de carrière). C’est un prix à payer pour avoir des enfants, mais quand c’est pour les enfants des autres ?
  • la santé : La plupart des grossesses se passent bien. Mais une grossesse comporte des risques, pour l’enfant comme pour la mère. Il y a déjà la fatigue que je devrais supporter au détriment de ma vie personnelle, de mes enfants. Et s’il m’arrivait quelque chose pendant cette grossesse, comment mes enfants pourraient comprendre que leur maman n’est plus là parce qu’elle a voulu mettre au monde un enfant qui n’aurait pas fait partie de la famille ?

Parce que je connais bien toutes les réponses que je donnerais à titre personnel à ses questions, je ne pourrais pas être une mère porteuse. Quand je relis ce que j’ai écrit, je me rends compte à quel point c’est terriblement égoïste. Mais je n’arrive pas à concevoir la possibilité de porter un enfant et d’en faire don à une famille en mal d’enfant. La seule raison envisageable pour moi d’être une mère porteuse serait de le faire pour un couple proche de moi, que je connaîtrais très bien, dont je connaîtrais les valeurs, et en gardant un contact avec cet enfant comme le ferait une marraine bienveillante.

Et vous, seriez-vous prêt à être mère porteuse, ou mari d’une mère porteuse ?

Images : Doug Anderson

un, deux, trois ! Quelle transition fut la plus difficile…

Une question revient régulièrement. Quelle situation est la plus compliquée à accepter : passer de zéro à un enfant, de un à deux ou de deux à trois ? Cela pose la question de l’équilibre vie personnelle, vie de famille.

Quand on est célibataire, toute notre attention est centré sur soi. On est le centre de son propre monde, notre vie est rythmée par nos propres besoins, nos propres contraintes.

Quand on vit en couple, c’est un premier changement. Deux personnes autonomes et auto-suffisantes doivent apprendre à vivre ensemble. Quand on vit ensemble, beaucoup de choses se font désormais en commun ou se répartissent entre l’un et l’autre. Cependant, on garde, dans la plupart des cas, la possibilité de gérer ses propres besoins si l’autre n’est pas là. On partage donc son temps entre du temps pour soi et du temps pour l’autre. La proportion entre chaque dépend de chaque couple et donc aussi la position du centre de cette nouvelle association.

Quand un bébé arrive à la maison tout ceci est bouleversé. Un enfant n’est pas autonome, il ne peut rien faire seul, il a besoin de nous. Seul, un nouveau-né ne peut pas subvenir à ses besoins les plus primaires. Quand on accueille un enfant dans son foyer, on découvre donc le fait de devoir assumer cette responsabilité. En plus d’apprendre comment répondre aux besoins de son enfant, c’est une véritable remise en cause de son quotidien. On partage donc son temps entre du temps pour soi, du temps pour l’autre parent et du temps pour le bébé. Le centre d’attention du foyer se situe quelque part entre les deux parents et l’enfant.

Pour Lise, jusqu’à ses 1 mois tout était facile pour moi. Je m’occupais de ce petit bébé, c’était encore tout neuf pour moi, et elle dormait beaucoup. Le moral était bon. Autour de ses un mois, les choses sérieuses ont commencé. Lise pleurait beaucoup la journée (parallèlement, elle a commencé à faire ses nuits). Elle ne dormait que sur moi, dès que je la posais dans son lit, elle se réveillait. Je n’avais plus un instant pour moi et la situation avait perdu l’attrait de la nouveauté, je devais accepter que c’était cela ma nouvelle vie. Le midi, je mangeais sur le pouce, parfois tard dans l’après-midi. J’ai réalisé que maintenant ce n’était plus tout le temps moi qui décidait de l’organisation de ma journée et de mes priorités. Le moral était en berne. Il m’a bien fallu 15 jours pour accepter cette situation : la perte d’une grande proportion du temps pour soi et pour son conjoint.

Quand un second bébé arrive à la maison, il n’y a pas grand chose à apprendre d’un point de vue pratique (même si chaque enfant est unique et qu’on ne cesse d’apprendre), mais le temps à consacrer aux enfants augmentent un peu plus au détriment du temps pour soi et pour son conjoint, mais dans une moindre proportion. La plus grande différence pour moi, c’est qu’avec un enfant, il y a toujours la possibilité pour un des parents d’être « libre » de son temps, ce n’est plus le cas avec deux.

Pour Melody, je n’ai pas vraiment ressenti le même choc que pour Lise. Notre attention est toujours orientée la majeur partie du temps vers les enfants. Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps pour moi, je dois avouer que ce sont plutôt les tâches ménagères qui en ont pâti.

A l’arrivée de Jack, j’ai eu bien sûr moins de temps pour moi, mais pour le moment, je n’en souffre pas. Notre organisation a changé et ma vision de tout cela aussi. Je n’ai plus beaucoup de temps où je me sens libre de toute contrainte extérieure.

Images : Robin Thunholm

Tourne la page ! Peut-on être sûr de ne plus vouloir d’enfants…

Nous avons accueilli, au sein de notre famille, notre troisième enfant, il y a quelques jours. Un petit ange, tout sage qui vient compléter magnifiquement notre famille. J’ai le sentiment maintenant que notre famille est au complet. Certains couples, à ce stade, prennent alors des décisions qui mettent un terme définitif à la taille de leur famille et décident de faire une ligature des trompes ou une vasectomie. J’en serais incapable. Comment peut-on être sûr un jour de ne plus avoir envie d’un autre enfant ?

Quand j’y réfléchis, je ne peux pas dire « je n’aurais plus jamais d’autres enfants », nul ne sait ce que nous réserve la vie. Cependant, après ce troisième accouchement, mon état d’esprit est différent de celui après mes accouchements précédents.

Après la naissance de Lise et Melody, j’ai été tout de suite nostalgique de la grossesse. Nostalgique de cette période d’attente où on se projette dans l’inconnu vers ce bébé. Nostalgique de cette fusion entre ce bébé et moi, qui me permet de l’avoir toujours près de moi, toujours rien que pour moi. Après la naissance, j’ai parfois continué à avoir l’impression d’avoir encore un bébé dans le ventre, de sentir ses coups, et, par réflexe je portais ma main à mon ventre. Je me souviens avoir, pour les deux, dit à mon mari que j’avais du mal à me dire que je ne serais plus jamais enceinte.

Après la naissance de Jack, je n’ai pas ressenti tout ça. Cette grossesse, un peu plus compliquée que les précédentes, s’est au final bien passée. Comme les précédentes, j’étais assez en forme, et en fin de grossesse, j’ai même pu bien me reposer. Et je crois que j’ai aimé être enceinte, sentir le bébé bouger, avoir le sentiment d’être tout pour lui jusqu’à sa naissance, savoir que je prenais soin de lui et que c’était grâce à moi qu’il grandissait bien. Pourtant, à la fin, j’avais envie que ce bébé naisse. J’ai réellement ressenti le besoin de ne plus être enceinte, de récupérer mon corps rien que pour moi. Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver la ligne, retrouver un corps de femme qui ne sert que moi, d’avoir le sentiment d’être en forme et pleine d’énergie !

Mon accouchement s’est bien passé, il n’y a eu aucune complication et les choses se sont déroulées à peu près comme je me l’imaginais. Pendant l’accouchement, et principalement avant d’avoir la péridurale, je me suis dit que c’était la dernière fois que je vivais tout ça, que je sentais les contractions. Et c’est avec soulagement que je me disais que c’était la dernière fois. Je n’ai pas envie de revivre un accouchement, l’attente, les contractions. Je n’ai pas non plus particulièrement envie d’être enceinte, d’avoir un gros ventre, etc.

Je ne sais pas ce qui fait la différence entre cette naissance et les précédentes, et pourtant j’ai bien ce sentiment d’avoir une famille au complet avec mon mari, mes deux belles princesses et mon petit prince. J’ai envie de profiter de ce petit coeur qui a déjà grandi en me disant que c’est le dernier de notre famille à passer par les différentes étapes traversées par un bébé. Une page se tourne, celle de la formation de notre famille, et une autre arrive que j’ai hâte de vivre. Et pourtant, je ne jurerais pas que je n’aurais jamais d’autres enfants. Est-ce que cela signifie que j’en voudrais un jour un autre ? Ou est-ce normal de ne pouvoir être certain de ne pas changer d’avis ?

Images : Etolane

DIY – Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 3/3 …

suite de Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 1/3 … et de Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 2/3 …

Pour cette troisième grossesse, je voulais en profiter pour faire une préparation à l’accouchement un peu différente. Je me suis orientée vers la sophrologie. J’avais commencé à me renseigner, mais avec deux filles en bas âge, le travail, la maison, le temps file et je me suis retrouvée en congé maternité (5 semaines avant le terme) sans avoir rien fait ni programmé. Il était trop tard, aucune sage femme n’avait de disponibilités avant le terme, pour la préparation à l’hôpital c’était également trop tard. Je suis donc allé acheter la semaine dernière un livre : Préparation sophrologique à la naissance de Elisabeth Raoul.

Je ne vous cache pas que même pour une préparation à la naissance « Faite maison » je m’y prends trop tard. Une préparation à l’accouchement basée sur la sophrologie c’est normalement un minimum de 7 semaines. Et cela demande une pratique sur la longueur, de la réflexion personnelle, etc. Mais bon, je me dis que le peu que je ferais ce sera déjà ça de pris…

Ce livre est très bien fait. Il est découpé en 7 séances et chaque séance contient des informations théoriques (sur la sophrologie mais aussi sur la naissance) et il est accompagné d’un CD pour guider les exercices pratiques. Il est agréable à lire et il est agrémenté de témoignage de parents qui reprend leurs réactions au cours des différentes séances réellement menées par l’auteur.

Le principe de base que je retiens, en plus des techniques de relaxation, respirations, est celui de la Sophro-Acceptation Progressive (SAP). Voici la définition donnée par l’auteur :

La SAP consiste à vivre par anticipation une action, une situation à venir d’une façon positive et constructive.

A la place des projections habituellement négatives, la patiente choisit de mettre en place des scénarios de comportements ajustés. Et, volontairement, elle censure ou met en échec le négatif, en arrêtant ces pensées parisites qui représentent un frein à son épanouissement.

La SAP part du principe que l’être humain est dynamique ; il n’est pas stagnant, il change constamment. Il est capable d’un perpétuel développement et surtout il a le choix ; il n’y a pas de fatalité et l’être humain peut éviter de reproduire sans cesse les mêmes comportements négatifs.

Ceci se concrétise par des exercices pratiques où l’auteur aborde plusieurs étapes importantes de l’accouchement. Elle les décrit et les explique de manière simple, invite à s’y projeter, et explique pourquoi ces étapes ont lieu. Tout cela d’une façon très positive qui invite la lectrice à être acteur de son accouchement, à se projeter dans l’avenir, à voir le côté positif de chaque chose. Les thèmes abordés sous cet aspect sont par exemple : acceptation d’un travail long ou au contraire d’un travail très rapide, acceptation de l’utilité d’une contraction, acceptation de notre capacité d’adaptation à une perturbation, une contraction, etc.

Sans le savoir, j’avais commencé cette démarche pour ma seconde grossesse, et je crois que c’est ce qui a fait la différence. Le peu de préparation que j’aurais fait, par moi-même pour cette grossesse me sera utile je pense. Ce livre m’aide. Prise dans le tourbillon du quotidien, je n’ai pas vu filer cette grossesse. Et les moments de lectures et de pratiques piqués dans ce livre me permettent de me projeter, de mieux réaliser, mais aussi de profiter de ces dernières semaines de grossesses. Je devenais très impatiente que le bébé arrive. Et même si je le suis toujours, je profite de nos derniers moments à 4, de mes filles pour qui ça va être un grand chamboulement. Je comprends que ce temps d’attente est nécessaire et utile pour tout le monde.

Ce livre me permet également de penser à l’aspect positif des choses. J’ai toujours tendance à ne voir que les problèmes, les contraintes, à tout ce qui peut mal se passer. Mais j’ai pris conscience que l’optimisme permet d’être plus zen, mais aussi que les choses se passent mieux si on se concentre sur ce qui est positif. Et je n’applique pas cela seulement à cette grossesse et l’accouchement à venir, mais aussi à mon quotidien, à mon présent.

Je ne conseillerais peut être pas une préparation à l’accouchement « DIY » pour une première grossesse (ou peut-être en complément). Mais pour les déjà maman, qui n’ont pas le temps ou le courage d’en faire une autrement, je pense que ça ne peut être que bénéfique.

Images : dizznbonn

Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 2/3 …

suite de Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 1/3 …

Pour ma seconde fille, j’étais décidée à faire appel à une sage femme libérale pour ma préparation à l’accouchement. Je ne pouvais pas faire celle proposée par l’hôpital où j’accouchais. Elles se déroulaient pour la plupart en journée et j’ai travaillé jusqu’à 3 semaines avant le terme prévu. Je me suis renseignée sur les forums et j’ai trouvé les coordonnées d’une sage femme qui officiait dans ma ville et donc des internautes étaient contentes. Mais voilà, prise par le travail et par ma première fille, je m’y suis prise assez tard et je n’ai donc pas pu faire l’intégralité des séances de préparation à l’accouchement. Nous nous sommes donc concentrées sur 3-4 séances individuelles avec un peu de rappels théoriques et pratiques. Au cours de cette préparation, j’ai commencé à mettre le doigt sur ce qui ne s’était pas déroulé correctement pendant mon premier accouchement. Pour beaucoup, ce que j’ai appris est peut-être évident mais ça ne l’était pas pour moi.

Tout d’abord, sur la gestion de la douleur des contractions. Pour bien supporter une contraction, il ne faut pas la subir, mais l’accompagner et adapter sa respiration. J’ai compris qu’en restant complètement passive pendant les contractions, je me laissais complètement submerger par celles-ci. J’étais focalisée sur ma douleur. En bloquant ma respiration, j’asphyxiais mes muscles et c’est cela qui avait fait que je tétanise de la tête aux pieds au bout de quelques heures de contractions douloureuses.

Ensuite, sur la descente du bébé. Une fois la péridurale posée, je suis restée allongée sur le dos à ne plus bouger. Ma fille n’étant pas encore descendue, elle est restée bloquée par cette position allongée. Même si la péridurale était bien dosée (je sentais les contractions mais pas la douleur), je n’avais plus les sensations et douleurs qui auraient pu m’alerter sur le fait qu’il fallait changer de position pour bien accompagner la descente de ma fille. Le travail a donc été très long (heureusement d’ailleurs que la péridurale était là, sinon, je n’aurais pas eu l’énergie nécessaire pour la poussée). Et il s’est relancé, non pas par les piqûres d’ocytocines mais par un changement de position (sur le côté, une jambe repliée).

Enfin sur la poussée, j’avais appris à pousser en bloquant ma respiration. Cela ne m’avait pas posé de soucis particuliers, puisque j’avais quand même une poussée efficace et qu’elle n’a pas duré trop longtemps. Par contre, je n’avais pas du tout appris à ressentir mon périnée qui était très tonique, et il a donc fallu faire une épisiotomie pour laisser sortir la belle tête de ma poupée parce que je ne savais pas du tout ce que signifiait « détendre son périnée » !

Pendant l’accouchement de Melody, ces éléments théoriques et pratiques m’ont bien servi. J’ai vécu l’accouchement plus détendue, je n’ai pas été sous tension pendant toute la période sans péridurale et les contractions ne m’ont pas paru insurmontables. J’ai osé changer de position une fois la péridurale posée (et tant pis pour le monitoring qui a du être repositionné à plusieurs reprises). Et quand la péridurale a commencé à ne plus faire effet dû à un défaut de la seringue qui devait repousser le produit régulièrement, j’étais bien contente de ne pas être complètement épuisée, que le travail ait été rapide.

Je ne regrette pas ces quelques cours de préparation à l’accouchement, je me suis même fait la réflexion que s’il y avait une autre grossesse, j’en referais sûrement une autre (comme piqûre de rappel) mais peut être une différente plus axée sur la sophrologie, la relaxation…

La suite : DIY – Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 3/3 …

Images : dizznbonn

Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 1/3 …

Les cours de préparation à la naissance m’ont toujours paru une étape importante. Quand j’ai eu ma première fille, je n’étais pas entourée de femmes enceintes ou de jeunes mères, et la naissance, la maternité, n’était pas un sujet de conversation avec ma mère. Je ne savais donc pas trop comment se passe un accouchement que cela soit physiologiquement ou psychologiquement. Il était donc hors de question de passer outre les cours de préparation à l’accouchement.

Assez sottement (puisque déjà, je ne l’appréciais pas particulièrement), j’ai fait confiance au gynécologue qui me suivait pour me préparer à la naissance. J’ai eu des cours théoriques avec lui (et d’autres futures mères). Mais voilà, c’est un obstréticien qui accouchait des femmes dans une clinique, et moi j’accouchais à l’hôpîtal. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce médecin n’avait pas une approche très intelligente. Pendant le suivi de grossesse et les cours de préparation, j’ai bien ressenti le mépris, absolument pas caché, que ce « professionnel » éprouvait pour les hôpitaux. J’avais plus de probabilité de subir les conséquences dramatiques de ce choix, mon bébé avait plus de risque de décéder, et moi également. Tout simplement parce que :

  • les hôpitaux sont des usines à bébé (particulièrement celui où j’accouche),
  • dans la plupart des cas le médecin n’est pas présent (oui apparemment, les sages-femmes ne sont juste que des belles potiches au cours d’un accouchement),
  • les hôpitaux sont pleins d’étudiants alors qu’en clinique cela est interdit (oui mais cher ami, s’il n’y avait pas d’étudiants dans les hôpitaux, il n’y aurait plus de diplomés non ?),
  • au moindre imprévu dans la clinique, au moins, on te fait une césarienne (ça c’est l’argument de choc).
Me voilà donc bien rassurée pour vivre la naissance de ma fille dans la sérénité. Sans compter, que quand j’avais le malheur de poser une question, j’avais le droit à une réplique bien sentie « Vous n’avez pas besoin de le savoir ». J’attendais patiemment les cours pratiques avec une sage femme. Je n’ai pas été déçue non plus. Pareillement, j’accouchais à l’hôpital donc les petits euros n’ont pas fait « tilt » dans les yeux. La préparation s’est résuméeà deux séances rapides : voilà comment vous devez respirer, voilà comment vous devez pousser. Pas besoin de me préparer à supporter la douleur, puisque je voulais une péridurale.
Heureusement, que je n’étais pas du genre à anticiper le déroulement de l’accouchement, sinon je n’aurais jamais autorisé Lise à sortir de mon ventre.

Le résultat d’une telle préparation à l’accouchement est sans appel. Je ne garde absolument pas un mauvais souvenir de mon accouchement, à l’instant où ma fille est née, j’ai mis tout cela derrière moi, et les hormones m’ont tout de suite fait oublier les mauvais côté. Mais je sais que cet accouchement a été laborieux. Je n’étais pas préparée à supporter les contractions. Je suis allée à la maternité à cause de la fissure de la poche des eaux. Mais ma fille n’était pas descendue, et le col n’était pas prêt. Les contractions sont vites devenues insupportables pour moi alors qu’il fallait que j’attende patiemment que mon col soit ouvert à 4 pour avoir la péridurale. Je ne savais pas du tout comment aborder chaque contraction, soulager et accepter la douleur. A chacune d’elle, je me crispais de douleur. Le travail a été très long, tous les muscles de mon corps tétanisaient à chaque contraction (et cela a continué encore quelques temps après la pause de la péridurale).

Une fois la péridurale posée, le travail a stagné, ma fille ne descendait pas et personne ne m’avait expliqué qu’il y avait des positions qui favorisaient la descente du bébé, que parfois la descente du bébé est bloquée « physiologiquement » et qu’il fallait donc changer de position pour l’aider à descendre. J’ai donc fait « la moule » sur son rocher pendant de nombreuses heures jusqu’à ce qu’une sage femme se décide à me faire changer de position pour relancer le travail.

Cette expérience m’a motivée pour faire une préparation à l’accouchement pour ma deuxième fille. Je me suis rendue compte que j’avais loupé quelque chose à la première.

La suite : Accouche ! Les cours de préparation à l’accouchement 2/3 …

Images : dizznbonn