Anticipe ! La loi de murphy…

Aujourd’hui, pour les vendredis intello j’ai parlé de la loi de Murphy.

On peut interpréter cette loi de deux manières : l’une, humoristique, est de prendre cette loi à la lettre, et de l’ériger en principe de pessimisme. Vue sous cet angle, la loi de Murphy est le constat, élevé au rang de principe fondamental de l’univers, que « le pire est toujours certain ». Familièrement, cette loi est aussi appelée « loi de l’emmerdement maximum » (LEM)1 ou « loi de la vexation universelle ».

L’autre vision consiste à voir la loi de Murphy comme une règle de conception : on ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout système comme si la loi était vraie. En particulier, un équipement doit être à l’épreuve, non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l’utilisateur. Elle justifie donc les principes de la conception de sûreté préconisant de planifier et d’éliminer d’emblée les possibilités de mauvaise utilisation, par exemple à l’aide de détrompeurs.

Chez moi, la loi de Murphy se décline au quotidien, voici quelques exemples :

  • Je nettoie mon salon, les enfants sont seuls à l’étage, je suis un peu juste en temps pour le repas, mais si tout va bien, ça devrait être bon. Sauf qu’au moment où je finis de nettoyer mon salon, ma deuxième fille a un accident de pipi au milieu d’une pièce remplie de jouets qui sont maintenants pleins de pipis. Je pose ma fille dans la douche, j’essaie de nettoyer rapidement pour pouvoir faire le repas, et pendant ce temps, le petit dernier fait tomber son humidificateur et je me retrouve avec 6 litres d’eau répandu dans sa chambre qui forcément n’était pas rangés : les jouets, les meubles, le linge sale qui traine par terre, les rideaux, le canapé, tout est inondé et l’humidificateur est cassé.
  • La nuit a été difficile, j’espère faire la sieste en même temps que mon fils mais impossible de le coucher dès que je m’endors il se réveille.
  • J’ai un entretien dans la journée pour mon travail, je ne trouve qu’un ensemble correct à ma taille dans ma garde robe, je le mets au dernier moment pour éviter les tâches, je dis aurevoir à mon fils qui me régurgite dessus.
  • Je suis en retard pour aller à un rendez-vous chez le docteur, je presse les enfants, je les mets tous dans la voiture, mais je ne me souviens plus si j’ai fermé la porte, je retourne vérifié, ma fille hurle pour avoir son doudou, donc je retourne à la maison le chercher, on part, je n’ai pas d’essence, je passe faire le plein, la pompe 24/24 est en panne et il y a un accident sur le trajet.
  • Je veux prendre une douche et je suis seule avec les enfants à la maison. Ils sont sages devant la télé, je m’éclipse en vitesse, au moment où je me savonnes tout le monde hurle.

etc.

La seule solution c’est d’anticiper et quand l’objectif à accomplir est important prévoir le pire pour atteindre malgré tout son but.

Et vous vous avez des exemples ?

Responsable mais pas coupable !

  • Obligation ou nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres : Décliner toute responsabilité en cas de vol.
  • Fait d’être responsable d’une fonction : Il a la responsabilité de tout un secteur.
  • Fonction, position qui donne des pouvoirs de décision, mais implique que l’on en rende compte (surtout pluriel) : Avoir des responsabilités dans un syndicat.
  • Fait pour quelque chose d’être la cause, l’origine d’un dommage : La responsabilité de l’alcool dans beaucoup d’accidents.
  • État de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute :Établir la culpabilité d’un accusé.
  • Sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

La frontière entre responsabilité et culpabilité est souvent mince, la conscience de la première pousse souvent à ressentir la seconde.

Pour en lire un peu plus, vous pouvez aller chez les Vendredis Intellos

Penser, c’est prédire !

« Les enfants explorent et comprennent le monde en calculant des probabilités bayésiennes » : pour Alison Gopnik, spécialiste mondialement connue de psychologie du développement, l’enfant est un anticipateur-né. Le bébé qui découvre le monde n’absorbe pas passivement les informations dont il est bombardé : il réalise en permanence des anticipations.

Voici le paragraphe qui m’a donné envie de commenter l’article Penser c’est prédire que j’ai pu lire sur le site de Sciences Humaines, pour les vendredis intellos. Vous trouverez mon article ici.

Informe-moi ! Les colliers d’ambre en connaissance de cause…

La société française de pédiatrie a publié un mémoire sur les colliers de dentition (le colliers d’ambre). Ce document relate une étude sur les raisons qui poussent les parents à faire porter un collier d’ambre a leur nourrisson et leur connaissance du danger encouru.

Avant toute chose, je tiens à signaler que l’échantillon de parent n’a pas de valeur statistique. Le nombre de parent interrogé n’est pas représentatif, et rien que le fait qu’ils aient accepté de répondre à des questions relatives aux colliers d’ambre montrent l’intérêt qu’ils y porte. Cet article n’a pas pour but de déterminer si les colliers d’ambre sont efficace ou si ils sont dangereux.

Vous pouvez trouver ici l’intégralité du mémoire. Mais voici son résumé :

De nombreux nourrissons portent des colliers dits de dentition dotés d’un risque d’étranglement ou d’inhalation des perles.

Objectifs. Appréhender les représentations parentales de cet usage chez le nourrisson et analyser leur perception du risque associé.

Population et méthodes. De mars à juillet 2011, au sein du service des urgences pédiatriques et de l’unité de pédiatrie générale du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, et du service de pédiatrie du centre hospitalier général (CHG) de Montauban, une fiche d’information a invité les parents à un entretien sur ce port chez leur enfant. Les entretiens ont été conduits selon un approche anthropologique  enregistrés vocalement puis retranscrits in extenso pour analyse.

Résultats. Vingt-cinq enregistrements ont été réalisés. L’âge moyen des enfants était égal à 14 +/- 7 mois, le sex-ratio à 0,8, l’âge moyen de début du port du collier égale à 4 +/- 2 mois. L’information par le vendeur sur les dangers potentiels avait très souvent été absente (92%). Les principales représentations positives étaient des vertus antalgiques et un accessoire de naissance.

Discussion. Les parents reconnaissent le caractère bénin de la poussée dentaire mais en redoutent les symptômes. A phénomène naturel réponse naturelle, ils utilisent un collier pour satisfaire à l’analogie. Le risque d’étranglement ne surpasse pas leur crainte de voir l’enfant souffrir !

Conclusion. La dangérosité liée à cet usage doit être relayée par les professionnels de la petite enfance afin de mettre un terme à toute publicité écrite ou affichée et toute vente en officine d’un article inefficace susceptible d’entraîner le décès de jeunes enfants par étranglement.

Je vous laisse lire l’article si vous voulez savoir d’où vient la tradition du collier d’ambre ou pour vous faire votre propre opinion sur le fait que le collier d’ambre servirait d’objet transitoire pour la mère pour remplacer le cordon ombilical.

Cet article permet également de rappeler la dangerosité des colliers (quels qu’ils soient), et les risque d’étranglement ou d’ingestion qu’il en découle pour les touts-petits.

Pour ma part, je n’ai pas mis de collier d’ambre à mes enfants. Pourquoi ? Justement pour le danger qu’ils représentent à mes yeux. Cela va vous paraître un peu brute, mais j’aurais l’impression de mettre une corde autour du cou de mon enfant. J’admets volontiers que les parents en manque de sommeil (et croyez moi, je sais de quoi je parle !) sont à la quête de la moindre astuce qui pourrait aider les enfants à mieux dormir. Certains vous diront que ça marche et que leurs enfants n’ont jamais souffert de leurs dents. D’autres vous diront que ce sont des superstitions. Je ne me prononcerais pas sur ce sujet et je ne pense pas que quiconque puisse avoir un avis définitif sur le sujet.

Si vous faîtes partie de ces personnes convaincues de son utilité, alors prenez soin de choisir ce collier avec précaution. Comme indiqué dans l’article, il faut que ce type de collier soit très fragile pour rompre à la moindre tension. Il faut également que les perles ne puissent pas se disperser si le collier se brise pour que l’enfant ne puisse pas avaler les perles. Et même avec tout cela, il faut être très prudent. J’ai déjà lu le témoignage d’une maman qui a retrouvé son bébé en train d’avaler le collier. Peu importe votre choix, c’est le vôtre, et il n’y a que vous pour savoir le bénéfice que vous en retirerez mais il est bien de le faire en connaissance de cause.

En conclusion, les recommandations de la société française de pédiatre sont :

  • de rappeler à l’ordre les revendeurs pour qu’ils informent de la dangerosité de ces colliers.
  • de ne pas mettre de collier à un enfant de moins de 3 ans quand il n’est pas sous surveillance directe.
  • que les professionnels de la petite enfance aient un discours clair sur ce sujet.
  • d’interdire la vente de tels colliers dans les pharmacies.

C’est ce dernier point qui m’intéresse le plus. Ce mémoire met en avant que la présence de tels colliers dans une pharmacie leur donne une caution médicale : si c’est vendu en pharmacie, c’est qu’au mieux c’est efficace, au pire c’est neutre.

Il est vrai que le discours implicite ou explicite des professionnels de santé donne une caution à certains produits qui ne sont pas forcéments si inoffensifs.

Je me souviens lors de mon premier séjour à la maternité (il y a 4 ans). Les produits mis à disposition des jeunes mamans pour les soins de leurs enfants étaient des produits d’une grande marque de produits bébés pleins de paraben (ce n’est plus le cas maintenant) alors que d’autres marques concurrentes avaient déjà compris la nocivité de cette substance pour les jeunes enfants et les avaient ôté de leur gamme nourrisson. Peu de temps après, le scandale avait éclaté, et les produits retirés des maternités. Encore une fois, le problème venait du fait que la fourniture des produits par la maternité leur donnait une caution et une garantie de qualité, d’efficacité rien que par leur présence et leur usage par des professionnels de la petite enfance.

Et vous que pensez-vous des colliers d’ambre ? En avez vous mis à vos enfants ? Vous a t’on mis en garde sur les dangers possibles ?

 

Vous pouvez retrouver cet article sur le blog des vendredis intellos

Images : Mike Bitzenhofer

Sois mère ! De la biologie à la volonté…

Avec l’émancipation des femmes, la contraception et l’évolution des moeurs, la maternité n’est plus un destin mais un choix. Les progrès scientifiques bouleversent aujourd’hui la réalité biologique de la maternité. Est-on mère par l’ovule, par l’accouchement, par la volonté ? Une question à laquelle la société n’a pas fini de répondre.

Voici la phrase sur laquelle débute cet article paru sur le site Sciences Humaines et qui m’a interpellé, j’ai donc voulu le commenter pour les vendredis intellos. Vous retrouverez cet article ici.

Garde-moi ! au masculin…

Pour les vendredis intellos, j’ai fait une petite recherche rapide sur les nounous au masculin. C’est en rédigeant mes précédents billets sur la recherche d’une nouvelle auxiliaire parentale que j’ai pris conscience que pour ma part, la nounou devait être une femme. Je n’ai aucun doute sur les compétences des hommes à bien s’occuper d’un enfant, l’aider à grandir. Mais voilà, pour moi, cela sera non quand même.

On sait désormais que les pédophiles ont tendance à chercher le contact avec les enfants. Heureusement, toutes les personnes qui recherchent le contact avec un enfant ne sont pas pédophiles. Mes enfants pourraient également tomber sur des femmes maltraitantes qui leur feraient autant de mal psychologiquement.

D’autre part, mes enfants seront forcément en contact avec des professionnels masculins de l’enfance : des médecins, des enseignants, des éducateurs, etc.

Mais comme toujours, pour prendre une telle décision, je mets en balance le bénéfice (de faire garder mon enfant par un homme) et le risque encouru. Dans ce cas précis, j’ai le choix de faire autrement, donc je le fais…

Ecoute-moi ! Observer les jeux de ses enfants…

Pour les Vendredis Intellos, j’ai partagé un article à propos d’un extrait du livre Le bébé philosophe de A. Gopnik.

Cet article m’a fait beaucoup réfléchir sur moi et mon « imagination débordante » très développée de mon enfance à mon adolescence. Mais cela pourrait faire l’objet d’un billet à part entière. Il m’a également fait réfléchir si l’imagination de mes propres enfants.

Depuis l’âge d’un an, mes deux filles ont commencé à extérioriser leur imagination. Elles jouent à longueur de journée avec toutes sortes de personnages (Playmobils, Little People, Bébés, Peluches, Doudous, etc.). Je me souviens de la première fois où on a vu Lise mimer des choses avec un playmobils. Elle avait un an et demi et le playmobil montait et descendait les escaliers… Elle a également commencé à jouer avec son bébé plutôt, mais les gestes n’étaient pas assez précis. Melody a joué au playmobil et au bébé bien plutôt vers un an, et la précision de ses gestes nous a de suite étonné (son bébé ne s’est jamais retrouvé trimballé par un pied la tête en bas).

J’aime beaucoup m’arrêter et les écouter. Peut-être parce que quand j’étais enfant, mon « imagination débordante » était raillée par mes frêres. Mais quand j’écoute mes filles raconter leurs histoires c’est avec beaucoup de tendresse et beaucoup d’attention. Ces histoires ne sont absolument pas sans queue ni tête comme mes frères avaient tendance à le penser pour moi.

J’avais déjà remarqué que les sujets débattus entre Playmobils n’étaient pas pris au hasard. Jusqu’à présent, je pensais que ces petits personnages leur permettait de revivre des scènes du quotidien pour bien les assimiler. C’est comme ça que lorsque Melody était toute petite, les playmobils ont été très violents entre eux et se faisaient souvent punir (Lise avait quand à elle des gestes malheureux envers sa petite soeur). Depuis septembre, les peluches vont souvent à l’école ou chez le docteur. Je pensais qu’elles ne faisait que reproduire la réalité sans cesse.

Mais suite à ma lecture de ce cours extrait sur la causalité et les contrefactuels, j’ai repensé à toutes mes longues observations des histoires qu’elles racontent. Je suis persuadée maintenant qu’elles ne font pas que revivre la réalité. Elles la modifient sans cesse pour observer, intégrer ce que chacune de ces modifications peut impliquer. Quand elles nous demandent d’intervenir et de jouer avec elles, c’est souvent pour éclaircir un point.

Je me souviens quand Lise voulait sans cesse qu’on joue à la maîtresse. Je faisais la maîtresse, les peluches faisaient les élèves et elle faisait le « parent ». Nous étions avec elle en plein apprentissage de la politesse, nous lui demandions de dire bonjour à la maîtresse en arrivant et au revoir en repartant. Elle a eu besoin de cette longue phase d’exploration des possibilités avec nous, dans des rôles inversés pour comprendre et assimiler ce qu’on lui demandait. Ce qui se passait entre le moment où elle déposait ses peluches à « l’école » et celui où elle les récupérait, cela ne l’intéressait pas. Elles se focalisait sur ce qu’on lui demandait nous à l’arrivée et au départ départ à l’école. Maintenant qu’elle a fait le tour de tout cela, elle ne nous sollicite plus sur ce sujet.

C’est pour cela aussi que j’aime écouter leurs histoires. Non seulement je suis bluffée par le détail, la précision et la pertinence de ce qui s’y passe, mais cela me permet aussi de comprendre leurs préoccupations et de pouvoir aborder avec eux des discussions autour d’elles. Mais en général, je n’interviens pas dans ses histoires sans qu’elles me le demandent, parce que quand je le fais, j’ai l’impression de les déranger comme si j’avais surpris des conversations qu’elles n’avaient pas forcément envie qu’on entende.

Cela me confirme également qu’il faut savoir trouver un peu de temps pour chacun de ses enfants. Parce que quand elles se racontent des histoires à deux, les thèmes abordés sont moins parlant et traitent souvent des préoccupations d’une seule d’elle. Il faut donc savoir observer ses enfants indépendamment les uns des autres pour connaître les pensées de chacun.

Ecouter les histoires de ses enfants est aussi à double tranchant, on y voit aussi ce qu’on n’aimerait pas savoir et voir. Je parle notamment de notre propre attitude et notre propre comportement. Les enfants sont très doués pour la caricature. Comment s’appelle mon blog déjà ? Je devrais me le répéter en boucle…

Et vous, aimez-vous observer les jeux de vos enfants ? Y apprenez vous des choses ?
Images : Anthony Sigalas