Garde-moi ! Choisir une auxiliaire parentale…

Quand on se met à la recherche d’une auxiliaire parentale (nounou au domicile des parents) pour la première fois, on se lance un peu dans l’inconnue. Pire, j’avais l’impression de me jeter dans la fosse aux lions. Il faut dire qu’au cours de mes congés maternités, j’ai un peu cotoyé les squares et jardins publics qui regorgent de nounous. Et parmi toutes ces nounous, il y en a peu à qui j’aurais confié mes enfants (désintérêt pour les enfants, absence de surveillance, violences verbales envers les enfants, etc.). Le premier contact par mail (voir mon précédent billet) avec certaines m’a fait froid dans le dos.

Conscient que Mary Poppins n’existait pas, nous avons tout d’abord réfléchi à ce que nous attendions d’une nounou qui viendrait garder nos enfants à domicile. Je pense que chaque parent, futurs employeurs, devrait réfléchir à ses priorités avant même de rencontrer la première nounou. Voici quelques questions qu’il faut se poser, avant de faire les entretiens :

  • Quels horaires je vais lui demander ? L’auxiliaire parentale, dans la plupart des cas, vient s’occuper de nos enfants pendant que nous allons travailler. Pour être à l’heure à notre travail, il faut donc que l’auxiliaire parentale soit ponctuelle, cela va de soit. Mais les parents ont aussi une obligation de ponctualité par rapport à leur employée. Que dirions-nous si nous devions attendre notre employeur tous les soirs pour partir et qu’il nous mettait en retard pour assumer nos responsabilités personnelles ?
    Quand nous avons nous même un certain aléas pour notre heure de retour à la maison (réunions qui ont tendance à trainer, problèmes de transports), il faut donc prévoir large dès le contrat pour les horaires de l’auxiliaire parentale. Il vaut mieux la payer pour 11h de travail dans la journée, même si dans 90% des cas vous n’avez besoin que de 10h. Pourquoi ?

    • Par respect pour la personne qu’on emploie et qui a sa propre organisation ;
    • Par confort pour notre propre organisation, avoir tout le temps l’impression d’être pris par le temps est une source de stress non négligeable ;
    • Par respect pour nos enfants, la transmission entre les parents et la nounou est un moment important. Il est important de savoir comment s’est passé la journée de nos enfants. Il est important aussi pour nos enfants de voir qu’on se préoccupe de leur journée en notre absence
  • Quelles tâches je vais lui demander ? Dans le cadre de son travail, voilà ce qu’on peut demander à une auxiliaire parentale, selon le modèle de contrat de Pajemploi :
    • Assurer la sécurité ainsi que le confort physique et moral de(s) l’enfant(s),
    • Être à l’écoute permanente de(s) l’enfant(s),
    • Accompagnements divers, promenades quotidiennes sauf si le temps ou la santé de(s) l’enfant(s) ne le permet pas,
    • Bains à la demande des parents,
    • Activités d’éveil par des jeux et lectures adaptés à l’âge de(s) l’enfant(s),
    • Petites courses liées aux besoins de l’emploi,
    • Préparation des repas suivant les consignes des parents,
    • Entretien de la chambre de(s) l’enfant(s), de la salle de bain, de la cuisine, des espaces de jeux,
    • Entretien du linge de(s) l’enfant(s): mise en route, étendage et/ou repassage d’une lessive en fonction des consignes de l’employeur,
    • Dialogue permanent avec les parents sur les points essentiels de l’éducation de(s) l’enfant(s), en particulier les informer du contenu des repas, du comportement de(s) l’enfant(s), des progrès réalisés et des difficultés éventuelles rencontrées,
    • En cas de difficulté ou d’urgence avec le ou le(s) enfant(s), prévenir en priorité les parents et prendre les mesures nécessaires (appel du Samu, des pompiers, du pédiatre, se rendre à l’hôpital…)

Certaines choses dans cette liste paraissent évidentes. On peut (doit) rajouter les autres tâches qu’on souhaite qu’elle réalise (par exemple : accompagner les enfants à l’école, à la ludothèque, préparer et donner les repas du soir…). Cependant, les tâches rajoutées doivent être en relation avec la garde d’enfant. Par exemple, on ne devrait pas demander à une auxiliaire parentale de laver, repasser les vêtements des parents, nettoyer les vitres, les pièces qui ne sont pas en relation directe avec les enfants. Il est vrai que, étant donné le coût, la tentation est grande de « rentabiliser » le temps de présence de la personne employée. Je pense qu’en tant que parent on doit se poser la question suivante : cherche-t-on une employé de maison qui en même temps garde nos enfants ou cherche-t-on une professionnelle de la petite enfance ? Les deux possibilités sont des choix honorables, c’est juste une question de compétence de la personne recrutée et de priorité pour la bon fonctionnement de la famille (on ne peut pas avoir à la fois une personne qui veillera au bien-être, à la sécurité, à l’éveil des enfants et qui vous laissera le soir en partant une maison pimpante, brillante, bien ordonnée).

  • Quelles sont mes attentes et mes espoirs par rapport à cette auxiliaire parentale : En plus de ce que je lui demande contractuellement parlant, quelles sont mes attentes et mes priorités qualitativement parlant. Les nounous ont un rôle important auprès des enfant que les autres professionnels de l’enfance (animateurs, enseignants, soignants, etc.). Ils sont responsables, en l’absence des parents, de l’éducation, de l’éveil des enfants.
    Dans une bonne partie des cas, les nounous sont plus présentes (en terme d’horaires) que les parents sur une semaine complète. Il faut donc être conscient qu’elles vont leur transmettre beaucoup de choses en terme d’éducation, de savoir vivre, de savoir être, d’apprentissages (de la parole, de la motricité, …). Il faut donc être conscient de ce qu’on attend d’elle et de nos priorités à ce niveau. Par exemple, on peut préférer qu’elle respecte le rythme de chaque enfant, plutôt que de faire des sorties tous les jours, etc.
    Cela permettra de poser les bonnes questions pour jauger les compétences de la nounou dans les domaines les plus prioritaires.
    A titre d’exemple : pour notre part nos priorités dans l’ordre sont une auxiliaire parentale qui :

    • Donne la priorité à la sécurité des enfants,
    • Se préoccupe du bien-être des enfants,
    • Parle correctement français. Cette dernière attente peut paraître farfelue. Cependant, il y a tellement de sources de mauvaise compréhension entre deux êtres humains (vous savez la fameuse différente qu’il peut y avoir entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que l’autre veut entendre, ce que l’autre entend et ce que l’autre retient…). Il y a aussi tellement de sources de frictions entre auxiliaire parentale et parents (différences de personnalités, de conception de l’éducation, malentendus financiers, problèmes de reconnaissance du travail fourni, etc.). Si on rajoute à cela des approximations linguistiques, je trouve que c’est encore plus compliqué de ne pas entrer en conflit.
    • et en bonus : qui aime cuisiner et transmettre cela aux enfants.
  • De quel budget je dispose ? Une auxiliaire parentale coûte cher. En plus de son salaire, il faut payer les charges (dont une part seulement est prise en charge par le CAF). Une partie peut être récupérée sur les impôts, mais dans ce cas, il y a un décalage d’un an pour que cela rentre en compte. Je déconseillerais de sélectionner l’auxiliaire parentale la moins cher. On lui confie quand même la vie de nos enfants (certains préciseront également notre maison, mais pour moi le risque est toujours moindre par rapport à celui pris pour nos enfants). S’il y a bien un poste sur lequel il ne faut pas faire le radin c’est bien celui là. Cependant, il faut être sûr de pouvoir payer cette nounou tous les mois. Il faut être sûr que l’auxiliaire parentale soit satisfait de son salaire et d’avoir une petite marge de manoeuvre pour pouvoir éventuellement l’augmenter si besoin. Ce serait dommage de commencer avec une personne, en être pleinement satisfait et ne pas pouvoir la garder car elle demande une augmentation (raisonnable) que vous ne pouvez pas lui accorder.

Tout cela permet de poser les bonnes questions dès le premier contact téléphonique puis en entretien. Pour les particuliers employeurs, qui n’ont pas l’habitude de recruter quelqu’un, il me parait nécessaire de préparer ces entretiens pour dissiper rapidement les mal entendus et ne pas perdre de vue ce qu’on cherche vraiment à trouver dans la personne à qui on confiera la prunelle de nos yeux.

PS : je remarque que je ne parle d’auxiliaire parentale qu’au féminin. C’est sexiste. Mais pour des raisons qui me sont personnelles, je ne pourrais pas confier mes enfants à un professionnel de la petite enfance et je m’en excuse…

Publicités

Ecoute-moi ! Observer les jeux de ses enfants…

Pour les Vendredis Intellos, j’ai partagé un article à propos d’un extrait du livre Le bébé philosophe de A. Gopnik.

Cet article m’a fait beaucoup réfléchir sur moi et mon « imagination débordante » très développée de mon enfance à mon adolescence. Mais cela pourrait faire l’objet d’un billet à part entière. Il m’a également fait réfléchir si l’imagination de mes propres enfants.

Depuis l’âge d’un an, mes deux filles ont commencé à extérioriser leur imagination. Elles jouent à longueur de journée avec toutes sortes de personnages (Playmobils, Little People, Bébés, Peluches, Doudous, etc.). Je me souviens de la première fois où on a vu Lise mimer des choses avec un playmobils. Elle avait un an et demi et le playmobil montait et descendait les escaliers… Elle a également commencé à jouer avec son bébé plutôt, mais les gestes n’étaient pas assez précis. Melody a joué au playmobil et au bébé bien plutôt vers un an, et la précision de ses gestes nous a de suite étonné (son bébé ne s’est jamais retrouvé trimballé par un pied la tête en bas).

J’aime beaucoup m’arrêter et les écouter. Peut-être parce que quand j’étais enfant, mon « imagination débordante » était raillée par mes frêres. Mais quand j’écoute mes filles raconter leurs histoires c’est avec beaucoup de tendresse et beaucoup d’attention. Ces histoires ne sont absolument pas sans queue ni tête comme mes frères avaient tendance à le penser pour moi.

J’avais déjà remarqué que les sujets débattus entre Playmobils n’étaient pas pris au hasard. Jusqu’à présent, je pensais que ces petits personnages leur permettait de revivre des scènes du quotidien pour bien les assimiler. C’est comme ça que lorsque Melody était toute petite, les playmobils ont été très violents entre eux et se faisaient souvent punir (Lise avait quand à elle des gestes malheureux envers sa petite soeur). Depuis septembre, les peluches vont souvent à l’école ou chez le docteur. Je pensais qu’elles ne faisait que reproduire la réalité sans cesse.

Mais suite à ma lecture de ce cours extrait sur la causalité et les contrefactuels, j’ai repensé à toutes mes longues observations des histoires qu’elles racontent. Je suis persuadée maintenant qu’elles ne font pas que revivre la réalité. Elles la modifient sans cesse pour observer, intégrer ce que chacune de ces modifications peut impliquer. Quand elles nous demandent d’intervenir et de jouer avec elles, c’est souvent pour éclaircir un point.

Je me souviens quand Lise voulait sans cesse qu’on joue à la maîtresse. Je faisais la maîtresse, les peluches faisaient les élèves et elle faisait le « parent ». Nous étions avec elle en plein apprentissage de la politesse, nous lui demandions de dire bonjour à la maîtresse en arrivant et au revoir en repartant. Elle a eu besoin de cette longue phase d’exploration des possibilités avec nous, dans des rôles inversés pour comprendre et assimiler ce qu’on lui demandait. Ce qui se passait entre le moment où elle déposait ses peluches à « l’école » et celui où elle les récupérait, cela ne l’intéressait pas. Elles se focalisait sur ce qu’on lui demandait nous à l’arrivée et au départ départ à l’école. Maintenant qu’elle a fait le tour de tout cela, elle ne nous sollicite plus sur ce sujet.

C’est pour cela aussi que j’aime écouter leurs histoires. Non seulement je suis bluffée par le détail, la précision et la pertinence de ce qui s’y passe, mais cela me permet aussi de comprendre leurs préoccupations et de pouvoir aborder avec eux des discussions autour d’elles. Mais en général, je n’interviens pas dans ses histoires sans qu’elles me le demandent, parce que quand je le fais, j’ai l’impression de les déranger comme si j’avais surpris des conversations qu’elles n’avaient pas forcément envie qu’on entende.

Cela me confirme également qu’il faut savoir trouver un peu de temps pour chacun de ses enfants. Parce que quand elles se racontent des histoires à deux, les thèmes abordés sont moins parlant et traitent souvent des préoccupations d’une seule d’elle. Il faut donc savoir observer ses enfants indépendamment les uns des autres pour connaître les pensées de chacun.

Ecouter les histoires de ses enfants est aussi à double tranchant, on y voit aussi ce qu’on n’aimerait pas savoir et voir. Je parle notamment de notre propre attitude et notre propre comportement. Les enfants sont très doués pour la caricature. Comment s’appelle mon blog déjà ? Je devrais me le répéter en boucle…

Et vous, aimez-vous observer les jeux de vos enfants ? Y apprenez vous des choses ?
Images : Anthony Sigalas

Supporte ta belle-mère ! Une relation conflictuelle…

Comme beaucoup de mères, j’ai une belle-mère (la mère de mon époux). Je la connais peut être mieux que beaucoup de belles-filles connaissent la leur puisque j’ai vécu quelques temps chez elle et elle a vécu quelques temps chez nous. Nous n’avons pas de relations conflictuelles. C’est sûr qu’en habitant sous le même toit, nous nous sommes sûrement plus rendues comptes de nos défauts respectifs. Ma belle-mère est venue vivre chez nous pendant un an et a gardé nos deux filles pendant ce temps. Quand est venu le temps de mettre fin à tout ça, j’ai été soulagé de retrouver mon foyer et mon intimité comme avant, mais je suis reconnaissante à ma belle-mère d’avoir pris soin de nos filles comme cela a été le cas. Je ne me suis jamais disputée avec ma belle-mère et je la vois avec plaisir.

Par contre, que cela soit dans mon entourage ou sur internet, je peux constater à quel point cette relation peut être difficile à gérer. Je crois que ça empire à l’arrivée d’un enfant. Qu’est-ce que les belles-filles reprochent à leur belle-mère ?

  • Elle est envahissante, ou pas assez présente.
  • Elle sait toujours mieux que les autres comment il faut faire pour s’occuper d’un bébé.
  • Elle préfère ses autres petits enfants qu’elle couve.
  • Elle ne s’est pas intéressée à la grossesse de leur belle-fille.
  • Elle s’accapare le bébé dès qu’elle le voit.
  • Elle réveille toujours le petit ange qui vient de s’endormir.
  • Elle veut avoir ses petits enfants à garder alors qu’ils viennent de naître ou au contraire elle ne veut pas vous les garder pour une soirée en amoureux.
  • Elle ne respecte pas vos consignes pour l’alimentation/le sommeil/l’éducation de votre enfant et n’en fait qu’à sa tête.
  • Elle dénigre sa belle-fille auprès de leur mari ou leur famille.
  • Elle ignore sa belle-fille.
Qu’est-ce que les belles-mères reprochent à leur belle-fille ?
  • Leurs petits enfants voient beaucoup plus leur autre grand-mère.
  • Elle est ingrate.
  • Elle n’écoute pas les conseils qu’on lui donne et n’en fait qu’à sa tête.
  • Elle croit tout savoir.
  • Elle monte leur fils contre elle.
  • Elle est susceptible.
Alors qui croire ? Je dirais à la fois personne et tout le monde. Tout ça est bien souvent une simple question de points de vue. Je peux être quelqu’un de très têtue et sincère, mais parfois, il vaut mieux prendre sur soi et laisser couler. Que cela soit nos parents, nos beaux-parents, nos frêres et soeurs, beaux-frêres et belles-soeurs, il est normal de ne pas être d’accord sur tout. Mais ils ne font pas partie de notre foyer, nous n’avons pas à vivre avec eux. A quel prix devons-nous essayer de les convaincre d’avoir raison ? Quelle importance d’essayer de les convaincre de penser comme nous, d’avoir une bonne opinion de nous ? C’est à chacun de répondre à cette question, mais pour moi la réponse est trouvée. Même si je suis agacée, parfois peinée par ce que disent certains, je trouve inutile de monter au créneau si je sais que je ne les ferais pas changer. Je dis ce que je pense et si c’est entendu tant mieux, sinon j’ai une très bonne capacité à ignorer les remarques et passer à autre chose. Il faut apprendre à tolérer les différences d’opinion en se disant qu’il n’y a pas une vérité, que tout est question de point de vue. Si on entre tout de suite dans le conflit et l’agressivité, cela montre à quel point en temps que jeune parent on est sur la défensive, toujours en proie au doute.

Et vous amour ou haine avec votre belle-mère ? Que lui reprochez-vous ?

Images : Source

Papa ! Comment se construit la place du père…

Avec mon mari, nous avons toujours parlé des futurs enfants que nous aurions un jour même si nous savions que ce n’était pas prévu dans l’immédiat. Je l’ai toujours trouvé plus à l’aise et naturel avec des enfants, même en bas âge, que moi. Quand je suis tombée enceinte, je n’ai donc jamais douté de sa capacité à être père et je le voyais bien tel qu’il est aujourd’hui : un papa câlin, un papa attentif, un papa qui prend soin de ses enfants, un papa protecteur.

Pendant les grossesses, je crois qu’il était comme moi, il avait du mal à s’imaginer ce que c’était d’être parents. Quand j’ai besoin d’organiser matériellement l’arrivée du futur bébé, lui préfère ne pas aller trop vite et se dire qu’il a encore le temps de voir venir ! (et il a bien souvent raison).

Et puis il y a eu la naissance. J’ai passé trois jours en tête à tête avec Lise. Trois jours que j’ai passé à m’occuper intégralement à elle : la nourrir, la câliner, apprendre à lui donner son bain, à faire les petits soins quotidiens, à comprendre ses pleurs et ses demandes. Quand le papa est venu, je n’avais pas de mal à lui confier son petit bébé à l’air tout fragile. Mais je  gardais cette relation assez exclusive entre ma fille et moi.

Une fois de retour à la maison, le papa, étant en congé paternité, devait tout naturellement s’occuper de sa fille (et il voulait le faire). Mais cela signifiait pour moi d’accepter de « lâcher un peu ma fille » après avoir passé 9 mois très exclusifs et 3 jours à la maternité tout aussi exclusifs. Je me suis rendue compte que ce n’était pas « naturel ». Si cela ne venait pas de moi, si je ne m’obligeais pas à le laisser s’occuper d’elle, je pourrais très bien rentrer dans une relation fusionnelle entre Lise et moi. J’ai pris conscience que malgré le fait que j’adorais m’occuper d’elle, il fallait que je laisse de la place à son papa.

Laisser de la place au papa, cela signifie :

  • accepter qu’il câline son enfant,
  • accepter qu’il peut le consoler aussi bien que sa maman,
  • accepter qu’il soigne son enfant,
  • accepter qu’il puisse faire les choses différemment sans les faire mal,
  • accepter qu’il puisse avoir un point de vue différent sur l’éducation et l’écouter pour trouver un compromis acceptable,
  • ne pas prendre de décision important sans lui,
  • bref, le laisser devenir le père qu’il a envie d’être et non le père qu’on a envie qu’il soit.
Lors de la naissance de Melody, j’ai eu le même réflexe que pour Lise qui était de vouloir la garder pour moi. Tout ça me fait penser qu’il n’est pas juste de reprocher uniquement au père de ne pas prendre la place qu’il devrait. Il faut évidemment que le papa ait envie de trouver sa place, mais la mère a un rôle important à jouer en lui laissant de la place et pas forcément celle qui l’arrange… Régulièrement, je me rappelle intérieurement à l’ordre pour ne pas intervenir parce que les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite.

Images : Christopher Allison

Calme toi !

Cette semaine, j’ai pris la décision de ne plus m’énerver contre mes filles (la petite n’a pas à se plaindre pour le moment) et d’essayer d’être plus zen.

Je me suis rendue compte que je criais trop souvent pour me faire entendre. Je me suis rendue compte que Lise et Melody criaient trop souvent pour se faire entendre.
C’est là tout le sens de mère modèle pour moi. Non pas comme la mère idéale, celle que chaque femme aimerait être, mais plutôt la mère en tant que modèle pour ses enfants (d’ailleurs, ça marche pour le père aussi et pour toute personne que l’enfant côtoie et apprécie beaucoup).
Il faut bien que je comprenne une fois pour toute que mes enfants passent beaucoup de temps à m’observer et à calquer leurs propres comportements sur le mien. Donc si elles  sont colériques ce n’est pas pour rien. Jusqu’à présent, je me disais que je n’y pouvais rien, mais bien sûr que si, je peux leur montrer un meilleur exemple !

Le pire, c’est que dans mon travail, j’ai appris à maîtriser mes sentiments, mes émotions et mes énervements. Il y a 10 ans, la fougue du débutant ne m’aidant pas beaucoup, j’étais très impulsive, très émotive et très « transparente » sur mon opinion des autres. Dès que je n’étais pas d’accord sur ce que mon interlocuteur pouvait dire ou faire, je réagissais, exprimais le fond de ma pensée (Non, on ne dit pas à un client ou à un responsable « Pauv’con, ton idée est vraiment débile, rentre chez toi et laisse moi faire! »). Et avec l’expérience, j’ai appris :

  • à écouter mon interlocuteur jusqu’au bout avant de réagir (et vraiment écouter, comprendre et non juste attendre qu’il ait fini de parler).
  • à calmer mes émotions et ma tempête intérieure avant d’exposer mes arguments.
  • à m’adapter à la personnalité de l’autre pour adapter mes méthodes de communication. Il y a de s d’obtenir ce qu’on veut, et la manière douce, la manipulation est souvent la meilleure. Certains préfèreront une réponse directe et sans fioritures, d’autres préfèrent avoir le sentiment d’avoir trouver eux-mêmes la solution, etc.

Biensûr, j’entends par manipuler : manier, manoeuvrer avec soin » et non sa définition péjorative qui consiste à agir avec malveillance pour atteindre son objectif.

  • à me laisser convaincre par le point de vue différent des autres.

Je fais donc cela tous les jours pour mon travail, et je ne serais pas capable de faire ça dans mon propre foyer ? Voilà un comble. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait que j’applique ces mêmes principes (écoute, maîtrise de soi, adaptabilité, communication) à mes enfants. (Et il m’aura fallu plus de 2 ans et demi pour ça !).

Je ne sais pas combien de temps mes bonnes résolutions vont tenir, mais pour le moment je suis motivée, et je vais bientôt adhérer aux Colériques Anonymes.