Garde-moi ! Finalement, on rempile…

Comme je le disais dans mon précédent article, nous avons eu une déconvenue avec notre auxiliaire parentale. Le mois écoulé a été très intense : stress, fatigue, maladies. Un très mauvais cocktail. Pour moi. Nous avons encore une fois vérifié que la vie n’est faite que de compromis.

Au final, nous avons repris une auxiliaire parentale jusqu’en septembre. Et je vais accepter la promotion qui se présente à moi. Cela nous a valu beaucoup de nuits blanches, de questionnements. Ce qui a pesé dans la balance c’est :

  • Jack a très bien accepté la reprise avec la nounou (celle qui s’en allait). Il était triste le matin, mais il acceptait que je parte,
  • Le soir, en rentrant du travail, les enfants étaient zen, calmes,
  • Une auxiliaire parentale nous a été conseillé et semblait être la meilleure auxiliaire parentale qu’on puisse trouver dans un délai aussi court,
  • Nous n’avions aucun espoir d’avoir une place en crèche,
  • Nous n’avions aucune assistante maternelle qui accepte de travailler jusqu’à 19h et d’avoir un contrat de 8 mois seulement.

J’espère que nous ne regretterons pas notre choix, et que nous allons pouvoir souffler… Jusqu’en septembre

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Garde-moi! La solution miracle pour ne pas avoir de problèmes de nounou…

Au niveau de la garde d’enfant, j’ai un peu l’impression d’avoir toujours fait les mauvais choix. Il y a eu :

Hormis le manque de chance, pour chacunes d’elles nous avons dû fermer les yeux sur certaines choses, faire des compromis.

Donc ma deuxième auxiliaire parentale a arrêté de travailler début juillet. Parce qu’elle nous avait promis à multiples reprises qu’elle reprendrait le travail ensuite, que jamais elle ne s’arrêterait de travailler,nous avions décidé que je prendrais un congé parental le temps de son congé maternité. L’idée était de perturber le moins possible nos enfants, qu’ils gardent leur rythme, leurs habitudes, qu’ils n’aient pas à s’adapter à une nouvelle personne.

Quand elle nous a annoncé, 1 mois avant sa reprise qu’elle était en arrêt maladie 1 mois de plus, j’ai pu prolonger un peu mon congé parental, et mes parents nous ont gardé les enfants 2 semaines. Elle nous avait garanti que cela ne changeait pas sa motivation à revenir travailler, il n’y aurait plus de contre temps. 1 mois avant sa reprise, 2 semaines avant sa reprise, je lui ai redemandé si elle était sûre de reprendre, et que surtout, au moindre doute, elle nous appelle pour qu’on chercher une solution « au cas où ». Mais à chaque fois, aucun doute n’a été exprimée, elle m’a garantie qu’elle revenait travailler, c’était sûr et certain.

Comme annoncé, elle est revenu travailler lundi. Mais elle nous a également annoncé le matin de sa reprise qu’elle démissionnait et que dans 15 jours, nous nous retrouvions sans solution de garde pour mes enfants. Je suis vraiment sous le choc :

  • je suis choquée parce que je ne m’y attendais pas, je l’avais encore eu au téléphone le vendredi précédent.
  • je suis choquée d’imposer à mon fils de 2 ans, qui a un peu du mal à se séparer de nous, de devoir s’adapter à sa nounou pendant 2 semaines pour mieux s’en séparer et de devoir tout recommencer par la suite.
  • je suis choquée de devoir demander à mes parents, à mon beau-frêre de nous dépanner le temps qu’on trouve une solution acceptable.
  • je suis choquée que la loi ne nous donne que 2 semaines pour nous retourner. On parle bien d’enfants, même de bébés, pas d’objets qu’on confie à n’importe qui.

J’en veux à ma nourrice, même si elle ne fait que respecter son droit, et qu’elle ne voit pas dans la situation dans laquelle elle nous met. Je m’en veux à moi aussi, car la solution aurait été de m’arrêter dès le début de son congé maternité jusqu’à la rentrée à l’école de mon fils.

En attendant, les options qui s’offrent à nous sont :

  • de prendre une assistante maternelle pour notre fils, et mettre nos filles à la cantine et à la garderie,
  • de prendre une auxiliaire parentale pour les trois,
  • de mettre notre fils en crèche et nos filles à la cantine et à la garderie (ah non, en fait, la crèche c’est presque impossible),
  • que mon mari s’arrête à son tour (il voudrait bien, mais la différence de salaire est beaucoup trop importante),
  • que je m’arrête à nouveau, refuse une promotion que mon chef me propose, fasse une croix sur ma boite actuelle auprès de laquelle je n’ai plus aucune crédibilité.

Les deux premières solutions sont l’annonce d’autant d’embûches que ce que nous avons déjà vécu, on n’aura aucune garantie que cela se passe bien, aucune garantie d’avoir encore des contre-temps.

Je ne sais pas encore ce que nous allons faire. Mais ce qui est sûr, c’est que pour le bien être de nos enfants les deux dernières solutions sont les meilleures…

Comme promis, voilà la solution miracle pour ne pas avoir des problèmes de garde pour ses enfants : il ne faut pas travailler

Travailler ou ne pas travailler ! Mon équilibre instable…

Portrait de Famille

Avant d’avoir des enfants, mon choix a toujours été clair. Jamais je n’arrêterais de travailler. J’ai été formaté dans ce sens par ma mère qui regrette encore aujourd’hui (de manière plus ou moins rationnelle) son choix de s’être arrêté de travailler. Depuis que je suis petite, elle m’a rabâché qu’il ne fallait jamais s’arrêter sinon on était dépendante à vie de son mari (il est si terrible que ça mon père ?) et que s’il lui arrivait quelque chose elle se retrouverait sans rien, qu’une femme devait bosser deux fois plus qu’un homme pour avoir la même chose, etc.

Puis Lise est arrivée, et je n’ai pas changé d’avis. Le congé maternité a été beaucoup de stress pour moi, beaucoup d’ennui. Je ne sortais pas beaucoup de la maison, je ne voyais personne, je ne mangeais pas beaucoup non plus pendant les repas, préférant le grignotage (quel intérêt de se faire à manger juste pour une personne). Je suis repartie au travail après le congé maternité (sachant que j’ai bénéficié des 3 semaines de report du congé prénatal en congé postnatal).

Puis Melody est arrivée, j’ai gardé Lise pendant le congé maternité. Garder les deux étaient très stressant. Lise (19 mois) commençait sa phase où elle ne mangeait pas grand chose, les repas était un stress, et elle éprouvait beaucoup de jalousie envers Melody donc je n’avais pas beaucoup de répit. Encore une fois, je suis repartie au travail après le congé maternité (toujours avec mes 3 semaines de report et 3 semaines de congés payés en plus). Ma belle-mère gardant les enfants, Je suis retournée travailler au 4/5ème pour qu’elle puisse avoir des week-ends de 3 jours. Je n’aurais pas eu envie de m’arrêter plus longtemps.

Puis Jack est arrivée, Lise étant rentré à l’école, nous avions une auxiliaire parentale pour les deux filles. J’ai donc eu un congé maternité de 6 mois très tranquille puisque j’étais en congé maternité et mes filles étaient gardées, chez moi, mais gardées 4 jours dans la semaine. D’un côté, je ne sais pas comment on aurait fait autrement étant donné tous les rendez-vous à l’hôpital où Jack a dû aller à cause de la toxoplasmose et toutes les visites chez le médecin pour les soucis de début d’hiver pour les trois (pendant 2 mois, le médecin des enfants nous a vu 2 fois par semaine, pour l’un ou pour l’autre).

A la reprise, je suis à nouveau reparti en 4/5ème. Tous les mercredis, j’étais seule avec les 3 et j’avais un peu l’impression d’être débordée, de ne pas m’en sortir. Puis nous avons déménagé, nous sommes passé d’un appartement à une maison avec jardin, d’une très grosse ville à une ville de taille moyenne, et j’ai apprécié mes mercredis. Je ne me voyais pas repartir à temps plein.

Et puis, une nouvelle surprise a bouleversé ce rythme qui nous allait si bien : notre auxiliaire parentale est tombé enceinte, elle partait en congé maternité pour 3 mois et demi (avec en prime un arrêt maladie un mois avant). Nous avons pensé à la remplacer, mais le surcoût nous a fait envisagé que je m’arrête pendant ce temps et c’est ce que nous avons décidé de faire. Je me retrouve donc actuellement en congé parental. J’appréhendais cette période avec beaucoup d’angoisse, avec la peur de ne pas y arriver, de ne pas savoir apprécier cette pause qui est en fait une vrai opportunité.

Finalement, j’ai des regrets. Non pas de m’être arrêtée mais de m’être engagée à retourner au travail après ce petit intermède. J’avais déjà beaucoup d’interrogation sur le sujet, mais elles ne font que se confirmer. Comment en est-on arrivé à une société qui considère que l’idéal pour nos enfants est d’être gardé à l’extérieur du foyer pendant que leurs parents travaillent ? Je ne remets pas en cause le fait que les parents qui le souhaitent puissent travailler et faire garder leurs enfants. Ce que je me demande c’est si c’est vraiment le bon modèle, si c’est vraiment le modèle qui doit être promu et facilité ? Chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut. Mais on voit clairement que ce qui est valorisé en France c’est d’avoir des parents qui travaillent et des enfants qui sont gardés, en priorité en crèche.

Je constate avec mes enfants que leur vie est moins stressante, ils sont plus posés. Il y a moins de caprices et je sais beaucoup mieux les gérer parce que je les connais mieux. Je peux faire beaucoup plus de choses. Je vis dans une maison plus propre, mieux rangée, mieux aménagée. Le papa aussi a l’esprit plus tranquille. Le constat serait le même si c’était lui qui s’était arrêté.

J’ai l’impression de profiter de la vie, d’avoir plus de temps, de moins courir. Souvent, je prends conscience de ce que je n’aurais pas vu, pas entendu si j’étais au travail. J’ai l’impression d’avoir plus de temps où je peux profiter d’un de mes enfants en particulier mais aussi de les observer dans leur complicité, leurs interactions.

On a beau avoir de super nounous, je me demande si la plupart des enfants ne seraient pas mieux gardés par un de leur parent. Malgré ma conviction, et à moins d’un ultime rebondissement, je vais retourner au travail. Je ne culpabiliserai pourtant pas, mais je sais désormais que j’aurais très bien pu faire un choix différent bénéfique pour tous : m’arrêter jusqu’à ce que Jack entre à l’école. Les conditions financières ne l’auraient pas permises (justement parce qu’on vit dans une société qui dans mon cas me pousse à aller travailler) mais nous aurions tous apprécié la situation.

Images : By Eric Ward [CC-BY-SA-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Porte-moi ! 5 ans après…

Après 3 enfants, et le petit dernier qui va atteindre les 2 ans, on est peu à peu en train de quitter la phase de la petite enfance. Je fais donc naturellement un peu le bilan sur les bons et mauvais plans avec des enfants.

Il y a 2 ans, j’avais écrit un article sur les porte bébé que nous avions utilisé Porte moi ! Mon expérience des porte-bébés… Depuis, nous avons un enfant de plus et un porte bébé en plus. Non pas le Tonga comme pressentie lors de mon précédent article mais un ring sling similaire à celui en photo (la couleur diffère).

Finalement, à la naissance de Jack nous avons utilisé deux porte-bébés en alternance.

L’ergobaby a été longuement utilisé pour les longues ballades. Nous sommes allés notamment plusieurs fois à Disneyland Paris avec les trois enfants entre les 3 mois et les 1 an de Jack. Pour Jack, je l’ai préféré au mei tai. Notamment, parce qu’avec 2 autres enfants, j’étais souvent pressé pour mettre Jack dans le porte bébé, et il est plus difficile de mal mettre un ergobaby qui reste bien réglé d’une utilisation à l’autre qu’un porte bébé noué.

Il a été également beaucoup utilisé pour les déplacements à pied seule avec les 3. Jack y dormait comme un loir. Depuis ses un an, nous ne l’utilisons vraiment plus que très ponctuellement pour plusieurs raisons :

  • Jack marche donc pour les petits trajets, il utilise ses petites jambes…
  • Nous vivons dans une plus petite ville, ce qui signifie moins de trajets à pied, plus de trajets en voiture…

Mais j’étais bien contente de l’avoir pour nos vacances à la plage. J’ai pu ainsi faire de grandes ballades d’une heure, sur la plage  avec Jack dans le dos. Nous avons tous les deux beaucoup apprécié.

Notre nounou a utilisé l’ergobaby 2 fois par jour pour faire les trajets école – maison avec les 3.

Le ring sling a été également beaucoup utilisé, mais par moi principalement. Pour tous les petits trajets à pied, mais également pour avoir les mains libres à la maison. C’est un achat que je ne regrette pas. Et il ne m’a pas servi uniquement de porte bébé. Il m’a également servi de nombreuses fois comme harnais de secours dans les chaises hautes de restaurant sans harnais, dans les caddies. Il m’a également servi de pare soleil pour la poussette, de couverture d’appoint et pour isoler Jack de la lumière quand il faisait sa sieste ou le début de sa nuit dans sa poussette.

L’installation de Jack dans ce porte bébé m’a demandé un peu d’entraînement, pour ne pas avoir mal à l’épaule qui porte et pour serrer suffisamment le porte bébé pour que le portage soit confortable pour nous deux.

C’est un achat que je ne regrette pas.

Jack a donc été beaucoup porté au cours de sa première année. La poussette était plutôt le domaine de Melody. Du coup, j’ai du investir dans une veste de portage. J’ai pris une veste hiver mamaponcho (doublée en polaire) qui permet un portage sur le ventre, sur le côté et sur le dos. C’était un investissement couteux mais vraiment indispensable. Par contre, j’aurais deux reproches à lui faire :

  • je n’ai jamais réussi à installer mon enfant seule dans le dos sous cette veste
  • quand l’enfant est tout petit, il est impossible de lui faire passer la tête dans le trou prévu à cet effet.

Pour le reste, son côté imperméable, les deux capuches, la doublure en polaire m’ont vraiment permis de porter Jack confortablement tout l’hiver.

En conclusion, porter mes enfants aura été un vrai plaisir (et ça le reste encore même si ça devient rare). Mais cela aura été aussi indispensable pour notre vie citadine avec trois enfants d’âge proche. On a pu ainsi se passer de poussette double, et sortir beaucoup plus. Le portage à la maison m’a permis de temps en temps de me sentir moins esclave, de les calmer tout en continuant à faire autre chose.

Travailler ou ne pas travailler ! Le libre choix…

Travaillant au 4/5ème depuis la naissance de Melody, je perçois deux aides de la CAF :

  • Le complément Libre Choix du Mode de Garde : qui regroupe des aides pour faire garder mes enfants
  • Le complément Libre Choix d’Activité : qui fournit un complément de salaire qui a pour objectif de permettre aux parents de diminuer ou arrêter leur activité pendant un certain temps (qui dépend du nombre d’enfant à charge.

Je me suis demandée si ce « Libre Choix » existait vraiment.

Action de choisir, prendre quelqu’un, quelque chose de préférence à un(e) ou plusieurs autres.

Qui n’est pas soumis à une ou plusieurs contraintes extérieures.

Le libre choix serait donc la possibilité de choisir entre différentes options sans contraintes extérieures.

Quand on doit choisir entre travailler ou pas, comment faire garder ses enfants, il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont vraiment un Libre Choix.

Travailler ou ne pas travailler

Les contraintes qui se posent à nous quand on a des enfants et qu’on décide de travailler ou pas sont les mêmes qui vont inciter certains à travailler et d’autres à garder leurs enfants, on peut citer:

  • éducative :
    Chaque parent a une vision personnelle de l’éducation de leurs enfants. Si on a des exigences particulières, il est possible que l’offre de garde de permette pas de répondre à ses exigences.
  • sociale :
    Qu’il soit familial, communautaire ou professionnel, les personnes extérieures au foyer exposent un modèle auquel on est obligé de porter attention. Les attentes de ces personnes influent forcément sur notre choix que cela soit par un désir de rester conforme à leurs attentes ou de s’y opposer.
  • financière :
    Vraiment très peu de personnes n’ont aucune contrainte financière qui leur permette librement de travailler ou de ne pas travailler.

Les compléments libre choix du mode de garde et d’activité (mais aussi le crédit d’impôt lié à la garde d’enfants) doivent être un levier pour supprimer cette dernière contrainte. Cependant, ils peuvent aussi orienter fortement le choix de travailler ou de ne pas travailler. Il serait beaucoup trop simpliste de dire que les bas salaires sont incités à rester à la maison et les hauts salaires à aller travailler, le calcul est beaucoup plus complexe que ça et dépend également du mode de garde, du nombre d’enfants et des revenus globaux du foyer. Tout ce que je peux dire, c’est que dans mon cas (j’ai un salaire au dessus du salaire médian, 3 enfants), le plus intéressant financièrement serait d’avoir une place en crèche au 4/5ème (et évidemment de travailler au 4/5ème). Je connais des femmes avec des petits salaires qui financièrement ne peuvent pas retourner au travail. Je connais également des femmes avec des petits salaires qui sont obligés de travailler.

Sauf dans le cas de quelques minorités, ce libre choix d’activité est une vue de l’esprit.

Crèche, Assistante Maternelle, Garde à domicile

Les trois principaux modes de gardes ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Les éléments dans la balance sont :

  • le respect des rythmes de l’enfant,
  • le respect des choix des parents,
  • la sociabiliation,
  • la confiance dans le système et dans les personnes impliqués dans la garde des enfants,
  • les horaires,
  • le coût financier.

Idéalement, on pourrait faire un tableau qui met en regard ces éléments et les différents modes de gardes et faire un choix libre et éclairé en fonction des avantages et inconvénients de chaque mode de garde. La première condition serait d’avoir le choix, mais pour de multiples raisons, les choix peuvent être limités :

  • existence du choix :
    Rares sont les parents qui peuvent librement choisir entre ces trois modes de gardes. Souvent c’est la place en crèche qui n’est pas disponible mais parfois dans certaines régions c’est l’assistante maternelle ou la garde à domicile qui est difficile à trouver.
  • les horaires :
    Pour les parent qui ont des horaires spécifiques (travail de nuit par exemple), la crèche peut être exclue quasiment d’office. L’assistante maternelle peut être également difficile à trouver.
  • le coût financier :
    La garde à domicile est rarement, financièrement intéressante. Peu de gens peuvent se le permettre, et le seul élément qui permet de faire peser la balance en sa faveur est le nombre d’enfants à garder.

Les autres éléments que j’ai cité précédemment : respect du rythme des enfants, respect des choix des parents, sociabilisation, confiance, dépendent finalement peu du mode de garde mais plus des individus et organisations à notre disposition.

Le complément libre choix du mode de garde doit permettre de diminuer les contraintes financières. Mais il faudrait pour cela que tous les modes de gardes aient le même coût final. Ce qui n’est pas du tout le cas et me semble impossible. Les tarifs des crèches aidées par la CAF sont encadrés. Les tarifs des assistantes maternelles sont plafonnées si les parents veulent percevoir les aides de la CAF, mais une partie de la rémunération n’entrent pas dans le calcul (frais d’entretien et de repas). Les tarifs des garde à domicile sont libres et dépendent de la loi de l’offre et de la demande. Même l’aide de la CAF est différente. Ainsi quand on emploie une assistante maternelle, toutes les charges sont payées par la CAF et on perçoit un complément par enfant gardée. Alors que quand on emploie une garde à domicile, au maximum 50% des charges sont payées par la CAF et on ne perçoit qu’un complément par foyer (quelque soit le nombre d’enfants gardés).

Il me semble donc que le libre choix du mode de garde est également une vue de l’esprit.

J’aimerais bien savoir si une étude a déjà été faite sur l’utilité de ces dispositifs et si ils permettent vraiment de résoudre les problématiques pour lesquelles ils ont été mise en place.

Dans mon cas personnel, ces aides m’ont incité à me mettre au 4/5ème à l’arrivée de Melody. Ces aides m’ont également incité à m’arrêter complètement pendant 4 mois, pendant le congé maternité de ma nounou actuelle. Mon choix aurait été différent si ces aides n’existaient pas et si j’avais eu réellement le choix de mon mode de garde.

Images : Duncan Hull

Garde-moi ! au masculin…

Pour les vendredis intellos, j’ai fait une petite recherche rapide sur les nounous au masculin. C’est en rédigeant mes précédents billets sur la recherche d’une nouvelle auxiliaire parentale que j’ai pris conscience que pour ma part, la nounou devait être une femme. Je n’ai aucun doute sur les compétences des hommes à bien s’occuper d’un enfant, l’aider à grandir. Mais voilà, pour moi, cela sera non quand même.

On sait désormais que les pédophiles ont tendance à chercher le contact avec les enfants. Heureusement, toutes les personnes qui recherchent le contact avec un enfant ne sont pas pédophiles. Mes enfants pourraient également tomber sur des femmes maltraitantes qui leur feraient autant de mal psychologiquement.

D’autre part, mes enfants seront forcément en contact avec des professionnels masculins de l’enfance : des médecins, des enseignants, des éducateurs, etc.

Mais comme toujours, pour prendre une telle décision, je mets en balance le bénéfice (de faire garder mon enfant par un homme) et le risque encouru. Dans ce cas précis, j’ai le choix de faire autrement, donc je le fais…

Garde-moi ! Choisir une auxiliaire parentale…

Quand on se met à la recherche d’une auxiliaire parentale (nounou au domicile des parents) pour la première fois, on se lance un peu dans l’inconnue. Pire, j’avais l’impression de me jeter dans la fosse aux lions. Il faut dire qu’au cours de mes congés maternités, j’ai un peu cotoyé les squares et jardins publics qui regorgent de nounous. Et parmi toutes ces nounous, il y en a peu à qui j’aurais confié mes enfants (désintérêt pour les enfants, absence de surveillance, violences verbales envers les enfants, etc.). Le premier contact par mail (voir mon précédent billet) avec certaines m’a fait froid dans le dos.

Conscient que Mary Poppins n’existait pas, nous avons tout d’abord réfléchi à ce que nous attendions d’une nounou qui viendrait garder nos enfants à domicile. Je pense que chaque parent, futurs employeurs, devrait réfléchir à ses priorités avant même de rencontrer la première nounou. Voici quelques questions qu’il faut se poser, avant de faire les entretiens :

  • Quels horaires je vais lui demander ? L’auxiliaire parentale, dans la plupart des cas, vient s’occuper de nos enfants pendant que nous allons travailler. Pour être à l’heure à notre travail, il faut donc que l’auxiliaire parentale soit ponctuelle, cela va de soit. Mais les parents ont aussi une obligation de ponctualité par rapport à leur employée. Que dirions-nous si nous devions attendre notre employeur tous les soirs pour partir et qu’il nous mettait en retard pour assumer nos responsabilités personnelles ?
    Quand nous avons nous même un certain aléas pour notre heure de retour à la maison (réunions qui ont tendance à trainer, problèmes de transports), il faut donc prévoir large dès le contrat pour les horaires de l’auxiliaire parentale. Il vaut mieux la payer pour 11h de travail dans la journée, même si dans 90% des cas vous n’avez besoin que de 10h. Pourquoi ?

    • Par respect pour la personne qu’on emploie et qui a sa propre organisation ;
    • Par confort pour notre propre organisation, avoir tout le temps l’impression d’être pris par le temps est une source de stress non négligeable ;
    • Par respect pour nos enfants, la transmission entre les parents et la nounou est un moment important. Il est important de savoir comment s’est passé la journée de nos enfants. Il est important aussi pour nos enfants de voir qu’on se préoccupe de leur journée en notre absence
  • Quelles tâches je vais lui demander ? Dans le cadre de son travail, voilà ce qu’on peut demander à une auxiliaire parentale, selon le modèle de contrat de Pajemploi :
    • Assurer la sécurité ainsi que le confort physique et moral de(s) l’enfant(s),
    • Être à l’écoute permanente de(s) l’enfant(s),
    • Accompagnements divers, promenades quotidiennes sauf si le temps ou la santé de(s) l’enfant(s) ne le permet pas,
    • Bains à la demande des parents,
    • Activités d’éveil par des jeux et lectures adaptés à l’âge de(s) l’enfant(s),
    • Petites courses liées aux besoins de l’emploi,
    • Préparation des repas suivant les consignes des parents,
    • Entretien de la chambre de(s) l’enfant(s), de la salle de bain, de la cuisine, des espaces de jeux,
    • Entretien du linge de(s) l’enfant(s): mise en route, étendage et/ou repassage d’une lessive en fonction des consignes de l’employeur,
    • Dialogue permanent avec les parents sur les points essentiels de l’éducation de(s) l’enfant(s), en particulier les informer du contenu des repas, du comportement de(s) l’enfant(s), des progrès réalisés et des difficultés éventuelles rencontrées,
    • En cas de difficulté ou d’urgence avec le ou le(s) enfant(s), prévenir en priorité les parents et prendre les mesures nécessaires (appel du Samu, des pompiers, du pédiatre, se rendre à l’hôpital…)

Certaines choses dans cette liste paraissent évidentes. On peut (doit) rajouter les autres tâches qu’on souhaite qu’elle réalise (par exemple : accompagner les enfants à l’école, à la ludothèque, préparer et donner les repas du soir…). Cependant, les tâches rajoutées doivent être en relation avec la garde d’enfant. Par exemple, on ne devrait pas demander à une auxiliaire parentale de laver, repasser les vêtements des parents, nettoyer les vitres, les pièces qui ne sont pas en relation directe avec les enfants. Il est vrai que, étant donné le coût, la tentation est grande de « rentabiliser » le temps de présence de la personne employée. Je pense qu’en tant que parent on doit se poser la question suivante : cherche-t-on une employé de maison qui en même temps garde nos enfants ou cherche-t-on une professionnelle de la petite enfance ? Les deux possibilités sont des choix honorables, c’est juste une question de compétence de la personne recrutée et de priorité pour la bon fonctionnement de la famille (on ne peut pas avoir à la fois une personne qui veillera au bien-être, à la sécurité, à l’éveil des enfants et qui vous laissera le soir en partant une maison pimpante, brillante, bien ordonnée).

  • Quelles sont mes attentes et mes espoirs par rapport à cette auxiliaire parentale : En plus de ce que je lui demande contractuellement parlant, quelles sont mes attentes et mes priorités qualitativement parlant. Les nounous ont un rôle important auprès des enfant que les autres professionnels de l’enfance (animateurs, enseignants, soignants, etc.). Ils sont responsables, en l’absence des parents, de l’éducation, de l’éveil des enfants.
    Dans une bonne partie des cas, les nounous sont plus présentes (en terme d’horaires) que les parents sur une semaine complète. Il faut donc être conscient qu’elles vont leur transmettre beaucoup de choses en terme d’éducation, de savoir vivre, de savoir être, d’apprentissages (de la parole, de la motricité, …). Il faut donc être conscient de ce qu’on attend d’elle et de nos priorités à ce niveau. Par exemple, on peut préférer qu’elle respecte le rythme de chaque enfant, plutôt que de faire des sorties tous les jours, etc.
    Cela permettra de poser les bonnes questions pour jauger les compétences de la nounou dans les domaines les plus prioritaires.
    A titre d’exemple : pour notre part nos priorités dans l’ordre sont une auxiliaire parentale qui :

    • Donne la priorité à la sécurité des enfants,
    • Se préoccupe du bien-être des enfants,
    • Parle correctement français. Cette dernière attente peut paraître farfelue. Cependant, il y a tellement de sources de mauvaise compréhension entre deux êtres humains (vous savez la fameuse différente qu’il peut y avoir entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que l’autre veut entendre, ce que l’autre entend et ce que l’autre retient…). Il y a aussi tellement de sources de frictions entre auxiliaire parentale et parents (différences de personnalités, de conception de l’éducation, malentendus financiers, problèmes de reconnaissance du travail fourni, etc.). Si on rajoute à cela des approximations linguistiques, je trouve que c’est encore plus compliqué de ne pas entrer en conflit.
    • et en bonus : qui aime cuisiner et transmettre cela aux enfants.
  • De quel budget je dispose ? Une auxiliaire parentale coûte cher. En plus de son salaire, il faut payer les charges (dont une part seulement est prise en charge par le CAF). Une partie peut être récupérée sur les impôts, mais dans ce cas, il y a un décalage d’un an pour que cela rentre en compte. Je déconseillerais de sélectionner l’auxiliaire parentale la moins cher. On lui confie quand même la vie de nos enfants (certains préciseront également notre maison, mais pour moi le risque est toujours moindre par rapport à celui pris pour nos enfants). S’il y a bien un poste sur lequel il ne faut pas faire le radin c’est bien celui là. Cependant, il faut être sûr de pouvoir payer cette nounou tous les mois. Il faut être sûr que l’auxiliaire parentale soit satisfait de son salaire et d’avoir une petite marge de manoeuvre pour pouvoir éventuellement l’augmenter si besoin. Ce serait dommage de commencer avec une personne, en être pleinement satisfait et ne pas pouvoir la garder car elle demande une augmentation (raisonnable) que vous ne pouvez pas lui accorder.

Tout cela permet de poser les bonnes questions dès le premier contact téléphonique puis en entretien. Pour les particuliers employeurs, qui n’ont pas l’habitude de recruter quelqu’un, il me parait nécessaire de préparer ces entretiens pour dissiper rapidement les mal entendus et ne pas perdre de vue ce qu’on cherche vraiment à trouver dans la personne à qui on confiera la prunelle de nos yeux.

PS : je remarque que je ne parle d’auxiliaire parentale qu’au féminin. C’est sexiste. Mais pour des raisons qui me sont personnelles, je ne pourrais pas confier mes enfants à un professionnel de la petite enfance et je m’en excuse…