2015 ! Une nouvelle année qui commence…

C’est de saison, c’est le temps des bonnes résolutions. Je sais celles que je ne ferais pas. Je sais également qu’il y a beaucoup de bonnes résolutions qui partent à la poubelle dès l’instant où on les prononce. Je me concentrerais donc sur une seule résolution importante à mes yeux :

Diminuer le niveau de stress dans notre maison

Cela fait un moment que je me rends compte à quel point nous baignons dans le stress. Mes enfants y compris, dès le lever jusqu’au coucher.

  • Le réveil qui sonne
  • La course du matin pour ne pas être en retard à l’école / au travail (habillage, petit déjeuner, lavage de dents, coiffage, chaussures, manteaux, gants, bonnets, tours de cou, et marche rapide, etc.)
  • La journée au rythme de l’école (apprendre, interagir, se dépasser, se comporter comme on l’attend, se taire, apprendre, parler, participer, vivre en communauté, etc.)
  • Le retour à la maison (goûter, faire les devoirs, manger, se laver, se coucher)

Au rythme quotidien, on rajoute également tous les apprentissages du quotidien auxquels ils doivent faire face : manger équilibre, rester sage, ne pas faire trop de bruit, supporter les attentes des autres membres de la famille, faire ce qu’on leur demande, quand on leur demande et comme on leur demande, etc.

Au sein d’une famille, on partage beaucoup : les joies, les malheurs et aussi le stress. Il y a une belle réciprocité parents stressés = enfants stressés et inversément.

Alors, pour améliorer notre qualité de vie, nous avions déjà amélioré notre cadre de vie il y a deux ans en déménageant. Maintenant j’aimerais que nous apprenions tous à profiter de la vie.

Mes sources de stress à régler sont :

  • l’éducation des enfants : comment faire que mes enfants soient bien élevés, sans pour autant être sur leur dos sans arrêt,
  • le travail : comment avoir un travail qui me plaise mais qui me permette quand même d’avoir une bon équilibre vie privée – vie professionnelle,
  • la sécurité : affective, financière, physique,
  • l’avenir : comment assurer un bon avenir à ma famille.

Cette seule résolution devrait m’occuper sans soucis pour toute l’année à venir et même plus, parce que je ne veux pas me transformer en lapin blanc.

Images : Parc-d-attraction.fr

En passant

Suis le rythme ! ou pas…

 

Tous les parents en parlent, et peu en sont satisfaits. Je fais partie de ceux qui ne comprennent pas cette réforme et n’en voient pour le moment que l’impact négatif sur leur famille.

Chez nous, la réforme c’est :

  • une heure de cours supprimés chaque jour, en fin de journée,
  • 20 minute supprimées en début d’après midi,
  • 3h20 d’école le mercredi matin.
  • 20 minutes rajoutées chaque matin

Je n’arrive pas à y trouver des points positifs.

Niveau fatigue

Ce que je constate après 3 semaines d’école c’est que mes trois enfants (PS, MS et CP) sont complètement sur les rotules. Ils sont fatigués, énervés. Ils appréciaient leur petit répit du mercredi matin. Se lever quand on se réveille, traîner en pyjama, prolonger le petit déjeuner, aller se promener ou rester à la maison à s’occuper comme on veut.

Niveau école

Il est dur de voir aujourd’hui les bienfaits sur la qualité de l’enseignement, mais pour le moment, les enseignants n’ont pas l’air d’apprécier. 20 minutes rajoutées dans la matinée, ce n’est pas 20 minutes d’enseignement en plus. Pour le moment, on en est plus à 20 minutes de récréation en plus. Parce que les enfants trouvent la matinée trop longue, qu’ils ont du mal à rester calme toute la matinée. Le pire chez nous c’est dans la Petite Section. L’après midi étant de 13h50 à 15h30, les maîtresses ne viennent que pour surveiller une sieste.

Il y a également des dommages collatéraux. La mairie, pour financer cette réforme a décidé :

  • de ne plus financer aucune sortie scolaire (y compris celle de fin d’année),
  • de diminuer la présence des ATSEM (plus d’ATSEM l’après midi), 1 seule pour l’école le mercredi, pour leur permettre d’animer des activités périscolaires.

Elle en a également profité pour mettre le hola sur des arrangements entre les maîtresses et les ATSEM qui semblaient satisfaire tout le monde comme par exemple la récupération des heures que faisaient les ATSEM le samedi du spectacle de fin d’année (plus de récupération = plus d’ATSEM pour aider les enseignants pendant le spectacle)

Niveau Activités Périscolaires

Pour le moment, il n’y en a pas. Elles devraient commencer la semaine prochaine, mais la colère gronde dans les rangs des animateurs qui n’auront pas le nombre d’animateurs nécessaire pour organiser les activités qu’on leur demande de faire. Mais est-ce que j’ai vraiment envie de rajouter des activités dans la journée de mes enfants ? Je n’en suis pas certaine.

 

Je sais que les français sont de nature râleuse. Mais moi, je suis dans l’incompréhension totale :

  • Pourquoi la réforme, si elle est nécessaire, donne tellement de liberté que les organisations de l’école peuvent varier autant d’une ville à l’autre ? (Moins d’heure l’après-midi, pause méridienne plus longue, pas d’école le vendredi après-midi, etc.) Est-ce que toutes ces organisations différentes peuvent vraiment apporter le même bénéfice ?
  • Pourquoi laisser aux mairies le soin de décider comment appliquer la réforme et comment organiser les activités périscolaires ? Cela donne lieu à tellement de différences d’une ville à l’autre !
  • Pourquoi appliquer la réforme en maternelle ? Les enseignements de la maternelle, permettent de moduler les journées entre temps d’apprentissage, temps en autonomie, et repos.
  • Si les enfants sont si fatigués, n’est-ce pas que leur journées sont trop chargées ? Pourquoi rajouter des activités en plus de l’école ?
  • Les enfants seraient effectivement moins fatigués, s’ils étaient couchés plus tôt, et donc s’ils rentraient plus tôt chez eux à la maison. Mais pour tous les enfants dont les deux parents travaillent, ce n’est pas la durée de l’école qui influe sur la longueur de leur journée, c’est le travail de leurs parents, et là dessus, il n’y a pas d’adaptations prévues.

Alors qu’égoïstement, je refusais l’école le samedi matin (parce que ça ne m’arrangeait pas), maintenant, j’aimerais que mes enfants aillent à l’école le samedi matin plutôt que le mercredi matin. Cela permettrait d’avoir une semaine plus linéaire, moins binaire, et une meilleure alternance école – maison.

Alors que j’entends certains parents qui aimeraient que les activités périscolaires permettent de mettre l’accent sur des enseignements supplémentaires (langues, musique, etc.). Je préférerais que ces activités périscolaires ne soient pas si organisées et plutôt laissées au libre choix, et envies des enfants entre « temps de jeux libres » et activités en très petits groupes, pour que sinon, pour eux, cela ressemble trop à l’école.

Plutôt qu’espérer que du chaos (lié à l’absence de directives) naisse une solution miracle pour nos enfants, j’aimerais que l’état guide les écoles, donne un cadre à cette réforme, propose des modèles d’organisation qui paraissent sensés et bénéfiques pour tous.

En passant

Faites de chats ! Adoptez des enfants…

A la maison, nous avons trois chats. Deux qui sont arrivés avant qu’on ait des enfants, un avant la naissance de Jack. Je me suis toujours dit qu’avoir des chats à la maison, c’est un peu comme avoir des enfants en bas âge (bien sûr j’exagère). Mais ils ont beaucoup de points en commun :

  • ils ne vont pas aux WC,
  • ils ont tout le temps faim,
  • ils confondent le jour et la nuit,
  • ils mâchouillent ce qu’ils ne doivent pas mâchouiller (les fils électriques, les télécommandes, les sacs en plastiques),
  • ils râlent en voiture,
  • ils abîment les plantes vertes, les meubles, les bibelots,
  • il faut les emmener régulièrement chez le médecin,
  • ils nous laissent des cadeaux empoisonnés qu’on découvre toujours au mauvais moment, du mauvais pied,
  • ils se chamaillent,
  • ils essayent de squatter notre lit,
  • ils savent nous manipuler, obtenir ce qu’ils veulent quand ils veulent,
  • il faut les faire garder pendants les vacances !

Alors quand les enfants sont en vacances chez les grand-parents, on peut toujours compter sur les chats pour nous rappeler qu’une vie sans contrainte n’existe jamais vraiment !

Images :  Wilson Afonso

Citation

Explique-moi ! La mort…

Si on parlait de la mortIl y a quelques mois, ma grand-mère, chez qui j’ai dû passer 2 ans de ma vie (au rythme dequasiment  2 mois tous les étés) est décédée. Mes enfants, ont eu la chance de la connaître. C’est la première personne de notre famille qui est morte depuis qu’ils sont nés. Lise a 5 ans et demi, Melody 4 ans et Jack 2 ans et demi. Je ne sais pas ce que Jack a compris de la situation, mais les filles par leur question nous ont bien montré qu’elles avaient très bien compris ce qui se passait. Il faut dire que les questions avaient déjà commencées.  Je me souviens en vrac de :

Melody : Quand on est mort on ne sent plus rien ?

Moi : oui ma chérie

Melody : On n’a plus faim ?

Moi : et non !

Lise : Quand on est mort, on ne voit plus rien ? on n’aime plus rien ?

Moi : oui

Lise : Alors il faut profiter de la vie !

L’annonce du décès de ma grand-mère a été un peu compliqué, et pour cause. Elles se sont couchées en pensant que le lendemain on les amenait chez cette grand-mère, retrouver mes parents qui devaient les garder là-bas pour une semaine. Au lever, nous avons du leur expliquer ce qui s’était passé et qu’elles n’iraient pas là-bas pour les vacances… Lise et Jack n’ont pas pleuré mais Melody a eu un gros chagrin. Je pense qu’elle a surtout pleuré de déception de ne pas aller en vacances avec mes parents.

Par la ssuite, elles n’ont jamais dit clairement leur tristesse mais nous les avons senties perturbées. Quand un oiseau est venu se tuer sur notre fenêtre quelques jours après, cela a été le drame. L’une des deux nous a demandé si pour ma grand-mère, ça avait été pareil, elle avait fermé les yeux puis elle était morte. Et puis elles ont beaucoup pleuré.

Je suis surprise par les questions qu’ils m’ont posé. Que des questions très concrètes

Comment on avait fait pour l’enterrer à côté de son mari alors qu’il était mort il y a très longtemps ?

Est-ce que des insectes pouvaient rentrer dans son cercueil et la manger ?

Est-ce qu’il ne restait déjà que des os dans le cercueil ?

Pourquoi j’étais triste ?

Est-ce que Dieu existe ?

J’ai trouvé ça très déroutant leurs questions. Je ne m’attendais pas à une approche aussi « froide » de la mort, aussi « concrète » et ancrée dans la réalité. Cela contrastait avec l’approche très subjective et émotionnelle des adultes. J’ai trouvé difficile de trouver les bonnes réponses à leur question, leur dire la vérité sans être trop choquant. Nous nous sommes appuyés sur un livre de  Catherine DoltoColline Faure-Poirée : si on parlait de la mort que j’ai présenté pour Les Vendredis Intellos

2 mois après, je sais que Lise y pense encore. Un soir, alors que nous parlions de tout autre chose, et qu’elle était pleine de colère, venu de nulle part elle m’a dit

Moi, je ne suis pas triste que mémé soit morte!

J’ai entendu le contraire…

Bientôt, nous allons ensemble voir la tombe de ma grand-mère. Je ne sais pas du tout comment ils vont réagir.

Sois agile ! De la gestion de projet à la gestion de famille…


2013-10-02 08.39.54Un article sur les vendredis intello Etre « agile » en famille m’a rappelé que je voulais depuis un moment parler de la façon dont mon travail a influencé ma façon de gérer ma famille. J’avais déjà parlé des qualités qu’on acquiert en tant que parents et qui deviennent de véritable atouts dans le monde de l’entreprise : Est-ce que mère rend inapte au travail !

Je travaille dans le domaine du développement informatique. Il existe autant de méthode de développement informatique que d’entreprise travaillant dans ce domaine mais depuis un certain temps on entend parler d’agilité. L’agilité dans l’informatique se base sur 4 valeurs  (voir l’article Wikipedia sur le sujet) :

  • L’équipe (« Les individus et leurs interactions, plus que les processus et les outils ») : dans l’optique agile, l’équipe est bien plus importante que les outils (structurants ou de contrôle) ou les procédures de fonctionnement. Il est préférable d’avoir une équipe soudée et qui communique, composée de développeurs (éventuellement à niveaux variables), plutôt qu’une équipe composée d’experts fonctionnant chacun de manière isolée. La communication est une notion fondamentale.
  • L’application (« Des logiciels opérationnels, plus qu’une documentation exhaustive ») : il est vital que l’application fonctionne. Le reste, et notamment la documentation technique, est une aide précieuse mais non un but en soi. Une documentation précise est utile comme moyen de communication. La documentation représente une charge de travail importante, mais peut pourtant être néfaste si elle n’est pas à jour. Il est préférable de commenter abondamment le code lui-même, et surtout de transférer les compétences au sein de l’équipe (on en revient à l’importance de la communication).
  • La collaboration (« La collaboration avec les clients, plus que la négociation contractuelle ») : le client doit être impliqué dans le développement. On ne peut se contenter de négocier un contrat au début du projet, puis de négliger les demandes du client. Le client doit collaborer avec l’équipe et fournir un compte rendu continu sur l’adéquation du logiciel avec ses attentes.
  • L’acceptation du changement (« L’adaptation au changement, plus que le suivi d’un plan ») : la planification initiale et la structure du logiciel doivent être flexibles afin de permettre l’évolution de la demande du client tout au long du projet. Les premières livraisons du logiciel vont souvent provoquer des demandes d’évolution.

Comment on transpose cela à la famille et à l’éducation ?

  • L’équipe=La famille
  • L’application=le déroulement du quotidien de la famille
  • La collaboration=l’implication de chaque membre de la famille
  • L’acceptation du changement

Des méthodes issues des principes agiles, j’ai gardé et appliqué quelques outils dans ma famille.

Timebox

Un projet est soumis à de nombreuses contraintes : coût, temps, périmètre.

  • Soit on travaille à périmètre constant : on considère que le produit ne peut être livré que quand toutes les fonctionnalités sont disponibles et souvent les projets dérapent, prennent plus de temps et coûtent plus chers que prévu.
  • Soit on travaille à temps constant : si les tâches sont plus longues à être exécutées que prévu, on doit réduire le périmètre. Pour que cette méthode soit efficace il faut définir la priorité de chaque tâche et quand on estime qu’elle est terminée.

A la maison c’est pareil, il y a toujours quelque chose à faire et on se laisse vite monopoliser par une tâche en particulier, remettant les autres à plus tard (c’est à dire quand celle en cours sera terminé). Résultat, on a souvent l’impression d’être en retard, de n’avoir jamais fini. Comment j’applique ça chez moi ?

Un exemple concret : le repassage. Avec 3 enfants et 2 adultes à la maison, on peut passer des heures à repasser chaque semaine. Le moment où je repasse c’est le soir, une fois que les enfants sont couchés. Le soucis, c’est que j’avais tendance à passer ma soirée dessus, mais comme je voulais quand même pouvoir me détendre un peu après, je me couchais plus tard et je rognais sur ces précieuses heures de sommeil dont chaque parent est en carence. La solution : me fixer un créneau de 45 minutes de repassage, ni plus, ni moins. Tant pis si je n’ai pas fini, je referais une autre séance plus tard.

Un autre exemple : la préparation des enfants le matin. Chaque matin se déroulait pareil, je pensais mon temps à répéter à mes enfants de se préparer, d’arrêter de jouer et de rester concentrer sur le fait de se préparer. Résultat, je finissais par les habiller, et une fois l’heure d’aller à l’école, c’était pleurs et cris parce que je leur avais communiqué mon stress et parce qu’ils n’avaient pas eu le temps de jouer. La solution : j’ai passé un contrat avec eux, ils disposeraient tous les matins de 20 minutes de jeux entre le moment où ils sont prêts et le moment de partir à l’école. Ces 20 minutes de jeux étaient précédées de 20 minutes pour se préparer seuls. Si ils mettaient moins de temps, ils pouvaient jouer plus. Si ils n’avaient pas fini de s’habiller, ils avaient un peu moins de temps de jeux et je les aidais à terminer de se préparer. Comme à 3 ans et 5 ans il n’est pas évident de se rendre compte du temps qui passe, j’ai investi dans un timer spécial qui permet de visualisé le temps restant et sa diminution. Et ça marche très bien. Ils arrivent à se concentrer sur leur tâche car ils savent que si ils sont distraits, ils ne pourront pas terminer et profiter de leur temps de jeu. Cela marche si bien, que nous n’avons plus besoin du timer.

Prioriser

Plutôt que de prendre les tâches les unes après les autres comme elles arrivent, le principe est de prioriser chaque tâche. Les éléments à prendre en compte quand on priorise dépendent de chacun mais ce qui est particulièrement efficace c’est de prendre en compte : le gain espéré à accomplir une tâche par rapport au temps et à l’effort qu’il faudra pour l’accomplir.

Un exemple : l’état de ma cuisine ne me satisfait pas, les murs sont en mauvais état, elle n’est pas rangée, les poubelles traînent, la vaisselle n’est pas faite. L’idéal serait de tout faire, bien évidemment. Mais que vaut-il que je fasse en premier entre : repeindre ma cuisine qui me prendra deux jours mais cela sera du plus bel effet ou sortir les poubelles qui me prendra 5 minutes et m’évitera de me prendre les pieds dedans ?

Un autre exemple : je n’ai pas beaucoup de temps pour repasser. Certains vont gérer leur priorité et décider de ne rien repasser, mais je ne peux pas m’y résoudre. Donc je sais que j’ai un créneau de 45 minutes de repassage, au lieu de prendre le linge comme il vient dans la panière, je commence par ce qui sera le plus utile (parce que j’en ai besoin pour le lendemain, parce que l’un des membres de la famille n’a plus rien dans ses placards, etc.) et je m’arrête à la fin de mes 45 minutes comme prévu initialement.

Un dernier exemple qui s’applique aux enfants. L’année dernière à Noël, Lise a été très déçue car elle n’avait pas eu tous les cadeaux de sa liste alors qu’elle avait eu pleins d’autres cadeaux qu’elle n’avait pas demandé (enfant gatée). Donc nous leur avons fait faire une liste restreinte et priorisé. Cette liste avait la forme d’une fleur avec un élément central qui devait être le cadeau dont ils avaient le plus envie, et 6 autres cadeaux sur les pétales. Ils ont découpé dans le catalogue tout ce qui leur faisait envie, et ensuite ils devaient restreindre leur liste pour arriver à remplir la fleur. J’ai été très surprise de voir que cela n’engendrait pas beaucoup de frustration  de gérer les priorités et de mettre de côté certains éléments au profit des autres.

2013-11-06 17.26.17

Construction itérative, incrémentale et adaptive

Quand j’étais toute jeune mère, j’ai eu un peu tendance à me dire qu’il fallait que toutes les mesures éducatives devaient être mises en place dès le début pour ne jamais être remise en cause. Mais je me suis rendue compte, qu’il est plus facile et moins frustrant d’avancer petit pas par petit pas plutôt que de ne se considérer satisfaite qu’une fois que tout serait réussi. Il vaut mieux pleins de petites réussites successives qu’un grand accomplissement final sans cesse repoussé.

Un exemple : les repas équilibrés. Quand les bébés commencent la diversification, on a l’impression qu’on y arrivera parce que nos enfants ne sont pas trop difficiles et mangent beaucoup de légumes. Et puis arrive l’âge de deux ans où tout est source d’opposition, y compris les repas. Ça a été une source de beaucoup de frustration pour moi, et j’avais tendance à me dire que si on échouait maintenant, plus jamais ils ne mangeraient équilibré. La suite est facile à imaginer avec du recul : pression exagérée, stress communiqué et échec complet. Résultat : des enfants qui ne mangent plus équilibré, et la perte du plaisir de manger. La solution a été d’y aller progressivement :

  1. montrer le bon exemple au niveau des menus, sécuriser la prise de poids par certaines valeurs sûres (pâtes, purées, etc.).
  2. inciter à goûter et féliciter quand cela se produit.
  3. obliger à goûter de tout.

Cela fonctionne, et c’est très gratifiant pour les adultes qui emportent de petites victoires, pour les enfants dont les efforts sont reconnus.

Un autre exemple : l’autonomie. Plutôt que de décider qu’à partir de maintenant ils doivent s’habiller et se préparer seuls. Commencer par imposer ce qui est plus facile : pantalons. Pour aller jusqu’au plus complexe : chaussettes, T-Shirts.

 

Il y a sûrement d’autres outils qui peuvent s’appliquer mais mes enfants sont encore trop jeunes pour mettre en place des tableaux de bords, par exemple.

 

Respecte-mon corps !

Les Vendredis Intellos

Il y a un peu plus d’une semaine je suis tombée sur un article dans l’express qui met en avant cette vidéo :

Elle fait partie d’une campagne à l’initiative du Collectif féministe contre le viol qui milite pour l’inscription du terme d’inceste dans le code pénal. Je ne débaterais pas du bien fondé de cette demande.

Cette campagne intitulée « L’inceste est un crime » vise à inciter les adultes « à être vigilants et attentifs aux enfants, à repérer les moindres signes de mal-être afin d’être à leur écoute, de les aider », explique Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe contre le viol (CFCV).

Les chiffres font froid dans le dos

Sa permanence téléphonique « Viols Femmes Informations » (0 800 05 95 95) a reçu sur les onze premiers mois de 2013 des témoignages concernant 636 victimes de violences sexuelles incestueuses, commises par 426 agresseurs car certains d’entre eux ont fait…

View original post 586 mots de plus

Travaille ! Un congé parental qui coule de source…

Après avoir décidé de me mettre en congé parental pour 4 mois et être passé de la peur, à l’attente, voilà que je me retrouvais en congé parental. J’ai décidé de prendre les choses en main pour profiter de mes enfants, tout en ayant l’impression d’être active et de faire des choses qui m’ont fait plaisir. Pour cela, je me suis fait un planning pour les tâches ménagères, j’ai instauré des rituels avec les enfants et surtout je me suis accordée une activité strictement personnelle et sans enfant tous les jeudis soirs. J’ai voulu également profiter pour essayer d’instaurer des règles que nous n’avions jamais pu mettre en place nos enfants (faute de temps, de patience, de suivi, etc.). C’est ainsi que pendant ce congé j’ai :

  • fabriqué un château playmobil,
  • rangé mon garage et mes combles,
  • fait du tri,
  • repeint les meubles de ma cuisine,
  • cousu deux sacs à doudou,
  • fabriqué des costumes de Père Noel et Mère Noël pour la fête de l’école vendredi,
  • désherbé et refait complètement deux parterres de fleurs,
  • fait de nombreux essais culinaires pour faire manger des légumes à mes enfants (il y a eu de vrais succès et de vrais échecs),
  • trouvé des astuces pour rendre mes filles plus autonomes pour s’habiller,
  • accompagné des sorties scolaires,
  • regardé beaucoup d’émissions débiles,
  • pris du temps, beaucoup de temps pour ne rien faire avec mes enfants, les regarder jouer, les regarder grandir, interagir, se chamailler, négocier. En bref, je les ai regardé grandir.

Ce fut vraiment un congé parental riche. J’ai beaucoup appris, sur moi et sur mes enfants :

  • quand il faut négocier, et quand il ne faut pas,
  • quand il faut les laisser gérer leurs différents et quand il faut intervenir,
  • quand il faut les occuper, ou les laisser libre,
  • quand ma patience s’est évaporée,
  • ce que je peux exiger d’eux, et ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

J’ai l’impression que ce congé parental fut une pause salutaire, un instant de paradis et une prise de conscience. Il y a eu des disputes, des engueulades, des colères côté parent comme côté enfant, mais il y a eu aussi beaucoup plus de tendresse, d’échanges et de partages. J’ai aimé ce congé parental. J’ai découvert mes enfants. Je crois que jusqu’à présent, j’aimais mes enfants car c’était mes enfants. Dès qu’il nait on aime son enfant (en tout cas dans la plupart des cas), c’est quasiment instinctif. Mais au cours de ce congé parental, cet amour a changé, je les aime différemment : pour ce qu’ils sont, pour leurs qualités et leurs défauts, je les aime en tant qu’individu unique. Je ne les aurais pas mis au monde, je les aurais aimé quand même. Je sais maintenant que je ne les aime pas seulement parce que ce sont mes enfants. Je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu ce congé parental pour être consciente de tout ça. Mais j’ai l’impression que les soirées, les week-ends et les vacances ne m’avaient pas suffit à réaliser cela. Je n’en avais pas le temps, pas l’envie trop désireuse de me reposer moi, d’avoir du temps pour moi et trop prise par les obligations familiales (ménage, courses, médecin, repas, etc.)

J’ai aussi complètement changé d’avis sur le congé parental. Avant cela, je me suis toujours dit que les mères au foyer se marginalisaient, que l’idéal est de continuer à avoir une activité professionnelle à temps partiel. Je me suis toujours dit que pour les enfants, à partir du moment où ils étaient habitués petits à être gardés par une autre personne, il n’y avait pas de raisons que cela pose problème. Pourtant, je dois avouer que j’ai trouvé mes enfants plus heureux, plus épanouis, plus calmes, plus posés. Ils ont aussi beaucoup appris, beaucoup évolués.

Nous vivons dans une société qui pousse à l’activité des parents.  Un des métriques de la réussite de leur politique en faveur de l’égalité homme-femme est le taux d’activité des femmes. J’ai l’impression qu’on ne se pose jamais la question de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. Il est important que tout le monde puisse faire ses propres choix. Mais j’aimerais vivre dans une société qui permette aux enfants d’avoir au près d’eux leurs parents quand ils ont besoin d’eux. Emmener ses enfants à l’école le matin sans rouspéter parce qu’on va être en retard au travail c’est important. Etre là à la sortie de l’école pour les entendre se décharger de cette longue journée c’est important. Etre là quand ils sont patraques, c’est important (même si j’ai horreur de ça). Participer à la vie de l’école, les voir dans cet environnement extérieur à la maison, c’est important. Discuter avec les parents des enfants qu’ils côtoient, c’est important.

N’est-ce pas paradoxal, par exemple,

  • Que ma nounou laisse ses propres enfants à une inconnue pour venir garder mes enfants ?
  • Que jusqu’à présent, je ne me sente pas capable de m’occuper à 100% de mes enfants ?
  • Que mes enfants passent plus de temps avec leur nounou qu’avec leurs parents ?

Pour en avoir discuté autour de moi, je ne suis pas la seule mère qui ne pensait pas être capable de garder ses enfants, n’en ont jamais eu envie, et qui, une fois confrontées à cette situation se sont rendus compte du bonheur que c’était et qui sont retournés au travail le cœur serré. Je parle de mère, mais en réalité, il en est de même pour les pères.

J’aimerais vivre dans un monde où les rythmes de travail seraient moins rigides et où on pourrait, par période, augmenter ou réduire notre capacité de travail et que cela se fasse naturellement, sans négociation car tout le monde se dirait que c’est un choix personnel, le choix idéal de chaque foyer…

Images : Hamed Saber