Libérons l’assiette de nos enfants ! Que faire face à un enfant qui ne mange pas…

Je poursuis ici ma réflexion sur les problèmes d’alimentation de mes enfants initiée pour les vendredis intello que vous pouvez trouver ici. J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, avec Lise notre plus gros soucis est son alimentation :

Dans le dernier article, je pensais que pour Melody se serait plus simple et je peux maintenant répondre que non…

L’année dernière, j’ai gagné sur internet un livre intitulé « Libérons l’assiette de nos enfants » écrit par Laurence Haurat (Psychologue-Nutritionniste) et Laura Annaert (Mamanchef). Il est rédigé comme  un dictionnaire et traite de l’alimentation des 3-10 ans. Voilà des extraits de l’article Anorexie de l’enfant – Manque d’appétit pathologique.

Un diagnostic difficile

L’anorexie se traduit par une perte d’appétit ou une sélection féroce des aliments qui peut parfois être confondue avec la néophabie. L’enfant trie, refuse de goûter ce qu’il ne connait pas, se détourne d’un groupe entier d’aliments après une mauvaise expérience avec l’un d’entre eux et peut même aller jusqu’à vomir si on le force à s’alimenter. Par ailleurs, l’enfant est vif, réussit bien ses apprentissages, mais à tendance à s’isoler socialement et peut souffrir, surtout les garçons, de moqueries sur sa petite taille ou son petit poids.

Quand j’ai lu ce paragraphe, je me suis vraiment dit qu’on parlait de Lise. Hormis les vomissement et l’isolement social, tout y était. Mais c’est justement ce qui me fait dire qu’on n’a jamais été jusqu’au stade de l’anorexie. Cependant, si on ne prenait pas les choses en main, je pense qu’on aurait pu y arriver. Cela m’a conforté dans l’idée de prendre les choses en main dès maintenant. Ce qui m’a également poussé à changer d’attitude est de voir Melody commencer à son tour à vouloir s’affirmer au niveau de l’alimentation.

Enracinée dans la petite enfance
L’anorexie succède souvent à une diversification alimentaire difficile pendant laquelle l’enfant a pu être forcé à manger. Les refus répétés de l’enfant pour ouvrir sa palette alimentaire tournent rapidement au conflit ouvert, la plupart du temps avec sa mère. Celle-ci souffre de ce qu’elle analyse comme une incapacité à nourrir son enfant. Elle pense ne pas être une « bonne mère » et en veut à son enfant de le lui démontrer de manière répétée.
L’enfant peut aussi manifester une souffrance psychopathologique dont l’anorexie devient un symptôme. Il appelle à l’aide de cette manière et l’anorexie est alors souvent associée à une dépression.

Tout ça me parle également. Sauf peut être le dernier paragraphe, mais n’était pas psychologue, et n’en ayant pas consulté pour les problèmes d’alimentation de mes filles, je ne pourrais pas me prononcer. Si je ne voulais pas faire de mes filles de futures anorexiques, il fallait qu’on résolve dès maintenant nos problèmes. Et le soucis n’était pas que nos filles ne mangent pas bien, mais que nous gérions ça par le conflit, en essayant de les obliger à manger, et que j’en ressente de la culpabilité. Ce n’est donc pas à mes enfants qu’il fallait de résoudre leur problème avec la nourriture, c’était à nous, leurs parents de ne pas en faire un problème.

Les attitudes adaptées
Dans la plupart des cas, un enfant ne se laisse pas mourir de faim. L’attitude la plus adaptée est donc de réduire est donc de réduire le conflit autour de la table et de limiter, pour la mère, la culpabilité qu’engendre un enfant qui mange trop peu. Cela peut être difficile et nécessite parfois un travail psychothérapeutique de la  maman.
Dans certains cas, l’enfant répond à une problématique propre à la mère. En permanence au régime et très préoccupée par les calories et par son apparence, elle transmet à son enfant un rapport conflictuel à l’alimentation et au corps.
L’enfant et les parents peuvent aussi avoir besoin d’une aide extérieure pour retrouver un rapport normalisé avec l’alimentation. Un accompagnement psychothérapeutique individuel ou familial peut être une réponse à la souffrance des membres de la famille.

Dans mon cas, l’attitude de mes filles ne s’est pas installée par imitation de la mienne. Bien que je n’ai jamais était complètement satisfaite de mon corps, j’ai toujours été incapable de me mettre au régime. J’ai toujours quelques complexes, mais ils ne sont pas omniprésents dans ma vie (et je dirais même que chaque enfant arrivé chez nous les a relegué un peu plus loin dans mes préoccupations). Par contre, j’ai été éduqué à l’ancienne : il faut finir son assiette, même si on n’aime pas, même si on n’a plus faim. Donc pour moi, naturellement, c’était les parents qui décident ce que mangent les enfants et ils n’ont pas leur mot à dire. Pas besoin de dire que mon point de vue à bien changé maintenant les règles qu’on suit sont celles que j’avais déjà décrit ici. Et surtout, il n’y a pas de petites victoires pour nous, nous faisons la fête à chaque nouvel aliment gouté (que cela soit un brocoli, un nuggets, une pomme, de la tartiflette, etc.).

Alors, oui, définitivement : Libérons l’assiette de nos enfants !

Et vous, arrivez-vous à prendre du recul ?

Images : Sophie Lenaerts / Cédric Simon

Rhabille ta fille ! Savoir poser des limites

Le sujet semble souvent faire l’unanimité sur les forums. Tout le monde semble choqué par les différents exemples montrés et pourtant le phénomène ne semble pas diminuer alors que cela fait déjà quelques temps qu’on en parle. Ce phénomène continue de se développer aux états-unis, donc je pense qu’en France cela ne va pas disparaître de si tôt. Je finis même par me demander si ça n’a pas toujours existé sous une forme ou une autre. Vous voulez savoir de quoi je parle ? De l’ultra féminisation de nos petites filles.

Il y a des scandales régulièrement. Récemment, on a pu voir le scandale des photos de mode de la fille de Veronika Loubry. Le problème du string à l’école qui dépasse du pantalon était déjà un problème au début des années 2000. Tout le monde a ces images des mini miss américaines en tête (il ya tellement d’exemples… Je les trouve tous plus effroyables les uns que les autres), cela existe aussi en France (à première vue ça fait moins poupée barbie, mais je vous rappelle que ces filles ont entre 7 et 9 ans). Et vous avez peut être déjà vu Alizée et Axel qui ont gagné incroyable talent en 2010 (ils avaient alors 7 et 9 ans eux aussi) qui dansent certes très bien mais pas comme des enfants de leur âge (sans parler des tenues de la fillette). On pourrait trouver encore d’autres exemples.

Si j’en parle aujourd’hui c’est que j’ai fait les courses dans le supermarché à côté de chez moi (d’habitude c’est mon mari qui y va). Je cherchais des maillots de corps pour Lise. Et je tombe sur des brassières en 4-5 ans (taille que met Lise). Et là, j’ai buggué ! Je me suis imaginée mettre une brassière à ma fille de 3 ans. C’est juste impossible. Pour moi, ce type de brassière c’est pour les petites filles qui commencent à avoir de la poitrine. Je veux bien que la puberté arrive de plus en plus tôt, mais quand même pas entre 3 et 5 ans !!!

 

Mon premier réflexe a été d’incriminer le commerçant. Mais voilà, son métier c’est de vendre. Donc s’il les mets dans son rayon c’est qu’il y a des personnes pour les acheter. Mais quels parents peuvent acheter ça à leur fille ! Je n’en connais pas autour de moi, mais j’aimerais bien discuter avec eux pour comprendre. En attendant d’avoir cet autre point de vue, voilà le mien !

Ma fille est une enfant, et encore pour longtemps. Il est normal pour elle de vouloir m’imiter, imiter les adultes. Elle me pique parfois mes chaussures pour se promener dans la maison. Elle joue à la maman avec son bébé. Elle joue à la maîtresse avec ses playmobils. Mais il y a des limites, cela doit rester un jeu.

Quand ma fille me dit qu’elle aussi voudrait se maquiller, je lui dis non, qu’une petite fille ne se maquille pas, qu’elle n’en a pas besoin. Si ma fille me demandait de lui acheter une brassière pour faire comme moi. Je lui dirais non. Je lui expliquerais tout simplement que sa fonction est de soutenir une poitrine et qu’elle n’en a pas de poitrine. Si dans quelques années, elle me demande de lui acheter un string, je lui expliquerais pourquoi je ne veux pas qu’elle en porte avant un bon moment.

Le rôle des parents c’est d’aider ses enfants à grandir. Pour cela, il faut leur donner les moyens d’avancer, de progresser. Mais il faut aussi savoir les freiner, leur rappeler le comportement adapté à leur âge, pour ne pas leur faire courir le risque de vivre des expériences, des situations qu’ils ne sont pas prêts à vivre et à assumer par la suite peut être toute leur vie. C’est aux parents d’apprendre aux enfants le comportement, la tenue, les limites qui sont adaptés à leur âge.

Images : susan402

Amuse-toi ! Le roi du bac à sable…

Beaucoup connaissent le sketch sur le parc de Florence Foresti de son spectacle Mother Fucker. Je ne sais pas si cela vient de la volonté de ne pas faire un spectacle rien que sur ce sujet (il y a de quoi faire) ou bien si finalement, elle n’y passe pas tant de temps que ça, mais je trouve ce sketch bien en dessous de la réalité.

Grâce à mes congés maternité, je fréquente régulièrement les parcs de mon quartier. Et ce que je vois n’a bien souvent rien de réjouissant. Je ne vais pas aborder aujourd’hui la problématique des nounous (que cela soit auxiliaires parentales ou assistantes maternelles). Tout ce que je peux dire, c’est que parmi celles que je vois au parc (donc une petite partie seulement), il y en a peu à qui je confierais mes enfants en toute confiance. Aujourd’hui, je vais plutôt parler d’un papa que je vois très souvent en ce moment et que je surnomme le « roi du bac à sable ».

Son altesse a une fille de 4 ans qui adore jouer au bac à sable. Ce n’est pas ça qui lui confère son caractère unique ! Apparemment, c’est un souverain de droit divin. Il a reçu du dieu du bac à sable le droit de régner sur le bac à sable, les jouets qu’il contient, les enfants qui s’y trouvent. C’est un roi tout puissant.

Assis sur son trône, au bord du bac à sable, il règne en maître. Il impose aux enfants :

  • de jouer avec leurs propres jouets ou de les prêter,
  • qui s’installe où,
  • qui doit absolument jouer avec qui,
  • qui doit être tranquille pour jouer,
  • qui doit rendre tel jouet à qui,
  • etc.

Il intervient à la moindre incartade. Son autorité surpasse celle des parents ou nounous présents. Il a visiblement toute la légitimité pour intervenir auprès des enfants sur leur éducation. Même si les accompagnants bienveillants sont déjà intervenus pour empêcher un enfant d’en embêter un autre, il a l’obligation d’intervenir pour surenchérir faute de quoi, il pourrait perdre son royaume et sa précieuse autorité !

Il a également le droit de châtier les contrevenants aux règles qu’il a dicté dans son royaume. Ainsi, on peut le voir écraser le château de sable d’un enfant qui a lui-même cassé la tour de sable d’un autre.

Vous l’aurez compris, ce père m’exaspère. Jusqu’à présent, il n’a pas encore ressenti le besoin d’intervenir auprès de mes filles, et heureusement, parce que je ne supporte pas son comportement. Le parc, et à fortiori, le bac à sable est une belle zone d’apprentissage pour les enfants. Ils sont confrontés à des enfants de tout âge qui n’ont pas la même expérience de la collectivité, du partage, de la tolérance, du respect des jeux des autres.

C’est donc forcément une zone de friction. Il y a les plus petits qui n’ont pas le sens de la propriété partagent tout, mais pleurent parfois de frustration et détruisent les oeuvres des autres. Les moyens qui ne partagent pas mais veulent prendre tout ce qu’ils désirent et cela passe parfois par des gestes un peu violents et des bousculades. Les grands qui jouent en groupe, construisent, bâtissent et n’aiment pas qu’on détruise leurs oeuvres. Mais c’est aussi une merveilleuse zone d’apprentissage :

  • du partage (je prête mes jouets, je demande pour qu’on me prête des jouets),
  • du respect (je ne casse pas les constructions des autres, j’accepte que je ne peux pas avoir tout ce que je veux),
  • de la tolérance (j’accepte que les plus petits ne comprennent encore pas toutes les règles des jeux collectifs, j’accepte quand jouant en groupe les autres ne fassent pas systématiquement ce que j’espère).

Au milieu de ça, de mon point de vue, les accompagnants sont là bien-sûr pour rappeler les règles de base. Mais ils n’ont pas besoin d’intervenir systématiquement à chaque écart, les enfants doivent apprendre les limites aussi bien des parents que des autres enfants. D’autre part, sauf mise en danger évidente de soi ou d’autrui, chaque accompagnant s’occupe des enfants dont il a la charge. Cela pour une simple et bonne raison, les règles ne sont pas les mêmes dans chaque foyer et il n’y a aucune raison qu’il y ait dans un parc libre d’accès une autorité supérieure qui dicterait ses propres règles :

  • Il y a des parents qui demandent aux enfants de ne jouer qu’avec leurs propres jeux et des parents qui au contraire imposent le partage,
  • Il y a des parents qui demandent aux enfants de ne pas mouiller le sable et d’autres qui les accompagnent jusqu’à la fontaine pour remplir leur seau,
  • Il y a des parents qui demandent à leurs enfants de ne pas mettre de sable sur leurs pieds et d’autres qui déchaussent leurs enfants,
  • etc.

Le parc est donc une zone de friction pour les parents comme pour les enfants. Contrairement aux zones de collectivités organisées (crèches, halte-garderie, école, activité péri-scolaire), il n’y a pas d’autorité indépendante pour chapeauter  l’ensemble (parents et enfants) et dicter les règles universelles qui s’y appliquent. C’est donc aux parents et aux enfants d’avoir l’intelligence et l’ouverture d’esprit de vivre ensemble pour un bref temps, de tolérer les différences. Et cela doit rester ainsi, il n’y a pas lieu de voir émerger des « rois » (ou reine d’ailleurs) qui imposent leur propre loi.

Images : Sophie Lenaerts / Cédric Simon

19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âges proches…

Mes filles ont 19 mois d’écart et la dernière aura 19 mois d’écart avec son petit frère. Cet écart nous l’avons voulu et nous avons la chance d’avoir été exaucés. Pourtant, bien souvent, les personnes qui apprennent notre configuration familiale sont surpris et ont du mal à comprendre. J’entends bien souvent « Vous avez du courage », « Ça doit être compliqué ! », « Vous devez être fatigués ». Toutes ces personnes sont des personnes qui ne savent pas ce que c’est que d’avoir des enfants avec un écart inférieur aux 3 ans « standards » en France.

Qu’est-ce que cela change vraiment d’avoir des enfants d’âges proches ?

La fatigue
Avoir deux enfants en bas âge, ça veut dire se réveiller deux fois plus la nuit. Entre les dents pour l’une, les cauchemars de l’autre, et l’inconfort de la grossesse, je ne sais plus ce que c’est que faire mes nuits. Cela veut aussi dire beaucoup moins de repos en journée car il faut toujours s’occuper de l’un ou de l’autre, les surveiller, assurer leur sécurité. Avant 3 ans, les enfants sont encore très dépendants de leurs parents. Mais je me rends compte aussi que je vieillis et que même avant d’avoir deux enfants, la fatigue arrivait beaucoup plus vite qu’à mes 20 ans. J’ai donc le sentiment que je supporterais moins cette fatigue des premières années dans 3 ans ou plus.

Les couches
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie changer les couches de deux enfants tous les jours. Mais ça ne m’a pas dérangé. Je suis certes soulagée que Lise soit propre en journée et à la sieste, mais pas tellement sur l’aspect du change mais plus sur le fait que je n’ai plus à la lever pour la mettre sur la table à langer. L’avantage c’est qu’on n’a pas eu l’occasion de profiter de ne plus avoir à changer les fesses d’un bébé, donc on ne peut pas « regretter » cette époque. Et puis, si on avait attendu 3 ans entre chaque enfant, on aurait au final passé  9 ans dans les couches alors que là, si tout va bien, on n’aura passé que 6 ans dans les couches.

Le budget
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie pour nous deux gardes à payer (je travaille au 4/5ème), deux sièges auto du même groupe, deux lits à barreaux, une marche pour la poussette. C’est sûr, c’est un surcoût dans notre cas.

L’éducation
 Parfois, j’ai l’impression de passer ma journée à faire la police, courir après l’une ou l’autre, régler les conflits et dire non. De plus, il ne faut pas négliger l’effet de groupe, quand elles ne se chamaillent pas, elles se montrent les bêtises. Heureusement, elles s’occupent aussi l’une de l’autre, jouent ensemble et apprennent l’une de l’autre. Il y a des interdits qu’on n’a pas eu besoin de poser avec Melody, parce que tout simplement elle les connait depuis toute petite car elle nous a vu les poser pour Lise. Lise a « seulement » quelques mois d’avances sur Melody, donc les choses s’enchaînent naturellement que cela soit pour les enfants ou les parents. En plus, par soucis d’équité, nous appliquons souvent les mêmes limites aux deux, et je me suis rendue compte qu’un bébé comprend très tôt les limites, le « non » et les interdits (bien avant l’âge auquel nous avons oser les appliquer pour l’ainée).

La jalousie
Lise a été jalouse de Melody. Parfois, je me suis dit que c’était multiplié par le fait que Lise a du partager l’exclusivité de ses parents un peu trop tôt, alors qu’elle avait beaucoup besoin de nous. Et puis, je vois des frêres et soeurs avec plus d’écart qui sont tout autant jaloux parce qu’ils se rendent compte et se souviennent qu’avant ils avaient leurs parents rien que pour eux. Je me dis alors que la jalousie ne doit pas être lié à l’écart entre les enfants.

La complicité
Plus les filles grandissent, plus je vois une complicité naître en elle qui me ravie. Dans ce cas, j’ai un peu l’impression d’avoir les avantages de parents de jumeaux sans les inconvénients. Elles se stimulent mutuellement, apprennent ensemble, jouent ensemble, se liguent contre nous (oui c’est inévitable), se consolent, se soutiennent, s’entraident. Plus le temps passe et plus les moments de complicités deviennent plus fréquent au détriment des chamailleries.

Même si je ne vois pour le moment que la période « en bas âge » Je n’ai vraiment pas le sentiment qu’il soit plus compliqué d’avoir des enfants rapprochés, chacun a ses avantages et ses inconvénients. Dans ma situation, je pense que cela me convient plus. Et que cela me permettra dans 3 ans, quand tous mes enfants seront à l’école, de passer plus rapidement à autre chose, à une autre étape de notre vie de famille et sûrement aussi de ma vie professionnelle.

Images : John Kay

Dors !

File:John George Brown - Sleeping angel.jpgCe qui est difficile en tant que parents, c’est de trouver du temps pour soi. Certains parents ne changent rien à leur mode de vie à l’arrivée d’un enfant. Ils continuent à sortir autant, en emmenant leur enfant partout avec eux et leur enfant s’adapte à leur rythme. Les enfants n’en sont à priori pas malheureux.

Mais ce n’est pas ma vision de la vie. Je trouve important de respecter le rythme de mes enfants. J’ai le sentiment qu’ils ont besoin d’un sommeil calme et d’un rythme régulier pour bien grandir et bien évoluer. Peut être que je me trompe, peut être que je transpose mes propres besoins sur mes enfants.

Mes journées sont donc rythmées par celles de mes enfants (et mon travail, les jours où je travaille). Cependant, le soir, j’aime que le coucher se passe bien, rapidement, et dans le calme. J’attends, avec impatience, ce moment où le silence tombe dans le babyphone, où je me détends sur mon canapé et où mon temps m’appartient.  Ne pas avoir à bouger un orteil et que tout roule sur des rails.

Malheureusement, pour moi, les couchers ne sont pas toujours aussi sereins. La fatigue des uns et des autres n’aidant pas, il arrive que ça pleurniche, que ça crie, que ça court dans tous les sens, que ça réclame un dernier bisou aux chats, une énième peluche dans le lit, de l’eau, ou hurle depuis sa chambre « Je ne veux plus dormir » etc… Et dans ce cas, ma patience n’y résiste pas toujours. J’aimerais pouvoir dire  dors ! Et que par magie, ses yeux se ferment, je ferme la porte de la chambre et dispose de ma journée.

Alors pour moi, tous les soirs, j’essaye de suivre le fameux rituel du coucher et d’essayer de contourner les tentatives d’ajouts de nouvelles étapes, jeu à laquelle Lise est très douée.

Mange ! (épisode 3)

Pendant les vacances de Noël, Lise nous a fait la guerre pour manger. Elle ne mangeait plus que sur nos genoux, quelques pâtes en vitesse et puis c’est tout. Forcément, ces fêtes traditionnellement familiales n’aident pas du tout à établir des règles strictes, bien au contraire, on a plutôt tendance à céder sur tout pour ne pas être dans le conflit permanent. Mais c’est une très mauvaise solution.

Nous sommes donc revenus à la maison et nous nous sommes dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Par ailleurs, j’ai lu différents articles sur l’anorexie chez les jeunes enfants. Ces articles (par exemple : exemple 1, exemple 2, mais pleins d’autres articles de vulgarisation existent sur internet) qui n’ont sûrement pas une grande valeur médicale mais qui ont eu un effet déclencheur pour moi et une prise de conscience. Certains éléments de cet article m’ont fait prendre conscience :

  • Que tout avait été aggravé par une angine et une otite quand Lise avait 1 an et demi (qui coincidait également avec la fin de ma seconde grossesse),
  • Que toute petite, je n’ai jamais « écouté » ce qu’elle pouvait exprimer au niveau alimentaire (j’ai toujours insisté pour qu’elle mange quand elle ne voulait pas, je stressais dès qu’elle ne finissait pas ses assiettes),
  • Chaque refus était géré en premier lieu par le conflit,
  • Que je ressentais ce refus comme une véritable remise en cause personnelle : je n’étais pas capable de nourrir ma fille.

Même si ma fille n’en était pas à un état pathologique, j’avais mis en place ce terrain « défavorable ». J’étais donc bien responsable de tout ça, mais la première étape était bien de me déculpabiliser : mes erreurs sont des erreurs courantes de jeune maman. Et il était temps de changer d’approche.
Nous avons décidé qu’il fallait que Lise prenne conscience qu’elle mange pour elle, et de nous (me) détacher de son assiette. Nous avons été aidé par une bonne grippe et gastro de retour de vacances. La visite chez le médecin nous a montré une belle perte de poids, il fallait qu’elle mange, mais le conflit ne l’ayant jamais aidé à manger, il était temps d’avoir une approche complètement différente.

Les nouvelles règles sont donc les suivantes :

  • Nous préparons à manger, un repas identique pour tout le monde,
  • Nous essayons toujours d’avoir à chaque repas au moins un aliment vedette pour Lise (et il n’y en a pas beaucoup une fois sortis du trio infernal : pâtes, pomme de terre, jambon),
  • Nous essayons d’avoir à chaque repas au moins un légume.
  • Nous passons à table tous ensemble (y compris Melody),
  • Pas de jouets à table (cette règle a tendance à être transgresser),
  • Chacun mange à sa place,
  • Chacun mange ce qu’il a envie (parmi ce qui a été préparé) dans les quantités qui lui font envie,
  • Nous insistons pour qu’elle goute (mais de manière positive : gouter n’est pas une obligation, mais en goutant, on peut avoir de bonnes surprises),
  • Aucune remarque incisive sur la quantité de nourriture ingurgitée (j’ai encore du mal, mais je fais un effort),
  • Le soir, nous avons remis un biberon (qui est notre garantie « Bonne conscience »),
  • Par contre, une règle assez simple et clairement rappelée régulièrement : si on n’a pas faim pour le plat principal (surtout quand c’est quelque chose d’apprécié en temps normal), on n’a pas faim pour un deuxième yaourt ou pour un bonbon.

Les repas sont devenus moins stressants. Lise a repris du poids malgré une deuxième grippe. Elle ne mange pas plus varié qu’avant. Cependant, il lui arrive bien souvent de goûter. Mais c’est toujours frustrant de l’entendre dire « Mmmm c’est délicieux » suivi d’en « Je n’en veux pas ». Petit à petit, nous essayons donc de faire passer le message : « Pourquoi te prives-tu de quelque chose de délicieux ? ». Parfois ça marche, mais bien souvent, c’est sans résultat.

J’ai bien conscience que notre rééducation mutuelle va prendre beaucoup de temps. Cela fait un an et demi que nous avons pris de mauvaises habitudes, je m’attends un peu à ce qu’il faille autant de temps pour les oublier. C’est pour ça, qu’on ne peut pas dire à ce jour que Lise mange normalement, et je ne peux pas dire non plus que je ne m’énerve jamais quand l’assiette reste désespérément pleine.

Image : Starbooze  (Sarah C)

Ne me crie pas dessus !

Mes enfants me servent souvent de miroir.
La base de leur apprentissage étant l’imitation, c’est tout naturellement que les enfants reproduisent notre propre comportement. Et malheureusement, je ne suis pas toujours exemplaire.

Lise a tendance, comme tout enfant de son âge, à pleurnicher ou crier pour revendiquer une envie très pressante pour elle et dont l’assouvissement immédiat lui parait indispensable. Dans ces cas là, ma réaction est toujours la même : je lui dis de ne pas me crier dessus si elle veut avoir ce dont elle a si envie (que cela soit de regarder pour la énième fois le même DVD, ou de ne pas mettre la magnifique robe que je lui ai choisi avec soin, etc.). Ni une, ni deux, le concept a été très rapidement intégré et compris. Je vous rassure, il lui arrive toujours de crier pour essayer d’obtenir quelque chose. Cependant, si nous avons le malheur de lui crier dessus parce que nous sommes énervés, elle nous fait part de son grand sens de la répartie et nous aussi nous avons le droit à notre « Ne me crie pas dessus ! ». Et je me dis « Vlan, Maman ! Retour gagnant ! Applique-toi tes propres principes ».

Je suis impressionnée par la logique implacable des enfants. Ils l’appliquent sans exception et sans déformation contrairement aux adultes ce qui nous met souvent face à nos propres contradictions (petit exemple : on ne mange pas en dehors de repas. Oui sauf si c’est un fruit, ou quand on a très faim, ou quand il y a un morceau de chocolat qui traîne,  ou quand on revient de la boulangerie avec du pain tout frais et encore chaud… Bref sauf quand nous, les adultes, décidons que la règle ne s’applique pas pour nous) ou imprécisions.