Jouons ! Les stéréotypes vus par les enfants…

Pour que la séparation et les retrouvailles se fassent sur une note positive, nous avons achetés des cadeaux pour nos enfants. Lise et Melody on eu une barbie. Plus précisément, Lise a eu un ensemble Ken et Barbie en maillots de bain (il faut dire que Toys’r us faisait -50% sur tous les produits Barbie…). Je sais que Barbie ne donne pas une bonne image des femmes, en plus d’avoir souvent un rôle très stéréotypé, elle a un physique impossible. Mais c’est un jouet que j’aimais quand j’étais petite, et les enfants les aiment également. Je me suis toujours demandée si les enfants savaient faire la part des choses.

Alors que Lise contemplait l’arrière de la boite ses remarques nous ont donné la réponse

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Lise : C’est bizarre, ils sont tous pareils : les garçons sont tous musclés, et les femmes ont tous des longs bras fins

Moi : Ah bon ? Et ils ressemblent à des vrais ?

Lise : Non : ils n’ont pas de poils…

Moi : Et dans la vraie vie, les gens ils sont comment ?

Lise : Ils sont tous différents.

Je ne sais pas si l’allure des poupées sont très importantes au final pour les enfants. Ils ont bien conscience qu’elles ne représentent pas la réalité. La preuve en est, elle ne manque pas d’humour quand elle joue : P1020017

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Promenons-nous ! La cité des enfants…

Petit, j’habitais loin de Paris, mais nos parents nous emmenaient régulièrement sur Paris pour voir une exposition, visiter un musée, visiter des monuments. Parmi nos sorties préférées, il y avait la cité des sciences et de l’industrie, et plus particulièrement la cité des enfants. Pour ceux qui ne connaissent pas voilà l’objectif de cet espace :

contribuer au développement des enfants, éveiller leur curiosité et les préparer aux futurs apprentissages en leur donnant l’occasion de vivre des situations d’exploration riches, variées et adaptées à leur âge.

Je me souviens de cet espace comme un endroit riche en expérience, riche en sensation, où les enfants sont rois et peuvent s’absorber dans des expériences et des observations.

J’attendais avec impatience l’âge où nos enfants seraient suffisamment grands pour faire d’autres genre de sortie que les parcs, les zoos, etc. Jack arrivant doucement sur ses deux ans, et la cité des enfants ayant un espace 2-7 ans, nous avons décidé de nous y rendre dimanche dernier.

Nous avons passé un très bon moment, les enfants ont eu du mal à repartir. Les différentes expériences sensorielles sont telles que je m’en rappelais et adaptées à l’âge de mes enfants (2 ans, 3 ans et demi, 5 ans). Chacun d’eux y a trouvé son intérêt. Les filles sont ressorties enchantées.

Nous un peu moins.

Le cadre

La cité des enfants est située dans Paris, donc pour y aller en voiture, c’est comme toujours, une petite galère en soi, ce n’est pas très bien indiqué et ça ne s’améliore pas une fois arrivé dans le parking. Dans le genre parking glauque où rien n’est indiqué c’est pas mal. Quand on a des petits, on essaye un peu d’optimiser nos déplacements dans des parkings sombres remplis de voitures avec des enfants surexcités de faire une sortie dans un musée où on peut toucher à tout. Là-bas, soit il faut connaître, soit il faut avoir de la chance car rien n’est indiqué. J’ai vu beaucoup de parents faire des aller-retour en poussette. Une fois dans le bâtiment ce n’est pas beaucoup mieux.

L’ambiance dans le bâtiment a un petit arrière goût d’usine désaffectée. Les bâtiments sont sombres, mal éclairés, la décoration d’un autre temps. Quand on me parle de sciences et d’industrie, je pense tout de suite innovation, modernité, effets spéciaux… Là, je pense que ça n’a pas bougé depuis l’époque où j’y allais enfant (soit les années 90 en fait).

L’attente avant la séance

La cité des enfants est séparé en deux espaces en fonction de l’âge des enfants. Il faut savoir qu’on ne rentre pas comme on veut dans ces espaces. Il faut choisir son horaire (un dimanche à 10h30 pour nous), et on dispose d’une tranche d’1h30 pour faire la visite. Nous avions pris les billets sur internet, et nous avons donc attendu dans la salle prévu à cet effet que l’heure soit arrivée. Dans cet espace qui a l’air assez récent, on voit qu’il y a une vrai réalité d’accueillir des enfants correctement (d’immenses bancs, des télés, etc.). Il y a même des WC juste pour les enfants. Ces WC m’ont pourtant parus assez incongrus. L’intimité des enfants est limité, il y a juste une petite cloison entre chaque WC, mais surtout, il y a un distributeur de papier WC pour toute la ligne. Donc si l’enfant y va seul, il est bien em***** (c’est le cas de le dire).

Au milieu de la salle d’attente, il y a une magnifique statue (voir image de ce billet). Elle est colorée, elle est immense, et elle est animée. Elle attire les enfants. Mais voilà, les enfants (et pas seulement les miens) ont du mal à comprendre que dans ce musée où on a le devoir de tout toucher, il y a une magnifique statue qu’on ne peut pas toucher…

La visite

A l’heure indiquée, les portes de la cité s’ouvre et toutes les personnes de la salle d’attente s’engouffrent dans cet espace. Nous étions à une séance où, paraît-il, il n’y a pas trop de monde. Forcément, il y a du bruit, de l’excitation, des pleurs, on ne s’attendait pas à moins. Les expériences sont très variées et exploitent les différents sens. Les enfants touchent, sentent, regardent, écoutent, escaladent, bâtissent, arrosent, etc.

En 1h30, l’espace est suffisamment grand pour ne pas s’ennuyer, il est même un peu trop grand, une seule visite ne suffirait pas pour que les enfants découvrent tout. Les enfants sont très stimulés (- excités) donc il y a intérêt à être vigilent pour ne pas en perdre un).

Côté enfants

Côté enfant, les trois en ont bien profité en fonction de leur âge. Mais Lise (5 ans) a eu beaucoup de frustrations. L’espace est à la fois trop grand et il y a trop d’enfants. Les expériences reproduites sont super mais souvent, le nombre d’enfant sur une expérience ne permet pas à chacun d’en explorer le fonctionnement, la logique, les conséquences. Lise aurait parfois aimé être seule sur un atelier pour en explorer toutes les possibilités, pour apprendre, comprendre et aller plus loin.

Côté parents

Je comprends complètement la frustration de Lise. Je trouve que la cité des enfants ne permet pas d’exploiter à fond cette initiation des enfants à la science, à la découverte du monde, à l’analyse. En 1h30, soit il faut survoler chaque expérience, soit on ne peut faire qu’une toute partie de l’espace et cela demanderait de revenir plusieurs fois mais le coût est alors multiplié. Les expériences sont conformes à mes souvenirs. J’ai même l’impression qu’elles sont identiques. J’exagère un peu, mais nous sommes entourés d’interactivité et d’innovation avec nos téléphones, nos consoles. Je ne sais pas si c’est voulu, mais à la cité des enfants on reste principalement sur des expériences archaïques. J’imagine qui c’est un parti pris qui se défend. D’autre part, certaines manipulations sont physiquement trop difficiles pour des enfants (je pense notamment à celles autour du vent).

En conclusion, je suis contente d’y être allée, mes enfants en gardent un bon souvenir (même si Lise se souvient de sa frustration). Mais je ne pense pas que j’y retournerais. J’attendrais que nous puissions aller à l’espace 5 – 12 ans.

Je suis également déçue de l’image que ce musée donne de la sciences. Je sais que mes enfants n’ont pas vu cet aspect là, mais inconsciemment, ce musée de la sciences et de l’industrie véhicule une image de la sciences terne, grise, vieillotte, à l’image des locaux dans lesquels il se trouve

Porte-moi ! 5 ans après…

Après 3 enfants, et le petit dernier qui va atteindre les 2 ans, on est peu à peu en train de quitter la phase de la petite enfance. Je fais donc naturellement un peu le bilan sur les bons et mauvais plans avec des enfants.

Il y a 2 ans, j’avais écrit un article sur les porte bébé que nous avions utilisé Porte moi ! Mon expérience des porte-bébés… Depuis, nous avons un enfant de plus et un porte bébé en plus. Non pas le Tonga comme pressentie lors de mon précédent article mais un ring sling similaire à celui en photo (la couleur diffère).

Finalement, à la naissance de Jack nous avons utilisé deux porte-bébés en alternance.

L’ergobaby a été longuement utilisé pour les longues ballades. Nous sommes allés notamment plusieurs fois à Disneyland Paris avec les trois enfants entre les 3 mois et les 1 an de Jack. Pour Jack, je l’ai préféré au mei tai. Notamment, parce qu’avec 2 autres enfants, j’étais souvent pressé pour mettre Jack dans le porte bébé, et il est plus difficile de mal mettre un ergobaby qui reste bien réglé d’une utilisation à l’autre qu’un porte bébé noué.

Il a été également beaucoup utilisé pour les déplacements à pied seule avec les 3. Jack y dormait comme un loir. Depuis ses un an, nous ne l’utilisons vraiment plus que très ponctuellement pour plusieurs raisons :

  • Jack marche donc pour les petits trajets, il utilise ses petites jambes…
  • Nous vivons dans une plus petite ville, ce qui signifie moins de trajets à pied, plus de trajets en voiture…

Mais j’étais bien contente de l’avoir pour nos vacances à la plage. J’ai pu ainsi faire de grandes ballades d’une heure, sur la plage  avec Jack dans le dos. Nous avons tous les deux beaucoup apprécié.

Notre nounou a utilisé l’ergobaby 2 fois par jour pour faire les trajets école – maison avec les 3.

Le ring sling a été également beaucoup utilisé, mais par moi principalement. Pour tous les petits trajets à pied, mais également pour avoir les mains libres à la maison. C’est un achat que je ne regrette pas. Et il ne m’a pas servi uniquement de porte bébé. Il m’a également servi de nombreuses fois comme harnais de secours dans les chaises hautes de restaurant sans harnais, dans les caddies. Il m’a également servi de pare soleil pour la poussette, de couverture d’appoint et pour isoler Jack de la lumière quand il faisait sa sieste ou le début de sa nuit dans sa poussette.

L’installation de Jack dans ce porte bébé m’a demandé un peu d’entraînement, pour ne pas avoir mal à l’épaule qui porte et pour serrer suffisamment le porte bébé pour que le portage soit confortable pour nous deux.

C’est un achat que je ne regrette pas.

Jack a donc été beaucoup porté au cours de sa première année. La poussette était plutôt le domaine de Melody. Du coup, j’ai du investir dans une veste de portage. J’ai pris une veste hiver mamaponcho (doublée en polaire) qui permet un portage sur le ventre, sur le côté et sur le dos. C’était un investissement couteux mais vraiment indispensable. Par contre, j’aurais deux reproches à lui faire :

  • je n’ai jamais réussi à installer mon enfant seule dans le dos sous cette veste
  • quand l’enfant est tout petit, il est impossible de lui faire passer la tête dans le trou prévu à cet effet.

Pour le reste, son côté imperméable, les deux capuches, la doublure en polaire m’ont vraiment permis de porter Jack confortablement tout l’hiver.

En conclusion, porter mes enfants aura été un vrai plaisir (et ça le reste encore même si ça devient rare). Mais cela aura été aussi indispensable pour notre vie citadine avec trois enfants d’âge proche. On a pu ainsi se passer de poussette double, et sortir beaucoup plus. Le portage à la maison m’a permis de temps en temps de me sentir moins esclave, de les calmer tout en continuant à faire autre chose.

Je pense donc je suis ! La philosophie à 5 ans…

Lise a 5 ans. Melody 3 ans et demi. Jack bientôt 2 ans. Quand on n’est pas parent, il y a des difficultés qu’on n’imagine pas dans le rôle de parent. D’un point de vue extérieur, ce sont des petites choses rigolotes, sources d’émerveillement, qu’on envierait presque. Mais souvent c’est la répétition qui rend les choses plus compliquées.

Tout parent de jeunes enfants sont passés par là. La phase du « Pourquoi ? » Au début c’est simple les questions sont de l’ordre :

  1. Scientifiques
    • Pourquoi il pleut ?
    • Pourquoi les nuages bougent ?
    • Pourquoi les roues tournent ?
  2. Morales
    • Pourquoi on ne part pas sans payer ?
    • Pourquoi on ne tape pas les chats ?
    • Pourquoi il ne faut pas déranger les autres ?

Les pourquoi peuvent aussi être une remise en cause des règles dictées :

  • Va te laver les mains ! → Pourquoi ?
  • Calme toi !  → Pourquoi ?
  • Mange !  → Pourquoi ?

On ne s’imagine pas comment la phase des pourquois peu vite devenir pénible quand on a deux enfants qui en posent toute la journée et que l’on doit TOUT justifier : Pourquoi il faut dormir ? Pourquoi tu bailles ? Pourquoi tu veux qu’on aille se promener ? … Une question entraîne une autre, c’est interminable. Et puis on entre ensuite dans la phase des comment avec l’incontournable de « Comment on fait les bébés ? » Je croyais que ça s’arrêtait à peu près là et que les questions existentielles arriveraient plus tard. Finalement non. Lise me scotche régulièrement avec des questions fondamentales :

  • Que serait-on si on n’avait pas de cerveaux ?
  • Comment se forment les pensées ?
  • Que devient-on quand on est mort ?
  • Quand on adopte un enfant, comment devient-on ses parents ?
  • Comment sait-on qu’il y a vraiment quelque chose qui existe ?

Et là, j’avoue qu’il y en a pour lesquelles je me sens complètement bête. D’un côté je trouve ça super qu’elle se pose ce genre de question, j’aimerais qu’elle garde toute sa vie ce regard intéressé sur le monde. D’un autre, quand je suis en train de préparer à manger, ou changer la couche de son petit frère qui a décidé de le faire lui-même, j’aimerais bien ne pas être interpellée sur des questions qui me dépassent . Images : Micky Aldrige

19 mois ! Le bilan au bout de 2 ans

Comme je l’ai déjà expliqué à des multiples reprises (19 mois !19 mois ! bis, 19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âge rapprochés) il y a 19 mois d’écart entre Lise et Melody, entre Melody et Jack. Au début, cet écart étonnait ou suscitait de l’incompréhension autour de nous. Aujourd’hui, plus personne, ou presque, ne nous fait de remarques sur le sujet. Jack a bientôt 2 ans, Lise 5 ans et Melody 3 ans et demi. Il n’est plus évident au premier coup d’oeil d’évaluer leur différence d’âge. Au pire, on me demande si ce sont les 3 miens…

Deux ans après, je n’ai aucun regret sur cet écart d’âge. Si je reprends les thématiques de la dernière fois, voici mon bilan.

La fatigue

La fatigue est bien présente. Les nuits où on ne se lève pas au moins une fois sont rares. Premièrement, Jack est celui qui a le plus tardé à faire ses nuits. Il a commencé à les faire un peu avant ses un an. Mais il a continué à nous réveiller la nuit, une à deux fois par semaine jusqu’à ses 18-20 mois. Son opération n’a pas aidé dans ce sens. Maintenant il est très très rare qu’il nous réveille la nuit. Par contre le matin, il n’est pas question pour lui de faire la grasse matinée. Je ne sais pas à quelle heure il se réveille vraiment parce que j’ai l’impression qu’il reste dans son lit sans faire un bruit. Mais cela doit être assez tôt parce qu’à partir de 6h du matin, au moindre bruit il nous appelle. Il lui est arrivé de dormir quelques fois jusqu’à 9h parce que rien ne lui avait fait penser qu’on était déjà levé, mais sinon, un chat qui miaule, un objet qui tombe dans la chambre de ses soeurs et hop il est debout. Les nuits où on dort sans se lever une seule fois sont rares également. Mais ce sont ses soeurs qui nous réveillent. Souvent Lise, elle est la spécialiste des cauchemars, plusieurs fois par semaine. Donc on doit se lever, la rassurer et c’est bon. Parfois Melody, elle bouge beaucoup la nuit et régulièrement elle ne sait plus retrouver son oreiller ou tombe par terre.

La fatigue est bien présente mais Jack et Lise étant les principaux responsables cela nous arriverait tout autant avec des enfants de plus de 3 ans d’écart.

Les couches

A la naissance de Jack, Lise était propre de jours comme de nuit. Nous avons donc eu les couches de deux enfants à changer en même temps. Melody a été propre de jour comme de nuit vers deux ans et demi (donc il y a un an). Je ne me souviens pas de cette période comme d’une corvée. Changer les couches de un ou deux enfants je ne vois pas trop la différence.

Le budget

Notre budget est celui d’une famille de trois enfants. Nous étions déjà équipé pour deux enfants rapprochés. Nous devions de toute façon acheter un autre siège auto pour Lise, donc Jack a récupéré son ancien. La marche porte parfois deux enfants mais c’est rare. Nous avons une garde à domicile. C’est peut être le seule poste de notre budget qui aurait peut être été amoindri si les enfants avaient plus d’écart, mais je n’ai pas fait le calcul. Est-ce qu’une garde à domicile qui récupère Lise à l’école le midi et le soir m’aurait couté moins cher qu’une assistante maternelle pour le dernier et la garderie du matin, du soir et la cantine pour les ainées ? Je n’en suis pas persuadée.

L’éducation

Parfois je n’ai l’impression de faire que ça. Apprendre, Répéter, Gronder, Séparer… Mais je crois qu’avec 1 enfant ou 3 c’est pareil et peut importe l’écart. Quand il n’y avait que Lise et Melody chaque sortie était une expédition et je ne serais jamais sortie pour autre chose qu’aller au parc pour elles. Avec les trois et depuis que nous sommes en banlieue plus éloignée c’est différent. Quand je suis seule avec eux nous sortons quasiment tous les jours pour aller au parc, à la ludothèque, au marché, à la boulangerie, faire une course, chez le médecin, se promener en forêt. C’est sportif, surtout les préparer en hiver, les mettre dans la voiture. Mais quand je suis seule avec eux, en général, ils écoutent mieux. Ils adaptent leur comportement. La plupart du temps ce sont des moments agréables.

La jalousie

La jalousie on en a. Jack est très possessif et, même si ça s’améliore avec le temps, il ressent souvent le besoin qu’on s’occupe de lui juste au moment où on doit absolument s’occuper de ses soeurs. Lise est jalouse, surtout de sa soeur. Elle nous dit souvent qu’on s’occupe plus de sa soeur et son frère que d’elle. Mais j’ai l’impression qu’elle commence à trouver normal qu’on fasse plus attentions aux plus jeunes. Elle sait aussi qu’elle bénéficie plus souvent que les autres de moments rien qu’avec nous. Melody n’est pas vraiment jalouse de l’un ou de l’autre. Mais parfois, on comprend clairement qu’elle a besoin qu’on s’occupe d’elle. Mais tout ça se gère de plus en plus facilement.

La complicité

Il n’y a sans aucun doute beaucoup de complicités entre eux. Où qu’ils soient, chez nous, au parc, à la ludothèque, chez les cousins et cousines, ils sont toujours à moins de 2 mètres les uns des autres. S’ils ne jouent pas ensemble, ils jouent à côté. Ils s’entraident et s’entraînent. Ils s’opposent et s’affirment les uns par rapport aux autres. Ils négocient entre eux. Ce sont des vrais experts en négociation. Quand Lise était petite et qu’elle jouait avec sa cousine de 2-3 ans son ainée, c’était souvent la grande qui respectait les règles du jeu fixées par la petite car la grande était plus raisonnable. A la maison le rapport de force dans les négociations est plus équilibré.

Melody va rejoindre sa grande soeur en maternelle cette année. Cela devrait également nous donner une idée du lien qui les unit. Aujourd’hui, elles nous disent qu’elles joueront à toutes les récréations ensemble, je ne pense pas que ce sera le cas (et heureusement). Mais est-ce qu’elles feront preuve de solidarité également en dehors de la maison ?

La vie de couple

Nous n’avons pas beaucoup de moments à deux. Mais nous n’en aurions pas beaucoup plus avec des enfants plus espacés. J’ai des amis qui ont deux enfants avec plus d’écarts. Et depuis la naissance de leur ainée, ils ne se sont jamais retrouvés à deux. La raison : ils n’ont personne à qui confier leurs enfants. Ils ont bien de la famille, mais personne qui n’accepte de prendre leurs deux enfants en même temps. Nous avons la chance de pouvoir confier nos trois enfants en même temps à des membres de notre famille. Nous savons qu’on s’occupera bien d’eux et qu’ils seront contents. Par conséquent, c’est plus l’entourage qui nous permet de passer du temps ensemble. Que nous ayons 1 ou 3 enfants avec 1 ou 3 ans d’écart n’aurait pas changé grand chose.

Pour le moment, je ne regrette pas cet écart entre mes enfants (ni le fait d’en avoir 3). Peut être que l’adolescence sera plus compliquée. Ils feront peut être leur crise en même temps. Aujourd’hui, il y a une certaine régulation entre eux. Ils ont tous leurs moments difficiles mais comme l’a déjà remarqué notre ainée, à un moment donné, quand l’un est très difficile à géré, les deux autres sont sages…

Seront-ils aussi compréhensifs avec nous en grandissant ?
Images : John Kay

Egalité ! Etre une fille ou un garçon…

Ma mère m’a toujours dit que je devrais me battre pour être l’égale des hommes, obtenir les mêmes droits, les mêmes salaires, n surtout jamais m’arrêter de travailler, être indépendante financièrement, etc. J’ai aujourd’hui un regard critique sur le discours que j’ai entendu mais je reconnais que ça a du avoir de l’influence sur le métier que j’ai choisi, et sur ce que je veux pour mes enfants plus tard.

Depuis que Lise est née, il y a chez nous toute sorte de jouets : voitures, poupées, puzzle, playmobils, cuisinières et dinettes, lego, trains, balles, poussettes, etc. Nous n’avons jamais tenu un discours disant que telle chose était pour les filles ou telle autre pour les garçons. Malgré tout, c’est l’école qui a mis de la zizanie là dedans. Le bleu est devenu une couleur de garçon, le rose une couleur pour les filles. Elle s’est mise à aimer les paillettes et les princesses. Malgré tout, à force de lui dire qu’elle n’était pas obligé de se plier à se genre de convention, elle continue à jouer aux voitures, elle aime les dragons tout en se racontant des histoires de princesses.

En tant que parent, il faut partir du constat que la société actuelle incite les filles et les garçons à se comporter d’une certaine manière. J’estime que c’est notre rôle (à leur père et à moi) d’ouvrir les yeux à nos enfants (filles ou garçon) sur ces conventions et de leur rappeler qu’ils ont le droit de ne pas s’y plier. Cependant, j’aimerais parfois que la société nous aide un peu à ne pas conditionner nos enfants depuis leur plus jeune âge.

Il n’y a pas longtemps je suis tombée sur ce rayon à la Fnac près de chez moi :
2013-01-24 13.29.38

Premier constat choquant, on a donc des livres spécial p’tit garçon, et spécial p’tite fille, bien séparés dans les rayons.

Si on regarde de près les livres pour « filles » :

2013-01-24 13.29.59

Les petites filles ont le droit de « jouer » :

  • Lisa à la maîtresse,
  • Lola joue à la dinette,
  •  Lilou joue à la poupée,
  • Clara joue à la danseuse,
  • Jade joue à la coiffeuse,
  • etc.

Si on regarde côté « garçon » :

2013-01-24 13.29.44 Les petits garçons ne « jouent » pas, ils possèdent :

  • Le train de Bastien,
  • Le bus de Marius,
  • Le taxi de Rémi,
  • L’ambulance de Maxence,
  • L’avion de Gaston,
  • etc.

Certains diront que c’est un détail, que ça répond à une demande et que commercialement ça doit se justifier. Nous avons deux livres « filles » de cette collection. Si on ignore ce problème de sexisme, ils sont très bien fait, les enfants aiment beaucoup les illustrations en pâte à modeler et répondre aux questions à la fin pour montrer qu’ils ont bien écouté l’histoire. Mais j’ai décidé d’éviter désormais cette collection de livre parce que je crois qu’ils ne se vendraient pas moins bien si Lison avait un camion et si Gaston jouait à la poupée.

Et vous avez vous rencontrés des exemples aussi flagrants ?

 

Dors ! Partager sa chambre…

Kids Sleeping

Je me souviens avoir partager ma chambre avec un de mes frères pendant quelques années. J’en garde un souvenir ni bon, ni mauvais. Et pourtant quand j’ai eu des enfants j’aurais aimé qu’ils aient chacun leur chambre.

Quand j’étais enceinte de Melody nous vivions dans un appartement avec deux chambres, et il n’était pas question de déménager. Nous avions donc 2 possibilités : faire partager la même chambre à Lise et Melody, ou laisser notre chambre à Melody et aller dormir dans le salon.

Les 3 premiers mois, Melody dormait dans notre chambre. Nous pensions la transférer dans la même chambre que Lise quand elle ferait ses nuits. Mais pas de chance les nuits furent plus longues à arriver que pour Lise (qui a fait ses nuits à 1 mois). Quand nous nous couchions le soir, cela reveillait et je dormais mal : un bébé fait du bruit la nuit et à chaque bruit j’étais aux aguets me demandant si elle allait se réveiller pour réclamer à manger. De plus nous avions réservé un chalet pour les vacances et là bas nous n’aurions pas d’autre choix que de faire dormir les puces ensemble. Donc quelques semaines avant nous avons installé les deux filles ensemble dans la mêem chambre.

Au début, le coucher était très compliqué.

Nous avons essayé de coucher Melody avant Lise. L’objectif était d’attendre que Melody dorme profondément avant que Lise ne se couche. En effet, Lise était une grande bavarde au coucher. Elle parlait ou chantait pour s’endormir et nous avions peur que ça empêche Melody de s’endormir. Malheureusement, Melody mettait parfois longtemps à s’endormir et Lise se couchait alors très tard.

Ensuite nous avons essayé de coucher Lise avant Melody. L’objectif était d’attendre que Lise dorme profondément avant que Melody ne se couche. Comme ça, il n’y aurait pas de bruit au moment de coucher Melody. Mais ce n’était pas non plus la solution, Lise pouvait parlait très longtemps avant de s’endormir et Melody était trop fatigué.

Jamais je me suis dit que de les coucher en même temps pourrait fonctionner, nous nous sommes cassé la tête à chercher une solution. Et puis nous nous sommes rendu à l’évidence, nous n’avions qu’à les coucher en même temps, cela ne serait peut être pas « pire ». Et ce fut la solution miracle. Melody qui avait du mal à s’endormir sans râler, s’endormait maintenant sans un bruit. Elle écoutait sa soeur papoter et ça devait lui faire le même effet qu’une berceuse. Nous n’avions pas de problèmes pour la sieste non plus. Melody qui faisait encore la sieste le matin, faisait une plus petite sieste l’après midi que sa soeur, mais nous pouvions aller la lever sans que cela réveille Lise (et cela se passait pareil la nuit tant que Melody ne faisait pas ses nuits).

Pourtant il y a eu des périodes où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre (Dors ! Quand le sommeil ne vient pas…). Lise a eu de gros soucis d’endormissement que nous gérions très mal. Quand Lise avait 2 ans et demi et Melody 1 an, Elle avait découvert que si elle allait faire mal à sa soeur dans son lit, nous débarquions dans la chambre très en colère. Cela a duré plusieurs mois où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre.

Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Nous avons parfois du mal à les coucher. Mais cela ne serait pas différent si elles étaient séparées.  Ce que je trouve drôle c’est qu’elles nous font le coup chacun leur tour. Même si sur un coup de colère, elles disent parfois qu’elles ne veulent plus partager leur chambre, je crois qu’elles auraient du mal à trouver leur sommeil sans la présence de l’autre. Je ne peux pas dire si cela influe sur leur complicité. Elles ont beaucoup de tendresse et commencent à partager des jeux avec leur petit frère même s’il ne partage pas leur chambre.

Ce que je retiens de tout ça, c’est qu’en tant que parent, je présume souvent qu’une situation va être compliquée. Pourtant, une fois que j’y suis confrontée, je me rends compte que mes enfants ont une grande capacité d’adaptation. Je me demande à quel point on se complique la vie pour éviter des situations que nos enfants sauraient très bien gérer…

Images : Svante Adermark