Travailler pour soi…

Mon début dScreenshot_2015-07-03-14-02-29‘année a été bien chargée. Alors que mon rythme de travail a considérablement ralenti à mon travail, j’ai rempli mon temps avec des préoccupations plus personnelles.

Je me suis remise au développement (quand je dis remis, je n’y avais pas touché depuis ma sortie de l’école). Je ne sais pas où cela me mènera mais j’ai été très enthousiaste de redécouvrir le sentiment d’apprendre quelque chose, de progresser (en passant bien évidemment par des phases de désespérance où j’avais l’impression que jamais je ne sortirais quoi que ce soit), d’être à l’origine d’un projet plutôt que de travailler sur les projets initiés par les autres. C’est un projet qui me tient à cœur et je suis persuadée qu’elle peut être utile, sympa et distrayante. Comme un complément naturel à la lecture d’histoires aux enfants.

Je me suis sentie comme un soir de Noël, quand enfin j’ai publié cette première application sur le Google Store. Ce n’est qu’un début, une première version, mais elle permet tout de même de bien comprendre le concept. Je vous propose de la découvrir ici – Living Book.

Il existe également une communauté google « La fourmilière » qui vous permettra d’accéder aux versions Bêta ou de vous tenir au courant des nouveautés sur ce projet. N’hésitez pas à vous abonner.

Ma volonté est vraiment de créer une application utile, utilisable par leurs utilisateurs donc n’hésitez pas à me contacter pour me faire vos remarques, suggestions, etc.

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Travaille ! Et ne fait que ça…

Mon tempérament aurait pu faire de moi une bourreau du travail… Si je n’étais pas aussi sensible à la fatigue, si je n’avais pas rencontré mon mari, si je n’avais pas eu d’enfants… Un bon manager aurait pu obtenir de moi que je travaille intensément pendant de longues heures de travail, sans que cela me pèse au quotidien. J’ai débuté dans une boite qui appréciait ce genre de chose, et j’aurais pu m’y habituer. Mais voilà, ma vie n’a pas pris cette direction. J’ai quitté cette entreprise quand j’ai imaginé avoir des enfants, bien consciente que la pression serait trop fort et me mettrait dans une situation inconfortable qui m’aurait toujours mis en déséquilibre entre : vouloir faire ce qu’on attend de moi et avoir une vie de famille. J’ai donc rejoint une entreprise aux horaires plus tranquilles, qui travaillait moins dans l’urgence et la précipitation. Je ne me suis pas trompée, j’ai découvert là bas, un autre rythme de vie, d’autres collè gues dont l’état d’esprit est à des centaines de lieues de mes anciens collègues. Cet état d’esprit n’est ni mieux, ni moins bien, juste différent et adapté à chacune des entreprises.

La vie continuant son chemin, et trois enfants plus tard, j’ai pris pleinement conscience que le travail c’est bien, y trouver de l’intérêt c’est encore mieux, mais ça ne fait pas tout. Il ne faut pas attendre de reconnaissance de son entreprise, surtout dans les grandes. Les intérêts personnels ne coïncident pas forcément avec les intérêts de l’entreprise et ni l’un ni l’autre n’est à blâmer, les objectifs de chaque côté sont différents. Alors j’ai trouvé mon équilibre avec un 4/5ème. Parce que même si je ne fais pas de gros horaires (9h30 – 18h), les jours de travail je ne vois mes enfants que 1h  (grâce  au temps que je passe sur la route) le matin que je passe à les pousser à se préparer pour l’école et 1 h le soir que je passe à les pousser à se préparer à se coucher. Le week-end, entre les tâches ménagères, les courses et les activités, il ne reste pas beaucoup de temps pour juste « profiter ». Le mercredi, c’est le jour des enfants mais aussi ma journée (parce que mes enfants savent aussi très bien jouer ensemble) où je me permets de glander un peu tout en faisant croire que je m’occupe d’eux…

Jack ayant 3 ans en octobre, je ne vais plus avoir le droit à ce congé parental à temps partiel. Le temps partiel n’est pas dans la politique de mon entreprise. Mais étant déjà au 4/5ème et arrivant tout à fait à accomplir le travail qui m’était confié sans que cela pose un  soucis en terme d’organisation pour mon entreprise, j’ai cru naïvement qu’ils pourraient accepter. Mais ils ont refusé, sans vraiment de raison valable, mais peu importe, c’est leur droit de refuser.

Dans quelle société vivons nous qui voudrait que nos enfants n’aient plus besoin de nous à partir de 3 ans, qui estime que nous sommes productifs que quand nous sommes présent à notre travail (oui parce que le télétravail n’est pas non plus ancré dans notre culture).  Ce n’est même plus une question d’enfants et de parents, c’est juste une question d’équilibre. Je veux pouvoir profiter de ma vie. Je pense être aussi productive à 4/5ème qu’à temps plein. Parce que mon travail n’est pas que de l’opérationnel, que des tâches à exécuter, c’est aussi beaucoup de réflexion que je garde toujours en tâche de fond, que je ramène à la maison pendant mes 2 heures de trajet quotidien, pendant que je fais d’autres tâches qui sont presque automatiques à la maison. Parce que tout ce que je fais le mercredi ou le week-end, je ne le fais pas pendant mes heures de travail. Parce qu’en étant à 4/5ème, je me sens quelque part « obligée » de faire de plus petites pauses déjeuner…

Donc une page se tourne, reste à savoir laquelle, celle avec mon entreprise actuelle, celle de mon  4/5ème ? J’ai quelques pistes à explorer avant de me décider…

Images : Ian Britton

Sois agile ! De la gestion de projet à la gestion de famille…


2013-10-02 08.39.54Un article sur les vendredis intello Etre « agile » en famille m’a rappelé que je voulais depuis un moment parler de la façon dont mon travail a influencé ma façon de gérer ma famille. J’avais déjà parlé des qualités qu’on acquiert en tant que parents et qui deviennent de véritable atouts dans le monde de l’entreprise : Est-ce que mère rend inapte au travail !

Je travaille dans le domaine du développement informatique. Il existe autant de méthode de développement informatique que d’entreprise travaillant dans ce domaine mais depuis un certain temps on entend parler d’agilité. L’agilité dans l’informatique se base sur 4 valeurs  (voir l’article Wikipedia sur le sujet) :

  • L’équipe (« Les individus et leurs interactions, plus que les processus et les outils ») : dans l’optique agile, l’équipe est bien plus importante que les outils (structurants ou de contrôle) ou les procédures de fonctionnement. Il est préférable d’avoir une équipe soudée et qui communique, composée de développeurs (éventuellement à niveaux variables), plutôt qu’une équipe composée d’experts fonctionnant chacun de manière isolée. La communication est une notion fondamentale.
  • L’application (« Des logiciels opérationnels, plus qu’une documentation exhaustive ») : il est vital que l’application fonctionne. Le reste, et notamment la documentation technique, est une aide précieuse mais non un but en soi. Une documentation précise est utile comme moyen de communication. La documentation représente une charge de travail importante, mais peut pourtant être néfaste si elle n’est pas à jour. Il est préférable de commenter abondamment le code lui-même, et surtout de transférer les compétences au sein de l’équipe (on en revient à l’importance de la communication).
  • La collaboration (« La collaboration avec les clients, plus que la négociation contractuelle ») : le client doit être impliqué dans le développement. On ne peut se contenter de négocier un contrat au début du projet, puis de négliger les demandes du client. Le client doit collaborer avec l’équipe et fournir un compte rendu continu sur l’adéquation du logiciel avec ses attentes.
  • L’acceptation du changement (« L’adaptation au changement, plus que le suivi d’un plan ») : la planification initiale et la structure du logiciel doivent être flexibles afin de permettre l’évolution de la demande du client tout au long du projet. Les premières livraisons du logiciel vont souvent provoquer des demandes d’évolution.

Comment on transpose cela à la famille et à l’éducation ?

  • L’équipe=La famille
  • L’application=le déroulement du quotidien de la famille
  • La collaboration=l’implication de chaque membre de la famille
  • L’acceptation du changement

Des méthodes issues des principes agiles, j’ai gardé et appliqué quelques outils dans ma famille.

Timebox

Un projet est soumis à de nombreuses contraintes : coût, temps, périmètre.

  • Soit on travaille à périmètre constant : on considère que le produit ne peut être livré que quand toutes les fonctionnalités sont disponibles et souvent les projets dérapent, prennent plus de temps et coûtent plus chers que prévu.
  • Soit on travaille à temps constant : si les tâches sont plus longues à être exécutées que prévu, on doit réduire le périmètre. Pour que cette méthode soit efficace il faut définir la priorité de chaque tâche et quand on estime qu’elle est terminée.

A la maison c’est pareil, il y a toujours quelque chose à faire et on se laisse vite monopoliser par une tâche en particulier, remettant les autres à plus tard (c’est à dire quand celle en cours sera terminé). Résultat, on a souvent l’impression d’être en retard, de n’avoir jamais fini. Comment j’applique ça chez moi ?

Un exemple concret : le repassage. Avec 3 enfants et 2 adultes à la maison, on peut passer des heures à repasser chaque semaine. Le moment où je repasse c’est le soir, une fois que les enfants sont couchés. Le soucis, c’est que j’avais tendance à passer ma soirée dessus, mais comme je voulais quand même pouvoir me détendre un peu après, je me couchais plus tard et je rognais sur ces précieuses heures de sommeil dont chaque parent est en carence. La solution : me fixer un créneau de 45 minutes de repassage, ni plus, ni moins. Tant pis si je n’ai pas fini, je referais une autre séance plus tard.

Un autre exemple : la préparation des enfants le matin. Chaque matin se déroulait pareil, je pensais mon temps à répéter à mes enfants de se préparer, d’arrêter de jouer et de rester concentrer sur le fait de se préparer. Résultat, je finissais par les habiller, et une fois l’heure d’aller à l’école, c’était pleurs et cris parce que je leur avais communiqué mon stress et parce qu’ils n’avaient pas eu le temps de jouer. La solution : j’ai passé un contrat avec eux, ils disposeraient tous les matins de 20 minutes de jeux entre le moment où ils sont prêts et le moment de partir à l’école. Ces 20 minutes de jeux étaient précédées de 20 minutes pour se préparer seuls. Si ils mettaient moins de temps, ils pouvaient jouer plus. Si ils n’avaient pas fini de s’habiller, ils avaient un peu moins de temps de jeux et je les aidais à terminer de se préparer. Comme à 3 ans et 5 ans il n’est pas évident de se rendre compte du temps qui passe, j’ai investi dans un timer spécial qui permet de visualisé le temps restant et sa diminution. Et ça marche très bien. Ils arrivent à se concentrer sur leur tâche car ils savent que si ils sont distraits, ils ne pourront pas terminer et profiter de leur temps de jeu. Cela marche si bien, que nous n’avons plus besoin du timer.

Prioriser

Plutôt que de prendre les tâches les unes après les autres comme elles arrivent, le principe est de prioriser chaque tâche. Les éléments à prendre en compte quand on priorise dépendent de chacun mais ce qui est particulièrement efficace c’est de prendre en compte : le gain espéré à accomplir une tâche par rapport au temps et à l’effort qu’il faudra pour l’accomplir.

Un exemple : l’état de ma cuisine ne me satisfait pas, les murs sont en mauvais état, elle n’est pas rangée, les poubelles traînent, la vaisselle n’est pas faite. L’idéal serait de tout faire, bien évidemment. Mais que vaut-il que je fasse en premier entre : repeindre ma cuisine qui me prendra deux jours mais cela sera du plus bel effet ou sortir les poubelles qui me prendra 5 minutes et m’évitera de me prendre les pieds dedans ?

Un autre exemple : je n’ai pas beaucoup de temps pour repasser. Certains vont gérer leur priorité et décider de ne rien repasser, mais je ne peux pas m’y résoudre. Donc je sais que j’ai un créneau de 45 minutes de repassage, au lieu de prendre le linge comme il vient dans la panière, je commence par ce qui sera le plus utile (parce que j’en ai besoin pour le lendemain, parce que l’un des membres de la famille n’a plus rien dans ses placards, etc.) et je m’arrête à la fin de mes 45 minutes comme prévu initialement.

Un dernier exemple qui s’applique aux enfants. L’année dernière à Noël, Lise a été très déçue car elle n’avait pas eu tous les cadeaux de sa liste alors qu’elle avait eu pleins d’autres cadeaux qu’elle n’avait pas demandé (enfant gatée). Donc nous leur avons fait faire une liste restreinte et priorisé. Cette liste avait la forme d’une fleur avec un élément central qui devait être le cadeau dont ils avaient le plus envie, et 6 autres cadeaux sur les pétales. Ils ont découpé dans le catalogue tout ce qui leur faisait envie, et ensuite ils devaient restreindre leur liste pour arriver à remplir la fleur. J’ai été très surprise de voir que cela n’engendrait pas beaucoup de frustration  de gérer les priorités et de mettre de côté certains éléments au profit des autres.

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Construction itérative, incrémentale et adaptive

Quand j’étais toute jeune mère, j’ai eu un peu tendance à me dire qu’il fallait que toutes les mesures éducatives devaient être mises en place dès le début pour ne jamais être remise en cause. Mais je me suis rendue compte, qu’il est plus facile et moins frustrant d’avancer petit pas par petit pas plutôt que de ne se considérer satisfaite qu’une fois que tout serait réussi. Il vaut mieux pleins de petites réussites successives qu’un grand accomplissement final sans cesse repoussé.

Un exemple : les repas équilibrés. Quand les bébés commencent la diversification, on a l’impression qu’on y arrivera parce que nos enfants ne sont pas trop difficiles et mangent beaucoup de légumes. Et puis arrive l’âge de deux ans où tout est source d’opposition, y compris les repas. Ça a été une source de beaucoup de frustration pour moi, et j’avais tendance à me dire que si on échouait maintenant, plus jamais ils ne mangeraient équilibré. La suite est facile à imaginer avec du recul : pression exagérée, stress communiqué et échec complet. Résultat : des enfants qui ne mangent plus équilibré, et la perte du plaisir de manger. La solution a été d’y aller progressivement :

  1. montrer le bon exemple au niveau des menus, sécuriser la prise de poids par certaines valeurs sûres (pâtes, purées, etc.).
  2. inciter à goûter et féliciter quand cela se produit.
  3. obliger à goûter de tout.

Cela fonctionne, et c’est très gratifiant pour les adultes qui emportent de petites victoires, pour les enfants dont les efforts sont reconnus.

Un autre exemple : l’autonomie. Plutôt que de décider qu’à partir de maintenant ils doivent s’habiller et se préparer seuls. Commencer par imposer ce qui est plus facile : pantalons. Pour aller jusqu’au plus complexe : chaussettes, T-Shirts.

 

Il y a sûrement d’autres outils qui peuvent s’appliquer mais mes enfants sont encore trop jeunes pour mettre en place des tableaux de bords, par exemple.

 

Garde-moi ! Finalement, on rempile…

Comme je le disais dans mon précédent article, nous avons eu une déconvenue avec notre auxiliaire parentale. Le mois écoulé a été très intense : stress, fatigue, maladies. Un très mauvais cocktail. Pour moi. Nous avons encore une fois vérifié que la vie n’est faite que de compromis.

Au final, nous avons repris une auxiliaire parentale jusqu’en septembre. Et je vais accepter la promotion qui se présente à moi. Cela nous a valu beaucoup de nuits blanches, de questionnements. Ce qui a pesé dans la balance c’est :

  • Jack a très bien accepté la reprise avec la nounou (celle qui s’en allait). Il était triste le matin, mais il acceptait que je parte,
  • Le soir, en rentrant du travail, les enfants étaient zen, calmes,
  • Une auxiliaire parentale nous a été conseillé et semblait être la meilleure auxiliaire parentale qu’on puisse trouver dans un délai aussi court,
  • Nous n’avions aucun espoir d’avoir une place en crèche,
  • Nous n’avions aucune assistante maternelle qui accepte de travailler jusqu’à 19h et d’avoir un contrat de 8 mois seulement.

J’espère que nous ne regretterons pas notre choix, et que nous allons pouvoir souffler… Jusqu’en septembre

Travaille ! Un congé parental qui coule de source…

Après avoir décidé de me mettre en congé parental pour 4 mois et être passé de la peur, à l’attente, voilà que je me retrouvais en congé parental. J’ai décidé de prendre les choses en main pour profiter de mes enfants, tout en ayant l’impression d’être active et de faire des choses qui m’ont fait plaisir. Pour cela, je me suis fait un planning pour les tâches ménagères, j’ai instauré des rituels avec les enfants et surtout je me suis accordée une activité strictement personnelle et sans enfant tous les jeudis soirs. J’ai voulu également profiter pour essayer d’instaurer des règles que nous n’avions jamais pu mettre en place nos enfants (faute de temps, de patience, de suivi, etc.). C’est ainsi que pendant ce congé j’ai :

  • fabriqué un château playmobil,
  • rangé mon garage et mes combles,
  • fait du tri,
  • repeint les meubles de ma cuisine,
  • cousu deux sacs à doudou,
  • fabriqué des costumes de Père Noel et Mère Noël pour la fête de l’école vendredi,
  • désherbé et refait complètement deux parterres de fleurs,
  • fait de nombreux essais culinaires pour faire manger des légumes à mes enfants (il y a eu de vrais succès et de vrais échecs),
  • trouvé des astuces pour rendre mes filles plus autonomes pour s’habiller,
  • accompagné des sorties scolaires,
  • regardé beaucoup d’émissions débiles,
  • pris du temps, beaucoup de temps pour ne rien faire avec mes enfants, les regarder jouer, les regarder grandir, interagir, se chamailler, négocier. En bref, je les ai regardé grandir.

Ce fut vraiment un congé parental riche. J’ai beaucoup appris, sur moi et sur mes enfants :

  • quand il faut négocier, et quand il ne faut pas,
  • quand il faut les laisser gérer leurs différents et quand il faut intervenir,
  • quand il faut les occuper, ou les laisser libre,
  • quand ma patience s’est évaporée,
  • ce que je peux exiger d’eux, et ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

J’ai l’impression que ce congé parental fut une pause salutaire, un instant de paradis et une prise de conscience. Il y a eu des disputes, des engueulades, des colères côté parent comme côté enfant, mais il y a eu aussi beaucoup plus de tendresse, d’échanges et de partages. J’ai aimé ce congé parental. J’ai découvert mes enfants. Je crois que jusqu’à présent, j’aimais mes enfants car c’était mes enfants. Dès qu’il nait on aime son enfant (en tout cas dans la plupart des cas), c’est quasiment instinctif. Mais au cours de ce congé parental, cet amour a changé, je les aime différemment : pour ce qu’ils sont, pour leurs qualités et leurs défauts, je les aime en tant qu’individu unique. Je ne les aurais pas mis au monde, je les aurais aimé quand même. Je sais maintenant que je ne les aime pas seulement parce que ce sont mes enfants. Je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu ce congé parental pour être consciente de tout ça. Mais j’ai l’impression que les soirées, les week-ends et les vacances ne m’avaient pas suffit à réaliser cela. Je n’en avais pas le temps, pas l’envie trop désireuse de me reposer moi, d’avoir du temps pour moi et trop prise par les obligations familiales (ménage, courses, médecin, repas, etc.)

J’ai aussi complètement changé d’avis sur le congé parental. Avant cela, je me suis toujours dit que les mères au foyer se marginalisaient, que l’idéal est de continuer à avoir une activité professionnelle à temps partiel. Je me suis toujours dit que pour les enfants, à partir du moment où ils étaient habitués petits à être gardés par une autre personne, il n’y avait pas de raisons que cela pose problème. Pourtant, je dois avouer que j’ai trouvé mes enfants plus heureux, plus épanouis, plus calmes, plus posés. Ils ont aussi beaucoup appris, beaucoup évolués.

Nous vivons dans une société qui pousse à l’activité des parents.  Un des métriques de la réussite de leur politique en faveur de l’égalité homme-femme est le taux d’activité des femmes. J’ai l’impression qu’on ne se pose jamais la question de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. Il est important que tout le monde puisse faire ses propres choix. Mais j’aimerais vivre dans une société qui permette aux enfants d’avoir au près d’eux leurs parents quand ils ont besoin d’eux. Emmener ses enfants à l’école le matin sans rouspéter parce qu’on va être en retard au travail c’est important. Etre là à la sortie de l’école pour les entendre se décharger de cette longue journée c’est important. Etre là quand ils sont patraques, c’est important (même si j’ai horreur de ça). Participer à la vie de l’école, les voir dans cet environnement extérieur à la maison, c’est important. Discuter avec les parents des enfants qu’ils côtoient, c’est important.

N’est-ce pas paradoxal, par exemple,

  • Que ma nounou laisse ses propres enfants à une inconnue pour venir garder mes enfants ?
  • Que jusqu’à présent, je ne me sente pas capable de m’occuper à 100% de mes enfants ?
  • Que mes enfants passent plus de temps avec leur nounou qu’avec leurs parents ?

Pour en avoir discuté autour de moi, je ne suis pas la seule mère qui ne pensait pas être capable de garder ses enfants, n’en ont jamais eu envie, et qui, une fois confrontées à cette situation se sont rendus compte du bonheur que c’était et qui sont retournés au travail le cœur serré. Je parle de mère, mais en réalité, il en est de même pour les pères.

J’aimerais vivre dans un monde où les rythmes de travail seraient moins rigides et où on pourrait, par période, augmenter ou réduire notre capacité de travail et que cela se fasse naturellement, sans négociation car tout le monde se dirait que c’est un choix personnel, le choix idéal de chaque foyer…

Images : Hamed Saber

Travaille ! Un congé parental attendu…

Je vous ai déjà expliqué comment je m’étais retrouvé en congé parental malgré moi. Entre le moment où la décision a été prise et le début du congé parental il y a eu 4-5 mois. Pendant ces quelques mois, mon esprit a navigué entre la crainte et l’attente.

Il m’a fallu un mois pour accepter complètement positivement ce congé parental. Pendant que je mettais tout ça en place, administrativement parlant (j’entends par là, avec mon entreprise), j’ai découvert que, légalement, mon entreprise pouvait me refuser ce congé parental. En effet, la loi autorise les parents à prendre un congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant. Ce qu’on sait plus rarement, c’est que cela est possible dans la limite de 3 renouvellements. Dans mon cas, j’avais besoin de 4 renouvellements (car chaque changement de rythme 4/5ème vers temps plein par exemple, correspond à un renouvellement). Quand j’ai cru que ce congé-parental-malgré-moi pourrait devenir recrutement-de-nounou-de-remplacement-malgré-moi, j’ai compris que finalement, au fond de moi, ce congé parental je le voulais vraiment.

J’aime bien que les choses soient carrées, logiques, j’aime bien l’équité. Cette mini-obsession a été très satisfaite par le fait qu’il y ait exactement 19 mois entre chacun de mes enfants… Ceci a également entraîné que :

  • j’ai ainsi pu profiter de Lise vers ses 18 mois quand j’étais en congé maternité de Melody.
  • J’ai pu profiter de Melody vers ses 18 mois (et aussi un peu de Lise qui entrait à l’école) quand j’étais en congé maternité de Jack.

Mais comme Jack est le petit dernier, je n’aurais jamais eu l’opportunité de profiter de lui avant son entrée à l’école sans ce congé parental impromptu. Je n’avais, que rarement, l’occasion de m’occuper de lui à 100% puisque ses sœurs ont toujours été dans les parages.

Ceci s’est combiné à une autre prise de conscience plus inquiétante. Moi, la mère de mes enfants, je redoutais de m’en occuper. Mes enfants, je les aime. Je n’ai aucun doute là-dessus, depuis qu’ils sont nés et même avant. Je les aime parce que ce sont mes enfants, ils sont petits, vulnérables, ils ont besoin de leurs parents. Mais, passer du temps avec eux, seule à seule m’a toujours fait peur, pour de multiples raisons. . Mes peurs étaient multiples :

  • peur de ne pas être à la hauteur : je ne sais pas si  nos parents ressentaient cela aussi, mais j’ai l’impression qu’on est une génération de parents angoissés, qui se mettent la pression, qui se comparent. Je me suis toujours mise la pression toute seule depuis qu’on a des enfants. Comme si j’étais seule responsable de la réussite de l’éducation de mes enfants : manger équilibré, bien dormir, être sage, être bien élevés, etc. Comme si chaque écart était comme un échec.
  • peur de n’avoir plus de temps pour moi : quand je travaille, je sais que j’ai quelques temps où je n’ai pas d’autres responsabilités que ma propre responsabilité (notamment, les temps de trajets et les temps de repas).
  • peur de décevoir mon mari qui pourtant n’avait aucune attente particulière. Il voulait juste que je garde mes enfants pour leur éviter une nouvelle adaptation pour une nouvelle nounou.
  • peur pour mon travail : je n’avais pas peur pour un licenciement, mais juste que cela freine encore plus ma carrière, que les projets sur lesquels je travaillais soient repris par d’autres.
  • peur de décevoir mes enfants : cela ne doit pas être agréable d’entendre ses enfants nous dire qu’ils préféraient la nounou.

Le déroulement de mes mercredis en étaient une illustration, même si ça s’améliorait depuis qu’on était dans la maison, je finissais souvent la journée épuisée, à bout de nerf, avec l’impression d’avoir rien fait, ou tout mal…

Les parents qui ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants sont rares. Tout dépend ensuite du niveau d’exigence qu’on vise, des critères qu’on se fixe pour déterminer si oui, ou non, on sait s’occuper de nos enfants. Le seul critère qui devrait compter c’est le respect de ses enfants, de leur santé, leur bien-être et leur bonheur. Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine.

Je me suis demandée, comment on en arrive là : ne pas se sentir capable de s’occuper de ses propres enfants alors qu’à aucun moment on ne fait quelque chose de grave, de dangereux. Ma conclusion est que nous vivons dans une société qui a érigé le travail des femmes comme un objectif à atteindre. Le corollaire, c’est qu’on estime que le mieux pour nos enfants c’est d’avoir deux parents qui travaillent, et donc quelqu’un d’étranger au foyer qui s’occupe d’eux tout ce temps. Plus personnellement, à force d’entendre que je ne dois surtout pas faire l’erreur de m’arrêter un jour de travailler pour mes enfants, je me suis peut être inconsciemment persuadée que, de toute façon, je n’en serais pas capable et qu’il n’y avait donc rien à regretter.

A partir de là, je l’ai attendu ce congé parental. J’avais envie de voir si je pouvais prendre soin de mes enfants, les aider à grandir au mieux tout en étant heureuse de le faire. J’ai décidé de profiter de cette chance qui m’était donné sans trop me mettre la pression et sans non plus idéaliser un monde merveilleux où tout serait rose et chantant au quotidien.

La suite viendra dans quelques temps…

Images : Robert Wade

Travaille ! En congé parental malgré moi…

J’ai trois enfants, et trois reprise de travail après des congés maternité à mon actif.

1er congé : 16 semaines de congé maternité et un retour au travail à temps plein qui coule de source. J’avais une grande envie de voir du monde, retrouver un rythme qui n’est plus celui d’un bébé, manger à des heures décente sans être interrompue.

2eme congé : 16 semaines de congé maternité avec les deux filles en permanence, puis 3 semaines de congé payés. Le retour au travail s’est fait au 4/5eme et dans la douceur avec une période d’adaptation avec la nounou (ma belle-mère en l’occurence) qui garde les enfants chez nous. Je crois que j’étais soulagée de retourner au travail car Lise qui avait 2 ans était parfois difficile à gérer, elle avait beaucoup de colère et de jalousie envers sa soeur qui en pâtissait au quotidien. Et je rentrais souvent manger avec elles le midi.

3ème congé maternité : 6 mois de congé maternité, plutôt cool. La naissance ayant lieu après la rentrée scolaire nous avions déjà une nounou qui s’occupait des filles (à la maison) 4 jours sur 5 et que nous avions gardé pendant le congé maternité pour être sûrs de ne pas la perdre. Elle devait garder nos enfants jusqu’aux 3 ans de Jack, donc le coût financier valait bien le gain en stabilité pour nos enfants. Je me suis surtout concentrée sur mon bébé, mon retour au travail était clair, et Jack était accoutumé à la nounou, les filles avaient déjà leur rythme bien installé. Il n’y a eu donc aucun heurs, pas de déchirement, ni pour eux, ni pour moi.

Le point commun de ces trois reprises est l’évidence avec laquelle elles ont pris place, le sentiment de retourner à ma place et à une vie sociale. Bref de retourner dans la vraie vie.

Et puis il y a eu ce congé parental. Je ne l’avais pas prévu. Il ne venait pas de moi. Après que ma nounou précédente nous ai quitté (celle que Jack devait garder jusqu’à ses trois ans), ma nouvelle nounou est tombée enceinte en janvier, moins de 5 mois après le début de son travail. Elle nous a tout de suite dit qu’elle souhaitait continuer avec nous après son congé maternité. Le mieux, raisonnablement, pour nos enfants était que je m’arrête le temps de son congé maternité pour m’occuper des enfants (les autres alternatives étaient de la remplacer temporairement, ou définitivement en évoquant le changement de mode de garde puisque deux de nos filles seraient scolarisées en septembre de la même année).

Je le redoutais ce congé. Les mercredis, seule avec les 3, étaient très compliqués les 6 premiers mois (a l’appartement) mais cela s’était nettement amélioré depuis le déménagement dans la maison. Je redoutais de prendre en charge tout le quotidien, tous les jours : 4 aller retours à l’école, 2 repas, 1 goûter, les bains. Je ne pourrais plus me reposer sur la nounou pour faire une bonne moyenne sur l’équilibre alimentaire des repas. Ce serait a moi de trouver les recettes magiques pour leur faire manger quelques légumes. Je devrais prendre en charge une part plus importante des tâches ménagères puisque je serais la plus présente au foyer. Je devrais prendre en charge tous les petits maux et bobos du quotidien. Il n’y a pas de jours enfants malades pour une mère au foyer : c’est un peu le quotidien les journées enfant malade… Il n’y a pas non plus d’arrêts maladies.
Je me suis toujours sentie incapable d’être mère au foyer. Comment peut-on se sentir heureux comme ça ? Aujourd’hui encore, quand j’en parle à ma mère je perçois sans effort la rancoeur qu’elle garde face à cette situation qu’elle a choisi mais qui lui a semblé imposé. Cette rancoeur elle me l’a exprimée alors que j’habitais encore chez eux, et me l’a rappelé quand j’ai eu des enfants (pour me mettre en garde contre cette erreur à ne pas faire). Etre mère au foyer est souvent ingrat, non reconnu par la société. On est coupé du monde (du travail), soumis au rythme des enfants. On subit le même rythme quasiment toute la semaine, de la routine né l’ennui. Il y a beaucoup plus de contraintes à garder des enfants qu’à aller travailler.

Malgré cela, nous avons décidé (car c’est une décision de couple) que je me mette en congé parental car cela semblait le mieux pour nos enfants, notre famille, et que cela serait de toute façon une solution temporaire.

La suite : Un congé parental attendu…

Images : Dan Iggers