Sois mère ! De la biologie à la volonté…

Avec l’émancipation des femmes, la contraception et l’évolution des moeurs, la maternité n’est plus un destin mais un choix. Les progrès scientifiques bouleversent aujourd’hui la réalité biologique de la maternité. Est-on mère par l’ovule, par l’accouchement, par la volonté ? Une question à laquelle la société n’a pas fini de répondre.

Voici la phrase sur laquelle débute cet article paru sur le site Sciences Humaines et qui m’a interpellé, j’ai donc voulu le commenter pour les vendredis intellos. Vous retrouverez cet article ici.

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Mère ! ni indigne, ni parfaite…

 Pour les vendredis intellos de cette semaine, j’ai abordé ici grâce un article de Catherine Halpern « Mères à bout de nerfs » publié sur le site Sciences Humaines comment les femmes d’aujourd’hui sont menées à la limite du burn-out.

Ce qui est décrit dans cet article me parle beaucoup.

Il est entendu qu’elles doivent être les plus heureuses du monde, comblées par d’adorables bambins, aimants et souriants. Pourtant des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour noircir le tableau idyllique. Les mères se rebifferaient-elles ? Des témoignages, des enquêtes, des fictions brisent le tabou et disent leur épuisement, la culpabilisation dont elles sont victimes, leur solitude, le poids des normes sociales, la dépossession de soi…

Encore enceinte de Lise, j’ai fait connaissance de cet éternel sentiment de culpabilité. C’est d’ailleurs surprenant, mon premier article sur ce blog parle de cet éternel sentiment de culpabilité : Coupable ! Je me rends même compte que je pourrais compléter cette première liste à l’infini. Je pense avoir fait du chemin depuis même si aujourd’hui je me sens au bord de l’épuisement.

Aujourd’hui, je suis fatiguée par 6 mois de nuits trop entrecoupées. Je suis toujours en quête d’une certaine perfection. J’aimerais qu’on me dise parfois que je fais du bon travail avec mes enfants, que j’en ferais des adultes équilibrés et bien dans leurs souliers. J’aimerais leur transmettre ce qu’il y a de meilleur chez moi et chez mon mari, j’aimerais qu’ils soient parfaits. Est-ce que ce n’est pas ça le problème de fond ? Ne veut-on pas être des parents parfaits pour avoir des enfants parfaits ? Est-ce qu’on aura l’impression d’avoir rempli notre mission que quand nos enfants seront parfaits ? Mais nos enfants ne seront jamais parfaits et nous non plus. C’est donc une recherche vaine.

Ce n’est pas pour cela que je tomberais dans l’excès et me proclamerais « mère indigne ». Je déteste ce terme tourné à la dérision . En s’auto proclamant mère indigne c’est un peu, pour moi, comme nier le fait qu’il y a des mères qui ne devraient pas l’être. Elles sont rares mais elles existent. Les faits divers  sont là pour nous le rappeler. C’est aussi se dire que comme on ne peut pas être parfait autant se laisser aller et ne pas faire d’effort.

J’aspire donc à n’être que la mère de mes enfants (ni parfaite, ni indigne). Je suis de plus en plus détachée du regard des autres à l’exception de celui de mon mari et de mes enfants. Je suis blessée quand ils me renvoient une image négative de moi-même et j’y puise l’envie de m’améliorer. Je n’ai aucune culpabilité à l’idée de travailler, de laisser mes enfants à leur grands-parents quelques jours (et à m’en sentir soulager). Ça n’empêche pas les gros coups de fatigues, les gros coups de ras le bol et les baisses de moral, mais je crois que quand je suis dans de bonnes dispositions j’apprécie plus mes enfants pas si imparfaits. J’apprécie leurs facéties, leur capacité à inventer (y compris les bêtises), leur caractère (pas toujours facile), leur sensibilité…

Et vous vous en êtes où ?

Images : ryuu ji

Tourne la page ! Peut-on être sûr de ne plus vouloir d’enfants…

Nous avons accueilli, au sein de notre famille, notre troisième enfant, il y a quelques jours. Un petit ange, tout sage qui vient compléter magnifiquement notre famille. J’ai le sentiment maintenant que notre famille est au complet. Certains couples, à ce stade, prennent alors des décisions qui mettent un terme définitif à la taille de leur famille et décident de faire une ligature des trompes ou une vasectomie. J’en serais incapable. Comment peut-on être sûr un jour de ne plus avoir envie d’un autre enfant ?

Quand j’y réfléchis, je ne peux pas dire « je n’aurais plus jamais d’autres enfants », nul ne sait ce que nous réserve la vie. Cependant, après ce troisième accouchement, mon état d’esprit est différent de celui après mes accouchements précédents.

Après la naissance de Lise et Melody, j’ai été tout de suite nostalgique de la grossesse. Nostalgique de cette période d’attente où on se projette dans l’inconnu vers ce bébé. Nostalgique de cette fusion entre ce bébé et moi, qui me permet de l’avoir toujours près de moi, toujours rien que pour moi. Après la naissance, j’ai parfois continué à avoir l’impression d’avoir encore un bébé dans le ventre, de sentir ses coups, et, par réflexe je portais ma main à mon ventre. Je me souviens avoir, pour les deux, dit à mon mari que j’avais du mal à me dire que je ne serais plus jamais enceinte.

Après la naissance de Jack, je n’ai pas ressenti tout ça. Cette grossesse, un peu plus compliquée que les précédentes, s’est au final bien passée. Comme les précédentes, j’étais assez en forme, et en fin de grossesse, j’ai même pu bien me reposer. Et je crois que j’ai aimé être enceinte, sentir le bébé bouger, avoir le sentiment d’être tout pour lui jusqu’à sa naissance, savoir que je prenais soin de lui et que c’était grâce à moi qu’il grandissait bien. Pourtant, à la fin, j’avais envie que ce bébé naisse. J’ai réellement ressenti le besoin de ne plus être enceinte, de récupérer mon corps rien que pour moi. Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver la ligne, retrouver un corps de femme qui ne sert que moi, d’avoir le sentiment d’être en forme et pleine d’énergie !

Mon accouchement s’est bien passé, il n’y a eu aucune complication et les choses se sont déroulées à peu près comme je me l’imaginais. Pendant l’accouchement, et principalement avant d’avoir la péridurale, je me suis dit que c’était la dernière fois que je vivais tout ça, que je sentais les contractions. Et c’est avec soulagement que je me disais que c’était la dernière fois. Je n’ai pas envie de revivre un accouchement, l’attente, les contractions. Je n’ai pas non plus particulièrement envie d’être enceinte, d’avoir un gros ventre, etc.

Je ne sais pas ce qui fait la différence entre cette naissance et les précédentes, et pourtant j’ai bien ce sentiment d’avoir une famille au complet avec mon mari, mes deux belles princesses et mon petit prince. J’ai envie de profiter de ce petit coeur qui a déjà grandi en me disant que c’est le dernier de notre famille à passer par les différentes étapes traversées par un bébé. Une page se tourne, celle de la formation de notre famille, et une autre arrive que j’ai hâte de vivre. Et pourtant, je ne jurerais pas que je n’aurais jamais d’autres enfants. Est-ce que cela signifie que j’en voudrais un jour un autre ? Ou est-ce normal de ne pouvoir être certain de ne pas changer d’avis ?

Images : Etolane