Travaille ! Et ne fait que ça…

Mon tempérament aurait pu faire de moi une bourreau du travail… Si je n’étais pas aussi sensible à la fatigue, si je n’avais pas rencontré mon mari, si je n’avais pas eu d’enfants… Un bon manager aurait pu obtenir de moi que je travaille intensément pendant de longues heures de travail, sans que cela me pèse au quotidien. J’ai débuté dans une boite qui appréciait ce genre de chose, et j’aurais pu m’y habituer. Mais voilà, ma vie n’a pas pris cette direction. J’ai quitté cette entreprise quand j’ai imaginé avoir des enfants, bien consciente que la pression serait trop fort et me mettrait dans une situation inconfortable qui m’aurait toujours mis en déséquilibre entre : vouloir faire ce qu’on attend de moi et avoir une vie de famille. J’ai donc rejoint une entreprise aux horaires plus tranquilles, qui travaillait moins dans l’urgence et la précipitation. Je ne me suis pas trompée, j’ai découvert là bas, un autre rythme de vie, d’autres collè gues dont l’état d’esprit est à des centaines de lieues de mes anciens collègues. Cet état d’esprit n’est ni mieux, ni moins bien, juste différent et adapté à chacune des entreprises.

La vie continuant son chemin, et trois enfants plus tard, j’ai pris pleinement conscience que le travail c’est bien, y trouver de l’intérêt c’est encore mieux, mais ça ne fait pas tout. Il ne faut pas attendre de reconnaissance de son entreprise, surtout dans les grandes. Les intérêts personnels ne coïncident pas forcément avec les intérêts de l’entreprise et ni l’un ni l’autre n’est à blâmer, les objectifs de chaque côté sont différents. Alors j’ai trouvé mon équilibre avec un 4/5ème. Parce que même si je ne fais pas de gros horaires (9h30 – 18h), les jours de travail je ne vois mes enfants que 1h  (grâce  au temps que je passe sur la route) le matin que je passe à les pousser à se préparer pour l’école et 1 h le soir que je passe à les pousser à se préparer à se coucher. Le week-end, entre les tâches ménagères, les courses et les activités, il ne reste pas beaucoup de temps pour juste « profiter ». Le mercredi, c’est le jour des enfants mais aussi ma journée (parce que mes enfants savent aussi très bien jouer ensemble) où je me permets de glander un peu tout en faisant croire que je m’occupe d’eux…

Jack ayant 3 ans en octobre, je ne vais plus avoir le droit à ce congé parental à temps partiel. Le temps partiel n’est pas dans la politique de mon entreprise. Mais étant déjà au 4/5ème et arrivant tout à fait à accomplir le travail qui m’était confié sans que cela pose un  soucis en terme d’organisation pour mon entreprise, j’ai cru naïvement qu’ils pourraient accepter. Mais ils ont refusé, sans vraiment de raison valable, mais peu importe, c’est leur droit de refuser.

Dans quelle société vivons nous qui voudrait que nos enfants n’aient plus besoin de nous à partir de 3 ans, qui estime que nous sommes productifs que quand nous sommes présent à notre travail (oui parce que le télétravail n’est pas non plus ancré dans notre culture).  Ce n’est même plus une question d’enfants et de parents, c’est juste une question d’équilibre. Je veux pouvoir profiter de ma vie. Je pense être aussi productive à 4/5ème qu’à temps plein. Parce que mon travail n’est pas que de l’opérationnel, que des tâches à exécuter, c’est aussi beaucoup de réflexion que je garde toujours en tâche de fond, que je ramène à la maison pendant mes 2 heures de trajet quotidien, pendant que je fais d’autres tâches qui sont presque automatiques à la maison. Parce que tout ce que je fais le mercredi ou le week-end, je ne le fais pas pendant mes heures de travail. Parce qu’en étant à 4/5ème, je me sens quelque part « obligée » de faire de plus petites pauses déjeuner…

Donc une page se tourne, reste à savoir laquelle, celle avec mon entreprise actuelle, celle de mon  4/5ème ? J’ai quelques pistes à explorer avant de me décider…

Images : Ian Britton

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Travaille ! Un congé parental qui coule de source…

Après avoir décidé de me mettre en congé parental pour 4 mois et être passé de la peur, à l’attente, voilà que je me retrouvais en congé parental. J’ai décidé de prendre les choses en main pour profiter de mes enfants, tout en ayant l’impression d’être active et de faire des choses qui m’ont fait plaisir. Pour cela, je me suis fait un planning pour les tâches ménagères, j’ai instauré des rituels avec les enfants et surtout je me suis accordée une activité strictement personnelle et sans enfant tous les jeudis soirs. J’ai voulu également profiter pour essayer d’instaurer des règles que nous n’avions jamais pu mettre en place nos enfants (faute de temps, de patience, de suivi, etc.). C’est ainsi que pendant ce congé j’ai :

  • fabriqué un château playmobil,
  • rangé mon garage et mes combles,
  • fait du tri,
  • repeint les meubles de ma cuisine,
  • cousu deux sacs à doudou,
  • fabriqué des costumes de Père Noel et Mère Noël pour la fête de l’école vendredi,
  • désherbé et refait complètement deux parterres de fleurs,
  • fait de nombreux essais culinaires pour faire manger des légumes à mes enfants (il y a eu de vrais succès et de vrais échecs),
  • trouvé des astuces pour rendre mes filles plus autonomes pour s’habiller,
  • accompagné des sorties scolaires,
  • regardé beaucoup d’émissions débiles,
  • pris du temps, beaucoup de temps pour ne rien faire avec mes enfants, les regarder jouer, les regarder grandir, interagir, se chamailler, négocier. En bref, je les ai regardé grandir.

Ce fut vraiment un congé parental riche. J’ai beaucoup appris, sur moi et sur mes enfants :

  • quand il faut négocier, et quand il ne faut pas,
  • quand il faut les laisser gérer leurs différents et quand il faut intervenir,
  • quand il faut les occuper, ou les laisser libre,
  • quand ma patience s’est évaporée,
  • ce que je peux exiger d’eux, et ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

J’ai l’impression que ce congé parental fut une pause salutaire, un instant de paradis et une prise de conscience. Il y a eu des disputes, des engueulades, des colères côté parent comme côté enfant, mais il y a eu aussi beaucoup plus de tendresse, d’échanges et de partages. J’ai aimé ce congé parental. J’ai découvert mes enfants. Je crois que jusqu’à présent, j’aimais mes enfants car c’était mes enfants. Dès qu’il nait on aime son enfant (en tout cas dans la plupart des cas), c’est quasiment instinctif. Mais au cours de ce congé parental, cet amour a changé, je les aime différemment : pour ce qu’ils sont, pour leurs qualités et leurs défauts, je les aime en tant qu’individu unique. Je ne les aurais pas mis au monde, je les aurais aimé quand même. Je sais maintenant que je ne les aime pas seulement parce que ce sont mes enfants. Je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu ce congé parental pour être consciente de tout ça. Mais j’ai l’impression que les soirées, les week-ends et les vacances ne m’avaient pas suffit à réaliser cela. Je n’en avais pas le temps, pas l’envie trop désireuse de me reposer moi, d’avoir du temps pour moi et trop prise par les obligations familiales (ménage, courses, médecin, repas, etc.)

J’ai aussi complètement changé d’avis sur le congé parental. Avant cela, je me suis toujours dit que les mères au foyer se marginalisaient, que l’idéal est de continuer à avoir une activité professionnelle à temps partiel. Je me suis toujours dit que pour les enfants, à partir du moment où ils étaient habitués petits à être gardés par une autre personne, il n’y avait pas de raisons que cela pose problème. Pourtant, je dois avouer que j’ai trouvé mes enfants plus heureux, plus épanouis, plus calmes, plus posés. Ils ont aussi beaucoup appris, beaucoup évolués.

Nous vivons dans une société qui pousse à l’activité des parents.  Un des métriques de la réussite de leur politique en faveur de l’égalité homme-femme est le taux d’activité des femmes. J’ai l’impression qu’on ne se pose jamais la question de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. Il est important que tout le monde puisse faire ses propres choix. Mais j’aimerais vivre dans une société qui permette aux enfants d’avoir au près d’eux leurs parents quand ils ont besoin d’eux. Emmener ses enfants à l’école le matin sans rouspéter parce qu’on va être en retard au travail c’est important. Etre là à la sortie de l’école pour les entendre se décharger de cette longue journée c’est important. Etre là quand ils sont patraques, c’est important (même si j’ai horreur de ça). Participer à la vie de l’école, les voir dans cet environnement extérieur à la maison, c’est important. Discuter avec les parents des enfants qu’ils côtoient, c’est important.

N’est-ce pas paradoxal, par exemple,

  • Que ma nounou laisse ses propres enfants à une inconnue pour venir garder mes enfants ?
  • Que jusqu’à présent, je ne me sente pas capable de m’occuper à 100% de mes enfants ?
  • Que mes enfants passent plus de temps avec leur nounou qu’avec leurs parents ?

Pour en avoir discuté autour de moi, je ne suis pas la seule mère qui ne pensait pas être capable de garder ses enfants, n’en ont jamais eu envie, et qui, une fois confrontées à cette situation se sont rendus compte du bonheur que c’était et qui sont retournés au travail le cœur serré. Je parle de mère, mais en réalité, il en est de même pour les pères.

J’aimerais vivre dans un monde où les rythmes de travail seraient moins rigides et où on pourrait, par période, augmenter ou réduire notre capacité de travail et que cela se fasse naturellement, sans négociation car tout le monde se dirait que c’est un choix personnel, le choix idéal de chaque foyer…

Images : Hamed Saber

Travaille ! Un congé parental attendu…

Je vous ai déjà expliqué comment je m’étais retrouvé en congé parental malgré moi. Entre le moment où la décision a été prise et le début du congé parental il y a eu 4-5 mois. Pendant ces quelques mois, mon esprit a navigué entre la crainte et l’attente.

Il m’a fallu un mois pour accepter complètement positivement ce congé parental. Pendant que je mettais tout ça en place, administrativement parlant (j’entends par là, avec mon entreprise), j’ai découvert que, légalement, mon entreprise pouvait me refuser ce congé parental. En effet, la loi autorise les parents à prendre un congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant. Ce qu’on sait plus rarement, c’est que cela est possible dans la limite de 3 renouvellements. Dans mon cas, j’avais besoin de 4 renouvellements (car chaque changement de rythme 4/5ème vers temps plein par exemple, correspond à un renouvellement). Quand j’ai cru que ce congé-parental-malgré-moi pourrait devenir recrutement-de-nounou-de-remplacement-malgré-moi, j’ai compris que finalement, au fond de moi, ce congé parental je le voulais vraiment.

J’aime bien que les choses soient carrées, logiques, j’aime bien l’équité. Cette mini-obsession a été très satisfaite par le fait qu’il y ait exactement 19 mois entre chacun de mes enfants… Ceci a également entraîné que :

  • j’ai ainsi pu profiter de Lise vers ses 18 mois quand j’étais en congé maternité de Melody.
  • J’ai pu profiter de Melody vers ses 18 mois (et aussi un peu de Lise qui entrait à l’école) quand j’étais en congé maternité de Jack.

Mais comme Jack est le petit dernier, je n’aurais jamais eu l’opportunité de profiter de lui avant son entrée à l’école sans ce congé parental impromptu. Je n’avais, que rarement, l’occasion de m’occuper de lui à 100% puisque ses sœurs ont toujours été dans les parages.

Ceci s’est combiné à une autre prise de conscience plus inquiétante. Moi, la mère de mes enfants, je redoutais de m’en occuper. Mes enfants, je les aime. Je n’ai aucun doute là-dessus, depuis qu’ils sont nés et même avant. Je les aime parce que ce sont mes enfants, ils sont petits, vulnérables, ils ont besoin de leurs parents. Mais, passer du temps avec eux, seule à seule m’a toujours fait peur, pour de multiples raisons. . Mes peurs étaient multiples :

  • peur de ne pas être à la hauteur : je ne sais pas si  nos parents ressentaient cela aussi, mais j’ai l’impression qu’on est une génération de parents angoissés, qui se mettent la pression, qui se comparent. Je me suis toujours mise la pression toute seule depuis qu’on a des enfants. Comme si j’étais seule responsable de la réussite de l’éducation de mes enfants : manger équilibré, bien dormir, être sage, être bien élevés, etc. Comme si chaque écart était comme un échec.
  • peur de n’avoir plus de temps pour moi : quand je travaille, je sais que j’ai quelques temps où je n’ai pas d’autres responsabilités que ma propre responsabilité (notamment, les temps de trajets et les temps de repas).
  • peur de décevoir mon mari qui pourtant n’avait aucune attente particulière. Il voulait juste que je garde mes enfants pour leur éviter une nouvelle adaptation pour une nouvelle nounou.
  • peur pour mon travail : je n’avais pas peur pour un licenciement, mais juste que cela freine encore plus ma carrière, que les projets sur lesquels je travaillais soient repris par d’autres.
  • peur de décevoir mes enfants : cela ne doit pas être agréable d’entendre ses enfants nous dire qu’ils préféraient la nounou.

Le déroulement de mes mercredis en étaient une illustration, même si ça s’améliorait depuis qu’on était dans la maison, je finissais souvent la journée épuisée, à bout de nerf, avec l’impression d’avoir rien fait, ou tout mal…

Les parents qui ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants sont rares. Tout dépend ensuite du niveau d’exigence qu’on vise, des critères qu’on se fixe pour déterminer si oui, ou non, on sait s’occuper de nos enfants. Le seul critère qui devrait compter c’est le respect de ses enfants, de leur santé, leur bien-être et leur bonheur. Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine.

Je me suis demandée, comment on en arrive là : ne pas se sentir capable de s’occuper de ses propres enfants alors qu’à aucun moment on ne fait quelque chose de grave, de dangereux. Ma conclusion est que nous vivons dans une société qui a érigé le travail des femmes comme un objectif à atteindre. Le corollaire, c’est qu’on estime que le mieux pour nos enfants c’est d’avoir deux parents qui travaillent, et donc quelqu’un d’étranger au foyer qui s’occupe d’eux tout ce temps. Plus personnellement, à force d’entendre que je ne dois surtout pas faire l’erreur de m’arrêter un jour de travailler pour mes enfants, je me suis peut être inconsciemment persuadée que, de toute façon, je n’en serais pas capable et qu’il n’y avait donc rien à regretter.

A partir de là, je l’ai attendu ce congé parental. J’avais envie de voir si je pouvais prendre soin de mes enfants, les aider à grandir au mieux tout en étant heureuse de le faire. J’ai décidé de profiter de cette chance qui m’était donné sans trop me mettre la pression et sans non plus idéaliser un monde merveilleux où tout serait rose et chantant au quotidien.

La suite viendra dans quelques temps…

Images : Robert Wade

Travaille ! En congé parental malgré moi…

J’ai trois enfants, et trois reprise de travail après des congés maternité à mon actif.

1er congé : 16 semaines de congé maternité et un retour au travail à temps plein qui coule de source. J’avais une grande envie de voir du monde, retrouver un rythme qui n’est plus celui d’un bébé, manger à des heures décente sans être interrompue.

2eme congé : 16 semaines de congé maternité avec les deux filles en permanence, puis 3 semaines de congé payés. Le retour au travail s’est fait au 4/5eme et dans la douceur avec une période d’adaptation avec la nounou (ma belle-mère en l’occurence) qui garde les enfants chez nous. Je crois que j’étais soulagée de retourner au travail car Lise qui avait 2 ans était parfois difficile à gérer, elle avait beaucoup de colère et de jalousie envers sa soeur qui en pâtissait au quotidien. Et je rentrais souvent manger avec elles le midi.

3ème congé maternité : 6 mois de congé maternité, plutôt cool. La naissance ayant lieu après la rentrée scolaire nous avions déjà une nounou qui s’occupait des filles (à la maison) 4 jours sur 5 et que nous avions gardé pendant le congé maternité pour être sûrs de ne pas la perdre. Elle devait garder nos enfants jusqu’aux 3 ans de Jack, donc le coût financier valait bien le gain en stabilité pour nos enfants. Je me suis surtout concentrée sur mon bébé, mon retour au travail était clair, et Jack était accoutumé à la nounou, les filles avaient déjà leur rythme bien installé. Il n’y a eu donc aucun heurs, pas de déchirement, ni pour eux, ni pour moi.

Le point commun de ces trois reprises est l’évidence avec laquelle elles ont pris place, le sentiment de retourner à ma place et à une vie sociale. Bref de retourner dans la vraie vie.

Et puis il y a eu ce congé parental. Je ne l’avais pas prévu. Il ne venait pas de moi. Après que ma nounou précédente nous ai quitté (celle que Jack devait garder jusqu’à ses trois ans), ma nouvelle nounou est tombée enceinte en janvier, moins de 5 mois après le début de son travail. Elle nous a tout de suite dit qu’elle souhaitait continuer avec nous après son congé maternité. Le mieux, raisonnablement, pour nos enfants était que je m’arrête le temps de son congé maternité pour m’occuper des enfants (les autres alternatives étaient de la remplacer temporairement, ou définitivement en évoquant le changement de mode de garde puisque deux de nos filles seraient scolarisées en septembre de la même année).

Je le redoutais ce congé. Les mercredis, seule avec les 3, étaient très compliqués les 6 premiers mois (a l’appartement) mais cela s’était nettement amélioré depuis le déménagement dans la maison. Je redoutais de prendre en charge tout le quotidien, tous les jours : 4 aller retours à l’école, 2 repas, 1 goûter, les bains. Je ne pourrais plus me reposer sur la nounou pour faire une bonne moyenne sur l’équilibre alimentaire des repas. Ce serait a moi de trouver les recettes magiques pour leur faire manger quelques légumes. Je devrais prendre en charge une part plus importante des tâches ménagères puisque je serais la plus présente au foyer. Je devrais prendre en charge tous les petits maux et bobos du quotidien. Il n’y a pas de jours enfants malades pour une mère au foyer : c’est un peu le quotidien les journées enfant malade… Il n’y a pas non plus d’arrêts maladies.
Je me suis toujours sentie incapable d’être mère au foyer. Comment peut-on se sentir heureux comme ça ? Aujourd’hui encore, quand j’en parle à ma mère je perçois sans effort la rancoeur qu’elle garde face à cette situation qu’elle a choisi mais qui lui a semblé imposé. Cette rancoeur elle me l’a exprimée alors que j’habitais encore chez eux, et me l’a rappelé quand j’ai eu des enfants (pour me mettre en garde contre cette erreur à ne pas faire). Etre mère au foyer est souvent ingrat, non reconnu par la société. On est coupé du monde (du travail), soumis au rythme des enfants. On subit le même rythme quasiment toute la semaine, de la routine né l’ennui. Il y a beaucoup plus de contraintes à garder des enfants qu’à aller travailler.

Malgré cela, nous avons décidé (car c’est une décision de couple) que je me mette en congé parental car cela semblait le mieux pour nos enfants, notre famille, et que cela serait de toute façon une solution temporaire.

La suite : Un congé parental attendu…

Images : Dan Iggers

Témoignage sur le site en aparté

Il y a une semaine, j’ai répondu aux questions de Gaëlle Picut à propos de la conciliation vie privée – vie professionnelle pour son site En Aparté. Vous pourrez trouver cet article ici. J’ai beaucoup aimé répondre à ses questions qui m’ont permis de faire un point sur ma situation actuelle.

Au lit ! A quelle heure je devrais rentrer du travail…

Je lis actuellement le livre d’Elizabeth Pantley “Un sommeil paisible et sans pleurs”. Elle dit dans son livre que la plupart des bébés sont couchés trop tard et qu’ils devraient être couchés entre 18h30 et 19h30. J’ai alors bien rigolé…

Si on prend les hypothèses suivantes :

  • un bon repas est un repas familial et équilibré.
  • le bain se fait un jour sur deux (donc forcément, ça tombe aussi les jours où on travaille), donc en jonglant avec les trois enfants,  les filles prenant leur bain ensemble, il y a un bain tous les jours.
  • à moins de faire réchauffer des plats cuisinés, le moindre repas prend 30 minutes à se préparer.

Admettons que je veuille coucher mon bébé à 19h30 et mes deux grandes à 20h. Si je remonte le temps :

  • 20h : je couche mes filles,
  • 19h45 : dernier pipi pour la grande et lavage de dents,
  • 19h30 : je couche mon bébé,
  • 19h : toute la famille passe à table,
  • 18h30 : un donne le bain pendant que l’autre prépare à manger,
  • 18h : on rentre à la maison, on pose nos affaires et on fait un petit câlin à chacun.

Il faudrait donc qu’on soit tous les deux à la maison à 18h. Ce qui veut dire que moi je pars à 17h45 et mon mari 17h30. Ceci est impossible. Voilà comment mes filles se retrouvent facilement au lit vers 21h – 21h30. Il n’y a pas de mystères…

Et encore, il n’y a pas de devoirs à faire, nos enfants sont déjà à la maison quand on rentre, on n’a pas besoin d’aller les chercher chez une nounou ou à la crèche, je travaille à 15 minutes à pied de chez moi…

Et vous, vous arrivez à coucher vos enfants avant 20h ?

Images : lozwilkes

Travaille ! Le bonheur de profiter de ses enfants…

Je suis actuellement en congé maternité pour notre troisième enfant, et cela depuis maintenant 3 semaines et pour un peu plus de 6 mois. Le bébé n’étant pas encore arrivé, je profite de mes filles. Elles sont gardées à la maison par leur auxiliaire parentale donc je peux les voir toute la journée tout en pouvant me reposer. Et je dois dire que j’apprécie ce luxe.

Pour ma deuxième grossesse, ma grande  (19 mois) était gardée par une assistante maternelle, mais on s’en est séparée au début de mon congé maternité suite à plusieurs déconvenues alors que ce n’était pas ce que nous envisagions à l’origine (voir mon article Garde ma fille ! Ou comment la relation avec la nounou tourne souvent au conflit…). Malgré la difficulté de s’occuper d’un enfant en bas âge alors qu’on est enceinte jusqu’au cou ou qu’on a un bébé qui vient tout juste de naître, j’avais apprécié cette période. Les enfants évoluent toujours plus en présence de leurs parents que d’autres adultes, et j’avais vu ma grande progresser de jours en jours, au niveau du langage, de la motricité, des jeux, etc.

Pour cette troisième grossesse, Lise (3 ans) va à l’école le matin et Melody (19 mois) est à la maison toute la journée. Elles étaient gardées avant mon congé maternité par une auxiliaire parentale (à notre domicile) 4 jours par semaine (et le mercredi par moi). Ce sera aussi le même mode de garde à ma reprise du travail, donc nous avons décidé de faire des sacrifices financiers afin de pouvoir garder notre auxiliaire parentale pendant mon congé maternité. Et ce luxe est pour moi un vrai bonheur. Je vois mes deux filles grandir, évoluer, je profite de ce petit bonheur quotidien, de cette petite parenthèse que m’offre ce troisième bébé. Tout le monde à la maison est gagnant par ce sacrifice financier et cette grossesse :

  • Les filles profitent de moi toute la journée mais ne sont pas pénalisées par ma fatigue due à la grossesse puis ensuite par la fatigue d’un bébé qui vient de naître, qui ne fait pas ses nuits. Elles peuvent quand même faire pleins de choses avec leur nounou et avoir l’attention de quelqu’un rien que pour elles : des activités à la maison, des sorties au parc. Je suis beaucoup plus zen que pour mon deuxième congé maternité. Et la présence de quelqu’un chez moi m’oblige aussi à être plus zen avec mes filles.
  • Moi, je profite de mes filles, mais je n’ai pas la fatigue de la préparation des repas, des allers-retours à l’école et je pourrais consacrer un peu de temps rien qu’à ce bébé.
  • Le bébé à venir pourra avoir toute mon attention par moment, ce qui est déjà rare pour un second enfant mais encore plus pour un troisième. Quand je devrais le laisser pour retourner au travail, il connaîtra sa nounou et il n’y aura pas de périodes d’adaptation.
  • Pour mon mari, il peut nous laisser la journée l’esprit tranquille. Il sait que je ne suis pas isolée, que je bénéficierai d’un soutien indéniable au quotidien (sauf le mercredi). Parce que disons-le, s’occuper d’une petite fille de 3 ans, d’un grand bébé de 19 mois et d’un nourrisson peut vite devenir très fatigant, étouffant (en tout cas pour quelqu’un avec ma personnalité). Déjà là, il me trouve le soir beaucoup moins stressée et apaisée et tout le monde en bénéficie.
Profiter de mes enfants au quotidien est donc un vrai bonheur en ce moment. Mais je suis consciente que ce n’est ainsi que parce que c’est temporaire. Ça ne remet pas en cause mon envie de travailler. Si j’arrêtais de travailler, je n’aurais pas d’auxiliaire parentale, donc je devrais gérer tout ça toute seule et je ne serais pas aussi zen. Si j’arrêtais de travailler, je me sentirais enfermée dans ce rôle de mère au foyer et sûrement frustrée. Tout cela se ressentirait sur tous les membres de cette famille.
Il est vraiment incontestable, pour moi, que les parents s’épanouissent et progressent plus auprès de leurs parents mais je ne suis pas faite pour être mère au foyer. Je suis faite pour travailler et pouvoir ainsi apprécier le bonheur d’être avec mes enfants pleinement disponible pendant les mercredi, les week-end, les vacances et pendant ce congé maternité. Je serais bien incapable d’être aussi disponible si je m’occupais à 100% de mes enfants.