Garde-moi ! Confier ses enfants en vacances…

baby-99771_640Quand j’étais petite, depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, mes parents nous ont confiés (mes frères et moi) à de la famille. Souvent, et longtemps à ma grand mère (1 mois complet tous les ans), fréquemment à l’une ou l’autre de mes tantes. Les fois où j’étais triste qu’ils nous laissent étaient rares. En général, je m’en faisais une joie car cela signifiait de nouvelles aventures dans un lieu qui n’était pas ma maison.

Quand je suis devenue mère, c’est donc naturellement que je me suis dit que j’allais confier mes enfants à mes parents quand l’occasion se présenterait. Quand Lise a eu 10 mois, nous étions invité à un mariage au Maroc, et c’est donc logiquement que nous l’avons confié à mes beaux-parents. Tout s’est bien passé, mais à notre retour, nous avons vite remarqué un détail qui avait échappé à première vue  nos beaux-parents : sur toutes les photos qu’ils ont prises en notre absence, Lise ne souriait pas. Même à 10 mois, elle s’était rendu compte de notre absence. Hasard ou conséquence, c’est vers cette période là qu’elle s’est choisi un doudou.

Par la suite, elle est allé régulièrement en vacances avec mes parents.

Pour Melody, cela s’est passé différemment. Beaucoup plus accroché à partir de 1 an, nous n’avons eu ni besoin ni l’envie de la confier aussi tôt que sa soeur. Lise continuant à aller régulièrement avec mes parents pour des longs week-end ou de courtes vacances, nous lui demandions à chaque fois si elle voulait aller avec elle. La réponse était toujours catégorique « Non ! ». Puis vers 1 an et demi, Lise devait aller avec mes parents chez ma grand mère pour seulement 4 jours. Nous avons demandé à Melody, comme d’habitude si elle voulait partir avec ses grands-parents, et là, surprise, elle a répondu « Oui ! ». Elle était encore petite, et nous n’étions pas sûrs qu’elle comprenait exactement ce que cela impliquait. Et pourtant, quand ses grands-parents sont arrivés, elle a pris son sac à dos, m’a dit Aurevoir et elle est parti sans se retourner, et n’a pas été triste pendant tout le séjour.

Pour Jack, encore une fois cela a été différent. Jack était très accroché à nous, un vrai petit sauvageon.  En plus, les nuits ont été très longtemps aléatoires, je ne me voyais donc pas le confier à quelqu’un. Et puis, nous avons eu besoin d’un grand week-end de liberté pour aider un proche à déménager. Jack avait 20 mois, et nous avons demandé à mes parents de venir chercher les 3 pour un grand week-end. Nous lui avons bien expliqué et il est parti. Il avait un petit air tristounet en partant, mais il est parti sans pleurer et le grand week-end c’est très  bien passé.

Quand j’en discute avec les parents autour de moi, ils ont tous des approches différentes :

  • un de mes collègues confie pour 1 mois ses deux fils a ses parents et beaux-parents depuis qu’ils sont tous petits (à la base pour cause de vacances de la nounou),
  • de nombreux collègues ne trouvent personne qui veulent garder leurs enfants plus d’une nuit (certains grands parents, ne veulent même pas en garder plus d’un à la fois),
  • d’autres parents n’ont pas envie de confier leurs enfants et n’ont plus vécus une année sans enfant depuis de nombreuses années.

Je crois que la plupart des parents reproduisent, dans ce cas précis, le schéma dans lequel ils ont été élevé. Je comprends les différents points de vue :

  • les parents qui ne font pas des enfants pour les faire élever par les autres (mais bon, dans ce cas, cela signifie également qu’il ne faut pas prendre de nounou),
  • les parents qui ont envie que les règles qu’ils imposent à leurs enfants ne soient pas contestées et remises en cause (et on sait que les grands parents n’en font souvent qu’à leur tête !),
  • les parents qui ont peur de ce qu’il peut arriver à leurs enfants en leur absence,
  • les parents qui ne veulent pas oublier qu’ils existent en dehors de leur rôle de parent,
  • les parents qui n’ont pas d’autres choix
  • etc…

Paradoxalement, avec le temps, je suis de plus en plus triste quand mes enfants sont loin de moi alors je suis obligée d’anticiper leur absence (prévoir de faire des choses que je n’aurais pas le temps de faire autrement) et de me rappeler ce que cela peut leur apporter.

Je me souviens de ma propre expérience, de ces jours sans parent avec des règles différentes, un peu plus de liberté, un univers différent. Et je vois également ce que cela apporte à mes enfants. Souvent, en plus de profiter de leurs grands parents, ils profitent de leur cousin et cousine qu’ils ne verraient pas aussi longtemps en dehors de ces vacances loin de nous. Ils profitent aussi les uns des autres. Ce sont des expériences qui soudent la fratrie. Loin de nous, ils se rapprochent les uns des autres, se font des expériences dont nous, parents, sommes exclus. Je me souviens de tout ce que peuvent nous apprendre les autres que cela soit des grands parents, des oncles et tantes, des cousins cousines, qui sont tous différents, tous enrichissants.

Loin de nous, ils peuvent aussi apprendre la confiance dans le lien qui les lie à nous comme je l’ai appris lors de notre dernière séparation. En février, j’ai laissé à mes parents un petit garçon d’un peu plus de 2 ans qui avait un peu de mal à se séparer de nous, qui nous réveillait toutes les nuits, une fois dans la nuit, pour être rassuré et se réveillait à l’aube et nous appelait. Un petit garçon qui faisait des siestes très courtes et qui se réveillait en pleurant presque en hurlant, grognon pendant de long moment. Pendant son séjour, il a très bien dormi, nous a parlé tous les soirs au téléphone sans tristesse. Depuis qu’il est revenu, il dort très bien la nuit, il se réveille sûrement tôt mais ne nous appelle que quand on se lève, il fait de vrais siestes l’après midi et se réveille plus en douceur, moins dans l’urgence de nous voir.

Ainsi, nos enfants partent 3-4 semaines par an, par tranche de 1 semaine. C’est un rythme qui nous convient. Le tout est de ne pas leur dire trop tôt parce que sinon j’ai le droit tous les jours à l’éternelle question « Est-ce que c’est aujourd’hui qu’on part ? »

Et vous vos enfants, vous les laissez partir ?

Images :http://pixabay.com/fr/b%C3%A9b%C3%A9-nouveau-n%C3%A9-enfant-kid-m%C3%A8re-99771/

Garde-moi ! Finalement, on rempile…

Comme je le disais dans mon précédent article, nous avons eu une déconvenue avec notre auxiliaire parentale. Le mois écoulé a été très intense : stress, fatigue, maladies. Un très mauvais cocktail. Pour moi. Nous avons encore une fois vérifié que la vie n’est faite que de compromis.

Au final, nous avons repris une auxiliaire parentale jusqu’en septembre. Et je vais accepter la promotion qui se présente à moi. Cela nous a valu beaucoup de nuits blanches, de questionnements. Ce qui a pesé dans la balance c’est :

  • Jack a très bien accepté la reprise avec la nounou (celle qui s’en allait). Il était triste le matin, mais il acceptait que je parte,
  • Le soir, en rentrant du travail, les enfants étaient zen, calmes,
  • Une auxiliaire parentale nous a été conseillé et semblait être la meilleure auxiliaire parentale qu’on puisse trouver dans un délai aussi court,
  • Nous n’avions aucun espoir d’avoir une place en crèche,
  • Nous n’avions aucune assistante maternelle qui accepte de travailler jusqu’à 19h et d’avoir un contrat de 8 mois seulement.

J’espère que nous ne regretterons pas notre choix, et que nous allons pouvoir souffler… Jusqu’en septembre

Garde-moi! La solution miracle pour ne pas avoir de problèmes de nounou…

Au niveau de la garde d’enfant, j’ai un peu l’impression d’avoir toujours fait les mauvais choix. Il y a eu :

Hormis le manque de chance, pour chacunes d’elles nous avons dû fermer les yeux sur certaines choses, faire des compromis.

Donc ma deuxième auxiliaire parentale a arrêté de travailler début juillet. Parce qu’elle nous avait promis à multiples reprises qu’elle reprendrait le travail ensuite, que jamais elle ne s’arrêterait de travailler,nous avions décidé que je prendrais un congé parental le temps de son congé maternité. L’idée était de perturber le moins possible nos enfants, qu’ils gardent leur rythme, leurs habitudes, qu’ils n’aient pas à s’adapter à une nouvelle personne.

Quand elle nous a annoncé, 1 mois avant sa reprise qu’elle était en arrêt maladie 1 mois de plus, j’ai pu prolonger un peu mon congé parental, et mes parents nous ont gardé les enfants 2 semaines. Elle nous avait garanti que cela ne changeait pas sa motivation à revenir travailler, il n’y aurait plus de contre temps. 1 mois avant sa reprise, 2 semaines avant sa reprise, je lui ai redemandé si elle était sûre de reprendre, et que surtout, au moindre doute, elle nous appelle pour qu’on chercher une solution « au cas où ». Mais à chaque fois, aucun doute n’a été exprimée, elle m’a garantie qu’elle revenait travailler, c’était sûr et certain.

Comme annoncé, elle est revenu travailler lundi. Mais elle nous a également annoncé le matin de sa reprise qu’elle démissionnait et que dans 15 jours, nous nous retrouvions sans solution de garde pour mes enfants. Je suis vraiment sous le choc :

  • je suis choquée parce que je ne m’y attendais pas, je l’avais encore eu au téléphone le vendredi précédent.
  • je suis choquée d’imposer à mon fils de 2 ans, qui a un peu du mal à se séparer de nous, de devoir s’adapter à sa nounou pendant 2 semaines pour mieux s’en séparer et de devoir tout recommencer par la suite.
  • je suis choquée de devoir demander à mes parents, à mon beau-frêre de nous dépanner le temps qu’on trouve une solution acceptable.
  • je suis choquée que la loi ne nous donne que 2 semaines pour nous retourner. On parle bien d’enfants, même de bébés, pas d’objets qu’on confie à n’importe qui.

J’en veux à ma nourrice, même si elle ne fait que respecter son droit, et qu’elle ne voit pas dans la situation dans laquelle elle nous met. Je m’en veux à moi aussi, car la solution aurait été de m’arrêter dès le début de son congé maternité jusqu’à la rentrée à l’école de mon fils.

En attendant, les options qui s’offrent à nous sont :

  • de prendre une assistante maternelle pour notre fils, et mettre nos filles à la cantine et à la garderie,
  • de prendre une auxiliaire parentale pour les trois,
  • de mettre notre fils en crèche et nos filles à la cantine et à la garderie (ah non, en fait, la crèche c’est presque impossible),
  • que mon mari s’arrête à son tour (il voudrait bien, mais la différence de salaire est beaucoup trop importante),
  • que je m’arrête à nouveau, refuse une promotion que mon chef me propose, fasse une croix sur ma boite actuelle auprès de laquelle je n’ai plus aucune crédibilité.

Les deux premières solutions sont l’annonce d’autant d’embûches que ce que nous avons déjà vécu, on n’aura aucune garantie que cela se passe bien, aucune garantie d’avoir encore des contre-temps.

Je ne sais pas encore ce que nous allons faire. Mais ce qui est sûr, c’est que pour le bien être de nos enfants les deux dernières solutions sont les meilleures…

Comme promis, voilà la solution miracle pour ne pas avoir des problèmes de garde pour ses enfants : il ne faut pas travailler

Travaille ! Un congé parental qui coule de source…

Après avoir décidé de me mettre en congé parental pour 4 mois et être passé de la peur, à l’attente, voilà que je me retrouvais en congé parental. J’ai décidé de prendre les choses en main pour profiter de mes enfants, tout en ayant l’impression d’être active et de faire des choses qui m’ont fait plaisir. Pour cela, je me suis fait un planning pour les tâches ménagères, j’ai instauré des rituels avec les enfants et surtout je me suis accordée une activité strictement personnelle et sans enfant tous les jeudis soirs. J’ai voulu également profiter pour essayer d’instaurer des règles que nous n’avions jamais pu mettre en place nos enfants (faute de temps, de patience, de suivi, etc.). C’est ainsi que pendant ce congé j’ai :

  • fabriqué un château playmobil,
  • rangé mon garage et mes combles,
  • fait du tri,
  • repeint les meubles de ma cuisine,
  • cousu deux sacs à doudou,
  • fabriqué des costumes de Père Noel et Mère Noël pour la fête de l’école vendredi,
  • désherbé et refait complètement deux parterres de fleurs,
  • fait de nombreux essais culinaires pour faire manger des légumes à mes enfants (il y a eu de vrais succès et de vrais échecs),
  • trouvé des astuces pour rendre mes filles plus autonomes pour s’habiller,
  • accompagné des sorties scolaires,
  • regardé beaucoup d’émissions débiles,
  • pris du temps, beaucoup de temps pour ne rien faire avec mes enfants, les regarder jouer, les regarder grandir, interagir, se chamailler, négocier. En bref, je les ai regardé grandir.

Ce fut vraiment un congé parental riche. J’ai beaucoup appris, sur moi et sur mes enfants :

  • quand il faut négocier, et quand il ne faut pas,
  • quand il faut les laisser gérer leurs différents et quand il faut intervenir,
  • quand il faut les occuper, ou les laisser libre,
  • quand ma patience s’est évaporée,
  • ce que je peux exiger d’eux, et ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

J’ai l’impression que ce congé parental fut une pause salutaire, un instant de paradis et une prise de conscience. Il y a eu des disputes, des engueulades, des colères côté parent comme côté enfant, mais il y a eu aussi beaucoup plus de tendresse, d’échanges et de partages. J’ai aimé ce congé parental. J’ai découvert mes enfants. Je crois que jusqu’à présent, j’aimais mes enfants car c’était mes enfants. Dès qu’il nait on aime son enfant (en tout cas dans la plupart des cas), c’est quasiment instinctif. Mais au cours de ce congé parental, cet amour a changé, je les aime différemment : pour ce qu’ils sont, pour leurs qualités et leurs défauts, je les aime en tant qu’individu unique. Je ne les aurais pas mis au monde, je les aurais aimé quand même. Je sais maintenant que je ne les aime pas seulement parce que ce sont mes enfants. Je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu ce congé parental pour être consciente de tout ça. Mais j’ai l’impression que les soirées, les week-ends et les vacances ne m’avaient pas suffit à réaliser cela. Je n’en avais pas le temps, pas l’envie trop désireuse de me reposer moi, d’avoir du temps pour moi et trop prise par les obligations familiales (ménage, courses, médecin, repas, etc.)

J’ai aussi complètement changé d’avis sur le congé parental. Avant cela, je me suis toujours dit que les mères au foyer se marginalisaient, que l’idéal est de continuer à avoir une activité professionnelle à temps partiel. Je me suis toujours dit que pour les enfants, à partir du moment où ils étaient habitués petits à être gardés par une autre personne, il n’y avait pas de raisons que cela pose problème. Pourtant, je dois avouer que j’ai trouvé mes enfants plus heureux, plus épanouis, plus calmes, plus posés. Ils ont aussi beaucoup appris, beaucoup évolués.

Nous vivons dans une société qui pousse à l’activité des parents.  Un des métriques de la réussite de leur politique en faveur de l’égalité homme-femme est le taux d’activité des femmes. J’ai l’impression qu’on ne se pose jamais la question de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. Il est important que tout le monde puisse faire ses propres choix. Mais j’aimerais vivre dans une société qui permette aux enfants d’avoir au près d’eux leurs parents quand ils ont besoin d’eux. Emmener ses enfants à l’école le matin sans rouspéter parce qu’on va être en retard au travail c’est important. Etre là à la sortie de l’école pour les entendre se décharger de cette longue journée c’est important. Etre là quand ils sont patraques, c’est important (même si j’ai horreur de ça). Participer à la vie de l’école, les voir dans cet environnement extérieur à la maison, c’est important. Discuter avec les parents des enfants qu’ils côtoient, c’est important.

N’est-ce pas paradoxal, par exemple,

  • Que ma nounou laisse ses propres enfants à une inconnue pour venir garder mes enfants ?
  • Que jusqu’à présent, je ne me sente pas capable de m’occuper à 100% de mes enfants ?
  • Que mes enfants passent plus de temps avec leur nounou qu’avec leurs parents ?

Pour en avoir discuté autour de moi, je ne suis pas la seule mère qui ne pensait pas être capable de garder ses enfants, n’en ont jamais eu envie, et qui, une fois confrontées à cette situation se sont rendus compte du bonheur que c’était et qui sont retournés au travail le cœur serré. Je parle de mère, mais en réalité, il en est de même pour les pères.

J’aimerais vivre dans un monde où les rythmes de travail seraient moins rigides et où on pourrait, par période, augmenter ou réduire notre capacité de travail et que cela se fasse naturellement, sans négociation car tout le monde se dirait que c’est un choix personnel, le choix idéal de chaque foyer…

Images : Hamed Saber

Travaille ! Un congé parental attendu…

Je vous ai déjà expliqué comment je m’étais retrouvé en congé parental malgré moi. Entre le moment où la décision a été prise et le début du congé parental il y a eu 4-5 mois. Pendant ces quelques mois, mon esprit a navigué entre la crainte et l’attente.

Il m’a fallu un mois pour accepter complètement positivement ce congé parental. Pendant que je mettais tout ça en place, administrativement parlant (j’entends par là, avec mon entreprise), j’ai découvert que, légalement, mon entreprise pouvait me refuser ce congé parental. En effet, la loi autorise les parents à prendre un congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant. Ce qu’on sait plus rarement, c’est que cela est possible dans la limite de 3 renouvellements. Dans mon cas, j’avais besoin de 4 renouvellements (car chaque changement de rythme 4/5ème vers temps plein par exemple, correspond à un renouvellement). Quand j’ai cru que ce congé-parental-malgré-moi pourrait devenir recrutement-de-nounou-de-remplacement-malgré-moi, j’ai compris que finalement, au fond de moi, ce congé parental je le voulais vraiment.

J’aime bien que les choses soient carrées, logiques, j’aime bien l’équité. Cette mini-obsession a été très satisfaite par le fait qu’il y ait exactement 19 mois entre chacun de mes enfants… Ceci a également entraîné que :

  • j’ai ainsi pu profiter de Lise vers ses 18 mois quand j’étais en congé maternité de Melody.
  • J’ai pu profiter de Melody vers ses 18 mois (et aussi un peu de Lise qui entrait à l’école) quand j’étais en congé maternité de Jack.

Mais comme Jack est le petit dernier, je n’aurais jamais eu l’opportunité de profiter de lui avant son entrée à l’école sans ce congé parental impromptu. Je n’avais, que rarement, l’occasion de m’occuper de lui à 100% puisque ses sœurs ont toujours été dans les parages.

Ceci s’est combiné à une autre prise de conscience plus inquiétante. Moi, la mère de mes enfants, je redoutais de m’en occuper. Mes enfants, je les aime. Je n’ai aucun doute là-dessus, depuis qu’ils sont nés et même avant. Je les aime parce que ce sont mes enfants, ils sont petits, vulnérables, ils ont besoin de leurs parents. Mais, passer du temps avec eux, seule à seule m’a toujours fait peur, pour de multiples raisons. . Mes peurs étaient multiples :

  • peur de ne pas être à la hauteur : je ne sais pas si  nos parents ressentaient cela aussi, mais j’ai l’impression qu’on est une génération de parents angoissés, qui se mettent la pression, qui se comparent. Je me suis toujours mise la pression toute seule depuis qu’on a des enfants. Comme si j’étais seule responsable de la réussite de l’éducation de mes enfants : manger équilibré, bien dormir, être sage, être bien élevés, etc. Comme si chaque écart était comme un échec.
  • peur de n’avoir plus de temps pour moi : quand je travaille, je sais que j’ai quelques temps où je n’ai pas d’autres responsabilités que ma propre responsabilité (notamment, les temps de trajets et les temps de repas).
  • peur de décevoir mon mari qui pourtant n’avait aucune attente particulière. Il voulait juste que je garde mes enfants pour leur éviter une nouvelle adaptation pour une nouvelle nounou.
  • peur pour mon travail : je n’avais pas peur pour un licenciement, mais juste que cela freine encore plus ma carrière, que les projets sur lesquels je travaillais soient repris par d’autres.
  • peur de décevoir mes enfants : cela ne doit pas être agréable d’entendre ses enfants nous dire qu’ils préféraient la nounou.

Le déroulement de mes mercredis en étaient une illustration, même si ça s’améliorait depuis qu’on était dans la maison, je finissais souvent la journée épuisée, à bout de nerf, avec l’impression d’avoir rien fait, ou tout mal…

Les parents qui ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants sont rares. Tout dépend ensuite du niveau d’exigence qu’on vise, des critères qu’on se fixe pour déterminer si oui, ou non, on sait s’occuper de nos enfants. Le seul critère qui devrait compter c’est le respect de ses enfants, de leur santé, leur bien-être et leur bonheur. Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine.

Je me suis demandée, comment on en arrive là : ne pas se sentir capable de s’occuper de ses propres enfants alors qu’à aucun moment on ne fait quelque chose de grave, de dangereux. Ma conclusion est que nous vivons dans une société qui a érigé le travail des femmes comme un objectif à atteindre. Le corollaire, c’est qu’on estime que le mieux pour nos enfants c’est d’avoir deux parents qui travaillent, et donc quelqu’un d’étranger au foyer qui s’occupe d’eux tout ce temps. Plus personnellement, à force d’entendre que je ne dois surtout pas faire l’erreur de m’arrêter un jour de travailler pour mes enfants, je me suis peut être inconsciemment persuadée que, de toute façon, je n’en serais pas capable et qu’il n’y avait donc rien à regretter.

A partir de là, je l’ai attendu ce congé parental. J’avais envie de voir si je pouvais prendre soin de mes enfants, les aider à grandir au mieux tout en étant heureuse de le faire. J’ai décidé de profiter de cette chance qui m’était donné sans trop me mettre la pression et sans non plus idéaliser un monde merveilleux où tout serait rose et chantant au quotidien.

La suite viendra dans quelques temps…

Images : Robert Wade

Travaille ! En congé parental malgré moi…

J’ai trois enfants, et trois reprise de travail après des congés maternité à mon actif.

1er congé : 16 semaines de congé maternité et un retour au travail à temps plein qui coule de source. J’avais une grande envie de voir du monde, retrouver un rythme qui n’est plus celui d’un bébé, manger à des heures décente sans être interrompue.

2eme congé : 16 semaines de congé maternité avec les deux filles en permanence, puis 3 semaines de congé payés. Le retour au travail s’est fait au 4/5eme et dans la douceur avec une période d’adaptation avec la nounou (ma belle-mère en l’occurence) qui garde les enfants chez nous. Je crois que j’étais soulagée de retourner au travail car Lise qui avait 2 ans était parfois difficile à gérer, elle avait beaucoup de colère et de jalousie envers sa soeur qui en pâtissait au quotidien. Et je rentrais souvent manger avec elles le midi.

3ème congé maternité : 6 mois de congé maternité, plutôt cool. La naissance ayant lieu après la rentrée scolaire nous avions déjà une nounou qui s’occupait des filles (à la maison) 4 jours sur 5 et que nous avions gardé pendant le congé maternité pour être sûrs de ne pas la perdre. Elle devait garder nos enfants jusqu’aux 3 ans de Jack, donc le coût financier valait bien le gain en stabilité pour nos enfants. Je me suis surtout concentrée sur mon bébé, mon retour au travail était clair, et Jack était accoutumé à la nounou, les filles avaient déjà leur rythme bien installé. Il n’y a eu donc aucun heurs, pas de déchirement, ni pour eux, ni pour moi.

Le point commun de ces trois reprises est l’évidence avec laquelle elles ont pris place, le sentiment de retourner à ma place et à une vie sociale. Bref de retourner dans la vraie vie.

Et puis il y a eu ce congé parental. Je ne l’avais pas prévu. Il ne venait pas de moi. Après que ma nounou précédente nous ai quitté (celle que Jack devait garder jusqu’à ses trois ans), ma nouvelle nounou est tombée enceinte en janvier, moins de 5 mois après le début de son travail. Elle nous a tout de suite dit qu’elle souhaitait continuer avec nous après son congé maternité. Le mieux, raisonnablement, pour nos enfants était que je m’arrête le temps de son congé maternité pour m’occuper des enfants (les autres alternatives étaient de la remplacer temporairement, ou définitivement en évoquant le changement de mode de garde puisque deux de nos filles seraient scolarisées en septembre de la même année).

Je le redoutais ce congé. Les mercredis, seule avec les 3, étaient très compliqués les 6 premiers mois (a l’appartement) mais cela s’était nettement amélioré depuis le déménagement dans la maison. Je redoutais de prendre en charge tout le quotidien, tous les jours : 4 aller retours à l’école, 2 repas, 1 goûter, les bains. Je ne pourrais plus me reposer sur la nounou pour faire une bonne moyenne sur l’équilibre alimentaire des repas. Ce serait a moi de trouver les recettes magiques pour leur faire manger quelques légumes. Je devrais prendre en charge une part plus importante des tâches ménagères puisque je serais la plus présente au foyer. Je devrais prendre en charge tous les petits maux et bobos du quotidien. Il n’y a pas de jours enfants malades pour une mère au foyer : c’est un peu le quotidien les journées enfant malade… Il n’y a pas non plus d’arrêts maladies.
Je me suis toujours sentie incapable d’être mère au foyer. Comment peut-on se sentir heureux comme ça ? Aujourd’hui encore, quand j’en parle à ma mère je perçois sans effort la rancoeur qu’elle garde face à cette situation qu’elle a choisi mais qui lui a semblé imposé. Cette rancoeur elle me l’a exprimée alors que j’habitais encore chez eux, et me l’a rappelé quand j’ai eu des enfants (pour me mettre en garde contre cette erreur à ne pas faire). Etre mère au foyer est souvent ingrat, non reconnu par la société. On est coupé du monde (du travail), soumis au rythme des enfants. On subit le même rythme quasiment toute la semaine, de la routine né l’ennui. Il y a beaucoup plus de contraintes à garder des enfants qu’à aller travailler.

Malgré cela, nous avons décidé (car c’est une décision de couple) que je me mette en congé parental car cela semblait le mieux pour nos enfants, notre famille, et que cela serait de toute façon une solution temporaire.

La suite : Un congé parental attendu…

Images : Dan Iggers

Travailler ou ne pas travailler ! Mon équilibre instable…

Portrait de Famille

Avant d’avoir des enfants, mon choix a toujours été clair. Jamais je n’arrêterais de travailler. J’ai été formaté dans ce sens par ma mère qui regrette encore aujourd’hui (de manière plus ou moins rationnelle) son choix de s’être arrêté de travailler. Depuis que je suis petite, elle m’a rabâché qu’il ne fallait jamais s’arrêter sinon on était dépendante à vie de son mari (il est si terrible que ça mon père ?) et que s’il lui arrivait quelque chose elle se retrouverait sans rien, qu’une femme devait bosser deux fois plus qu’un homme pour avoir la même chose, etc.

Puis Lise est arrivée, et je n’ai pas changé d’avis. Le congé maternité a été beaucoup de stress pour moi, beaucoup d’ennui. Je ne sortais pas beaucoup de la maison, je ne voyais personne, je ne mangeais pas beaucoup non plus pendant les repas, préférant le grignotage (quel intérêt de se faire à manger juste pour une personne). Je suis repartie au travail après le congé maternité (sachant que j’ai bénéficié des 3 semaines de report du congé prénatal en congé postnatal).

Puis Melody est arrivée, j’ai gardé Lise pendant le congé maternité. Garder les deux étaient très stressant. Lise (19 mois) commençait sa phase où elle ne mangeait pas grand chose, les repas était un stress, et elle éprouvait beaucoup de jalousie envers Melody donc je n’avais pas beaucoup de répit. Encore une fois, je suis repartie au travail après le congé maternité (toujours avec mes 3 semaines de report et 3 semaines de congés payés en plus). Ma belle-mère gardant les enfants, Je suis retournée travailler au 4/5ème pour qu’elle puisse avoir des week-ends de 3 jours. Je n’aurais pas eu envie de m’arrêter plus longtemps.

Puis Jack est arrivée, Lise étant rentré à l’école, nous avions une auxiliaire parentale pour les deux filles. J’ai donc eu un congé maternité de 6 mois très tranquille puisque j’étais en congé maternité et mes filles étaient gardées, chez moi, mais gardées 4 jours dans la semaine. D’un côté, je ne sais pas comment on aurait fait autrement étant donné tous les rendez-vous à l’hôpital où Jack a dû aller à cause de la toxoplasmose et toutes les visites chez le médecin pour les soucis de début d’hiver pour les trois (pendant 2 mois, le médecin des enfants nous a vu 2 fois par semaine, pour l’un ou pour l’autre).

A la reprise, je suis à nouveau reparti en 4/5ème. Tous les mercredis, j’étais seule avec les 3 et j’avais un peu l’impression d’être débordée, de ne pas m’en sortir. Puis nous avons déménagé, nous sommes passé d’un appartement à une maison avec jardin, d’une très grosse ville à une ville de taille moyenne, et j’ai apprécié mes mercredis. Je ne me voyais pas repartir à temps plein.

Et puis, une nouvelle surprise a bouleversé ce rythme qui nous allait si bien : notre auxiliaire parentale est tombé enceinte, elle partait en congé maternité pour 3 mois et demi (avec en prime un arrêt maladie un mois avant). Nous avons pensé à la remplacer, mais le surcoût nous a fait envisagé que je m’arrête pendant ce temps et c’est ce que nous avons décidé de faire. Je me retrouve donc actuellement en congé parental. J’appréhendais cette période avec beaucoup d’angoisse, avec la peur de ne pas y arriver, de ne pas savoir apprécier cette pause qui est en fait une vrai opportunité.

Finalement, j’ai des regrets. Non pas de m’être arrêtée mais de m’être engagée à retourner au travail après ce petit intermède. J’avais déjà beaucoup d’interrogation sur le sujet, mais elles ne font que se confirmer. Comment en est-on arrivé à une société qui considère que l’idéal pour nos enfants est d’être gardé à l’extérieur du foyer pendant que leurs parents travaillent ? Je ne remets pas en cause le fait que les parents qui le souhaitent puissent travailler et faire garder leurs enfants. Ce que je me demande c’est si c’est vraiment le bon modèle, si c’est vraiment le modèle qui doit être promu et facilité ? Chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut. Mais on voit clairement que ce qui est valorisé en France c’est d’avoir des parents qui travaillent et des enfants qui sont gardés, en priorité en crèche.

Je constate avec mes enfants que leur vie est moins stressante, ils sont plus posés. Il y a moins de caprices et je sais beaucoup mieux les gérer parce que je les connais mieux. Je peux faire beaucoup plus de choses. Je vis dans une maison plus propre, mieux rangée, mieux aménagée. Le papa aussi a l’esprit plus tranquille. Le constat serait le même si c’était lui qui s’était arrêté.

J’ai l’impression de profiter de la vie, d’avoir plus de temps, de moins courir. Souvent, je prends conscience de ce que je n’aurais pas vu, pas entendu si j’étais au travail. J’ai l’impression d’avoir plus de temps où je peux profiter d’un de mes enfants en particulier mais aussi de les observer dans leur complicité, leurs interactions.

On a beau avoir de super nounous, je me demande si la plupart des enfants ne seraient pas mieux gardés par un de leur parent. Malgré ma conviction, et à moins d’un ultime rebondissement, je vais retourner au travail. Je ne culpabiliserai pourtant pas, mais je sais désormais que j’aurais très bien pu faire un choix différent bénéfique pour tous : m’arrêter jusqu’à ce que Jack entre à l’école. Les conditions financières ne l’auraient pas permises (justement parce qu’on vit dans une société qui dans mon cas me pousse à aller travailler) mais nous aurions tous apprécié la situation.

Images : By Eric Ward [CC-BY-SA-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons