Ne crie pas ! Histoire d’un blog…

Le nom de ce blog porte un de mes grands espoirs de mère. Ne crie pas !

Ce n’est pas à mes enfants que cet espoir s’adresse mais à moi-même. Les jours où je ne crie pas sur mes enfants sont rares. Trop rares. J’aimerais pouvoir dire l’inverse deux ans après, mais je ne suis pas sûre que les choses aient beaucoup changé. J’ai été élevé dans une famille où le verbe est haut, la langue bien pendue et le conflit un sport familial. La négociation n’a pas lieu d’être avec des enfants, ni avec les adultes d’ailleurs…

Voilà un trait que je voudrais ne pas être héréditaire mais il est difficile de sortir des ornières creusées depuis tant d’années. En terme d’éducation, j’ai déjà pris de la distance avec la façon dont j’ai été élevé. Mais arrêter de crier est la tâche la plus difficile que j’aimerais accomplir. J’ai essayé à plusieurs reprises mais j’ai toujours une bonne excuse pour déroger à la règle : la fatigue, un excès de bêtises, la colère, l’accumulation, le stress, le regard des autres etc… En écrivant tout ça, j’ai l’impression d’être addict. Y a t’il un club des crieurs anonymes ? Je devrais m’y inscrire de suite.

En attendant, j’aimerais vraiment arrêter de crier. J’ai plusieurs jokers dans ma poche :

  1. Le silence : Je regarde avec insistance l’enfant récalcitrant, droit dans les yeux et je me tais… Ça marche parfois, et parfois ça ne marche pas.
  2. L’excès de parole : cette technique ressemble beaucoup à la première sauf qu’au lieu de me taire, je le saoule de parole sur les règles à respecter, pourquoi il y a cet règle, pourquoi il ne faut pas recommencer… Ça marche parfois, et parfois ça ne marche pas.
  3. 1, 2, 3 … mais qu’y a t’il après le 3 ? Souvent une punition. Parfois les enfants s’arrêtent d’eux même mais jamais avant le 3… Ils ne sont pas fous, je leur donne la permission d’aller jusqu’à 3.
  4. La punition : Avec les plus grands, j’ai laissé le décompte jusqu’à 3. En général, ça ne sert qu’à me faire fulminer jusqu’à 3. Donc il n’y a plus qu’une demande pour arrêter les bêtises puis la punition tombe s’il y a une deuxième fois. La punition est soit la confiscation de l’objet de la bêtise, soit la mise à l’écart. Mais bon, comment fait-on quand l’enfant n’est pas décidé à être mis à l’écart ? Est-ce que c’est moi qui n’est pas compris quelque chose ou est-ce que mes enfants sont particulièrement revêches  ?
  5. L’évitement : Il arrive que je vois les bêtises venir. Comme dans ces moments où ils commencent à courir dans la maison, où à se sauter les uns sur les autres. Dans ce cas, j’essaye d’anticiper : détourner l’attention vers une autre occupation, diviser les troupes, encadrer le jeu.

Et malgré tout, je cries encore trop souvent parce que j’ai tendance à ne voir que le verre à moitié vide. Je me laisse déborder par mes émotions et mes propres envies (envies de calme, envie de faire quelque chose qui me tient à coeur). Parfois même, après coup, j’ai l’impression d’être entré dans le conflit uniquement pour… être en conflit. Pourquoi ce que j’applique quotidiennement au travail, je ne suis pas capable de l’appliquer chez moi ?

Allez, c’est mon défi d’ici la fin de l’année… Aujourd’hui c’est décidé, j’arrête de crier !

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Supporte ta belle-mère ! Une relation conflictuelle…

Comme beaucoup de mères, j’ai une belle-mère (la mère de mon époux). Je la connais peut être mieux que beaucoup de belles-filles connaissent la leur puisque j’ai vécu quelques temps chez elle et elle a vécu quelques temps chez nous. Nous n’avons pas de relations conflictuelles. C’est sûr qu’en habitant sous le même toit, nous nous sommes sûrement plus rendues comptes de nos défauts respectifs. Ma belle-mère est venue vivre chez nous pendant un an et a gardé nos deux filles pendant ce temps. Quand est venu le temps de mettre fin à tout ça, j’ai été soulagé de retrouver mon foyer et mon intimité comme avant, mais je suis reconnaissante à ma belle-mère d’avoir pris soin de nos filles comme cela a été le cas. Je ne me suis jamais disputée avec ma belle-mère et je la vois avec plaisir.

Par contre, que cela soit dans mon entourage ou sur internet, je peux constater à quel point cette relation peut être difficile à gérer. Je crois que ça empire à l’arrivée d’un enfant. Qu’est-ce que les belles-filles reprochent à leur belle-mère ?

  • Elle est envahissante, ou pas assez présente.
  • Elle sait toujours mieux que les autres comment il faut faire pour s’occuper d’un bébé.
  • Elle préfère ses autres petits enfants qu’elle couve.
  • Elle ne s’est pas intéressée à la grossesse de leur belle-fille.
  • Elle s’accapare le bébé dès qu’elle le voit.
  • Elle réveille toujours le petit ange qui vient de s’endormir.
  • Elle veut avoir ses petits enfants à garder alors qu’ils viennent de naître ou au contraire elle ne veut pas vous les garder pour une soirée en amoureux.
  • Elle ne respecte pas vos consignes pour l’alimentation/le sommeil/l’éducation de votre enfant et n’en fait qu’à sa tête.
  • Elle dénigre sa belle-fille auprès de leur mari ou leur famille.
  • Elle ignore sa belle-fille.
Qu’est-ce que les belles-mères reprochent à leur belle-fille ?
  • Leurs petits enfants voient beaucoup plus leur autre grand-mère.
  • Elle est ingrate.
  • Elle n’écoute pas les conseils qu’on lui donne et n’en fait qu’à sa tête.
  • Elle croit tout savoir.
  • Elle monte leur fils contre elle.
  • Elle est susceptible.
Alors qui croire ? Je dirais à la fois personne et tout le monde. Tout ça est bien souvent une simple question de points de vue. Je peux être quelqu’un de très têtue et sincère, mais parfois, il vaut mieux prendre sur soi et laisser couler. Que cela soit nos parents, nos beaux-parents, nos frêres et soeurs, beaux-frêres et belles-soeurs, il est normal de ne pas être d’accord sur tout. Mais ils ne font pas partie de notre foyer, nous n’avons pas à vivre avec eux. A quel prix devons-nous essayer de les convaincre d’avoir raison ? Quelle importance d’essayer de les convaincre de penser comme nous, d’avoir une bonne opinion de nous ? C’est à chacun de répondre à cette question, mais pour moi la réponse est trouvée. Même si je suis agacée, parfois peinée par ce que disent certains, je trouve inutile de monter au créneau si je sais que je ne les ferais pas changer. Je dis ce que je pense et si c’est entendu tant mieux, sinon j’ai une très bonne capacité à ignorer les remarques et passer à autre chose. Il faut apprendre à tolérer les différences d’opinion en se disant qu’il n’y a pas une vérité, que tout est question de point de vue. Si on entre tout de suite dans le conflit et l’agressivité, cela montre à quel point en temps que jeune parent on est sur la défensive, toujours en proie au doute.

Et vous amour ou haine avec votre belle-mère ? Que lui reprochez-vous ?

Images : Source

Dors ! Quand le sommeil ne vient pas…

Quand on est parent, il y a, à chaque instant, des parties de l’éducation qu’on a l’impression de réussir et d’autres qui nous dépassent (pour moi, l’alimentation de mes enfants). Jusqu’à présent, côté sommeil, nous n’avons jamais eu de réels soucis.

Pour Lise, tout était simple, elle a fait ses nuits à 1 mois (et quand je parle de nuits, je ne parle pas des fameuses 6 heures d’affilées, mais plutôt de nuits 10-12h). Elle a rapidement appris à s’endormir seule, et elle ne se réveillait que rarement la nuit.

Pour Melody, cela a été un peu plus long, elle a fait ses nuits à 6 mois mais elle savait déjà se rendormir seule ce qui nous a permis de la faire dormir dans la chambre de sa soeur dès ses 3 mois. 98+-98

Mes filles sont incapables de dormir dans notre lit, pour la simple et bonne raison qu’on ne les a jamais prises dans notre lit. Je ne suis pas contre le cododo, mais j’ai déjà du mal à les faire dormir dans la même chambre que moi (pour des raisons d’intimité, mais aussi de qualité de sommeil de chacun) alors dans mon lit ! Ici chacun son lit, chacun sa chambre. Pendant le temps où Melody a dormi dans notre chambre, je dormais très mal, redoutant le moindre bruit qui pourrait indiquer son réveil ou celui de son estomac.

Mais depuis les 6 mois de Melody, nous dormions très bien et nous pouvions profiter de nos soirées comme de nos nuits. Vers 20h30, tout le monde dort, et vers 7h tout le monde se lève. Cela est toujours un peu tôt pour la marmotte que j’ai toujours été mais on avait cette certitude de ce moment de calme et de nos soirées en couple.

Mais voilà, je crois que personne n’y échappe à un moment ou un autre. Vous pouvez chercher dans Google « enfant qui se relève le soir« . Le nombre de sujets sur les forum à ce sujet est là pour en témoigner. Et bien souvent, cela concerne des enfants de 2-3 ans. Les problèmes de sommeil ont commencé il y a 6 mois pour Lise (est-ce l’arrivée du bébé qui a servi de déclencheur ?). Et cela est d’autant plus pénible quand on n’en a pas l’habitude !

Cela a commencé par des problèmes d’endormissement, Lise ne s’endormait plus qu’en pleurant, elle nous appelait, et nous devions y retourner plusieurs fois (de 3 fois dans les meilleurs cas à une dizaine de fois dans les autres cas). Cela nous menait parfois jusqu’à 23h… Je poussais pour que nous la laissions un peu pleurer et pour ne pas y aller systématiquement. Et cela semblait se calmer un petit peu. Mais cela était le calme avant la tempête.

Voilà qu’il y a environ 3 mois ce qui devait arriver, arriva. Alors que Lise dort dans un lit sans barreau depuis plus de 6 mois, elle vient de découvrir son immense pouvoir ! Elle peut se lever seule et revenir nous hanter dans le salon… Le cycle infernal a commencé. On la voyait débouler sans arrêt dans le salon, en riant aux éclats, et de plus en plus fréquemment. Et son se voyait monter en pression, en nous énervant de plus en plus. On commençait par rester zen, puis à crier, puis à hurler, puis une tape sur la couche.

Je suis contre tout châtiment corporel, mais là, prise dans cette boucle sans fin, la seule solution qui mettait fin à l’engrenage et à la surenchère était cette tape sur la couche qui mettait fin à l’amusement pour laisser place à la frustration et Lise finissait par s’endormir en pleurant. Mais voilà, une fois endormie, l’un comme l’autre nous ne nous sentions pas fiers de nous. La crise était temporairement résolue, mais au prix d’une frustration d’un côté, et d’un sentiment de culpabilité de l’autre. Bref, nous étions loin d’une solution gagnant-gagnant. De plus, avec le temps, il n’y avait au final aucune amélioration, même le coucher des siestes est devenu un véritable bras de fer. Nous étions stressés tous les soirs, nous sursautions au moindre bruit et nous n’avions plus de soirées.

C’est là où le dialogue dans un couple est très important. Nous nous sommes mis d’accord sur tout ce qui n’était pas une solution acceptable :

  • continuer comme ça dans la surenchère,
  • la laisser se lever et rester avec nous jusqu’à ce que le sommeil soit le plus fort !
Nous nous sommes ensuite entendus sur une stratégie :
  • Fin de la tape sur les fesses. Cela ne résout rien et va à l’encontre de nos convictions ;
  • Fin de l’énervement de notre côté. Notre fille nous teste et quand il y a un comportement à éliminer, il vaut mieux ne pas montrer son agacement et son stress et faire plutôt preuve d’indifférence ;
  • On gère un soir chacun notre tour. Nous ne récupérerons pas tout de suite nos soirées de couples, mais au moins un des deux peut disposer de sa soirée comme il l’entend. Cela fait un peu gardien de dortoir, mais nous restions sur une chaise à côté de leur porte pour récupérer la petite évadée avant qu’elle ne puisse sortir de sa chambre et ainsi monter en pression le temps d’arriver jusque dans le salon. Si nous l’entendions se lever, nous lui disions de se recoucher sans ouvrir la porte.
  • Quand on s’énerve, l’autre prend le relais.
  • Rappel tous les soirs du rituel du coucher. Une fois ce rituel passé, chaque fois que Lise se relève cela est traité de la même façon : on l’empêche de sortir de sa chambre, on la recouche sans commentaire, sans s’attarder.
  • Tous les soirs, on lui rappelle que si elle a besoin de nous on reviendra une fois chacun mais qu’au delà c’est trop.
Nous avons de suite remarqué que le jeu devenait beaucoup moins drôle. Mais pas à l’abri d’idées nouvelles, Lise a trouvé un nouveau moyen de pression : aller tirer les cheveux de sa soeur. Je peux vous dire que ça fait mal au coeur de voir une poignée de cheveux de sa fille dans la main de son autre fille ! Et dans ce cas, difficile de ne pas revenir à l’ancienne méthode… Mais, il était hors de question de céder. Nous avons dû récupérer Melody plusieurs soirs de suite, pour qu’elle ne subisse pas les assauts de sa soeur. Elle n’a fait ça que deux soirs de suite (sûrement parce qu’elle l’aime malgré tout sa petite soeur 😉 ). Les choses se calmaient un peu, ou en tout cas, elles n’empiraient plus. Et puis le temps des vacances est venu…
Nous avons loué un gite de 3 chambres (donc plus grand que chez nous). Malgré tout, par habitude, nous avons couché les filles dans la même chambre le premier soir. Mais Lise empêchait sa soeur de s’endormir en lui lançant des oreillers dans le lit parapluie… Nous les avons donc séparées pendant une semaine. Cela nous a permis de gérer la crise plus sereinement. Les couchers sont devenus plus sereins, et la fréquence des levers ont nettement diminués.
Puis nous sommes allés une semaine en famille. Lise a dû pendant ce temps dormir dans un lit parapluie, donc il n’était plus possible de se lever aussi facilement. Même si elle nous rappelait quelque fois, cela a permis de calmer le jeu, et nous avons pu profiter de nos soirées.
Je craignais un peu le retour chez nous, mais au final, tout s’est bien passé. Je crois que les deux semaines loin de chez nous a permis à Lise de se rendre compte qu’elle aimait dormir avec sa soeur (nous l’avons sentie un peu vexée, par moment, de ne plus être avec sa soeur), et qu’en s’endormant sereinement, tout le monde se sent mieux…
Mais je soupçonne que tout ce comportement venait du fait que nous étions très occupés par nos travails respectifs dans les semaines précédent les vacances. Le temps de la reprise est arrivé, mais j’espère que les bases que nous avons réinstaurées pendant ces vacances seront assez solides pour ne pas être remises en cause dès maintenant !

Images : Fernando Mafra 

Travaille ! Est-ce que devenir mère rend inapte au travail…

Je travaille depuis un peu moins de 10 ans. Je suis mère depuis un peu moins de trois ans. Si on se fie à mes entretiens annuels, au retour de mes supérieurs hiérarchiques et des gens avec qui je travaille, je fais bien mon travail et la qualité de ce que je produis est satisfaisant. Voilà de quoi satisfaire mon égo et mon amour propre. Si je compare mes compétences diverses au début de ma carrière et aujourd’hui, il est indéniable que j’ai évolué sur de nombreux aspects, aussi bien techniquement que humainement.

Quand j’ai débuté ma carrière, j’avais encore l’idéalisme, la fougue, la prétention, la motivation, l’arrogance, l’impatience et les certitudes de la jeune diplômée. Mes premières années d’expérience m’ont appris à être plus posée, moins impulsive.

Il paraît que certains pensent qu’une femme met (ou même doit mettre) fin à sa carrière quand elle devient mère. J’ai la chance de ne pas (ou ne plus) travailler dans un environnement de ce genre, même si j’admets que pour le moment mon évolution a sérieusement ralenti. Pour ma part, je trouve ça dommage de pénaliser une femme dans sa carrière parce qu’elle est mère. Cette experience, non professionnelle, a beaucoup d’impacts sur le domaine professionnel. Et cela vaut également pour les pères. De quelles aptitudes, apportées par mon expérience de mère, je tire profit au quotidien dans mon travail ?

Remise en cause perpétuelle et capacité d’adaptation
Avant d’être parents, tout le monde a des principes, des théories, mais une fois confrontés à la réalité soit on s’adapte, soit on est dépassé et on passe notre temps et notre énergie à essayer en vain de respecter les lignes qu’on s’est fixé. J’ai appris plus ou moins rapidement à m’adapter à la situation, à lâcher du lest sur certains aspects pour pouvoir garder ce qui me paraissait essentiel.
À l’école, j’ai appris la théorie de mon métier, ce qu’il fallait faire ou ne pas faire et quand. Mais une fois dans le monde du travail, il est parfois très frustrant de voir que rien ne fonctionne comme dans les livres. Il faut savoir faire des concessions pour pouvoir s’imposer quand cela est nécessaire.
Il est parfois possible dans le monde du travail, en fonction de notre position hiérarchique, de nos responsabilités d’imposer des choses sans l’aval de tous. Certains râleront mais la plupart exécuteront ce qu’on leur demande même si c’est avec de la mauvaise volonté parce que c’est leur travail.
Un enfant, par contre, ne répond à aucune convention sociale et ne s’adaptera pas à ce qu’on lui demande s’il estime que ça ne lui apportera rien. Il faut donc très rapidement évaluer la situation et trouver des solutions qui soient acceptables pour chaque intervenant. Quand on applique cela au travail, cela permet d’obtenir au pire le même résultat mais en général de meilleurs résultat qu’en imposant les choses de force et personne ne se sent lésé ou mal considéré.

Capacité de négociation
Ce point rejoint le précédent. Je suis une persuonne qui sait ce qu’elle veut, ce qui doit être fait et qui a tendance à être intransigeante. Quand on estime qu’il y a des points importants, sur lesquels il ne faut pas lâcher, on entre dans la phase de négociation.
Si on est dans un mode éducatif très strict, les parents imposent leurs décisions sans se soucier de l’acceptation et la compréhension de leurs enfants (et cela peut très bien fonctionner). Mais si on n’a pas envie de rentrer dans ce mode de fonctionnement, pour qu’un enfant coopère, il a besoin de comprendre la décision et d’y voir son intérêt.
Il faut donc trouver les arguments qui vont peser dans la balance très rapidement, parce que lorsqu’on laisse un enfant s’entêter on n’arrive à rien. Cela demande beaucoup de sang froid et de recul.
Dans le monde du travail, il en est de même, sauf que le caractère d’urgence est souvent moins impératif. Vous avez déjà essayé de résoudre une équation complexe avec à côté de vous un enfant qui pleurniche ou se roule par terre ? Quand vous arrivez à résoudre ce genre de crise, plus rien ne vous paraît insurmontable car rien n’est plus stressant que les pleurnicheries incessantes d’un enfant.

Sens de la responsabilité
Face à un enfant, nous sommes les êtres responsables. Il n’y a pas d’autres choix qu’assumer ses choix, ses erreurs et d’essayer de les corriger. Un enfant apprend à travers ses parents, et ses comportements sont une réponse à notre education (surtout les premières années) même lorsqu’ils sont gardés par des tiers. Je parle biensûr de comportements qui s’inscrivent dans la durée et non de comportements « tests » qui vérifient les limites et leur permanence.
Au travail, il est toujours tentant de rejeter la responsabilité sur les autres notamment par peur de perdre son travail, une augmentation ou une promotion. Mais je trouve aujourd’hui que face à la responsabilité d’une petite vie en devenir, tout cela semble moins important. Il devient alors plus facile de reconnaître ses erreurs, et cela est bien souvent mieux perçu que de rejeter la responsabilité sur un autre.

Patience
Je suis une personne très impatiente. J’aime bien Noël, mais j’ai toujours trépigné d’impatience tout le mois de décembre. Quand une décision est prise, j’aime qu’elle se concrétise rapidement.
Je travaille sur des projets qui passent par différentes étapes obligatoires mais qui dépendent souvent de tiers peu disponibles et donc je suis souvent en attente de décisions ou d’informations.
Avec un enfant, il faut s’armer de patience pour voir le fruit de ses efforts. Quand on veut éliminer un comportement indésirable, il n’est pas possible d’atteindre son objectif du premier coup. Il faut répéter sans cesse, ne jamais céder, ne jamais se décourager. Autant vous dire qu’il faut de la patience pour ne pas craquer quand on retourne coucher un enfant pour la quinzième fois dans la soirée et la dixième soirée d’affilée alors qu’on est épuisé et qu’on aspire juste à se reposer nous aussi.
Alors quand on attend une information depuis des jours et qu’elle n’arrive pas, cela apparaît quand même moins usant. On s’adresse dans la plupart des cas à des gens doués de raison, qui, même si ils y mettent de la mauvaise volonté, finiront par faire ce qu’on leur demande, parce que c’est leur métier et qu’ils comprennent le sens d’une obligation. Alors qu’un enfant n’est pas encore dans cette logique.

Empathie
L’empathie est très importante dans mon travail. Je travaille avec des profils très différents ou chacun a son propre angle de vue sur un problème, ses propres contraintes, voire ses propres objectifs. Pour avancer efficacement, il faut appréhender tous ces aspects pour chacun des intervenants.
Lorsqu’on éduque un enfant, le premier problème auquel on est confronté est un soucis de communication. Un bébé communique, mais pas verbalement. Même lorsque le langage est acquis, un enfant a souvent des difficultés à exprimer ses attentes, ses angoisses, ses sentiments, ce qu’il veut ou ne veut pas. Il est donc important d’observer son enfant, d’enregistrer les signes et essayer de se mettre à leur place pour les comprendre, anticiper les situations  problématiques, communiquer efficacement.
Au travail, si on arrive à bien interpréter le comportement des autres et tous les signes de communication verbale et non verbale, cela est un avantage considérable. Parce qu’à force de les observer et d’anticiper leurs réactions, on peut plus facilement se préparer aux éventuels inquiétudes et problèmes engendrés et ainsi les éviter.

La gestion des conflits
Quand on a plusieurs enfants ou que notre enfant expérimente la collectivité, la gestion du conflit fait partie intégrante du quotidien. Même si notre enfant est le plus social possible. Quand ce conflit se déroule entre deux de nos enfants, on est toujours pris dans un étau quand le conflit semble légitime. J’ai encore eu un exemple aujourd’hui, quand Melody trouve le jouet préféré de Lise qui veut le récupérer alors qu’elle ne s’en servait pas. Personne n’a raison ou tord. Je comprends Lise qui ne veut pas prêter son jouet préféré. Je comprends Melody qui ne comprend pas pourquoi elle devrait rendre ce jouet qui était inutilisé et qui lui faisait envie.
Quand on est extérieur au conflit, et qu’un arbitre ne sert à rien car il n’y a aucune décision plus juste que l’autre, il faut endosser le rôle du médiateur. Il faut amener les différentes parties à trouver une solution à leur conflit qui soit satisfaisante pour chacun. Dans mon ancien travail, où on aime bien donner un nom anglo saxon à la moindre notion, on appelait ça une solution « win-win ». Quand on tient ce rôle avec des enfants, il est vraiment important qu’aucun ne se sente lésé pour ne pas faire naître chez lui une frustration permanente, ni en privilégier un systématiquement pour des raisons plus ou moins valables (il est plus petit, plus fragile, plus sensible, moins arrangeant, etc.). Il faut rester impartial.
Au travail, cette capacité de facilitateur d’échanges, d’émulation des équipes est très appréciée, surtout quand chaque interlocuteur en ressort gagnant, grandi et valorisé.

Tous ces exemples sont ceux qui sont plus flagrant par rapport à moi et à ma personnalité, mais chacun peut trouver d’autres exemples tirer de sa propre expérience. La maternité m’a vraiment changé au quotidien, y compris pour le travail et je n’y vois que des aspects positifs.

Garde ma fille ! Ou comment la relation avec la nounou tourne souvent au conflit…

La plupart des parents sont confrontés aux problématiques de garde de leur enfant. Et comme nous travaillons tous les deux, on est donc passé par là (et nous n’en avons pas fini). Pour nous la crèche aurait été notre premier choix. Malheureusement, notre situation ne nous permet pas d’avoir beaucoup de chances d’obtenir une place :

  • dans notre commune, les rentrées se font pour la quasi totalité en septembre et Lise aurait eu besoin d’une place en décembre, Melody en Juillet,
  • nous n’avons pas de jumeaux,
  • nous avons des revenus confortables,
  • nous n’avons pas une situation sociale nous permettant de « marquer des points » ou plu   mltôt l’aplomb de mentir pour obtenir ce qu’on voulait (on nous a clairement dit, que si nous avions des problèmes de couples, des problèmes liés à la grossesse ou à l’acceptation de l’arrivée de notre enfant, en bref, que si on pouvait nous prendre en pitié, alors peut être qu’ils pourraient faire quelque chose)…
C’est donc sans surprise qu’on a reçu le refus pour la place en crèche et qu’on s’est dirigé vers une assistante maternelle pour garder Lise.
Notre expérience du métier d’assistante maternelle était double (bien qu’indirecte) :
  • Nous avons beaucoup discuté avec nos amis et nos familles de leurs expériences respectives. Il en ressort que les relations avec une assistante maternelle, aussi idyllique qu’elles peuvent être au départ, finissent toujours par mal tourner : bien souvent pour des raisons d’argents, mais aussi par des conflits avec la nounou ou de la dissimulation (par exemple, la nounou qui cache l’origine d’un bleu sur un enfant, ou qu’elle fait ses courses personnelles avec les enfants, etc.).
  • Nous avons l’exemple de ma belle-mère, assistante maternelle, et de ses difficultés avec les nombreuses familles de parents. Dans ces difficultés, on retrouve les mêmes problèmes d’argents, des parents trop exigeants (par exemple, qui imposerait la préparation d’un repas spécifique pour son enfant sans raison médicale ou autre raison valable), des parents qui ne respectent pas les horaires. Nous avons aussi compris que quelque soit le professionnalisme de l’assistante maternelle, son métier est difficile et il ne faut pas lui poser des exigences qui l’empêcheront de faire son travail dans de bonnes conditions (par exemple : ne pas lui imposer de faire les repas si tous les autres parents le lui apportent). Et au final, la bonne relation entre une assistante maternelle et l’enfant est directement liée à la bonne relation avec les parents.
Nous en avons déduit certains principes de base pour poser des bases saines avec notre assistante maternelle (avant même de commencer à la chercher) :
  • Au niveau argent :
    • ne pas essayer de négocier les prix à la baisse, son prix sera le notre si cela est dans nos moyens, sinon on cherchera quelqu’un d’autre.
    • on lui paiera tous les jours, même s’il y a une semaine où notre fille sera gardée par quelqu’un d’autre, ou si elle est malade.
  • Au niveau de la garde :
    • être ponctuels pour déposer et récupérer notre fille.
    • lister les sujets sur lesquels on ne négociera pas (la sécurité, l’hygiène et les soins essentiellement pour nous) et les sujets sur lesquels on est prêt à faire des concessions (alimentation maison, les sorties et les activités d’éveil principalement). Je conseillerais à tous les parents qui veulent faire garder les enfants de se fixer des priorités de ce genre (et ces priorités sont strictement personnelles).

Nous pensions donc être à l’abri des mauvaises surprises et des conflits. Tout s’est à peu près bien passé pendant plus d’un an. Quand quelque chose ne nous plaisait pas, j’attendais avant de m’enflammer et de réagir sous le coup de l’énervement. Nous en discutions avec mon mari, le soir même, pour voir s’il valait mieux attendre ou dire les choses de suite (toujours en pensant à nos fameuses priorités).

Nous avons fermé les yeux sur plusieurs petits incidents (des pantalons très sales le soir pendant une période où l’assistante maternelle préparait le mariage de son fils, des fesses irritées pendant une période où elle accueillait un nouveau bébé, le manque de sortie des enfants, un flagrant délit de sortie sans les enfants pendant les horaires de gardes : elle avait confié les enfants à sa fille pendant leur sieste pour aller à la pharmacie,  etc.). Pris individuellement les uns des autres, cela était des détails (sauf le dernier point) et nous avons laissé faire.

Le dernier point nous a mis en colère et nous avons pris conscience que cette assistante maternelle ne pourrait décemment pas continuer à garder Lise et quelques mois après Melody (en plus des 2 enfants qu’elle gardait également). Cela faisait plusieurs mois qu’on lui parlait de garder les deux, à condition qu’elle obtienne son quatrième agrément. Cependant, nous avions du mal à savoir si elle en avait vraiment fait la demande à la PMI, et elle nous disait que si au moment de la garde elle ne l’avait pas encore, elle nous garderait Melody sans la déclarer (ce qui ne nous mettait pas du tout en confiance).

Donc nous avons profité du début de mon deuxième congé maternité pour mettre fin à son contrat. Nous avons alors découvert en face de nous une autre personne, qui nous accusait d’avoir trahi sa confiance, de lui avoir menti et que nous  n’avions aucune parole. Elle nous a accusé de la mettre dans une situation financière très inconfortable car il lui manquerait une partie de ses revenus pendant de nombreux mois, alors que dans notre ville, il manque tellement d’assistante maternelle qu’aucune ne reste volontairement sans revenu (avant la fin du préavis, elle avait trouvé un remplaçant). Nous avons été tellement choqués que Lise n’a pas remis les pieds chez elle pendant le préavis. Nous avons eu du mal à récupérer ses affaires (doudous principalement) et leur état nous a choqué : biberon moisi, thermomètre non nettoyé (et ce n’était même pas celui de notre fille).

Quelques semaines plus tard, j’ai rencontré la maman d’un des petits garçons gardés avec Lise, qui allait maintenant être gardé dans une crèche parentale. Et nos expériences se recoupaient. L’une comme l’autre, nous nous sommes voilés la face toute la durée de la garde. Les enfants ne sortaient jamais, les épisodes de fesses rouges ou de problèmes d’hygiènes coïncidaient (l’assistante maternelle était tout simplement dépassé avec 3 enfants) mais heureusement, ils semblaient tout de même en sécurité (pas d’incident, pas de bobo) et content d’y aller.

Ma conclusion est, que quand on confie son enfant à une assistante maternelle, on a beau s’y préparer et faire preuve de compréhension vis à vis d’elle, la personne à qui on confie notre enfant est une inconnue, et nous n’avons pas d’autres choix que de lui faire confiance. Il existe de très bonnes et très professionnelles assistantes maternelles. Mais nous ne pouvons être sûrs de l’avoir rencontré qu’après l’avoir embauché, et je dirais même qu’après la fin de la garde. Et je ne peux pas dire de faire confiance à son instinct parce que lui aussi à ses failles !

Image : Express Monorail

Jeux de mains !

Melody marche. Depuis qu’elle passe tout ce temps debout, ses rapports avec Lise changent.

Lise est partagée entre le plaisir d’avoir une compagne de jeux qui découvre des jeux impossibles jusque là (jeux de balles, les courses poursuites, les promenades de bébés en poussette, les escalades diverses cet variées…) et la menace de sa place de grande.
Melody imite sa sœur à longueur de journée, la suit partout et cherche son attention à tout prix. Elle ne comprend pas que sa grande sœur ne réponde pas à toutes ses exigences.

De plus, elles ont toutes les deux bien remarquées que quand l’une crie, les adultes rappliquent. Donc, cela devient une arme d’attraction massive des parents.

Nos journées alternent donc entre franches rigolades et chamailleries en tout genre qui menacent toujours de mal tourner. Le plus dur, en tant que parents, c’est de ne pas s’affoler. Dans ces cas, malgré mes bonnes résolutions (cf. Calme toi !), je ne peux pas m’empêcher de crier. Comment ne pas crier quand votre fille (la grande comme la petite) se fait marcher dessus, se fait mordre, tirer les cheveux, se prend des coups de pieds ? Pour l’instant, je n’ai pas encore la maîtrise de moi suffisante pour prendre cela avec sérénité… J’ai toujours l’impression qu’une de mes filles va finir à l’hôpital.
Après coup, bien sûr, je relativise. Les enfants, si jeunes, ne sont pas cruels. Les enfants, si jeunes, ne se rendent pas compte qu’ils font mal. Les enfants, si jeunes, sont encore très souples.Et aussi, les enfants, si jeunes, ne connaissent pas la rancune et la vengeance…
En attendant que cela se passe, j’hésite toujours entre la nécessité de réagir et d’interdire, et entre la nécessité de ne pas trop en faire afin que ce mode d’action ne devienne pas un moyen redoutable d’obtenir notre attention.

Calme toi !

Cette semaine, j’ai pris la décision de ne plus m’énerver contre mes filles (la petite n’a pas à se plaindre pour le moment) et d’essayer d’être plus zen.

Je me suis rendue compte que je criais trop souvent pour me faire entendre. Je me suis rendue compte que Lise et Melody criaient trop souvent pour se faire entendre.
C’est là tout le sens de mère modèle pour moi. Non pas comme la mère idéale, celle que chaque femme aimerait être, mais plutôt la mère en tant que modèle pour ses enfants (d’ailleurs, ça marche pour le père aussi et pour toute personne que l’enfant côtoie et apprécie beaucoup).
Il faut bien que je comprenne une fois pour toute que mes enfants passent beaucoup de temps à m’observer et à calquer leurs propres comportements sur le mien. Donc si elles  sont colériques ce n’est pas pour rien. Jusqu’à présent, je me disais que je n’y pouvais rien, mais bien sûr que si, je peux leur montrer un meilleur exemple !

Le pire, c’est que dans mon travail, j’ai appris à maîtriser mes sentiments, mes émotions et mes énervements. Il y a 10 ans, la fougue du débutant ne m’aidant pas beaucoup, j’étais très impulsive, très émotive et très « transparente » sur mon opinion des autres. Dès que je n’étais pas d’accord sur ce que mon interlocuteur pouvait dire ou faire, je réagissais, exprimais le fond de ma pensée (Non, on ne dit pas à un client ou à un responsable « Pauv’con, ton idée est vraiment débile, rentre chez toi et laisse moi faire! »). Et avec l’expérience, j’ai appris :

  • à écouter mon interlocuteur jusqu’au bout avant de réagir (et vraiment écouter, comprendre et non juste attendre qu’il ait fini de parler).
  • à calmer mes émotions et ma tempête intérieure avant d’exposer mes arguments.
  • à m’adapter à la personnalité de l’autre pour adapter mes méthodes de communication. Il y a de s d’obtenir ce qu’on veut, et la manière douce, la manipulation est souvent la meilleure. Certains préfèreront une réponse directe et sans fioritures, d’autres préfèrent avoir le sentiment d’avoir trouver eux-mêmes la solution, etc.

Biensûr, j’entends par manipuler : manier, manoeuvrer avec soin » et non sa définition péjorative qui consiste à agir avec malveillance pour atteindre son objectif.

  • à me laisser convaincre par le point de vue différent des autres.

Je fais donc cela tous les jours pour mon travail, et je ne serais pas capable de faire ça dans mon propre foyer ? Voilà un comble. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait que j’applique ces mêmes principes (écoute, maîtrise de soi, adaptabilité, communication) à mes enfants. (Et il m’aura fallu plus de 2 ans et demi pour ça !).

Je ne sais pas combien de temps mes bonnes résolutions vont tenir, mais pour le moment je suis motivée, et je vais bientôt adhérer aux Colériques Anonymes.