Responsable mais pas coupable !

  • Obligation ou nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres : Décliner toute responsabilité en cas de vol.
  • Fait d’être responsable d’une fonction : Il a la responsabilité de tout un secteur.
  • Fonction, position qui donne des pouvoirs de décision, mais implique que l’on en rende compte (surtout pluriel) : Avoir des responsabilités dans un syndicat.
  • Fait pour quelque chose d’être la cause, l’origine d’un dommage : La responsabilité de l’alcool dans beaucoup d’accidents.
  • État de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute :Établir la culpabilité d’un accusé.
  • Sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

La frontière entre responsabilité et culpabilité est souvent mince, la conscience de la première pousse souvent à ressentir la seconde.

Pour en lire un peu plus, vous pouvez aller chez les Vendredis Intellos

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Mère ! ni indigne, ni parfaite…

 Pour les vendredis intellos de cette semaine, j’ai abordé ici grâce un article de Catherine Halpern « Mères à bout de nerfs » publié sur le site Sciences Humaines comment les femmes d’aujourd’hui sont menées à la limite du burn-out.

Ce qui est décrit dans cet article me parle beaucoup.

Il est entendu qu’elles doivent être les plus heureuses du monde, comblées par d’adorables bambins, aimants et souriants. Pourtant des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour noircir le tableau idyllique. Les mères se rebifferaient-elles ? Des témoignages, des enquêtes, des fictions brisent le tabou et disent leur épuisement, la culpabilisation dont elles sont victimes, leur solitude, le poids des normes sociales, la dépossession de soi…

Encore enceinte de Lise, j’ai fait connaissance de cet éternel sentiment de culpabilité. C’est d’ailleurs surprenant, mon premier article sur ce blog parle de cet éternel sentiment de culpabilité : Coupable ! Je me rends même compte que je pourrais compléter cette première liste à l’infini. Je pense avoir fait du chemin depuis même si aujourd’hui je me sens au bord de l’épuisement.

Aujourd’hui, je suis fatiguée par 6 mois de nuits trop entrecoupées. Je suis toujours en quête d’une certaine perfection. J’aimerais qu’on me dise parfois que je fais du bon travail avec mes enfants, que j’en ferais des adultes équilibrés et bien dans leurs souliers. J’aimerais leur transmettre ce qu’il y a de meilleur chez moi et chez mon mari, j’aimerais qu’ils soient parfaits. Est-ce que ce n’est pas ça le problème de fond ? Ne veut-on pas être des parents parfaits pour avoir des enfants parfaits ? Est-ce qu’on aura l’impression d’avoir rempli notre mission que quand nos enfants seront parfaits ? Mais nos enfants ne seront jamais parfaits et nous non plus. C’est donc une recherche vaine.

Ce n’est pas pour cela que je tomberais dans l’excès et me proclamerais « mère indigne ». Je déteste ce terme tourné à la dérision . En s’auto proclamant mère indigne c’est un peu, pour moi, comme nier le fait qu’il y a des mères qui ne devraient pas l’être. Elles sont rares mais elles existent. Les faits divers  sont là pour nous le rappeler. C’est aussi se dire que comme on ne peut pas être parfait autant se laisser aller et ne pas faire d’effort.

J’aspire donc à n’être que la mère de mes enfants (ni parfaite, ni indigne). Je suis de plus en plus détachée du regard des autres à l’exception de celui de mon mari et de mes enfants. Je suis blessée quand ils me renvoient une image négative de moi-même et j’y puise l’envie de m’améliorer. Je n’ai aucune culpabilité à l’idée de travailler, de laisser mes enfants à leur grands-parents quelques jours (et à m’en sentir soulager). Ça n’empêche pas les gros coups de fatigues, les gros coups de ras le bol et les baisses de moral, mais je crois que quand je suis dans de bonnes dispositions j’apprécie plus mes enfants pas si imparfaits. J’apprécie leurs facéties, leur capacité à inventer (y compris les bêtises), leur caractère (pas toujours facile), leur sensibilité…

Et vous vous en êtes où ?

Images : ryuu ji

Libérons l’assiette de nos enfants ! Que faire face à un enfant qui ne mange pas…

Je poursuis ici ma réflexion sur les problèmes d’alimentation de mes enfants initiée pour les vendredis intello que vous pouvez trouver ici. J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, avec Lise notre plus gros soucis est son alimentation :

Dans le dernier article, je pensais que pour Melody se serait plus simple et je peux maintenant répondre que non…

L’année dernière, j’ai gagné sur internet un livre intitulé « Libérons l’assiette de nos enfants » écrit par Laurence Haurat (Psychologue-Nutritionniste) et Laura Annaert (Mamanchef). Il est rédigé comme  un dictionnaire et traite de l’alimentation des 3-10 ans. Voilà des extraits de l’article Anorexie de l’enfant – Manque d’appétit pathologique.

Un diagnostic difficile

L’anorexie se traduit par une perte d’appétit ou une sélection féroce des aliments qui peut parfois être confondue avec la néophabie. L’enfant trie, refuse de goûter ce qu’il ne connait pas, se détourne d’un groupe entier d’aliments après une mauvaise expérience avec l’un d’entre eux et peut même aller jusqu’à vomir si on le force à s’alimenter. Par ailleurs, l’enfant est vif, réussit bien ses apprentissages, mais à tendance à s’isoler socialement et peut souffrir, surtout les garçons, de moqueries sur sa petite taille ou son petit poids.

Quand j’ai lu ce paragraphe, je me suis vraiment dit qu’on parlait de Lise. Hormis les vomissement et l’isolement social, tout y était. Mais c’est justement ce qui me fait dire qu’on n’a jamais été jusqu’au stade de l’anorexie. Cependant, si on ne prenait pas les choses en main, je pense qu’on aurait pu y arriver. Cela m’a conforté dans l’idée de prendre les choses en main dès maintenant. Ce qui m’a également poussé à changer d’attitude est de voir Melody commencer à son tour à vouloir s’affirmer au niveau de l’alimentation.

Enracinée dans la petite enfance
L’anorexie succède souvent à une diversification alimentaire difficile pendant laquelle l’enfant a pu être forcé à manger. Les refus répétés de l’enfant pour ouvrir sa palette alimentaire tournent rapidement au conflit ouvert, la plupart du temps avec sa mère. Celle-ci souffre de ce qu’elle analyse comme une incapacité à nourrir son enfant. Elle pense ne pas être une « bonne mère » et en veut à son enfant de le lui démontrer de manière répétée.
L’enfant peut aussi manifester une souffrance psychopathologique dont l’anorexie devient un symptôme. Il appelle à l’aide de cette manière et l’anorexie est alors souvent associée à une dépression.

Tout ça me parle également. Sauf peut être le dernier paragraphe, mais n’était pas psychologue, et n’en ayant pas consulté pour les problèmes d’alimentation de mes filles, je ne pourrais pas me prononcer. Si je ne voulais pas faire de mes filles de futures anorexiques, il fallait qu’on résolve dès maintenant nos problèmes. Et le soucis n’était pas que nos filles ne mangent pas bien, mais que nous gérions ça par le conflit, en essayant de les obliger à manger, et que j’en ressente de la culpabilité. Ce n’est donc pas à mes enfants qu’il fallait de résoudre leur problème avec la nourriture, c’était à nous, leurs parents de ne pas en faire un problème.

Les attitudes adaptées
Dans la plupart des cas, un enfant ne se laisse pas mourir de faim. L’attitude la plus adaptée est donc de réduire est donc de réduire le conflit autour de la table et de limiter, pour la mère, la culpabilité qu’engendre un enfant qui mange trop peu. Cela peut être difficile et nécessite parfois un travail psychothérapeutique de la  maman.
Dans certains cas, l’enfant répond à une problématique propre à la mère. En permanence au régime et très préoccupée par les calories et par son apparence, elle transmet à son enfant un rapport conflictuel à l’alimentation et au corps.
L’enfant et les parents peuvent aussi avoir besoin d’une aide extérieure pour retrouver un rapport normalisé avec l’alimentation. Un accompagnement psychothérapeutique individuel ou familial peut être une réponse à la souffrance des membres de la famille.

Dans mon cas, l’attitude de mes filles ne s’est pas installée par imitation de la mienne. Bien que je n’ai jamais était complètement satisfaite de mon corps, j’ai toujours été incapable de me mettre au régime. J’ai toujours quelques complexes, mais ils ne sont pas omniprésents dans ma vie (et je dirais même que chaque enfant arrivé chez nous les a relegué un peu plus loin dans mes préoccupations). Par contre, j’ai été éduqué à l’ancienne : il faut finir son assiette, même si on n’aime pas, même si on n’a plus faim. Donc pour moi, naturellement, c’était les parents qui décident ce que mangent les enfants et ils n’ont pas leur mot à dire. Pas besoin de dire que mon point de vue à bien changé maintenant les règles qu’on suit sont celles que j’avais déjà décrit ici. Et surtout, il n’y a pas de petites victoires pour nous, nous faisons la fête à chaque nouvel aliment gouté (que cela soit un brocoli, un nuggets, une pomme, de la tartiflette, etc.).

Alors, oui, définitivement : Libérons l’assiette de nos enfants !

Et vous, arrivez-vous à prendre du recul ?

Images : Sophie Lenaerts / Cédric Simon

Je m’en fous ! La notion de risque…

Nous sommes entourés de recommandations de tout genre :

  • Il ne faut pas coucher son bébé sur le ventre, mettre de peluches dans son lit, le faire dormir avec une couette,
  • Il ne faut pas laisser son enfant dans un cosy plus d’une heure,
  • Il faut manger 5 fruits et légumes par jour,
  • Les bébés doivent boire 500 ml de lait par jour,
  • Il ne faut pas manger de crudités mal lavées pendant la grossesse si on n’est pas immunisé contre la toxoplasmose,
  • Il ne faut pas utiliser de biberons avec BPA
  • Il ne faut pas utiliser des produits avec du paraben,
  • Il ne faut pas accoucher à domicile,
  • Il ne faut pas utiliser de trotteur,
  • Il ne faut pas acheter un siège auto d’occasion,
  • Il ne faut pas boire d’alcool pendant la grossesse.
Ces recommandations sont souvent assorties de justifications plus ou moins médicales, d’études statistiques.
Nous entendons tellement ce genre de recommandation qu’il semble y avoir une sorte de « trop plein ». Les messages essentiels ne passent plus et sont rejetés dans la masse de tous les messages moins utiles. J’entends partout autour de moi, une tendance qui consiste à dire « Moi j’ai fait comme ça, et il n’y a pas eu mort d’homme ».
Cela me chagrine beaucoup. Dans les exemples que j’ai donné au dessus, il y a des messages avec lesquels je suis d’accord et d’autres non. Pour faire le tri je me base souvent sur la notion d’équilibre entre le bénéfice espéré et le risque encouru.
Le bénéfice peut être défini par l’ « Avantage que procure une personne ou une chose. » Cela répond à la question « Qu’est-ce que j’espère obtenir, améliorer en faisant cela ? »
Le risque peut être défini par le « Danger éventuel, plus ou moins prévisible, inhérent à une situation ou à une activité. » Cela répond à la question « Que peut-il arriver de négatif en faisant cela? »
Si le bénéfice attendu est plus élevé que le risque encouru, je ne suis pas les recommandations. Pour ma part, aucun bénéfice ne peut contrebalancer un risque qui atteindrait fortement la santé de mon enfant. Et je pense que beaucoup de parents ont le même raisonnement.
Pourtant, il arrive parfois d’entendre des discours qui vont à l’encontre de ce principe.
A titre d’exemple, j’entends souvent « J’ai fait dormir mon bébé avec une couette et il n’en est pas mort ». Le risque reconnu et encouru de faire dormir son nouveau-né avec une couette est la mort subite du nourrisson, l’étouffement. Pour quel bénéfice ? Ça peut être parce que l’enfant dort mieux dans une couette que dans une turbulette et que les parents épuisés veulent un peu de répit. Est-ce que cela en vaut le coup ?
Il ne faut pas se tromper, je ne juge pas ce type de raisonnement et pour preuve, Melody a souvent dormi pendant ses trois premiers mois enroulée dans une couverture parce qu’elle dormait plus que ça ! Mais un jour on a arrêté, parce qu’on a pris conscience que c’était trop de risques pour un bénéfice nul pour notre fille, c’était un choix assez égoïste.
Un autre exemple, par rapport à la grossesse, qui n’a pas entendu « un petit verre ne te fera pas de mal » ou « ce n’est pas parce que tu vas manger une fois un sushi que tu vas attraper quelque chose ». Le risque encouru est la santé de notre futur bébé. Le bénéfice ? un petit plaisir gustatif. J’ai attrapé la toxoplasmose en cours de grossesse. Sûrement à cause d’un petit écart de conduite pour le plaisir de mes papilles, parce que je n’avais pas attrapé la toxoplasmose en 30 ans, ça aurait été vraiment pas de chance de l’attraper maintenant !
Pourquoi donc prenons-nous de tels risques pour un bénéfice souvent faible ? Tout simplement parce qu’on oublie ce que signifie le risque. Ce n’est pas parce que ça ne nous est jamais arrivé (ni à nous, ni à notre entourage), parce que la probabilité d’occurence est faible que cela ne peut pas se produire.
En conclusion, je dirais que peu importe les choix que chacun fait, mais il faut que chacun soit conscient du risque possible et qu’il se pose la question : Si jamais je passe outre les recommandations, est-ce que je serais en mesure d’en assumer la pire des conséquences ? Est-ce que je serais toujours capable de me regarder dans une glace ? Est-ce que je serais capable de soutenir, malgré ce qui est arrivé, que mon choix était le bon ?
Images : VaXzine

Dors ! Quand le sommeil ne vient pas…

Quand on est parent, il y a, à chaque instant, des parties de l’éducation qu’on a l’impression de réussir et d’autres qui nous dépassent (pour moi, l’alimentation de mes enfants). Jusqu’à présent, côté sommeil, nous n’avons jamais eu de réels soucis.

Pour Lise, tout était simple, elle a fait ses nuits à 1 mois (et quand je parle de nuits, je ne parle pas des fameuses 6 heures d’affilées, mais plutôt de nuits 10-12h). Elle a rapidement appris à s’endormir seule, et elle ne se réveillait que rarement la nuit.

Pour Melody, cela a été un peu plus long, elle a fait ses nuits à 6 mois mais elle savait déjà se rendormir seule ce qui nous a permis de la faire dormir dans la chambre de sa soeur dès ses 3 mois. 98+-98

Mes filles sont incapables de dormir dans notre lit, pour la simple et bonne raison qu’on ne les a jamais prises dans notre lit. Je ne suis pas contre le cododo, mais j’ai déjà du mal à les faire dormir dans la même chambre que moi (pour des raisons d’intimité, mais aussi de qualité de sommeil de chacun) alors dans mon lit ! Ici chacun son lit, chacun sa chambre. Pendant le temps où Melody a dormi dans notre chambre, je dormais très mal, redoutant le moindre bruit qui pourrait indiquer son réveil ou celui de son estomac.

Mais depuis les 6 mois de Melody, nous dormions très bien et nous pouvions profiter de nos soirées comme de nos nuits. Vers 20h30, tout le monde dort, et vers 7h tout le monde se lève. Cela est toujours un peu tôt pour la marmotte que j’ai toujours été mais on avait cette certitude de ce moment de calme et de nos soirées en couple.

Mais voilà, je crois que personne n’y échappe à un moment ou un autre. Vous pouvez chercher dans Google « enfant qui se relève le soir« . Le nombre de sujets sur les forum à ce sujet est là pour en témoigner. Et bien souvent, cela concerne des enfants de 2-3 ans. Les problèmes de sommeil ont commencé il y a 6 mois pour Lise (est-ce l’arrivée du bébé qui a servi de déclencheur ?). Et cela est d’autant plus pénible quand on n’en a pas l’habitude !

Cela a commencé par des problèmes d’endormissement, Lise ne s’endormait plus qu’en pleurant, elle nous appelait, et nous devions y retourner plusieurs fois (de 3 fois dans les meilleurs cas à une dizaine de fois dans les autres cas). Cela nous menait parfois jusqu’à 23h… Je poussais pour que nous la laissions un peu pleurer et pour ne pas y aller systématiquement. Et cela semblait se calmer un petit peu. Mais cela était le calme avant la tempête.

Voilà qu’il y a environ 3 mois ce qui devait arriver, arriva. Alors que Lise dort dans un lit sans barreau depuis plus de 6 mois, elle vient de découvrir son immense pouvoir ! Elle peut se lever seule et revenir nous hanter dans le salon… Le cycle infernal a commencé. On la voyait débouler sans arrêt dans le salon, en riant aux éclats, et de plus en plus fréquemment. Et son se voyait monter en pression, en nous énervant de plus en plus. On commençait par rester zen, puis à crier, puis à hurler, puis une tape sur la couche.

Je suis contre tout châtiment corporel, mais là, prise dans cette boucle sans fin, la seule solution qui mettait fin à l’engrenage et à la surenchère était cette tape sur la couche qui mettait fin à l’amusement pour laisser place à la frustration et Lise finissait par s’endormir en pleurant. Mais voilà, une fois endormie, l’un comme l’autre nous ne nous sentions pas fiers de nous. La crise était temporairement résolue, mais au prix d’une frustration d’un côté, et d’un sentiment de culpabilité de l’autre. Bref, nous étions loin d’une solution gagnant-gagnant. De plus, avec le temps, il n’y avait au final aucune amélioration, même le coucher des siestes est devenu un véritable bras de fer. Nous étions stressés tous les soirs, nous sursautions au moindre bruit et nous n’avions plus de soirées.

C’est là où le dialogue dans un couple est très important. Nous nous sommes mis d’accord sur tout ce qui n’était pas une solution acceptable :

  • continuer comme ça dans la surenchère,
  • la laisser se lever et rester avec nous jusqu’à ce que le sommeil soit le plus fort !
Nous nous sommes ensuite entendus sur une stratégie :
  • Fin de la tape sur les fesses. Cela ne résout rien et va à l’encontre de nos convictions ;
  • Fin de l’énervement de notre côté. Notre fille nous teste et quand il y a un comportement à éliminer, il vaut mieux ne pas montrer son agacement et son stress et faire plutôt preuve d’indifférence ;
  • On gère un soir chacun notre tour. Nous ne récupérerons pas tout de suite nos soirées de couples, mais au moins un des deux peut disposer de sa soirée comme il l’entend. Cela fait un peu gardien de dortoir, mais nous restions sur une chaise à côté de leur porte pour récupérer la petite évadée avant qu’elle ne puisse sortir de sa chambre et ainsi monter en pression le temps d’arriver jusque dans le salon. Si nous l’entendions se lever, nous lui disions de se recoucher sans ouvrir la porte.
  • Quand on s’énerve, l’autre prend le relais.
  • Rappel tous les soirs du rituel du coucher. Une fois ce rituel passé, chaque fois que Lise se relève cela est traité de la même façon : on l’empêche de sortir de sa chambre, on la recouche sans commentaire, sans s’attarder.
  • Tous les soirs, on lui rappelle que si elle a besoin de nous on reviendra une fois chacun mais qu’au delà c’est trop.
Nous avons de suite remarqué que le jeu devenait beaucoup moins drôle. Mais pas à l’abri d’idées nouvelles, Lise a trouvé un nouveau moyen de pression : aller tirer les cheveux de sa soeur. Je peux vous dire que ça fait mal au coeur de voir une poignée de cheveux de sa fille dans la main de son autre fille ! Et dans ce cas, difficile de ne pas revenir à l’ancienne méthode… Mais, il était hors de question de céder. Nous avons dû récupérer Melody plusieurs soirs de suite, pour qu’elle ne subisse pas les assauts de sa soeur. Elle n’a fait ça que deux soirs de suite (sûrement parce qu’elle l’aime malgré tout sa petite soeur 😉 ). Les choses se calmaient un peu, ou en tout cas, elles n’empiraient plus. Et puis le temps des vacances est venu…
Nous avons loué un gite de 3 chambres (donc plus grand que chez nous). Malgré tout, par habitude, nous avons couché les filles dans la même chambre le premier soir. Mais Lise empêchait sa soeur de s’endormir en lui lançant des oreillers dans le lit parapluie… Nous les avons donc séparées pendant une semaine. Cela nous a permis de gérer la crise plus sereinement. Les couchers sont devenus plus sereins, et la fréquence des levers ont nettement diminués.
Puis nous sommes allés une semaine en famille. Lise a dû pendant ce temps dormir dans un lit parapluie, donc il n’était plus possible de se lever aussi facilement. Même si elle nous rappelait quelque fois, cela a permis de calmer le jeu, et nous avons pu profiter de nos soirées.
Je craignais un peu le retour chez nous, mais au final, tout s’est bien passé. Je crois que les deux semaines loin de chez nous a permis à Lise de se rendre compte qu’elle aimait dormir avec sa soeur (nous l’avons sentie un peu vexée, par moment, de ne plus être avec sa soeur), et qu’en s’endormant sereinement, tout le monde se sent mieux…
Mais je soupçonne que tout ce comportement venait du fait que nous étions très occupés par nos travails respectifs dans les semaines précédent les vacances. Le temps de la reprise est arrivé, mais j’espère que les bases que nous avons réinstaurées pendant ces vacances seront assez solides pour ne pas être remises en cause dès maintenant !

Images : Fernando Mafra 

Mange ! La diversification à 3 ans.

Comme je le disais dans mes précédents billets sur les problèmes d’alimentation de Lise (épisode 1, épisode 2, épisode 3), nous avons beaucoup galéré pour faire manger Lise. Je ne peux pas dire que cela soit du passé, mais nos bonnes résolutions pour l’année 2011 commencent à faire effet.

Depuis que nous avons commencé à prendre du recul avec le fait qu’elle ne mangeait que de la viande, des pâtes et des pommes de terre (et pas sous n’importe quelle forme !), la curiosité de Lise commence à revenir. Les repas varient un peu et ce qui pour nous est considéré comme des victoires ferait hérisser les cheveux : certains plats peu équilibrés ont fait leur entrée dans l’assiette de la miss (crêpes surgelées, gratins de pâtes et de pomme de terre, frites, oeufs cocottes en brioches, gaufres, etc.)

Mais ça ne s’arrête pas là, c’est aussi dans la façon de manger qu’il y a eu des changements. Le fait qu’il ne lui manque plus qu’une de ses prémolaires joue aussi, mais les bouchées sont plus grosses, il y a moins de pinaillage (par exemple : c’est trop dur, c’est trop gros, etc.). Alors qu’elle n’avait tendance à ne manger qu’une chose précise à chaque repas (que de pâtes à un repas, que du jambon à l’autre), elle mange plus varié. Elle accepte aussi plus facilement les différentes sortes de pâtes (y compris les pâtes aux légumes), les différentes sortes de gâteaux, les différentes sortes de viandes, les différentes sortes de bonbons.

Mais j’ai aussi gardé le meilleur pour la fin, la saison aidant, Lise s’est mise à manger des fruits. Elle ne les aime pas tous, mais elle mange volontiers les clémentines puis les pommes, les poires, les fraises et raffole des cerises… Vu d’où on vient, le chemin parcouru est énorme, la diversification est en cours. Je considère cette diversification comme une vraie diversification (pas celle subie à 6 mois par le bébé qui n’en n’est pas du tout acteur). Mais pour le moment, nous n’arrivons pas à lui faire manger des légumes. Quelques grignotages crus (carottes, radis, salade), mais sans plus. Mais peu importe pour nous, un jour, je n’en doute plus, ça viendra.

Nous gérons la diversification de Melody complètement différemment. Seul l’avenir pourra nous dire si nous avons tord ou raison. Mais tout ce qu’elle veut manger, elle le mange (dès l’instant que ce n’est pas dangereux pour elle). A 14 mois, elle grignotte déjà des frites après son repas, si c’est ce qu’il y a à notre menu, elle goûte les gâteaux apéritifs, elle mange du chocolat, de la brioche, des petits gâteaux. Les morceaux ne lui font pas peur (et à nous non plus) que cela soit du fromage, du jambon ou un peu de fruit.

Je n’ai pas jeté aux orties les recommandations de nos têtes pensantes, mais nous avons surtout décidé de lâcher du lest et laisser faire les envies de nos petites têtes impulsives. Et je ne me sens plus coupable face à notre échec des 5 fruits et légumes par jour !

Images : Frank Da Silva

Mange ! (épisode 3)

Pendant les vacances de Noël, Lise nous a fait la guerre pour manger. Elle ne mangeait plus que sur nos genoux, quelques pâtes en vitesse et puis c’est tout. Forcément, ces fêtes traditionnellement familiales n’aident pas du tout à établir des règles strictes, bien au contraire, on a plutôt tendance à céder sur tout pour ne pas être dans le conflit permanent. Mais c’est une très mauvaise solution.

Nous sommes donc revenus à la maison et nous nous sommes dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Par ailleurs, j’ai lu différents articles sur l’anorexie chez les jeunes enfants. Ces articles (par exemple : exemple 1, exemple 2, mais pleins d’autres articles de vulgarisation existent sur internet) qui n’ont sûrement pas une grande valeur médicale mais qui ont eu un effet déclencheur pour moi et une prise de conscience. Certains éléments de cet article m’ont fait prendre conscience :

  • Que tout avait été aggravé par une angine et une otite quand Lise avait 1 an et demi (qui coincidait également avec la fin de ma seconde grossesse),
  • Que toute petite, je n’ai jamais « écouté » ce qu’elle pouvait exprimer au niveau alimentaire (j’ai toujours insisté pour qu’elle mange quand elle ne voulait pas, je stressais dès qu’elle ne finissait pas ses assiettes),
  • Chaque refus était géré en premier lieu par le conflit,
  • Que je ressentais ce refus comme une véritable remise en cause personnelle : je n’étais pas capable de nourrir ma fille.

Même si ma fille n’en était pas à un état pathologique, j’avais mis en place ce terrain « défavorable ». J’étais donc bien responsable de tout ça, mais la première étape était bien de me déculpabiliser : mes erreurs sont des erreurs courantes de jeune maman. Et il était temps de changer d’approche.
Nous avons décidé qu’il fallait que Lise prenne conscience qu’elle mange pour elle, et de nous (me) détacher de son assiette. Nous avons été aidé par une bonne grippe et gastro de retour de vacances. La visite chez le médecin nous a montré une belle perte de poids, il fallait qu’elle mange, mais le conflit ne l’ayant jamais aidé à manger, il était temps d’avoir une approche complètement différente.

Les nouvelles règles sont donc les suivantes :

  • Nous préparons à manger, un repas identique pour tout le monde,
  • Nous essayons toujours d’avoir à chaque repas au moins un aliment vedette pour Lise (et il n’y en a pas beaucoup une fois sortis du trio infernal : pâtes, pomme de terre, jambon),
  • Nous essayons d’avoir à chaque repas au moins un légume.
  • Nous passons à table tous ensemble (y compris Melody),
  • Pas de jouets à table (cette règle a tendance à être transgresser),
  • Chacun mange à sa place,
  • Chacun mange ce qu’il a envie (parmi ce qui a été préparé) dans les quantités qui lui font envie,
  • Nous insistons pour qu’elle goute (mais de manière positive : gouter n’est pas une obligation, mais en goutant, on peut avoir de bonnes surprises),
  • Aucune remarque incisive sur la quantité de nourriture ingurgitée (j’ai encore du mal, mais je fais un effort),
  • Le soir, nous avons remis un biberon (qui est notre garantie « Bonne conscience »),
  • Par contre, une règle assez simple et clairement rappelée régulièrement : si on n’a pas faim pour le plat principal (surtout quand c’est quelque chose d’apprécié en temps normal), on n’a pas faim pour un deuxième yaourt ou pour un bonbon.

Les repas sont devenus moins stressants. Lise a repris du poids malgré une deuxième grippe. Elle ne mange pas plus varié qu’avant. Cependant, il lui arrive bien souvent de goûter. Mais c’est toujours frustrant de l’entendre dire « Mmmm c’est délicieux » suivi d’en « Je n’en veux pas ». Petit à petit, nous essayons donc de faire passer le message : « Pourquoi te prives-tu de quelque chose de délicieux ? ». Parfois ça marche, mais bien souvent, c’est sans résultat.

J’ai bien conscience que notre rééducation mutuelle va prendre beaucoup de temps. Cela fait un an et demi que nous avons pris de mauvaises habitudes, je m’attends un peu à ce qu’il faille autant de temps pour les oublier. C’est pour ça, qu’on ne peut pas dire à ce jour que Lise mange normalement, et je ne peux pas dire non plus que je ne m’énerve jamais quand l’assiette reste désespérément pleine.

Image : Starbooze  (Sarah C)