Mère ! ni indigne, ni parfaite…

 Pour les vendredis intellos de cette semaine, j’ai abordé ici grâce un article de Catherine Halpern « Mères à bout de nerfs » publié sur le site Sciences Humaines comment les femmes d’aujourd’hui sont menées à la limite du burn-out.

Ce qui est décrit dans cet article me parle beaucoup.

Il est entendu qu’elles doivent être les plus heureuses du monde, comblées par d’adorables bambins, aimants et souriants. Pourtant des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour noircir le tableau idyllique. Les mères se rebifferaient-elles ? Des témoignages, des enquêtes, des fictions brisent le tabou et disent leur épuisement, la culpabilisation dont elles sont victimes, leur solitude, le poids des normes sociales, la dépossession de soi…

Encore enceinte de Lise, j’ai fait connaissance de cet éternel sentiment de culpabilité. C’est d’ailleurs surprenant, mon premier article sur ce blog parle de cet éternel sentiment de culpabilité : Coupable ! Je me rends même compte que je pourrais compléter cette première liste à l’infini. Je pense avoir fait du chemin depuis même si aujourd’hui je me sens au bord de l’épuisement.

Aujourd’hui, je suis fatiguée par 6 mois de nuits trop entrecoupées. Je suis toujours en quête d’une certaine perfection. J’aimerais qu’on me dise parfois que je fais du bon travail avec mes enfants, que j’en ferais des adultes équilibrés et bien dans leurs souliers. J’aimerais leur transmettre ce qu’il y a de meilleur chez moi et chez mon mari, j’aimerais qu’ils soient parfaits. Est-ce que ce n’est pas ça le problème de fond ? Ne veut-on pas être des parents parfaits pour avoir des enfants parfaits ? Est-ce qu’on aura l’impression d’avoir rempli notre mission que quand nos enfants seront parfaits ? Mais nos enfants ne seront jamais parfaits et nous non plus. C’est donc une recherche vaine.

Ce n’est pas pour cela que je tomberais dans l’excès et me proclamerais « mère indigne ». Je déteste ce terme tourné à la dérision . En s’auto proclamant mère indigne c’est un peu, pour moi, comme nier le fait qu’il y a des mères qui ne devraient pas l’être. Elles sont rares mais elles existent. Les faits divers  sont là pour nous le rappeler. C’est aussi se dire que comme on ne peut pas être parfait autant se laisser aller et ne pas faire d’effort.

J’aspire donc à n’être que la mère de mes enfants (ni parfaite, ni indigne). Je suis de plus en plus détachée du regard des autres à l’exception de celui de mon mari et de mes enfants. Je suis blessée quand ils me renvoient une image négative de moi-même et j’y puise l’envie de m’améliorer. Je n’ai aucune culpabilité à l’idée de travailler, de laisser mes enfants à leur grands-parents quelques jours (et à m’en sentir soulager). Ça n’empêche pas les gros coups de fatigues, les gros coups de ras le bol et les baisses de moral, mais je crois que quand je suis dans de bonnes dispositions j’apprécie plus mes enfants pas si imparfaits. J’apprécie leurs facéties, leur capacité à inventer (y compris les bêtises), leur caractère (pas toujours facile), leur sensibilité…

Et vous vous en êtes où ?

Images : ryuu ji
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J’ai besoin d’aide ! A qui faire confiance aujourd’hui…

Nous sommes dans l’ère de la communication, l’omniprésence des médias (quelque soit le support), de la diffusion et du partage de l’information. Tous les outils dont nous disposons aujourd’hui (les sites internet d’information plus ou moins officiels, les forums, les blogs, etc.) devraient nous permettre d’accéder à toute l’information dont nous avons besoin. Quasiment tout le monde aujourd’hui se tourne vers ces médias pour trouver les informations dont on a besoin. Cela a changé les relations sociales. Pourtant ces informations, au mieux, manquent de références, ou au pire, manquent de fiabilité. Cependant, pour beaucoup cela devient la « référence ».

Avant cela, les références étaient différentes. On faisait confiance à nos ainés et leur expérience. On faisait confiance aux médecins et à leur connaissance. On faisait confiance aux recommandations officielles basées sur leurs études et les statistiques. Mais tout ça n’est pas pour notre génération.

Comment pourrait-on faire encore confiance à nos ainés ?
Ils nous couchaient sur le ventre. Dès 1-2 mois, ils introduisaient des céréales dans nos biberons pour nous assommer pour la nuit (parce qu’en plus l’allaitement n’était pas promu). Vers 3 mois, nous avons goûté nos premières purées ou compotes. Nous dormions dans un lit à barreau mais à l’espacement et à la hauteur non règlementaire avec un oreiller et des couvertures. Nous avons voyagé dans des couffins à l’arrière de la voiture même pas accrochés par la ceinture de sécurité. Nos mères, bien souvent, ne travaillaient pas. L’éducation était basée sur l’autoritarisme ou au contraire l’enfant roi selon l’âge de nos parents. Tout était différent, le contexte était différent, comment l’expérience de nos ainés pourrait avoir un sens aujourd’hui ?

Comment pourrait-on faire confiance aux organismes officiels ?
Les organismes officiels émettent des recommandations qui ne cessent de changer. L’exemple le plus marquant est celui du couchage de l’enfant : préconisé sur le ventre il y a quelques dizaines d’années pour éviter les risques d’étouffement en cas de vomissement, les préconisations ont vite changé quand les statistiques ont monté une subite augmentation des morts subites. L’âge de la diversification également ne cesse de changer. Pour mon ainée, il ne fallait pas diversifier avant 6 mois pour éviter les allergies. Pour ma seconde, ils recommandaient de diversifier les enfants ayant un terrain allergique dès 3 mois.

Comment pourrait-on faire confiance aux professionnels de santé ?
Dès la maternité, aux changements d’équipe, on peut constater à quel point les discours se contredisent d’un professionnel de santé à un autre (qu’ils aient la même profession ou non). Certains d’entre vous, on peut être également fait le même constat que moi (que je décris dans  l’article Soigne-toi) : beaucoup de médecins appliquent un protocole qui date souvent de plusieurs dizaines d’années et à moins de poser les bonnes questions, ils vont les appliquer à la lettre.

C’est donc naturellement que les parents cherchent à multiplier les sources d’information, dans les livres, sur internet, etc. Malheureusement, ces sources sont difficilement vérifiables et il est difficile d’estimer la légitimité de leurs auteurs.

C’est tout aussi naturellement que les parents se tournent vers leurs pairs. C’est à dire des parents qui ont des enfants dans la même tranche d’âge. Et comme ces pairs sont nombreux pourquoi ne pas les restreindre encore plus en cherchant des parents qui ont les mêmes convictions, les mêmes principes d’éducation. L’avantage, c’est qu’on trouve toujours quelqu’un qui s’est retrouvé dans la même situation que nous et qui va dans le sens qui nous arrange. L’inconvénient c’est que leur expérience est personnelle (et donc, bien que semblable, différente de la notre) et cela on a tendance à l’oublier et que si leur réponse va dans le sens qui nous convient, cela ne veut pas dire que c’est la bonne réponse.

Au fur et à mesure des grossesses et de l’éducation de mes deux filles, j’ai changé mon point de vue. Au départ, je faisais confiance aux professionnels de santé, aux organismes officiels, mais je refusais d’écouter mes parents, tantes, etc. Je suis allée dès le début de la grossesse sur les forums et j’ai continué par la suite.
Mes lectures sur internet et mon expérience à la maternité puis en médecine de ville m’ont appris à ne pas prendre pour argent comptant ce que les professionnels de santé me conseillaient.
Mes lectures sur internet m’ont aussi appris à ne pas faire confiance à tout ce que je pouvais lire de sources plus ou moins « sûres ».
Mon expérience personnelle de mère, m’a permis de ne plus rejeter en bloc ce que mes aînés pouvaient me dire. Même si leur expérience s’est déroulée dans un tout autre contexte, elle est tout de même bonne à prendre (même si les solutions apportées ne correspondent pas aux mouvances en cours actuellement).

En conclusion, je pense qu’il faut savoir écouter et lire tout avec beaucoup d’ouverture d’esprit, confronter les différentes sources d’information et se faire sa propre opinion, sa propre solution, en fonction de son contexte particulier, son expérience, sa situation et ses convictions.

Images : ahhyeah

Papa ! Comment se construit la place du père…

Avec mon mari, nous avons toujours parlé des futurs enfants que nous aurions un jour même si nous savions que ce n’était pas prévu dans l’immédiat. Je l’ai toujours trouvé plus à l’aise et naturel avec des enfants, même en bas âge, que moi. Quand je suis tombée enceinte, je n’ai donc jamais douté de sa capacité à être père et je le voyais bien tel qu’il est aujourd’hui : un papa câlin, un papa attentif, un papa qui prend soin de ses enfants, un papa protecteur.

Pendant les grossesses, je crois qu’il était comme moi, il avait du mal à s’imaginer ce que c’était d’être parents. Quand j’ai besoin d’organiser matériellement l’arrivée du futur bébé, lui préfère ne pas aller trop vite et se dire qu’il a encore le temps de voir venir ! (et il a bien souvent raison).

Et puis il y a eu la naissance. J’ai passé trois jours en tête à tête avec Lise. Trois jours que j’ai passé à m’occuper intégralement à elle : la nourrir, la câliner, apprendre à lui donner son bain, à faire les petits soins quotidiens, à comprendre ses pleurs et ses demandes. Quand le papa est venu, je n’avais pas de mal à lui confier son petit bébé à l’air tout fragile. Mais je  gardais cette relation assez exclusive entre ma fille et moi.

Une fois de retour à la maison, le papa, étant en congé paternité, devait tout naturellement s’occuper de sa fille (et il voulait le faire). Mais cela signifiait pour moi d’accepter de « lâcher un peu ma fille » après avoir passé 9 mois très exclusifs et 3 jours à la maternité tout aussi exclusifs. Je me suis rendue compte que ce n’était pas « naturel ». Si cela ne venait pas de moi, si je ne m’obligeais pas à le laisser s’occuper d’elle, je pourrais très bien rentrer dans une relation fusionnelle entre Lise et moi. J’ai pris conscience que malgré le fait que j’adorais m’occuper d’elle, il fallait que je laisse de la place à son papa.

Laisser de la place au papa, cela signifie :

  • accepter qu’il câline son enfant,
  • accepter qu’il peut le consoler aussi bien que sa maman,
  • accepter qu’il soigne son enfant,
  • accepter qu’il puisse faire les choses différemment sans les faire mal,
  • accepter qu’il puisse avoir un point de vue différent sur l’éducation et l’écouter pour trouver un compromis acceptable,
  • ne pas prendre de décision important sans lui,
  • bref, le laisser devenir le père qu’il a envie d’être et non le père qu’on a envie qu’il soit.
Lors de la naissance de Melody, j’ai eu le même réflexe que pour Lise qui était de vouloir la garder pour moi. Tout ça me fait penser qu’il n’est pas juste de reprocher uniquement au père de ne pas prendre la place qu’il devrait. Il faut évidemment que le papa ait envie de trouver sa place, mais la mère a un rôle important à jouer en lui laissant de la place et pas forcément celle qui l’arrange… Régulièrement, je me rappelle intérieurement à l’ordre pour ne pas intervenir parce que les choses ne se déroulent pas comme je le souhaite.

Images : Christopher Allison

Mange ! La diversification à 3 ans.

Comme je le disais dans mes précédents billets sur les problèmes d’alimentation de Lise (épisode 1, épisode 2, épisode 3), nous avons beaucoup galéré pour faire manger Lise. Je ne peux pas dire que cela soit du passé, mais nos bonnes résolutions pour l’année 2011 commencent à faire effet.

Depuis que nous avons commencé à prendre du recul avec le fait qu’elle ne mangeait que de la viande, des pâtes et des pommes de terre (et pas sous n’importe quelle forme !), la curiosité de Lise commence à revenir. Les repas varient un peu et ce qui pour nous est considéré comme des victoires ferait hérisser les cheveux : certains plats peu équilibrés ont fait leur entrée dans l’assiette de la miss (crêpes surgelées, gratins de pâtes et de pomme de terre, frites, oeufs cocottes en brioches, gaufres, etc.)

Mais ça ne s’arrête pas là, c’est aussi dans la façon de manger qu’il y a eu des changements. Le fait qu’il ne lui manque plus qu’une de ses prémolaires joue aussi, mais les bouchées sont plus grosses, il y a moins de pinaillage (par exemple : c’est trop dur, c’est trop gros, etc.). Alors qu’elle n’avait tendance à ne manger qu’une chose précise à chaque repas (que de pâtes à un repas, que du jambon à l’autre), elle mange plus varié. Elle accepte aussi plus facilement les différentes sortes de pâtes (y compris les pâtes aux légumes), les différentes sortes de gâteaux, les différentes sortes de viandes, les différentes sortes de bonbons.

Mais j’ai aussi gardé le meilleur pour la fin, la saison aidant, Lise s’est mise à manger des fruits. Elle ne les aime pas tous, mais elle mange volontiers les clémentines puis les pommes, les poires, les fraises et raffole des cerises… Vu d’où on vient, le chemin parcouru est énorme, la diversification est en cours. Je considère cette diversification comme une vraie diversification (pas celle subie à 6 mois par le bébé qui n’en n’est pas du tout acteur). Mais pour le moment, nous n’arrivons pas à lui faire manger des légumes. Quelques grignotages crus (carottes, radis, salade), mais sans plus. Mais peu importe pour nous, un jour, je n’en doute plus, ça viendra.

Nous gérons la diversification de Melody complètement différemment. Seul l’avenir pourra nous dire si nous avons tord ou raison. Mais tout ce qu’elle veut manger, elle le mange (dès l’instant que ce n’est pas dangereux pour elle). A 14 mois, elle grignotte déjà des frites après son repas, si c’est ce qu’il y a à notre menu, elle goûte les gâteaux apéritifs, elle mange du chocolat, de la brioche, des petits gâteaux. Les morceaux ne lui font pas peur (et à nous non plus) que cela soit du fromage, du jambon ou un peu de fruit.

Je n’ai pas jeté aux orties les recommandations de nos têtes pensantes, mais nous avons surtout décidé de lâcher du lest et laisser faire les envies de nos petites têtes impulsives. Et je ne me sens plus coupable face à notre échec des 5 fruits et légumes par jour !

Images : Frank Da Silva

Garde ma fille ! Ou comment la relation avec la nounou tourne souvent au conflit…

La plupart des parents sont confrontés aux problématiques de garde de leur enfant. Et comme nous travaillons tous les deux, on est donc passé par là (et nous n’en avons pas fini). Pour nous la crèche aurait été notre premier choix. Malheureusement, notre situation ne nous permet pas d’avoir beaucoup de chances d’obtenir une place :

  • dans notre commune, les rentrées se font pour la quasi totalité en septembre et Lise aurait eu besoin d’une place en décembre, Melody en Juillet,
  • nous n’avons pas de jumeaux,
  • nous avons des revenus confortables,
  • nous n’avons pas une situation sociale nous permettant de « marquer des points » ou plu   mltôt l’aplomb de mentir pour obtenir ce qu’on voulait (on nous a clairement dit, que si nous avions des problèmes de couples, des problèmes liés à la grossesse ou à l’acceptation de l’arrivée de notre enfant, en bref, que si on pouvait nous prendre en pitié, alors peut être qu’ils pourraient faire quelque chose)…
C’est donc sans surprise qu’on a reçu le refus pour la place en crèche et qu’on s’est dirigé vers une assistante maternelle pour garder Lise.
Notre expérience du métier d’assistante maternelle était double (bien qu’indirecte) :
  • Nous avons beaucoup discuté avec nos amis et nos familles de leurs expériences respectives. Il en ressort que les relations avec une assistante maternelle, aussi idyllique qu’elles peuvent être au départ, finissent toujours par mal tourner : bien souvent pour des raisons d’argents, mais aussi par des conflits avec la nounou ou de la dissimulation (par exemple, la nounou qui cache l’origine d’un bleu sur un enfant, ou qu’elle fait ses courses personnelles avec les enfants, etc.).
  • Nous avons l’exemple de ma belle-mère, assistante maternelle, et de ses difficultés avec les nombreuses familles de parents. Dans ces difficultés, on retrouve les mêmes problèmes d’argents, des parents trop exigeants (par exemple, qui imposerait la préparation d’un repas spécifique pour son enfant sans raison médicale ou autre raison valable), des parents qui ne respectent pas les horaires. Nous avons aussi compris que quelque soit le professionnalisme de l’assistante maternelle, son métier est difficile et il ne faut pas lui poser des exigences qui l’empêcheront de faire son travail dans de bonnes conditions (par exemple : ne pas lui imposer de faire les repas si tous les autres parents le lui apportent). Et au final, la bonne relation entre une assistante maternelle et l’enfant est directement liée à la bonne relation avec les parents.
Nous en avons déduit certains principes de base pour poser des bases saines avec notre assistante maternelle (avant même de commencer à la chercher) :
  • Au niveau argent :
    • ne pas essayer de négocier les prix à la baisse, son prix sera le notre si cela est dans nos moyens, sinon on cherchera quelqu’un d’autre.
    • on lui paiera tous les jours, même s’il y a une semaine où notre fille sera gardée par quelqu’un d’autre, ou si elle est malade.
  • Au niveau de la garde :
    • être ponctuels pour déposer et récupérer notre fille.
    • lister les sujets sur lesquels on ne négociera pas (la sécurité, l’hygiène et les soins essentiellement pour nous) et les sujets sur lesquels on est prêt à faire des concessions (alimentation maison, les sorties et les activités d’éveil principalement). Je conseillerais à tous les parents qui veulent faire garder les enfants de se fixer des priorités de ce genre (et ces priorités sont strictement personnelles).

Nous pensions donc être à l’abri des mauvaises surprises et des conflits. Tout s’est à peu près bien passé pendant plus d’un an. Quand quelque chose ne nous plaisait pas, j’attendais avant de m’enflammer et de réagir sous le coup de l’énervement. Nous en discutions avec mon mari, le soir même, pour voir s’il valait mieux attendre ou dire les choses de suite (toujours en pensant à nos fameuses priorités).

Nous avons fermé les yeux sur plusieurs petits incidents (des pantalons très sales le soir pendant une période où l’assistante maternelle préparait le mariage de son fils, des fesses irritées pendant une période où elle accueillait un nouveau bébé, le manque de sortie des enfants, un flagrant délit de sortie sans les enfants pendant les horaires de gardes : elle avait confié les enfants à sa fille pendant leur sieste pour aller à la pharmacie,  etc.). Pris individuellement les uns des autres, cela était des détails (sauf le dernier point) et nous avons laissé faire.

Le dernier point nous a mis en colère et nous avons pris conscience que cette assistante maternelle ne pourrait décemment pas continuer à garder Lise et quelques mois après Melody (en plus des 2 enfants qu’elle gardait également). Cela faisait plusieurs mois qu’on lui parlait de garder les deux, à condition qu’elle obtienne son quatrième agrément. Cependant, nous avions du mal à savoir si elle en avait vraiment fait la demande à la PMI, et elle nous disait que si au moment de la garde elle ne l’avait pas encore, elle nous garderait Melody sans la déclarer (ce qui ne nous mettait pas du tout en confiance).

Donc nous avons profité du début de mon deuxième congé maternité pour mettre fin à son contrat. Nous avons alors découvert en face de nous une autre personne, qui nous accusait d’avoir trahi sa confiance, de lui avoir menti et que nous  n’avions aucune parole. Elle nous a accusé de la mettre dans une situation financière très inconfortable car il lui manquerait une partie de ses revenus pendant de nombreux mois, alors que dans notre ville, il manque tellement d’assistante maternelle qu’aucune ne reste volontairement sans revenu (avant la fin du préavis, elle avait trouvé un remplaçant). Nous avons été tellement choqués que Lise n’a pas remis les pieds chez elle pendant le préavis. Nous avons eu du mal à récupérer ses affaires (doudous principalement) et leur état nous a choqué : biberon moisi, thermomètre non nettoyé (et ce n’était même pas celui de notre fille).

Quelques semaines plus tard, j’ai rencontré la maman d’un des petits garçons gardés avec Lise, qui allait maintenant être gardé dans une crèche parentale. Et nos expériences se recoupaient. L’une comme l’autre, nous nous sommes voilés la face toute la durée de la garde. Les enfants ne sortaient jamais, les épisodes de fesses rouges ou de problèmes d’hygiènes coïncidaient (l’assistante maternelle était tout simplement dépassé avec 3 enfants) mais heureusement, ils semblaient tout de même en sécurité (pas d’incident, pas de bobo) et content d’y aller.

Ma conclusion est, que quand on confie son enfant à une assistante maternelle, on a beau s’y préparer et faire preuve de compréhension vis à vis d’elle, la personne à qui on confie notre enfant est une inconnue, et nous n’avons pas d’autres choix que de lui faire confiance. Il existe de très bonnes et très professionnelles assistantes maternelles. Mais nous ne pouvons être sûrs de l’avoir rencontré qu’après l’avoir embauché, et je dirais même qu’après la fin de la garde. Et je ne peux pas dire de faire confiance à son instinct parce que lui aussi à ses failles !

Image : Express Monorail