Porte-moi ! 5 ans après…

Après 3 enfants, et le petit dernier qui va atteindre les 2 ans, on est peu à peu en train de quitter la phase de la petite enfance. Je fais donc naturellement un peu le bilan sur les bons et mauvais plans avec des enfants.

Il y a 2 ans, j’avais écrit un article sur les porte bébé que nous avions utilisé Porte moi ! Mon expérience des porte-bébés… Depuis, nous avons un enfant de plus et un porte bébé en plus. Non pas le Tonga comme pressentie lors de mon précédent article mais un ring sling similaire à celui en photo (la couleur diffère).

Finalement, à la naissance de Jack nous avons utilisé deux porte-bébés en alternance.

L’ergobaby a été longuement utilisé pour les longues ballades. Nous sommes allés notamment plusieurs fois à Disneyland Paris avec les trois enfants entre les 3 mois et les 1 an de Jack. Pour Jack, je l’ai préféré au mei tai. Notamment, parce qu’avec 2 autres enfants, j’étais souvent pressé pour mettre Jack dans le porte bébé, et il est plus difficile de mal mettre un ergobaby qui reste bien réglé d’une utilisation à l’autre qu’un porte bébé noué.

Il a été également beaucoup utilisé pour les déplacements à pied seule avec les 3. Jack y dormait comme un loir. Depuis ses un an, nous ne l’utilisons vraiment plus que très ponctuellement pour plusieurs raisons :

  • Jack marche donc pour les petits trajets, il utilise ses petites jambes…
  • Nous vivons dans une plus petite ville, ce qui signifie moins de trajets à pied, plus de trajets en voiture…

Mais j’étais bien contente de l’avoir pour nos vacances à la plage. J’ai pu ainsi faire de grandes ballades d’une heure, sur la plage  avec Jack dans le dos. Nous avons tous les deux beaucoup apprécié.

Notre nounou a utilisé l’ergobaby 2 fois par jour pour faire les trajets école – maison avec les 3.

Le ring sling a été également beaucoup utilisé, mais par moi principalement. Pour tous les petits trajets à pied, mais également pour avoir les mains libres à la maison. C’est un achat que je ne regrette pas. Et il ne m’a pas servi uniquement de porte bébé. Il m’a également servi de nombreuses fois comme harnais de secours dans les chaises hautes de restaurant sans harnais, dans les caddies. Il m’a également servi de pare soleil pour la poussette, de couverture d’appoint et pour isoler Jack de la lumière quand il faisait sa sieste ou le début de sa nuit dans sa poussette.

L’installation de Jack dans ce porte bébé m’a demandé un peu d’entraînement, pour ne pas avoir mal à l’épaule qui porte et pour serrer suffisamment le porte bébé pour que le portage soit confortable pour nous deux.

C’est un achat que je ne regrette pas.

Jack a donc été beaucoup porté au cours de sa première année. La poussette était plutôt le domaine de Melody. Du coup, j’ai du investir dans une veste de portage. J’ai pris une veste hiver mamaponcho (doublée en polaire) qui permet un portage sur le ventre, sur le côté et sur le dos. C’était un investissement couteux mais vraiment indispensable. Par contre, j’aurais deux reproches à lui faire :

  • je n’ai jamais réussi à installer mon enfant seule dans le dos sous cette veste
  • quand l’enfant est tout petit, il est impossible de lui faire passer la tête dans le trou prévu à cet effet.

Pour le reste, son côté imperméable, les deux capuches, la doublure en polaire m’ont vraiment permis de porter Jack confortablement tout l’hiver.

En conclusion, porter mes enfants aura été un vrai plaisir (et ça le reste encore même si ça devient rare). Mais cela aura été aussi indispensable pour notre vie citadine avec trois enfants d’âge proche. On a pu ainsi se passer de poussette double, et sortir beaucoup plus. Le portage à la maison m’a permis de temps en temps de me sentir moins esclave, de les calmer tout en continuant à faire autre chose.

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19 mois ! Le bilan au bout de 2 ans

Comme je l’ai déjà expliqué à des multiples reprises (19 mois !19 mois ! bis, 19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âge rapprochés) il y a 19 mois d’écart entre Lise et Melody, entre Melody et Jack. Au début, cet écart étonnait ou suscitait de l’incompréhension autour de nous. Aujourd’hui, plus personne, ou presque, ne nous fait de remarques sur le sujet. Jack a bientôt 2 ans, Lise 5 ans et Melody 3 ans et demi. Il n’est plus évident au premier coup d’oeil d’évaluer leur différence d’âge. Au pire, on me demande si ce sont les 3 miens…

Deux ans après, je n’ai aucun regret sur cet écart d’âge. Si je reprends les thématiques de la dernière fois, voici mon bilan.

La fatigue

La fatigue est bien présente. Les nuits où on ne se lève pas au moins une fois sont rares. Premièrement, Jack est celui qui a le plus tardé à faire ses nuits. Il a commencé à les faire un peu avant ses un an. Mais il a continué à nous réveiller la nuit, une à deux fois par semaine jusqu’à ses 18-20 mois. Son opération n’a pas aidé dans ce sens. Maintenant il est très très rare qu’il nous réveille la nuit. Par contre le matin, il n’est pas question pour lui de faire la grasse matinée. Je ne sais pas à quelle heure il se réveille vraiment parce que j’ai l’impression qu’il reste dans son lit sans faire un bruit. Mais cela doit être assez tôt parce qu’à partir de 6h du matin, au moindre bruit il nous appelle. Il lui est arrivé de dormir quelques fois jusqu’à 9h parce que rien ne lui avait fait penser qu’on était déjà levé, mais sinon, un chat qui miaule, un objet qui tombe dans la chambre de ses soeurs et hop il est debout. Les nuits où on dort sans se lever une seule fois sont rares également. Mais ce sont ses soeurs qui nous réveillent. Souvent Lise, elle est la spécialiste des cauchemars, plusieurs fois par semaine. Donc on doit se lever, la rassurer et c’est bon. Parfois Melody, elle bouge beaucoup la nuit et régulièrement elle ne sait plus retrouver son oreiller ou tombe par terre.

La fatigue est bien présente mais Jack et Lise étant les principaux responsables cela nous arriverait tout autant avec des enfants de plus de 3 ans d’écart.

Les couches

A la naissance de Jack, Lise était propre de jours comme de nuit. Nous avons donc eu les couches de deux enfants à changer en même temps. Melody a été propre de jour comme de nuit vers deux ans et demi (donc il y a un an). Je ne me souviens pas de cette période comme d’une corvée. Changer les couches de un ou deux enfants je ne vois pas trop la différence.

Le budget

Notre budget est celui d’une famille de trois enfants. Nous étions déjà équipé pour deux enfants rapprochés. Nous devions de toute façon acheter un autre siège auto pour Lise, donc Jack a récupéré son ancien. La marche porte parfois deux enfants mais c’est rare. Nous avons une garde à domicile. C’est peut être le seule poste de notre budget qui aurait peut être été amoindri si les enfants avaient plus d’écart, mais je n’ai pas fait le calcul. Est-ce qu’une garde à domicile qui récupère Lise à l’école le midi et le soir m’aurait couté moins cher qu’une assistante maternelle pour le dernier et la garderie du matin, du soir et la cantine pour les ainées ? Je n’en suis pas persuadée.

L’éducation

Parfois je n’ai l’impression de faire que ça. Apprendre, Répéter, Gronder, Séparer… Mais je crois qu’avec 1 enfant ou 3 c’est pareil et peut importe l’écart. Quand il n’y avait que Lise et Melody chaque sortie était une expédition et je ne serais jamais sortie pour autre chose qu’aller au parc pour elles. Avec les trois et depuis que nous sommes en banlieue plus éloignée c’est différent. Quand je suis seule avec eux nous sortons quasiment tous les jours pour aller au parc, à la ludothèque, au marché, à la boulangerie, faire une course, chez le médecin, se promener en forêt. C’est sportif, surtout les préparer en hiver, les mettre dans la voiture. Mais quand je suis seule avec eux, en général, ils écoutent mieux. Ils adaptent leur comportement. La plupart du temps ce sont des moments agréables.

La jalousie

La jalousie on en a. Jack est très possessif et, même si ça s’améliore avec le temps, il ressent souvent le besoin qu’on s’occupe de lui juste au moment où on doit absolument s’occuper de ses soeurs. Lise est jalouse, surtout de sa soeur. Elle nous dit souvent qu’on s’occupe plus de sa soeur et son frère que d’elle. Mais j’ai l’impression qu’elle commence à trouver normal qu’on fasse plus attentions aux plus jeunes. Elle sait aussi qu’elle bénéficie plus souvent que les autres de moments rien qu’avec nous. Melody n’est pas vraiment jalouse de l’un ou de l’autre. Mais parfois, on comprend clairement qu’elle a besoin qu’on s’occupe d’elle. Mais tout ça se gère de plus en plus facilement.

La complicité

Il n’y a sans aucun doute beaucoup de complicités entre eux. Où qu’ils soient, chez nous, au parc, à la ludothèque, chez les cousins et cousines, ils sont toujours à moins de 2 mètres les uns des autres. S’ils ne jouent pas ensemble, ils jouent à côté. Ils s’entraident et s’entraînent. Ils s’opposent et s’affirment les uns par rapport aux autres. Ils négocient entre eux. Ce sont des vrais experts en négociation. Quand Lise était petite et qu’elle jouait avec sa cousine de 2-3 ans son ainée, c’était souvent la grande qui respectait les règles du jeu fixées par la petite car la grande était plus raisonnable. A la maison le rapport de force dans les négociations est plus équilibré.

Melody va rejoindre sa grande soeur en maternelle cette année. Cela devrait également nous donner une idée du lien qui les unit. Aujourd’hui, elles nous disent qu’elles joueront à toutes les récréations ensemble, je ne pense pas que ce sera le cas (et heureusement). Mais est-ce qu’elles feront preuve de solidarité également en dehors de la maison ?

La vie de couple

Nous n’avons pas beaucoup de moments à deux. Mais nous n’en aurions pas beaucoup plus avec des enfants plus espacés. J’ai des amis qui ont deux enfants avec plus d’écarts. Et depuis la naissance de leur ainée, ils ne se sont jamais retrouvés à deux. La raison : ils n’ont personne à qui confier leurs enfants. Ils ont bien de la famille, mais personne qui n’accepte de prendre leurs deux enfants en même temps. Nous avons la chance de pouvoir confier nos trois enfants en même temps à des membres de notre famille. Nous savons qu’on s’occupera bien d’eux et qu’ils seront contents. Par conséquent, c’est plus l’entourage qui nous permet de passer du temps ensemble. Que nous ayons 1 ou 3 enfants avec 1 ou 3 ans d’écart n’aurait pas changé grand chose.

Pour le moment, je ne regrette pas cet écart entre mes enfants (ni le fait d’en avoir 3). Peut être que l’adolescence sera plus compliquée. Ils feront peut être leur crise en même temps. Aujourd’hui, il y a une certaine régulation entre eux. Ils ont tous leurs moments difficiles mais comme l’a déjà remarqué notre ainée, à un moment donné, quand l’un est très difficile à géré, les deux autres sont sages…

Seront-ils aussi compréhensifs avec nous en grandissant ?
Images : John Kay

19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âges proches…

Mes filles ont 19 mois d’écart et la dernière aura 19 mois d’écart avec son petit frère. Cet écart nous l’avons voulu et nous avons la chance d’avoir été exaucés. Pourtant, bien souvent, les personnes qui apprennent notre configuration familiale sont surpris et ont du mal à comprendre. J’entends bien souvent « Vous avez du courage », « Ça doit être compliqué ! », « Vous devez être fatigués ». Toutes ces personnes sont des personnes qui ne savent pas ce que c’est que d’avoir des enfants avec un écart inférieur aux 3 ans « standards » en France.

Qu’est-ce que cela change vraiment d’avoir des enfants d’âges proches ?

La fatigue
Avoir deux enfants en bas âge, ça veut dire se réveiller deux fois plus la nuit. Entre les dents pour l’une, les cauchemars de l’autre, et l’inconfort de la grossesse, je ne sais plus ce que c’est que faire mes nuits. Cela veut aussi dire beaucoup moins de repos en journée car il faut toujours s’occuper de l’un ou de l’autre, les surveiller, assurer leur sécurité. Avant 3 ans, les enfants sont encore très dépendants de leurs parents. Mais je me rends compte aussi que je vieillis et que même avant d’avoir deux enfants, la fatigue arrivait beaucoup plus vite qu’à mes 20 ans. J’ai donc le sentiment que je supporterais moins cette fatigue des premières années dans 3 ans ou plus.

Les couches
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie changer les couches de deux enfants tous les jours. Mais ça ne m’a pas dérangé. Je suis certes soulagée que Lise soit propre en journée et à la sieste, mais pas tellement sur l’aspect du change mais plus sur le fait que je n’ai plus à la lever pour la mettre sur la table à langer. L’avantage c’est qu’on n’a pas eu l’occasion de profiter de ne plus avoir à changer les fesses d’un bébé, donc on ne peut pas « regretter » cette époque. Et puis, si on avait attendu 3 ans entre chaque enfant, on aurait au final passé  9 ans dans les couches alors que là, si tout va bien, on n’aura passé que 6 ans dans les couches.

Le budget
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie pour nous deux gardes à payer (je travaille au 4/5ème), deux sièges auto du même groupe, deux lits à barreaux, une marche pour la poussette. C’est sûr, c’est un surcoût dans notre cas.

L’éducation
 Parfois, j’ai l’impression de passer ma journée à faire la police, courir après l’une ou l’autre, régler les conflits et dire non. De plus, il ne faut pas négliger l’effet de groupe, quand elles ne se chamaillent pas, elles se montrent les bêtises. Heureusement, elles s’occupent aussi l’une de l’autre, jouent ensemble et apprennent l’une de l’autre. Il y a des interdits qu’on n’a pas eu besoin de poser avec Melody, parce que tout simplement elle les connait depuis toute petite car elle nous a vu les poser pour Lise. Lise a « seulement » quelques mois d’avances sur Melody, donc les choses s’enchaînent naturellement que cela soit pour les enfants ou les parents. En plus, par soucis d’équité, nous appliquons souvent les mêmes limites aux deux, et je me suis rendue compte qu’un bébé comprend très tôt les limites, le « non » et les interdits (bien avant l’âge auquel nous avons oser les appliquer pour l’ainée).

La jalousie
Lise a été jalouse de Melody. Parfois, je me suis dit que c’était multiplié par le fait que Lise a du partager l’exclusivité de ses parents un peu trop tôt, alors qu’elle avait beaucoup besoin de nous. Et puis, je vois des frêres et soeurs avec plus d’écart qui sont tout autant jaloux parce qu’ils se rendent compte et se souviennent qu’avant ils avaient leurs parents rien que pour eux. Je me dis alors que la jalousie ne doit pas être lié à l’écart entre les enfants.

La complicité
Plus les filles grandissent, plus je vois une complicité naître en elle qui me ravie. Dans ce cas, j’ai un peu l’impression d’avoir les avantages de parents de jumeaux sans les inconvénients. Elles se stimulent mutuellement, apprennent ensemble, jouent ensemble, se liguent contre nous (oui c’est inévitable), se consolent, se soutiennent, s’entraident. Plus le temps passe et plus les moments de complicités deviennent plus fréquent au détriment des chamailleries.

Même si je ne vois pour le moment que la période « en bas âge » Je n’ai vraiment pas le sentiment qu’il soit plus compliqué d’avoir des enfants rapprochés, chacun a ses avantages et ses inconvénients. Dans ma situation, je pense que cela me convient plus. Et que cela me permettra dans 3 ans, quand tous mes enfants seront à l’école, de passer plus rapidement à autre chose, à une autre étape de notre vie de famille et sûrement aussi de ma vie professionnelle.

Images : John Kay

19 mois ! (bis)

Si tout va bien, l’histoire va se répéter pour moi.
Il y a 19 mois, je savais depuis quelques semaines que j’allais être maman pour une deuxième fois et il y a quelques semaines, nous avons appris qu’un troisième petit bout allait agrandir la famille.
Cela satisfait parfaitement mon côté logique et cartésien. Quand nous avons su que j’étais enceinte, mon mari et moi étions très contents (et nous le sommes toujours). Mais l’expérience nous a aussi ôté l’envie de le crier au monde entier.

Pour Lise, notre famille proche l’a su très vite et ils étaient tous contents mais un peu surpris, ils pensaient qu’on aurait attendu l’âge moyen en France pour avoir un enfant soit 30 ans. Mais l’accueil a été quand même très positif, les futurs grands-parents, les oncles et tantes, et autres parents étaient ravis de l’arrivée d’un nouveau membre de la famille.

Pour Melody, 19 mois après, nous savions bien que cela surprendrait encore plus. Dans ma famille, les enfants ont un écart proche de la moyenne nationale soit 3,3 ans entre le premier enfant et le second. Mais bon, ils s’attendaient à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur.

Pour le petit bout à venir, je ne me faisais guerre d’illusion. Il y aurait  :
– ceux qui attendaient la nouvelle, car ils nous en savaient capables et nous connaissaient assez bien.
– ceux qui seraient surpris par la rapidité, mais aussi content que pour les premiers.
– ceux qui ne s’étaient même pas imaginés qu’on aurait un troisième enfant, qui ont eu un choc lors de l’annonce de ma deuxième grossesse et qui ne comprennent ou ne comprendront pas notre choix.

Pour les deux s, l’annonce ne nous a posé aucun problème. Par contre, pour la deuxième (qui comprend des membres très proches de notre famille), nous sommes allés jusqu’à nous demander si on n’allait pas pousser notre attitude jusqu’à leur laisser poser la question quand mon ventre serait trop gros pour le confondre avec de l’aérophagie…

Nous l’avons pourtant dit à certains de cette fameuse troisième catégorie. Et la réaction a été malheureusement conforme à ce qu’on attendait. Les remarques ont été essentiellement négatif, nous étions inconscients, nous ne nous en sortions déjà pas avec deux enfants, avoir trois enfants c’est trop compliqué, avec cet écart en plus, on aurait pu attendre… Il a fallu attendre plusieurs jours pour que cette grossesse deviennent pour eux autre chose qu’un immense problème en perspective.

J’ai été forcément, et malgré le fait que je m’y attendais, très déçue. Et puis j’ai compris. J’ai compris que la réaction négative de ces personnes viennent de leur propre expérience. Pour eux, se retrouver dans une telle situation aurait été impensable, insurmontable, une vraie catastrophe. Donc, sans doute par manque d’empathie, ils ne s’imaginent pas que d’autres pourraient être heureux et satisfaits.

En tout cas, pour moi et mon mari cette troisième grossesse est un vrai bonheur, nous sommes lucides et nous savons que cela va être assez compliqué, et fatigant au début. Mais notre première expérience d’enfants rapprochés nous a donné envie de revivre cela.

19 mois !

Lise et Melody ont 19 mois d’écart. Cet écart était voulu. Mais dans le regard des gens j’ai l’impression d’aller à l’abattoir.
« 19 mois ?! Ça doit être difficile et fatigant quand même… »

Oui bien sûr, aussi difficile et fatigant qu’élever des enfants qui ont l’écart « normal » de 3 ans, du moins j’imagine… Si ce n’est qu’on est rodé et qu’on se souvient encore de la façon dont on s’occupe d’un bébé puisqu’on en a encore un à la maison.

C’était voulu et pour le moment je ne regrette pas. Il y a eu des bas.
Quand Lise est venue me voir à la maternité et que son regard triste me disait à quel point elle ne comprenait pas pourquoi elle rentrait à la maison sans moi, je me disais qu’elle était peut-être un peu petite pour tout comprendre.

Quand Melody est devenue le bouc émissaire de sa sœur, dès que cette dernière était contrariée, je me suis dit qu’elle ne serait peut-être jamais heureuse d’avoir une petite sœur.

Quand l’une me réclamait du temps, des soins ou des câlins et que j’étais prise par l’autre, je me suis dit que deux enfants c’était peut-être trop.

Mais quand Lise a appelé son propre bébé Melody et qu’elle venait lui donner le biberon avec amour avec moi sur le canapé alors que j’allaitais sa sœur, j’ai compris qu’elle aimait déjà beaucoup sa sœur et qu’elle savait que j’avais besoin d’un temps pour chacune.

Quand on lui a demandé si elle voulait bien que sa sœur dorme avec elle et qu’elle a dit oui sans réserve et ne s’en est jamais plaint même si sa sœur se réveillait encore 2 fois la nuit, j’étais très fière de sa capacité d’adaptation.

Quand Lise refuse de s’endormir sans avoir fait un bisou à sa sœur ou qu’elle la couvre de bisous en lui disant « mon bébé, ma petite chérie, je t’aime, je t’aime, je t’aime… », je me dis qu’elle ne regrette pas de partager ses parents.

Quand Melody regarde sa grande sœur dans ses jeux comme si elle accomplissait des miracles, je me dis qu’on apprend plus vite à deux.

Quand elles se construisent des jeux qui les font rire aux éclats, je me dis qu’elles ne s’ennuieront jamais.

Je ne doute pas de ce lien qui se forme et s’épanouit de jour en jour entre elles et je ne regrette pas l’écart entre elles…