Travaille ! Un congé parental qui coule de source…

Après avoir décidé de me mettre en congé parental pour 4 mois et être passé de la peur, à l’attente, voilà que je me retrouvais en congé parental. J’ai décidé de prendre les choses en main pour profiter de mes enfants, tout en ayant l’impression d’être active et de faire des choses qui m’ont fait plaisir. Pour cela, je me suis fait un planning pour les tâches ménagères, j’ai instauré des rituels avec les enfants et surtout je me suis accordée une activité strictement personnelle et sans enfant tous les jeudis soirs. J’ai voulu également profiter pour essayer d’instaurer des règles que nous n’avions jamais pu mettre en place nos enfants (faute de temps, de patience, de suivi, etc.). C’est ainsi que pendant ce congé j’ai :

  • fabriqué un château playmobil,
  • rangé mon garage et mes combles,
  • fait du tri,
  • repeint les meubles de ma cuisine,
  • cousu deux sacs à doudou,
  • fabriqué des costumes de Père Noel et Mère Noël pour la fête de l’école vendredi,
  • désherbé et refait complètement deux parterres de fleurs,
  • fait de nombreux essais culinaires pour faire manger des légumes à mes enfants (il y a eu de vrais succès et de vrais échecs),
  • trouvé des astuces pour rendre mes filles plus autonomes pour s’habiller,
  • accompagné des sorties scolaires,
  • regardé beaucoup d’émissions débiles,
  • pris du temps, beaucoup de temps pour ne rien faire avec mes enfants, les regarder jouer, les regarder grandir, interagir, se chamailler, négocier. En bref, je les ai regardé grandir.

Ce fut vraiment un congé parental riche. J’ai beaucoup appris, sur moi et sur mes enfants :

  • quand il faut négocier, et quand il ne faut pas,
  • quand il faut les laisser gérer leurs différents et quand il faut intervenir,
  • quand il faut les occuper, ou les laisser libre,
  • quand ma patience s’est évaporée,
  • ce que je peux exiger d’eux, et ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

J’ai l’impression que ce congé parental fut une pause salutaire, un instant de paradis et une prise de conscience. Il y a eu des disputes, des engueulades, des colères côté parent comme côté enfant, mais il y a eu aussi beaucoup plus de tendresse, d’échanges et de partages. J’ai aimé ce congé parental. J’ai découvert mes enfants. Je crois que jusqu’à présent, j’aimais mes enfants car c’était mes enfants. Dès qu’il nait on aime son enfant (en tout cas dans la plupart des cas), c’est quasiment instinctif. Mais au cours de ce congé parental, cet amour a changé, je les aime différemment : pour ce qu’ils sont, pour leurs qualités et leurs défauts, je les aime en tant qu’individu unique. Je ne les aurais pas mis au monde, je les aurais aimé quand même. Je sais maintenant que je ne les aime pas seulement parce que ce sont mes enfants. Je trouve ça dingue qu’il m’ait fallu ce congé parental pour être consciente de tout ça. Mais j’ai l’impression que les soirées, les week-ends et les vacances ne m’avaient pas suffit à réaliser cela. Je n’en avais pas le temps, pas l’envie trop désireuse de me reposer moi, d’avoir du temps pour moi et trop prise par les obligations familiales (ménage, courses, médecin, repas, etc.)

J’ai aussi complètement changé d’avis sur le congé parental. Avant cela, je me suis toujours dit que les mères au foyer se marginalisaient, que l’idéal est de continuer à avoir une activité professionnelle à temps partiel. Je me suis toujours dit que pour les enfants, à partir du moment où ils étaient habitués petits à être gardés par une autre personne, il n’y avait pas de raisons que cela pose problème. Pourtant, je dois avouer que j’ai trouvé mes enfants plus heureux, plus épanouis, plus calmes, plus posés. Ils ont aussi beaucoup appris, beaucoup évolués.

Nous vivons dans une société qui pousse à l’activité des parents.  Un des métriques de la réussite de leur politique en faveur de l’égalité homme-femme est le taux d’activité des femmes. J’ai l’impression qu’on ne se pose jamais la question de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. Il est important que tout le monde puisse faire ses propres choix. Mais j’aimerais vivre dans une société qui permette aux enfants d’avoir au près d’eux leurs parents quand ils ont besoin d’eux. Emmener ses enfants à l’école le matin sans rouspéter parce qu’on va être en retard au travail c’est important. Etre là à la sortie de l’école pour les entendre se décharger de cette longue journée c’est important. Etre là quand ils sont patraques, c’est important (même si j’ai horreur de ça). Participer à la vie de l’école, les voir dans cet environnement extérieur à la maison, c’est important. Discuter avec les parents des enfants qu’ils côtoient, c’est important.

N’est-ce pas paradoxal, par exemple,

  • Que ma nounou laisse ses propres enfants à une inconnue pour venir garder mes enfants ?
  • Que jusqu’à présent, je ne me sente pas capable de m’occuper à 100% de mes enfants ?
  • Que mes enfants passent plus de temps avec leur nounou qu’avec leurs parents ?

Pour en avoir discuté autour de moi, je ne suis pas la seule mère qui ne pensait pas être capable de garder ses enfants, n’en ont jamais eu envie, et qui, une fois confrontées à cette situation se sont rendus compte du bonheur que c’était et qui sont retournés au travail le cœur serré. Je parle de mère, mais en réalité, il en est de même pour les pères.

J’aimerais vivre dans un monde où les rythmes de travail seraient moins rigides et où on pourrait, par période, augmenter ou réduire notre capacité de travail et que cela se fasse naturellement, sans négociation car tout le monde se dirait que c’est un choix personnel, le choix idéal de chaque foyer…

Images : Hamed Saber

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Travaille ! Un congé parental attendu…

Je vous ai déjà expliqué comment je m’étais retrouvé en congé parental malgré moi. Entre le moment où la décision a été prise et le début du congé parental il y a eu 4-5 mois. Pendant ces quelques mois, mon esprit a navigué entre la crainte et l’attente.

Il m’a fallu un mois pour accepter complètement positivement ce congé parental. Pendant que je mettais tout ça en place, administrativement parlant (j’entends par là, avec mon entreprise), j’ai découvert que, légalement, mon entreprise pouvait me refuser ce congé parental. En effet, la loi autorise les parents à prendre un congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant. Ce qu’on sait plus rarement, c’est que cela est possible dans la limite de 3 renouvellements. Dans mon cas, j’avais besoin de 4 renouvellements (car chaque changement de rythme 4/5ème vers temps plein par exemple, correspond à un renouvellement). Quand j’ai cru que ce congé-parental-malgré-moi pourrait devenir recrutement-de-nounou-de-remplacement-malgré-moi, j’ai compris que finalement, au fond de moi, ce congé parental je le voulais vraiment.

J’aime bien que les choses soient carrées, logiques, j’aime bien l’équité. Cette mini-obsession a été très satisfaite par le fait qu’il y ait exactement 19 mois entre chacun de mes enfants… Ceci a également entraîné que :

  • j’ai ainsi pu profiter de Lise vers ses 18 mois quand j’étais en congé maternité de Melody.
  • J’ai pu profiter de Melody vers ses 18 mois (et aussi un peu de Lise qui entrait à l’école) quand j’étais en congé maternité de Jack.

Mais comme Jack est le petit dernier, je n’aurais jamais eu l’opportunité de profiter de lui avant son entrée à l’école sans ce congé parental impromptu. Je n’avais, que rarement, l’occasion de m’occuper de lui à 100% puisque ses sœurs ont toujours été dans les parages.

Ceci s’est combiné à une autre prise de conscience plus inquiétante. Moi, la mère de mes enfants, je redoutais de m’en occuper. Mes enfants, je les aime. Je n’ai aucun doute là-dessus, depuis qu’ils sont nés et même avant. Je les aime parce que ce sont mes enfants, ils sont petits, vulnérables, ils ont besoin de leurs parents. Mais, passer du temps avec eux, seule à seule m’a toujours fait peur, pour de multiples raisons. . Mes peurs étaient multiples :

  • peur de ne pas être à la hauteur : je ne sais pas si  nos parents ressentaient cela aussi, mais j’ai l’impression qu’on est une génération de parents angoissés, qui se mettent la pression, qui se comparent. Je me suis toujours mise la pression toute seule depuis qu’on a des enfants. Comme si j’étais seule responsable de la réussite de l’éducation de mes enfants : manger équilibré, bien dormir, être sage, être bien élevés, etc. Comme si chaque écart était comme un échec.
  • peur de n’avoir plus de temps pour moi : quand je travaille, je sais que j’ai quelques temps où je n’ai pas d’autres responsabilités que ma propre responsabilité (notamment, les temps de trajets et les temps de repas).
  • peur de décevoir mon mari qui pourtant n’avait aucune attente particulière. Il voulait juste que je garde mes enfants pour leur éviter une nouvelle adaptation pour une nouvelle nounou.
  • peur pour mon travail : je n’avais pas peur pour un licenciement, mais juste que cela freine encore plus ma carrière, que les projets sur lesquels je travaillais soient repris par d’autres.
  • peur de décevoir mes enfants : cela ne doit pas être agréable d’entendre ses enfants nous dire qu’ils préféraient la nounou.

Le déroulement de mes mercredis en étaient une illustration, même si ça s’améliorait depuis qu’on était dans la maison, je finissais souvent la journée épuisée, à bout de nerf, avec l’impression d’avoir rien fait, ou tout mal…

Les parents qui ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants sont rares. Tout dépend ensuite du niveau d’exigence qu’on vise, des critères qu’on se fixe pour déterminer si oui, ou non, on sait s’occuper de nos enfants. Le seul critère qui devrait compter c’est le respect de ses enfants, de leur santé, leur bien-être et leur bonheur. Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine.

Je me suis demandée, comment on en arrive là : ne pas se sentir capable de s’occuper de ses propres enfants alors qu’à aucun moment on ne fait quelque chose de grave, de dangereux. Ma conclusion est que nous vivons dans une société qui a érigé le travail des femmes comme un objectif à atteindre. Le corollaire, c’est qu’on estime que le mieux pour nos enfants c’est d’avoir deux parents qui travaillent, et donc quelqu’un d’étranger au foyer qui s’occupe d’eux tout ce temps. Plus personnellement, à force d’entendre que je ne dois surtout pas faire l’erreur de m’arrêter un jour de travailler pour mes enfants, je me suis peut être inconsciemment persuadée que, de toute façon, je n’en serais pas capable et qu’il n’y avait donc rien à regretter.

A partir de là, je l’ai attendu ce congé parental. J’avais envie de voir si je pouvais prendre soin de mes enfants, les aider à grandir au mieux tout en étant heureuse de le faire. J’ai décidé de profiter de cette chance qui m’était donné sans trop me mettre la pression et sans non plus idéaliser un monde merveilleux où tout serait rose et chantant au quotidien.

La suite viendra dans quelques temps…

Images : Robert Wade

Travaille ! En congé parental malgré moi…

J’ai trois enfants, et trois reprise de travail après des congés maternité à mon actif.

1er congé : 16 semaines de congé maternité et un retour au travail à temps plein qui coule de source. J’avais une grande envie de voir du monde, retrouver un rythme qui n’est plus celui d’un bébé, manger à des heures décente sans être interrompue.

2eme congé : 16 semaines de congé maternité avec les deux filles en permanence, puis 3 semaines de congé payés. Le retour au travail s’est fait au 4/5eme et dans la douceur avec une période d’adaptation avec la nounou (ma belle-mère en l’occurence) qui garde les enfants chez nous. Je crois que j’étais soulagée de retourner au travail car Lise qui avait 2 ans était parfois difficile à gérer, elle avait beaucoup de colère et de jalousie envers sa soeur qui en pâtissait au quotidien. Et je rentrais souvent manger avec elles le midi.

3ème congé maternité : 6 mois de congé maternité, plutôt cool. La naissance ayant lieu après la rentrée scolaire nous avions déjà une nounou qui s’occupait des filles (à la maison) 4 jours sur 5 et que nous avions gardé pendant le congé maternité pour être sûrs de ne pas la perdre. Elle devait garder nos enfants jusqu’aux 3 ans de Jack, donc le coût financier valait bien le gain en stabilité pour nos enfants. Je me suis surtout concentrée sur mon bébé, mon retour au travail était clair, et Jack était accoutumé à la nounou, les filles avaient déjà leur rythme bien installé. Il n’y a eu donc aucun heurs, pas de déchirement, ni pour eux, ni pour moi.

Le point commun de ces trois reprises est l’évidence avec laquelle elles ont pris place, le sentiment de retourner à ma place et à une vie sociale. Bref de retourner dans la vraie vie.

Et puis il y a eu ce congé parental. Je ne l’avais pas prévu. Il ne venait pas de moi. Après que ma nounou précédente nous ai quitté (celle que Jack devait garder jusqu’à ses trois ans), ma nouvelle nounou est tombée enceinte en janvier, moins de 5 mois après le début de son travail. Elle nous a tout de suite dit qu’elle souhaitait continuer avec nous après son congé maternité. Le mieux, raisonnablement, pour nos enfants était que je m’arrête le temps de son congé maternité pour m’occuper des enfants (les autres alternatives étaient de la remplacer temporairement, ou définitivement en évoquant le changement de mode de garde puisque deux de nos filles seraient scolarisées en septembre de la même année).

Je le redoutais ce congé. Les mercredis, seule avec les 3, étaient très compliqués les 6 premiers mois (a l’appartement) mais cela s’était nettement amélioré depuis le déménagement dans la maison. Je redoutais de prendre en charge tout le quotidien, tous les jours : 4 aller retours à l’école, 2 repas, 1 goûter, les bains. Je ne pourrais plus me reposer sur la nounou pour faire une bonne moyenne sur l’équilibre alimentaire des repas. Ce serait a moi de trouver les recettes magiques pour leur faire manger quelques légumes. Je devrais prendre en charge une part plus importante des tâches ménagères puisque je serais la plus présente au foyer. Je devrais prendre en charge tous les petits maux et bobos du quotidien. Il n’y a pas de jours enfants malades pour une mère au foyer : c’est un peu le quotidien les journées enfant malade… Il n’y a pas non plus d’arrêts maladies.
Je me suis toujours sentie incapable d’être mère au foyer. Comment peut-on se sentir heureux comme ça ? Aujourd’hui encore, quand j’en parle à ma mère je perçois sans effort la rancoeur qu’elle garde face à cette situation qu’elle a choisi mais qui lui a semblé imposé. Cette rancoeur elle me l’a exprimée alors que j’habitais encore chez eux, et me l’a rappelé quand j’ai eu des enfants (pour me mettre en garde contre cette erreur à ne pas faire). Etre mère au foyer est souvent ingrat, non reconnu par la société. On est coupé du monde (du travail), soumis au rythme des enfants. On subit le même rythme quasiment toute la semaine, de la routine né l’ennui. Il y a beaucoup plus de contraintes à garder des enfants qu’à aller travailler.

Malgré cela, nous avons décidé (car c’est une décision de couple) que je me mette en congé parental car cela semblait le mieux pour nos enfants, notre famille, et que cela serait de toute façon une solution temporaire.

La suite : Un congé parental attendu…

Images : Dan Iggers

Garde-moi ! Choisir une auxiliaire parentale…

Quand on se met à la recherche d’une auxiliaire parentale (nounou au domicile des parents) pour la première fois, on se lance un peu dans l’inconnue. Pire, j’avais l’impression de me jeter dans la fosse aux lions. Il faut dire qu’au cours de mes congés maternités, j’ai un peu cotoyé les squares et jardins publics qui regorgent de nounous. Et parmi toutes ces nounous, il y en a peu à qui j’aurais confié mes enfants (désintérêt pour les enfants, absence de surveillance, violences verbales envers les enfants, etc.). Le premier contact par mail (voir mon précédent billet) avec certaines m’a fait froid dans le dos.

Conscient que Mary Poppins n’existait pas, nous avons tout d’abord réfléchi à ce que nous attendions d’une nounou qui viendrait garder nos enfants à domicile. Je pense que chaque parent, futurs employeurs, devrait réfléchir à ses priorités avant même de rencontrer la première nounou. Voici quelques questions qu’il faut se poser, avant de faire les entretiens :

  • Quels horaires je vais lui demander ? L’auxiliaire parentale, dans la plupart des cas, vient s’occuper de nos enfants pendant que nous allons travailler. Pour être à l’heure à notre travail, il faut donc que l’auxiliaire parentale soit ponctuelle, cela va de soit. Mais les parents ont aussi une obligation de ponctualité par rapport à leur employée. Que dirions-nous si nous devions attendre notre employeur tous les soirs pour partir et qu’il nous mettait en retard pour assumer nos responsabilités personnelles ?
    Quand nous avons nous même un certain aléas pour notre heure de retour à la maison (réunions qui ont tendance à trainer, problèmes de transports), il faut donc prévoir large dès le contrat pour les horaires de l’auxiliaire parentale. Il vaut mieux la payer pour 11h de travail dans la journée, même si dans 90% des cas vous n’avez besoin que de 10h. Pourquoi ?

    • Par respect pour la personne qu’on emploie et qui a sa propre organisation ;
    • Par confort pour notre propre organisation, avoir tout le temps l’impression d’être pris par le temps est une source de stress non négligeable ;
    • Par respect pour nos enfants, la transmission entre les parents et la nounou est un moment important. Il est important de savoir comment s’est passé la journée de nos enfants. Il est important aussi pour nos enfants de voir qu’on se préoccupe de leur journée en notre absence
  • Quelles tâches je vais lui demander ? Dans le cadre de son travail, voilà ce qu’on peut demander à une auxiliaire parentale, selon le modèle de contrat de Pajemploi :
    • Assurer la sécurité ainsi que le confort physique et moral de(s) l’enfant(s),
    • Être à l’écoute permanente de(s) l’enfant(s),
    • Accompagnements divers, promenades quotidiennes sauf si le temps ou la santé de(s) l’enfant(s) ne le permet pas,
    • Bains à la demande des parents,
    • Activités d’éveil par des jeux et lectures adaptés à l’âge de(s) l’enfant(s),
    • Petites courses liées aux besoins de l’emploi,
    • Préparation des repas suivant les consignes des parents,
    • Entretien de la chambre de(s) l’enfant(s), de la salle de bain, de la cuisine, des espaces de jeux,
    • Entretien du linge de(s) l’enfant(s): mise en route, étendage et/ou repassage d’une lessive en fonction des consignes de l’employeur,
    • Dialogue permanent avec les parents sur les points essentiels de l’éducation de(s) l’enfant(s), en particulier les informer du contenu des repas, du comportement de(s) l’enfant(s), des progrès réalisés et des difficultés éventuelles rencontrées,
    • En cas de difficulté ou d’urgence avec le ou le(s) enfant(s), prévenir en priorité les parents et prendre les mesures nécessaires (appel du Samu, des pompiers, du pédiatre, se rendre à l’hôpital…)

Certaines choses dans cette liste paraissent évidentes. On peut (doit) rajouter les autres tâches qu’on souhaite qu’elle réalise (par exemple : accompagner les enfants à l’école, à la ludothèque, préparer et donner les repas du soir…). Cependant, les tâches rajoutées doivent être en relation avec la garde d’enfant. Par exemple, on ne devrait pas demander à une auxiliaire parentale de laver, repasser les vêtements des parents, nettoyer les vitres, les pièces qui ne sont pas en relation directe avec les enfants. Il est vrai que, étant donné le coût, la tentation est grande de « rentabiliser » le temps de présence de la personne employée. Je pense qu’en tant que parent on doit se poser la question suivante : cherche-t-on une employé de maison qui en même temps garde nos enfants ou cherche-t-on une professionnelle de la petite enfance ? Les deux possibilités sont des choix honorables, c’est juste une question de compétence de la personne recrutée et de priorité pour la bon fonctionnement de la famille (on ne peut pas avoir à la fois une personne qui veillera au bien-être, à la sécurité, à l’éveil des enfants et qui vous laissera le soir en partant une maison pimpante, brillante, bien ordonnée).

  • Quelles sont mes attentes et mes espoirs par rapport à cette auxiliaire parentale : En plus de ce que je lui demande contractuellement parlant, quelles sont mes attentes et mes priorités qualitativement parlant. Les nounous ont un rôle important auprès des enfant que les autres professionnels de l’enfance (animateurs, enseignants, soignants, etc.). Ils sont responsables, en l’absence des parents, de l’éducation, de l’éveil des enfants.
    Dans une bonne partie des cas, les nounous sont plus présentes (en terme d’horaires) que les parents sur une semaine complète. Il faut donc être conscient qu’elles vont leur transmettre beaucoup de choses en terme d’éducation, de savoir vivre, de savoir être, d’apprentissages (de la parole, de la motricité, …). Il faut donc être conscient de ce qu’on attend d’elle et de nos priorités à ce niveau. Par exemple, on peut préférer qu’elle respecte le rythme de chaque enfant, plutôt que de faire des sorties tous les jours, etc.
    Cela permettra de poser les bonnes questions pour jauger les compétences de la nounou dans les domaines les plus prioritaires.
    A titre d’exemple : pour notre part nos priorités dans l’ordre sont une auxiliaire parentale qui :

    • Donne la priorité à la sécurité des enfants,
    • Se préoccupe du bien-être des enfants,
    • Parle correctement français. Cette dernière attente peut paraître farfelue. Cependant, il y a tellement de sources de mauvaise compréhension entre deux êtres humains (vous savez la fameuse différente qu’il peut y avoir entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que l’autre veut entendre, ce que l’autre entend et ce que l’autre retient…). Il y a aussi tellement de sources de frictions entre auxiliaire parentale et parents (différences de personnalités, de conception de l’éducation, malentendus financiers, problèmes de reconnaissance du travail fourni, etc.). Si on rajoute à cela des approximations linguistiques, je trouve que c’est encore plus compliqué de ne pas entrer en conflit.
    • et en bonus : qui aime cuisiner et transmettre cela aux enfants.
  • De quel budget je dispose ? Une auxiliaire parentale coûte cher. En plus de son salaire, il faut payer les charges (dont une part seulement est prise en charge par le CAF). Une partie peut être récupérée sur les impôts, mais dans ce cas, il y a un décalage d’un an pour que cela rentre en compte. Je déconseillerais de sélectionner l’auxiliaire parentale la moins cher. On lui confie quand même la vie de nos enfants (certains préciseront également notre maison, mais pour moi le risque est toujours moindre par rapport à celui pris pour nos enfants). S’il y a bien un poste sur lequel il ne faut pas faire le radin c’est bien celui là. Cependant, il faut être sûr de pouvoir payer cette nounou tous les mois. Il faut être sûr que l’auxiliaire parentale soit satisfait de son salaire et d’avoir une petite marge de manoeuvre pour pouvoir éventuellement l’augmenter si besoin. Ce serait dommage de commencer avec une personne, en être pleinement satisfait et ne pas pouvoir la garder car elle demande une augmentation (raisonnable) que vous ne pouvez pas lui accorder.

Tout cela permet de poser les bonnes questions dès le premier contact téléphonique puis en entretien. Pour les particuliers employeurs, qui n’ont pas l’habitude de recruter quelqu’un, il me parait nécessaire de préparer ces entretiens pour dissiper rapidement les mal entendus et ne pas perdre de vue ce qu’on cherche vraiment à trouver dans la personne à qui on confiera la prunelle de nos yeux.

PS : je remarque que je ne parle d’auxiliaire parentale qu’au féminin. C’est sexiste. Mais pour des raisons qui me sont personnelles, je ne pourrais pas confier mes enfants à un professionnel de la petite enfance et je m’en excuse…

Garde-moi ! ou pas…

On pensait être tranquilles pour 3 ans, et pourtant, nous voilà de retour dans la recherche d’une auxiliaire parentale. Quand on est parents et qu’on recherche une nounou, on peut vite avoir l’impression d’être arrivés dans une autre dimension.

Quand je lis ou écoute certaines candidatures, je me demande dans quel état d’esprit sont certaines personnes qui répondent. Cherchent-elles vraiment un travail ? Sont-elles conscientes qu’elles parlent à leur employeur et non à leur voisine de pallier ? Arrivent-elles vraiment à trouver du travail en ayant ce genre d’attitude ?

A chacune de nos recherches, nous avons déposé une annonce sur le site http://www.bebe-nounou.com. Voici les deux annonces que nous avons posté (à un an d’intervalle).

  • annonce 2011

Nous cherchons une auxiliaire parentale avec de l’expérience pour garder nos deux filles à partir de septembre : Lise (3ans) et Meody (1 an et demi) puis notre bébé à naître en octobre. Lise ira à l’école le matin(école maternelle ***** à ****). Le temps de garde sera de 40h environ par semaine.

  • annonce 2012

Nous sommes à la recherche d’une auxiliaire parentale pour garder nos trois enfants qui auront 4 ans, 2 ans et demi, 10 mois à partir du mois de septembre. 
La garde sera effectuée 4 jours par semaine et 11 heures par jour. 
Si vous êtes intéressée, merci d’envoyer votre cv par mail.

Voilà une petite sélection des pires réponses reçues par mail (et je tiens à préciser que je n’ai rien coupé et rien ajouter) :

BJ JE SUISINTERESS GD ENFT

C’est la toute première réponse que j’ai eu. Et là, je peux dire que j’ai pris peur et je me suis demandée où je mettais les pieds

Bonsoir Mme
Je suis Mme s**** f***
je suis diponible merci

Apparemment, la politesse était son meilleur argument pour se vendre.

Voir CV

C’est bref, mais au moins, j’avais un CV en pièce jointe.

J’ai eu aussi quelques contacts téléphoniques. C’est dommage que je n’ai pas pensé à noter ces merveilleuses conversations. Je me souviens par contre de celle de ce matin, aussi surréaliste que les messages au dessus :

Je décroche :
elle : « euh allo ? est-ce que l’annonce est toujours d’actualité ? »
moi : « vous parlez de l’annonce pour une garde d’enfant ? »
elle : « oui, est-ce qu’on peut se voir ? »
moi : « euh, avant dites moi un peu plus sur vous »
elle : « je suis une ancienne assistante maternelle »
moi : « … »
elle : « la garde c’est pour travailler où ? »
moi : « à G****. Et vous avez combien d’années d’expérience ? »
elle: « 4 ans, enfin 8. On peut se voir ? »
Comment dire… Je passe mon tour pour ce coup là !
Heureusement, elles ne sont pas toutes comme ça. Ces championnes de la recherche de travail ne donnent pas une image reluisante de la profession mais il est rassurant de voir qu’il existe de vraies professionnelles de la petite enfance. Des auxiliaires parentales  qui voient leur collaboration avec une famille comme un travail à part entière. Ce que je retiens de ces deux recherches c’est qu’il ne faut pas se précipiter, ne pas se décourager.
Images :  

Défends-toi ! Ces jours où tout tourne à l’envers…

Il y a des jours où on a l’impression que le monde s’est trompé de sens et où tout tourne à l’envers. Lundi dernier était un de ces jours.

Lundi, après le goûter, mes trois enfants sont allés au parc à côté de chez nous avec leur auxiliaire parentale (on l’appellera Synthia). Jusque là, rien d’anormal, c’est un moment de jeu pour tout le monde. Ce square est tout petit, mais très apprécié de mes enfants avec son bac assemble sa vraie balançoire, et sa grande construction en forme de bateau. Ils ont en plus l’habitude d’y retrouver les copains d’école. Ce parc est clairement destiné aux enfants de moins de 10 ans.

Comme d’habitude Synthia s’installe à côté de mes filles sur le bord du bac à sable. C’est le genre de nounou qui joue avec les enfants, ne les lache pas des yeux pour discuter avec les « copines » des derniers ragots familiaux. Jack étant réveillé, elle le prend sur les genoux (et ne le laisse pas dans un coin dans la poussette avec un bout de pain dans les mains pour éviter qu’il ne proteste par envie de rejoindre les copains dans les jeux). Deux enfants de 10-12 ans commencent alors à jouer au ballon. Ils commencent à jouer au foot. Ils commencent à jouer au foot avec un gros ballon de cuir bien glonflé. Une première fois, Melody a échappé à un ballon dans la tête. Soucieuse de la sécurité de mes enfants, Synthia reprend alors les enfants, leur expliquant qu’ils risquent de faire mal à tous les enfants en train de jouer au sable.

Mais voilà, les enfants ont souvent du mal à accepter qu’on leur interdise ce qui est un jeu pour eux, mais peut être un danger pour les autres. Je ne leur reprocherais pas. Ce qui devait arriver se produisit. Jack s’est pris ce gros ballon dans la tête. A la marque sur sa joue (encore 2 jours après et pour quelques jours encore), j’imagine bien la puissance du choc. A sa tête toute triste, une demi-heure après le choc, j’imagine la peur et la douleur  qu’il a eu. Il a donc hurlé. Après l’avoir consolé, calmé, rafraîchi, Synthia est allé voir les enfants pour les disputer et leur demander de vraiment arrêter de jouer avec ce ballon.

C’est à ce moment où on ne comprend pas bien ce qui se passer dans la tête des autres. La mère des enfants a engueulé la nounou de mes enfants. C’était sa faute (celle de Synthia) si mon bébé s’était pris le ballon dans la tête. Mon fils n’avait pas à être sur ses genoux. Il aurait dû être dans sa poussette (vous savez bien c’est cette poussette qui est équipée d’une bulle de protection inviolable anti-ballon… Vous ne la connaissez pas ? Ah, ben moi non plus en fait !). Mon fils n’avait d’ailleurs rien à faire dans le parc. Oui, parfaitement il aurait du rester à la maison (et mes filles aussi d’ailleurs). Alors que ses enfants, trop grand pour jouer avec les jouets de ce parc, n’auraient rien eu à faire sur le terrain de foot situé 500m plus loin. Les terrains de foot s’est fait pour… faire du foot ? Et puis je suis sûre que si cette maman c’était pris le même ballon dans la tête, elle aurait eu une réaction complètement calme et posée et aurait remercié ses enfants de vouloir jouer avec elle.

C’est bien connu, la meilleure défense c’est l’attaque.

Mais voilà, ce n’est pas la seule chose qui ne tournait pas rond dans cette journée. Le même jour, dans ce même parc, Maryse l’auxiliaire parentale des meilleurs amis de Lise s’est faite agressée. Il faut dire que Maryse, elle est noire (bon d’accord ce n’est pas la seule auxiliaire parentale noire dans notre quartier). Maryse est d’origine africaine. Et puis Maryse elle parle un français irréprochable. Et Maryse, elle s’occupe bien des enfants qu’elle garde. Donc après tout, elle le méritait bien de se faire agresser.

Elle n’avait qu’à pas intervenir quand un homme d’un certain âge a enlevé la petite fille qu’elle garde de la balançoire sans un mot et sans ménagement. Elle n’avait qu’à pas se relever quand cet homme l’a poussé par terre à plusieurs reprises. Elle n’avait qu’à répondre quand il l’a traité de « sale négresse qui doit retourner dans son pays » au lieu de s’en aller avec les deux enfants apeurés qu’elle garde qui ne comprenaient pas ce qui était en train de se passer. Elle n’avait qu’à pas aller au commissariat porter plainte apeurée par ce type qui l’a suivi avec les enfants alors qu’elle partait du parc. Et puis elle n’avait qu’à pas aller au parc alors qu’il était entièrement vide. Ah non, pardon, il n’était pas vide le parc. Il était rempli d’enfants, de parents et d’auxiliaires parentales qui sont intervenus pour la défendre. Ah non pardon, je me trompe là, ils ont juste regardé la scène avec attention. Avec un regard soutenu, qui a mis la honte à l’agresseur. Ah non, je me trompe encore, c’est Maryse qui s’est sentie gênée, qui a eu honte…

Alors oui, je ne sais pas ce qu’il avait ce monde lundi et pourquoi il a soudain décidé de tourner à l’envers…

Images :  Soccer Ball