Ne fais pas de différence ! Il n’y a que les cons…

Avant d’avoir des enfants, on a tous notre idée sur l’éducation des enfants. Cette idée se base sur la façon dont on a été éduqué, sur les expériences observées dans notre entourage, sur ce qu’on peut entendre à la télé, lire dans les journaux. Pris dans la tourbillon de l’arrivée d’un enfant, et parfois d’autres enfants dans la foulée, on ne se rend pas compte de là où on est arrivé. Et puis un jour, on prend du recul, et on se marre…

Moi, pour me rassurer, je me dis qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

Avant d’avoir des enfants, je pensais qu’il était important de faire en sorte que chacun des enfants que j’aurais soit éduqué de la même façon. Leur donner tous la même chose plus ou moins au même moment. Presque 6 ans après mon premier enfant, je me marre. Mes 3 enfants, pourtant proche en âge sont éduqués de façon complètement différente :

  • Je pense plus de temps en tête à tête avec l’un,
  • Je suis plus stricte avec l’un et je négocie plus avec l’autre,
  • Je suis intransigeante avec l’un et je fais plus souvent de compromis avec l’autre,
  • Je vais plus au devant de l’un pour connaître son état d’esprit, j’attends que l’autre vienne me voir de lui même pour trouver du réconfort,
  • Je vois encore l’un comme un bébé, alors qu’à son âge je considérais les ainés comme des « grands »,
  • Je crains pour certains des choses que je ne crains pas pour les autres,
  • Je surveille ce que l’un mange, et ne fais pas attention que l’autre n’a pas mangé à un repas,
  • etc.

Mon premier réflexe est de me dire que cela n’est pas normal, que je devrais faire un effort pour les traiter tous de la même façon. Et puis je trouve pleins de raisons qui font que j’arrive à me convaincre qu’il n’y a pas de raison de les traiter pareil :

  • Nous sommes des parents différents. Un peu comme dans les méthodes agiles, j’arrive à me convaincre que nous sommes dans une démarche d’amélioration continue (on se console comme on peu). Riche de l’expérience que chacun nous a apporté, et du recul qu’on a pour les suivants, on corrige, on ajuste, on abandonne des combats vains, on se lance plus tôt des défis qui demandent à être anticipés.
  • chacun d’eux est un individu différent, avec des personnalités différentes, des besoins différents, des demandes différentes.
  • Dans une moindre mesure, le monde dans lequel on évolue a changé au cours de ces 6 dernières années.

Ce qui compte au final, c’est ce que les enfants en pensent, et pour le savoir, il faut parfois attendre longtemps… ou pas. Ma grande est très jalouse et souvent elle exprime son ressenti face aux différences de traitement qu’elle pense observer entre eux. A nous de les justifier, les corriger si besoin, nous ajuster encore une fois, pour trouver l’équilibre qui convient à chacun…

Et vous, vous essayez de les élever tous pareil ?

Image : larune123

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Garde-moi ! Confier ses enfants en vacances…

baby-99771_640Quand j’étais petite, depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, mes parents nous ont confiés (mes frères et moi) à de la famille. Souvent, et longtemps à ma grand mère (1 mois complet tous les ans), fréquemment à l’une ou l’autre de mes tantes. Les fois où j’étais triste qu’ils nous laissent étaient rares. En général, je m’en faisais une joie car cela signifiait de nouvelles aventures dans un lieu qui n’était pas ma maison.

Quand je suis devenue mère, c’est donc naturellement que je me suis dit que j’allais confier mes enfants à mes parents quand l’occasion se présenterait. Quand Lise a eu 10 mois, nous étions invité à un mariage au Maroc, et c’est donc logiquement que nous l’avons confié à mes beaux-parents. Tout s’est bien passé, mais à notre retour, nous avons vite remarqué un détail qui avait échappé à première vue  nos beaux-parents : sur toutes les photos qu’ils ont prises en notre absence, Lise ne souriait pas. Même à 10 mois, elle s’était rendu compte de notre absence. Hasard ou conséquence, c’est vers cette période là qu’elle s’est choisi un doudou.

Par la suite, elle est allé régulièrement en vacances avec mes parents.

Pour Melody, cela s’est passé différemment. Beaucoup plus accroché à partir de 1 an, nous n’avons eu ni besoin ni l’envie de la confier aussi tôt que sa soeur. Lise continuant à aller régulièrement avec mes parents pour des longs week-end ou de courtes vacances, nous lui demandions à chaque fois si elle voulait aller avec elle. La réponse était toujours catégorique « Non ! ». Puis vers 1 an et demi, Lise devait aller avec mes parents chez ma grand mère pour seulement 4 jours. Nous avons demandé à Melody, comme d’habitude si elle voulait partir avec ses grands-parents, et là, surprise, elle a répondu « Oui ! ». Elle était encore petite, et nous n’étions pas sûrs qu’elle comprenait exactement ce que cela impliquait. Et pourtant, quand ses grands-parents sont arrivés, elle a pris son sac à dos, m’a dit Aurevoir et elle est parti sans se retourner, et n’a pas été triste pendant tout le séjour.

Pour Jack, encore une fois cela a été différent. Jack était très accroché à nous, un vrai petit sauvageon.  En plus, les nuits ont été très longtemps aléatoires, je ne me voyais donc pas le confier à quelqu’un. Et puis, nous avons eu besoin d’un grand week-end de liberté pour aider un proche à déménager. Jack avait 20 mois, et nous avons demandé à mes parents de venir chercher les 3 pour un grand week-end. Nous lui avons bien expliqué et il est parti. Il avait un petit air tristounet en partant, mais il est parti sans pleurer et le grand week-end c’est très  bien passé.

Quand j’en discute avec les parents autour de moi, ils ont tous des approches différentes :

  • un de mes collègues confie pour 1 mois ses deux fils a ses parents et beaux-parents depuis qu’ils sont tous petits (à la base pour cause de vacances de la nounou),
  • de nombreux collègues ne trouvent personne qui veulent garder leurs enfants plus d’une nuit (certains grands parents, ne veulent même pas en garder plus d’un à la fois),
  • d’autres parents n’ont pas envie de confier leurs enfants et n’ont plus vécus une année sans enfant depuis de nombreuses années.

Je crois que la plupart des parents reproduisent, dans ce cas précis, le schéma dans lequel ils ont été élevé. Je comprends les différents points de vue :

  • les parents qui ne font pas des enfants pour les faire élever par les autres (mais bon, dans ce cas, cela signifie également qu’il ne faut pas prendre de nounou),
  • les parents qui ont envie que les règles qu’ils imposent à leurs enfants ne soient pas contestées et remises en cause (et on sait que les grands parents n’en font souvent qu’à leur tête !),
  • les parents qui ont peur de ce qu’il peut arriver à leurs enfants en leur absence,
  • les parents qui ne veulent pas oublier qu’ils existent en dehors de leur rôle de parent,
  • les parents qui n’ont pas d’autres choix
  • etc…

Paradoxalement, avec le temps, je suis de plus en plus triste quand mes enfants sont loin de moi alors je suis obligée d’anticiper leur absence (prévoir de faire des choses que je n’aurais pas le temps de faire autrement) et de me rappeler ce que cela peut leur apporter.

Je me souviens de ma propre expérience, de ces jours sans parent avec des règles différentes, un peu plus de liberté, un univers différent. Et je vois également ce que cela apporte à mes enfants. Souvent, en plus de profiter de leurs grands parents, ils profitent de leur cousin et cousine qu’ils ne verraient pas aussi longtemps en dehors de ces vacances loin de nous. Ils profitent aussi les uns des autres. Ce sont des expériences qui soudent la fratrie. Loin de nous, ils se rapprochent les uns des autres, se font des expériences dont nous, parents, sommes exclus. Je me souviens de tout ce que peuvent nous apprendre les autres que cela soit des grands parents, des oncles et tantes, des cousins cousines, qui sont tous différents, tous enrichissants.

Loin de nous, ils peuvent aussi apprendre la confiance dans le lien qui les lie à nous comme je l’ai appris lors de notre dernière séparation. En février, j’ai laissé à mes parents un petit garçon d’un peu plus de 2 ans qui avait un peu de mal à se séparer de nous, qui nous réveillait toutes les nuits, une fois dans la nuit, pour être rassuré et se réveillait à l’aube et nous appelait. Un petit garçon qui faisait des siestes très courtes et qui se réveillait en pleurant presque en hurlant, grognon pendant de long moment. Pendant son séjour, il a très bien dormi, nous a parlé tous les soirs au téléphone sans tristesse. Depuis qu’il est revenu, il dort très bien la nuit, il se réveille sûrement tôt mais ne nous appelle que quand on se lève, il fait de vrais siestes l’après midi et se réveille plus en douceur, moins dans l’urgence de nous voir.

Ainsi, nos enfants partent 3-4 semaines par an, par tranche de 1 semaine. C’est un rythme qui nous convient. Le tout est de ne pas leur dire trop tôt parce que sinon j’ai le droit tous les jours à l’éternelle question « Est-ce que c’est aujourd’hui qu’on part ? »

Et vous vos enfants, vous les laissez partir ?

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19 mois ! Le bilan au bout de 2 ans

Comme je l’ai déjà expliqué à des multiples reprises (19 mois !19 mois ! bis, 19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âge rapprochés) il y a 19 mois d’écart entre Lise et Melody, entre Melody et Jack. Au début, cet écart étonnait ou suscitait de l’incompréhension autour de nous. Aujourd’hui, plus personne, ou presque, ne nous fait de remarques sur le sujet. Jack a bientôt 2 ans, Lise 5 ans et Melody 3 ans et demi. Il n’est plus évident au premier coup d’oeil d’évaluer leur différence d’âge. Au pire, on me demande si ce sont les 3 miens…

Deux ans après, je n’ai aucun regret sur cet écart d’âge. Si je reprends les thématiques de la dernière fois, voici mon bilan.

La fatigue

La fatigue est bien présente. Les nuits où on ne se lève pas au moins une fois sont rares. Premièrement, Jack est celui qui a le plus tardé à faire ses nuits. Il a commencé à les faire un peu avant ses un an. Mais il a continué à nous réveiller la nuit, une à deux fois par semaine jusqu’à ses 18-20 mois. Son opération n’a pas aidé dans ce sens. Maintenant il est très très rare qu’il nous réveille la nuit. Par contre le matin, il n’est pas question pour lui de faire la grasse matinée. Je ne sais pas à quelle heure il se réveille vraiment parce que j’ai l’impression qu’il reste dans son lit sans faire un bruit. Mais cela doit être assez tôt parce qu’à partir de 6h du matin, au moindre bruit il nous appelle. Il lui est arrivé de dormir quelques fois jusqu’à 9h parce que rien ne lui avait fait penser qu’on était déjà levé, mais sinon, un chat qui miaule, un objet qui tombe dans la chambre de ses soeurs et hop il est debout. Les nuits où on dort sans se lever une seule fois sont rares également. Mais ce sont ses soeurs qui nous réveillent. Souvent Lise, elle est la spécialiste des cauchemars, plusieurs fois par semaine. Donc on doit se lever, la rassurer et c’est bon. Parfois Melody, elle bouge beaucoup la nuit et régulièrement elle ne sait plus retrouver son oreiller ou tombe par terre.

La fatigue est bien présente mais Jack et Lise étant les principaux responsables cela nous arriverait tout autant avec des enfants de plus de 3 ans d’écart.

Les couches

A la naissance de Jack, Lise était propre de jours comme de nuit. Nous avons donc eu les couches de deux enfants à changer en même temps. Melody a été propre de jour comme de nuit vers deux ans et demi (donc il y a un an). Je ne me souviens pas de cette période comme d’une corvée. Changer les couches de un ou deux enfants je ne vois pas trop la différence.

Le budget

Notre budget est celui d’une famille de trois enfants. Nous étions déjà équipé pour deux enfants rapprochés. Nous devions de toute façon acheter un autre siège auto pour Lise, donc Jack a récupéré son ancien. La marche porte parfois deux enfants mais c’est rare. Nous avons une garde à domicile. C’est peut être le seule poste de notre budget qui aurait peut être été amoindri si les enfants avaient plus d’écart, mais je n’ai pas fait le calcul. Est-ce qu’une garde à domicile qui récupère Lise à l’école le midi et le soir m’aurait couté moins cher qu’une assistante maternelle pour le dernier et la garderie du matin, du soir et la cantine pour les ainées ? Je n’en suis pas persuadée.

L’éducation

Parfois je n’ai l’impression de faire que ça. Apprendre, Répéter, Gronder, Séparer… Mais je crois qu’avec 1 enfant ou 3 c’est pareil et peut importe l’écart. Quand il n’y avait que Lise et Melody chaque sortie était une expédition et je ne serais jamais sortie pour autre chose qu’aller au parc pour elles. Avec les trois et depuis que nous sommes en banlieue plus éloignée c’est différent. Quand je suis seule avec eux nous sortons quasiment tous les jours pour aller au parc, à la ludothèque, au marché, à la boulangerie, faire une course, chez le médecin, se promener en forêt. C’est sportif, surtout les préparer en hiver, les mettre dans la voiture. Mais quand je suis seule avec eux, en général, ils écoutent mieux. Ils adaptent leur comportement. La plupart du temps ce sont des moments agréables.

La jalousie

La jalousie on en a. Jack est très possessif et, même si ça s’améliore avec le temps, il ressent souvent le besoin qu’on s’occupe de lui juste au moment où on doit absolument s’occuper de ses soeurs. Lise est jalouse, surtout de sa soeur. Elle nous dit souvent qu’on s’occupe plus de sa soeur et son frère que d’elle. Mais j’ai l’impression qu’elle commence à trouver normal qu’on fasse plus attentions aux plus jeunes. Elle sait aussi qu’elle bénéficie plus souvent que les autres de moments rien qu’avec nous. Melody n’est pas vraiment jalouse de l’un ou de l’autre. Mais parfois, on comprend clairement qu’elle a besoin qu’on s’occupe d’elle. Mais tout ça se gère de plus en plus facilement.

La complicité

Il n’y a sans aucun doute beaucoup de complicités entre eux. Où qu’ils soient, chez nous, au parc, à la ludothèque, chez les cousins et cousines, ils sont toujours à moins de 2 mètres les uns des autres. S’ils ne jouent pas ensemble, ils jouent à côté. Ils s’entraident et s’entraînent. Ils s’opposent et s’affirment les uns par rapport aux autres. Ils négocient entre eux. Ce sont des vrais experts en négociation. Quand Lise était petite et qu’elle jouait avec sa cousine de 2-3 ans son ainée, c’était souvent la grande qui respectait les règles du jeu fixées par la petite car la grande était plus raisonnable. A la maison le rapport de force dans les négociations est plus équilibré.

Melody va rejoindre sa grande soeur en maternelle cette année. Cela devrait également nous donner une idée du lien qui les unit. Aujourd’hui, elles nous disent qu’elles joueront à toutes les récréations ensemble, je ne pense pas que ce sera le cas (et heureusement). Mais est-ce qu’elles feront preuve de solidarité également en dehors de la maison ?

La vie de couple

Nous n’avons pas beaucoup de moments à deux. Mais nous n’en aurions pas beaucoup plus avec des enfants plus espacés. J’ai des amis qui ont deux enfants avec plus d’écarts. Et depuis la naissance de leur ainée, ils ne se sont jamais retrouvés à deux. La raison : ils n’ont personne à qui confier leurs enfants. Ils ont bien de la famille, mais personne qui n’accepte de prendre leurs deux enfants en même temps. Nous avons la chance de pouvoir confier nos trois enfants en même temps à des membres de notre famille. Nous savons qu’on s’occupera bien d’eux et qu’ils seront contents. Par conséquent, c’est plus l’entourage qui nous permet de passer du temps ensemble. Que nous ayons 1 ou 3 enfants avec 1 ou 3 ans d’écart n’aurait pas changé grand chose.

Pour le moment, je ne regrette pas cet écart entre mes enfants (ni le fait d’en avoir 3). Peut être que l’adolescence sera plus compliquée. Ils feront peut être leur crise en même temps. Aujourd’hui, il y a une certaine régulation entre eux. Ils ont tous leurs moments difficiles mais comme l’a déjà remarqué notre ainée, à un moment donné, quand l’un est très difficile à géré, les deux autres sont sages…

Seront-ils aussi compréhensifs avec nous en grandissant ?
Images : John Kay

Dors ! Partager sa chambre…

Kids Sleeping

Je me souviens avoir partager ma chambre avec un de mes frères pendant quelques années. J’en garde un souvenir ni bon, ni mauvais. Et pourtant quand j’ai eu des enfants j’aurais aimé qu’ils aient chacun leur chambre.

Quand j’étais enceinte de Melody nous vivions dans un appartement avec deux chambres, et il n’était pas question de déménager. Nous avions donc 2 possibilités : faire partager la même chambre à Lise et Melody, ou laisser notre chambre à Melody et aller dormir dans le salon.

Les 3 premiers mois, Melody dormait dans notre chambre. Nous pensions la transférer dans la même chambre que Lise quand elle ferait ses nuits. Mais pas de chance les nuits furent plus longues à arriver que pour Lise (qui a fait ses nuits à 1 mois). Quand nous nous couchions le soir, cela reveillait et je dormais mal : un bébé fait du bruit la nuit et à chaque bruit j’étais aux aguets me demandant si elle allait se réveiller pour réclamer à manger. De plus nous avions réservé un chalet pour les vacances et là bas nous n’aurions pas d’autre choix que de faire dormir les puces ensemble. Donc quelques semaines avant nous avons installé les deux filles ensemble dans la mêem chambre.

Au début, le coucher était très compliqué.

Nous avons essayé de coucher Melody avant Lise. L’objectif était d’attendre que Melody dorme profondément avant que Lise ne se couche. En effet, Lise était une grande bavarde au coucher. Elle parlait ou chantait pour s’endormir et nous avions peur que ça empêche Melody de s’endormir. Malheureusement, Melody mettait parfois longtemps à s’endormir et Lise se couchait alors très tard.

Ensuite nous avons essayé de coucher Lise avant Melody. L’objectif était d’attendre que Lise dorme profondément avant que Melody ne se couche. Comme ça, il n’y aurait pas de bruit au moment de coucher Melody. Mais ce n’était pas non plus la solution, Lise pouvait parlait très longtemps avant de s’endormir et Melody était trop fatigué.

Jamais je me suis dit que de les coucher en même temps pourrait fonctionner, nous nous sommes cassé la tête à chercher une solution. Et puis nous nous sommes rendu à l’évidence, nous n’avions qu’à les coucher en même temps, cela ne serait peut être pas « pire ». Et ce fut la solution miracle. Melody qui avait du mal à s’endormir sans râler, s’endormait maintenant sans un bruit. Elle écoutait sa soeur papoter et ça devait lui faire le même effet qu’une berceuse. Nous n’avions pas de problèmes pour la sieste non plus. Melody qui faisait encore la sieste le matin, faisait une plus petite sieste l’après midi que sa soeur, mais nous pouvions aller la lever sans que cela réveille Lise (et cela se passait pareil la nuit tant que Melody ne faisait pas ses nuits).

Pourtant il y a eu des périodes où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre (Dors ! Quand le sommeil ne vient pas…). Lise a eu de gros soucis d’endormissement que nous gérions très mal. Quand Lise avait 2 ans et demi et Melody 1 an, Elle avait découvert que si elle allait faire mal à sa soeur dans son lit, nous débarquions dans la chambre très en colère. Cela a duré plusieurs mois où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre.

Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Nous avons parfois du mal à les coucher. Mais cela ne serait pas différent si elles étaient séparées.  Ce que je trouve drôle c’est qu’elles nous font le coup chacun leur tour. Même si sur un coup de colère, elles disent parfois qu’elles ne veulent plus partager leur chambre, je crois qu’elles auraient du mal à trouver leur sommeil sans la présence de l’autre. Je ne peux pas dire si cela influe sur leur complicité. Elles ont beaucoup de tendresse et commencent à partager des jeux avec leur petit frère même s’il ne partage pas leur chambre.

Ce que je retiens de tout ça, c’est qu’en tant que parent, je présume souvent qu’une situation va être compliquée. Pourtant, une fois que j’y suis confrontée, je me rends compte que mes enfants ont une grande capacité d’adaptation. Je me demande à quel point on se complique la vie pour éviter des situations que nos enfants sauraient très bien gérer…

Images : Svante Adermark

19 mois ! Est-ce plus difficile d’avoir des enfants d’âges proches…

Mes filles ont 19 mois d’écart et la dernière aura 19 mois d’écart avec son petit frère. Cet écart nous l’avons voulu et nous avons la chance d’avoir été exaucés. Pourtant, bien souvent, les personnes qui apprennent notre configuration familiale sont surpris et ont du mal à comprendre. J’entends bien souvent « Vous avez du courage », « Ça doit être compliqué ! », « Vous devez être fatigués ». Toutes ces personnes sont des personnes qui ne savent pas ce que c’est que d’avoir des enfants avec un écart inférieur aux 3 ans « standards » en France.

Qu’est-ce que cela change vraiment d’avoir des enfants d’âges proches ?

La fatigue
Avoir deux enfants en bas âge, ça veut dire se réveiller deux fois plus la nuit. Entre les dents pour l’une, les cauchemars de l’autre, et l’inconfort de la grossesse, je ne sais plus ce que c’est que faire mes nuits. Cela veut aussi dire beaucoup moins de repos en journée car il faut toujours s’occuper de l’un ou de l’autre, les surveiller, assurer leur sécurité. Avant 3 ans, les enfants sont encore très dépendants de leurs parents. Mais je me rends compte aussi que je vieillis et que même avant d’avoir deux enfants, la fatigue arrivait beaucoup plus vite qu’à mes 20 ans. J’ai donc le sentiment que je supporterais moins cette fatigue des premières années dans 3 ans ou plus.

Les couches
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie changer les couches de deux enfants tous les jours. Mais ça ne m’a pas dérangé. Je suis certes soulagée que Lise soit propre en journée et à la sieste, mais pas tellement sur l’aspect du change mais plus sur le fait que je n’ai plus à la lever pour la mettre sur la table à langer. L’avantage c’est qu’on n’a pas eu l’occasion de profiter de ne plus avoir à changer les fesses d’un bébé, donc on ne peut pas « regretter » cette époque. Et puis, si on avait attendu 3 ans entre chaque enfant, on aurait au final passé  9 ans dans les couches alors que là, si tout va bien, on n’aura passé que 6 ans dans les couches.

Le budget
Avoir deux enfants en bas âge, cela signifie pour nous deux gardes à payer (je travaille au 4/5ème), deux sièges auto du même groupe, deux lits à barreaux, une marche pour la poussette. C’est sûr, c’est un surcoût dans notre cas.

L’éducation
 Parfois, j’ai l’impression de passer ma journée à faire la police, courir après l’une ou l’autre, régler les conflits et dire non. De plus, il ne faut pas négliger l’effet de groupe, quand elles ne se chamaillent pas, elles se montrent les bêtises. Heureusement, elles s’occupent aussi l’une de l’autre, jouent ensemble et apprennent l’une de l’autre. Il y a des interdits qu’on n’a pas eu besoin de poser avec Melody, parce que tout simplement elle les connait depuis toute petite car elle nous a vu les poser pour Lise. Lise a « seulement » quelques mois d’avances sur Melody, donc les choses s’enchaînent naturellement que cela soit pour les enfants ou les parents. En plus, par soucis d’équité, nous appliquons souvent les mêmes limites aux deux, et je me suis rendue compte qu’un bébé comprend très tôt les limites, le « non » et les interdits (bien avant l’âge auquel nous avons oser les appliquer pour l’ainée).

La jalousie
Lise a été jalouse de Melody. Parfois, je me suis dit que c’était multiplié par le fait que Lise a du partager l’exclusivité de ses parents un peu trop tôt, alors qu’elle avait beaucoup besoin de nous. Et puis, je vois des frêres et soeurs avec plus d’écart qui sont tout autant jaloux parce qu’ils se rendent compte et se souviennent qu’avant ils avaient leurs parents rien que pour eux. Je me dis alors que la jalousie ne doit pas être lié à l’écart entre les enfants.

La complicité
Plus les filles grandissent, plus je vois une complicité naître en elle qui me ravie. Dans ce cas, j’ai un peu l’impression d’avoir les avantages de parents de jumeaux sans les inconvénients. Elles se stimulent mutuellement, apprennent ensemble, jouent ensemble, se liguent contre nous (oui c’est inévitable), se consolent, se soutiennent, s’entraident. Plus le temps passe et plus les moments de complicités deviennent plus fréquent au détriment des chamailleries.

Même si je ne vois pour le moment que la période « en bas âge » Je n’ai vraiment pas le sentiment qu’il soit plus compliqué d’avoir des enfants rapprochés, chacun a ses avantages et ses inconvénients. Dans ma situation, je pense que cela me convient plus. Et que cela me permettra dans 3 ans, quand tous mes enfants seront à l’école, de passer plus rapidement à autre chose, à une autre étape de notre vie de famille et sûrement aussi de ma vie professionnelle.

Images : John Kay

Lis moi un livre ! Simon, le petit lapin de Stéphanie Blake

Je lis beaucoup. Pas de la grande littérature, mais les livres sont un de mes principaux passe-temps. C’est donc tout naturellement, que la bibliothèque de mes enfants est déjà bien remplie, et je n’ai donc pas fini de vous faire partager nos bonnes expériences sur ce sujet. Il est parfois difficile de sortir des classiques Tchoupi, et des livres à toucher, tant que les enfants n’ont pas la patience d’écouter une histoire trop longue.

Nous avons découvert, il y a un an, Simon (de Stéphanie Blake), ce petit lapin espiègle qui vit des aventures dans lesquelles les plus jeunes se reconnaissent assez bien. Les livres sont pleins de couleurs, très colorés, avec des dessins et un langage moderne. Ils sont aussi pleins d’humour et font travailler l’imagination des tous petits. Pour ne pas gâcher le plaisir, il existe en format compact (super pratique pour mettre dans le sac à dos quand on part en voiture) et à un prix raisonnable (environ 5€). Et encore, raisonnable est un adjectif tout relatif, je compare aux livres à toucher, par exemple, qui coûtent facilement plus de 10€. Voilà donc ceux que nous avons à la maison.

Dans cet épisode, Simon le petit lapin répond à toutes les questions par « Caca Boudin ». Ce qui va lui jouer un drôle de tour qui va lui faire passer l’envie de dire ces mots (pour mieux les remplacer par un autre…).Ce livre nous a initié, notre fille et nous, aux aventures de Simon. Il a été tout de suite adopté. Mais nous lui devons peut-être le comportement actuel de Lise qui dit que nous allons aux « Caca-nageurs » tous les samedi matin, parce que c’est franchement plus drôle comme ça !
Tout le monde a été confronté à un enfant mono maniaque sur le plan alimentaire. Simon n’y échappe pas, pas question de manger de la soupe, des légumes, de la viande. Il a décidé qu’il voulait des pâtes et rien d’autre ! C’est quand même d’un super lapin dont on parle, pas question de se laisser faire ! A moins qu’il ne se rende compte qu’il pourrait se priver de quelque chose de bien plus intéressant…
 Il se passe quelque chose dans la maison de Simon. Un petit squatteur semble s’être installé, et personne ne songe à le ramener à l’hôpital. En plus, ce petit squatteur n’est même pas protégé des loups qui rodent la nuit autour du lit de Simon. Qu’à cela ne tienne, malgré qu’il ne veuille pas de cet intrus dans sa maison, Simon est bien décidé à protéger ce bébé Cadum coûte que coûte !
Cette fois-ci ce n’est pas Simon qui rencontre un problème mais son petit frère. Pas question de faire dodo sans doudou ! Pourtant doudou est resté dehors, dans la cabane. Mais Simon, le super lapin, va prendre son courage à deux mains et va devenir Simon le super grand frêre. A l’assaut du noir, il va essayer de vaincre la nuit pour rendre son doudou à son petit frère.

Le point fort de ces livres est vraiment l’humour et la légèreté avec lesquels sont abordés les sujets. Ils ne sont jamais culpabilisants pour l’enfant (ni pour les parents d’ailleurs) et permettent vraiment d’aborder les sujets en dédramatisant ces petits tracas par lesquels on passe tous.

Jeux de mains !

Melody marche. Depuis qu’elle passe tout ce temps debout, ses rapports avec Lise changent.

Lise est partagée entre le plaisir d’avoir une compagne de jeux qui découvre des jeux impossibles jusque là (jeux de balles, les courses poursuites, les promenades de bébés en poussette, les escalades diverses cet variées…) et la menace de sa place de grande.
Melody imite sa sœur à longueur de journée, la suit partout et cherche son attention à tout prix. Elle ne comprend pas que sa grande sœur ne réponde pas à toutes ses exigences.

De plus, elles ont toutes les deux bien remarquées que quand l’une crie, les adultes rappliquent. Donc, cela devient une arme d’attraction massive des parents.

Nos journées alternent donc entre franches rigolades et chamailleries en tout genre qui menacent toujours de mal tourner. Le plus dur, en tant que parents, c’est de ne pas s’affoler. Dans ces cas, malgré mes bonnes résolutions (cf. Calme toi !), je ne peux pas m’empêcher de crier. Comment ne pas crier quand votre fille (la grande comme la petite) se fait marcher dessus, se fait mordre, tirer les cheveux, se prend des coups de pieds ? Pour l’instant, je n’ai pas encore la maîtrise de moi suffisante pour prendre cela avec sérénité… J’ai toujours l’impression qu’une de mes filles va finir à l’hôpital.
Après coup, bien sûr, je relativise. Les enfants, si jeunes, ne sont pas cruels. Les enfants, si jeunes, ne se rendent pas compte qu’ils font mal. Les enfants, si jeunes, sont encore très souples.Et aussi, les enfants, si jeunes, ne connaissent pas la rancune et la vengeance…
En attendant que cela se passe, j’hésite toujours entre la nécessité de réagir et d’interdire, et entre la nécessité de ne pas trop en faire afin que ce mode d’action ne devienne pas un moyen redoutable d’obtenir notre attention.