Travaille ! Un congé parental attendu…

Je vous ai déjà expliqué comment je m’étais retrouvé en congé parental malgré moi. Entre le moment où la décision a été prise et le début du congé parental il y a eu 4-5 mois. Pendant ces quelques mois, mon esprit a navigué entre la crainte et l’attente.

Il m’a fallu un mois pour accepter complètement positivement ce congé parental. Pendant que je mettais tout ça en place, administrativement parlant (j’entends par là, avec mon entreprise), j’ai découvert que, légalement, mon entreprise pouvait me refuser ce congé parental. En effet, la loi autorise les parents à prendre un congé parental jusqu’au 3 ans de l’enfant. Ce qu’on sait plus rarement, c’est que cela est possible dans la limite de 3 renouvellements. Dans mon cas, j’avais besoin de 4 renouvellements (car chaque changement de rythme 4/5ème vers temps plein par exemple, correspond à un renouvellement). Quand j’ai cru que ce congé-parental-malgré-moi pourrait devenir recrutement-de-nounou-de-remplacement-malgré-moi, j’ai compris que finalement, au fond de moi, ce congé parental je le voulais vraiment.

J’aime bien que les choses soient carrées, logiques, j’aime bien l’équité. Cette mini-obsession a été très satisfaite par le fait qu’il y ait exactement 19 mois entre chacun de mes enfants… Ceci a également entraîné que :

  • j’ai ainsi pu profiter de Lise vers ses 18 mois quand j’étais en congé maternité de Melody.
  • J’ai pu profiter de Melody vers ses 18 mois (et aussi un peu de Lise qui entrait à l’école) quand j’étais en congé maternité de Jack.

Mais comme Jack est le petit dernier, je n’aurais jamais eu l’opportunité de profiter de lui avant son entrée à l’école sans ce congé parental impromptu. Je n’avais, que rarement, l’occasion de m’occuper de lui à 100% puisque ses sœurs ont toujours été dans les parages.

Ceci s’est combiné à une autre prise de conscience plus inquiétante. Moi, la mère de mes enfants, je redoutais de m’en occuper. Mes enfants, je les aime. Je n’ai aucun doute là-dessus, depuis qu’ils sont nés et même avant. Je les aime parce que ce sont mes enfants, ils sont petits, vulnérables, ils ont besoin de leurs parents. Mais, passer du temps avec eux, seule à seule m’a toujours fait peur, pour de multiples raisons. . Mes peurs étaient multiples :

  • peur de ne pas être à la hauteur : je ne sais pas si  nos parents ressentaient cela aussi, mais j’ai l’impression qu’on est une génération de parents angoissés, qui se mettent la pression, qui se comparent. Je me suis toujours mise la pression toute seule depuis qu’on a des enfants. Comme si j’étais seule responsable de la réussite de l’éducation de mes enfants : manger équilibré, bien dormir, être sage, être bien élevés, etc. Comme si chaque écart était comme un échec.
  • peur de n’avoir plus de temps pour moi : quand je travaille, je sais que j’ai quelques temps où je n’ai pas d’autres responsabilités que ma propre responsabilité (notamment, les temps de trajets et les temps de repas).
  • peur de décevoir mon mari qui pourtant n’avait aucune attente particulière. Il voulait juste que je garde mes enfants pour leur éviter une nouvelle adaptation pour une nouvelle nounou.
  • peur pour mon travail : je n’avais pas peur pour un licenciement, mais juste que cela freine encore plus ma carrière, que les projets sur lesquels je travaillais soient repris par d’autres.
  • peur de décevoir mes enfants : cela ne doit pas être agréable d’entendre ses enfants nous dire qu’ils préféraient la nounou.

Le déroulement de mes mercredis en étaient une illustration, même si ça s’améliorait depuis qu’on était dans la maison, je finissais souvent la journée épuisée, à bout de nerf, avec l’impression d’avoir rien fait, ou tout mal…

Les parents qui ne sont pas capables de s’occuper de leurs enfants sont rares. Tout dépend ensuite du niveau d’exigence qu’on vise, des critères qu’on se fixe pour déterminer si oui, ou non, on sait s’occuper de nos enfants. Le seul critère qui devrait compter c’est le respect de ses enfants, de leur santé, leur bien-être et leur bonheur. Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine.

Je me suis demandée, comment on en arrive là : ne pas se sentir capable de s’occuper de ses propres enfants alors qu’à aucun moment on ne fait quelque chose de grave, de dangereux. Ma conclusion est que nous vivons dans une société qui a érigé le travail des femmes comme un objectif à atteindre. Le corollaire, c’est qu’on estime que le mieux pour nos enfants c’est d’avoir deux parents qui travaillent, et donc quelqu’un d’étranger au foyer qui s’occupe d’eux tout ce temps. Plus personnellement, à force d’entendre que je ne dois surtout pas faire l’erreur de m’arrêter un jour de travailler pour mes enfants, je me suis peut être inconsciemment persuadée que, de toute façon, je n’en serais pas capable et qu’il n’y avait donc rien à regretter.

A partir de là, je l’ai attendu ce congé parental. J’avais envie de voir si je pouvais prendre soin de mes enfants, les aider à grandir au mieux tout en étant heureuse de le faire. J’ai décidé de profiter de cette chance qui m’était donné sans trop me mettre la pression et sans non plus idéaliser un monde merveilleux où tout serait rose et chantant au quotidien.

La suite viendra dans quelques temps…

Images : Robert Wade

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5 réflexions sur “Travaille ! Un congé parental attendu…

  1. Agnès dit :

    Une des raisons qui fait qu’on préfère faire garder nos enfants par d’autres, c’est que si on est à la maison, le monde attend de nous qu’on s’occupe aussi des tâches ménagères- et que la maison soit nickel-, ce qui n’est pas forcément le cas d’une nounou. Comme vous dites  » Mes enfants en ont rien à faire de savoir si je suis à jour dans les tâches ménagères. Mes enfants n’ont pas le sentiment d’avoir mal mangé quand ils mangent plusieurs fois des pâtes dans la semaine », malheureusement le conjoint n’est pas toujours de cet avis, il a souvent tendance à considérer que si vous êtes à la maison, vous pouvez tout faire. Et il ne se rend pas compte que ce qui est de l’ordre du possible quand les enfants sont scolarisé ne l’est ni avant, ni pendant les vacances !

    • J’ai tendance à me mettre la pression sur l’état de la maison ou les repas, mais ce n’est pas du tout le cas de mon mari. Il préférera toujours que les enfants et moi soyons calmes et détendus que la maison nickel mais que je sois à bout de nerf… Je dois avoir de la chance…

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