Garde-moi ! Finalement, on rempile…

Comme je le disais dans mon précédent article, nous avons eu une déconvenue avec notre auxiliaire parentale. Le mois écoulé a été très intense : stress, fatigue, maladies. Un très mauvais cocktail. Pour moi. Nous avons encore une fois vérifié que la vie n’est faite que de compromis.

Au final, nous avons repris une auxiliaire parentale jusqu’en septembre. Et je vais accepter la promotion qui se présente à moi. Cela nous a valu beaucoup de nuits blanches, de questionnements. Ce qui a pesé dans la balance c’est :

  • Jack a très bien accepté la reprise avec la nounou (celle qui s’en allait). Il était triste le matin, mais il acceptait que je parte,
  • Le soir, en rentrant du travail, les enfants étaient zen, calmes,
  • Une auxiliaire parentale nous a été conseillé et semblait être la meilleure auxiliaire parentale qu’on puisse trouver dans un délai aussi court,
  • Nous n’avions aucun espoir d’avoir une place en crèche,
  • Nous n’avions aucune assistante maternelle qui accepte de travailler jusqu’à 19h et d’avoir un contrat de 8 mois seulement.

J’espère que nous ne regretterons pas notre choix, et que nous allons pouvoir souffler… Jusqu’en septembre

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Garde-moi! La solution miracle pour ne pas avoir de problèmes de nounou…

Au niveau de la garde d’enfant, j’ai un peu l’impression d’avoir toujours fait les mauvais choix. Il y a eu :

Hormis le manque de chance, pour chacunes d’elles nous avons dû fermer les yeux sur certaines choses, faire des compromis.

Donc ma deuxième auxiliaire parentale a arrêté de travailler début juillet. Parce qu’elle nous avait promis à multiples reprises qu’elle reprendrait le travail ensuite, que jamais elle ne s’arrêterait de travailler,nous avions décidé que je prendrais un congé parental le temps de son congé maternité. L’idée était de perturber le moins possible nos enfants, qu’ils gardent leur rythme, leurs habitudes, qu’ils n’aient pas à s’adapter à une nouvelle personne.

Quand elle nous a annoncé, 1 mois avant sa reprise qu’elle était en arrêt maladie 1 mois de plus, j’ai pu prolonger un peu mon congé parental, et mes parents nous ont gardé les enfants 2 semaines. Elle nous avait garanti que cela ne changeait pas sa motivation à revenir travailler, il n’y aurait plus de contre temps. 1 mois avant sa reprise, 2 semaines avant sa reprise, je lui ai redemandé si elle était sûre de reprendre, et que surtout, au moindre doute, elle nous appelle pour qu’on chercher une solution « au cas où ». Mais à chaque fois, aucun doute n’a été exprimée, elle m’a garantie qu’elle revenait travailler, c’était sûr et certain.

Comme annoncé, elle est revenu travailler lundi. Mais elle nous a également annoncé le matin de sa reprise qu’elle démissionnait et que dans 15 jours, nous nous retrouvions sans solution de garde pour mes enfants. Je suis vraiment sous le choc :

  • je suis choquée parce que je ne m’y attendais pas, je l’avais encore eu au téléphone le vendredi précédent.
  • je suis choquée d’imposer à mon fils de 2 ans, qui a un peu du mal à se séparer de nous, de devoir s’adapter à sa nounou pendant 2 semaines pour mieux s’en séparer et de devoir tout recommencer par la suite.
  • je suis choquée de devoir demander à mes parents, à mon beau-frêre de nous dépanner le temps qu’on trouve une solution acceptable.
  • je suis choquée que la loi ne nous donne que 2 semaines pour nous retourner. On parle bien d’enfants, même de bébés, pas d’objets qu’on confie à n’importe qui.

J’en veux à ma nourrice, même si elle ne fait que respecter son droit, et qu’elle ne voit pas dans la situation dans laquelle elle nous met. Je m’en veux à moi aussi, car la solution aurait été de m’arrêter dès le début de son congé maternité jusqu’à la rentrée à l’école de mon fils.

En attendant, les options qui s’offrent à nous sont :

  • de prendre une assistante maternelle pour notre fils, et mettre nos filles à la cantine et à la garderie,
  • de prendre une auxiliaire parentale pour les trois,
  • de mettre notre fils en crèche et nos filles à la cantine et à la garderie (ah non, en fait, la crèche c’est presque impossible),
  • que mon mari s’arrête à son tour (il voudrait bien, mais la différence de salaire est beaucoup trop importante),
  • que je m’arrête à nouveau, refuse une promotion que mon chef me propose, fasse une croix sur ma boite actuelle auprès de laquelle je n’ai plus aucune crédibilité.

Les deux premières solutions sont l’annonce d’autant d’embûches que ce que nous avons déjà vécu, on n’aura aucune garantie que cela se passe bien, aucune garantie d’avoir encore des contre-temps.

Je ne sais pas encore ce que nous allons faire. Mais ce qui est sûr, c’est que pour le bien être de nos enfants les deux dernières solutions sont les meilleures…

Comme promis, voilà la solution miracle pour ne pas avoir des problèmes de garde pour ses enfants : il ne faut pas travailler

Travailler ou ne pas travailler ! Le libre choix…

Travaillant au 4/5ème depuis la naissance de Melody, je perçois deux aides de la CAF :

  • Le complément Libre Choix du Mode de Garde : qui regroupe des aides pour faire garder mes enfants
  • Le complément Libre Choix d’Activité : qui fournit un complément de salaire qui a pour objectif de permettre aux parents de diminuer ou arrêter leur activité pendant un certain temps (qui dépend du nombre d’enfant à charge.

Je me suis demandée si ce « Libre Choix » existait vraiment.

Action de choisir, prendre quelqu’un, quelque chose de préférence à un(e) ou plusieurs autres.

Qui n’est pas soumis à une ou plusieurs contraintes extérieures.

Le libre choix serait donc la possibilité de choisir entre différentes options sans contraintes extérieures.

Quand on doit choisir entre travailler ou pas, comment faire garder ses enfants, il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont vraiment un Libre Choix.

Travailler ou ne pas travailler

Les contraintes qui se posent à nous quand on a des enfants et qu’on décide de travailler ou pas sont les mêmes qui vont inciter certains à travailler et d’autres à garder leurs enfants, on peut citer:

  • éducative :
    Chaque parent a une vision personnelle de l’éducation de leurs enfants. Si on a des exigences particulières, il est possible que l’offre de garde de permette pas de répondre à ses exigences.
  • sociale :
    Qu’il soit familial, communautaire ou professionnel, les personnes extérieures au foyer exposent un modèle auquel on est obligé de porter attention. Les attentes de ces personnes influent forcément sur notre choix que cela soit par un désir de rester conforme à leurs attentes ou de s’y opposer.
  • financière :
    Vraiment très peu de personnes n’ont aucune contrainte financière qui leur permette librement de travailler ou de ne pas travailler.

Les compléments libre choix du mode de garde et d’activité (mais aussi le crédit d’impôt lié à la garde d’enfants) doivent être un levier pour supprimer cette dernière contrainte. Cependant, ils peuvent aussi orienter fortement le choix de travailler ou de ne pas travailler. Il serait beaucoup trop simpliste de dire que les bas salaires sont incités à rester à la maison et les hauts salaires à aller travailler, le calcul est beaucoup plus complexe que ça et dépend également du mode de garde, du nombre d’enfants et des revenus globaux du foyer. Tout ce que je peux dire, c’est que dans mon cas (j’ai un salaire au dessus du salaire médian, 3 enfants), le plus intéressant financièrement serait d’avoir une place en crèche au 4/5ème (et évidemment de travailler au 4/5ème). Je connais des femmes avec des petits salaires qui financièrement ne peuvent pas retourner au travail. Je connais également des femmes avec des petits salaires qui sont obligés de travailler.

Sauf dans le cas de quelques minorités, ce libre choix d’activité est une vue de l’esprit.

Crèche, Assistante Maternelle, Garde à domicile

Les trois principaux modes de gardes ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Les éléments dans la balance sont :

  • le respect des rythmes de l’enfant,
  • le respect des choix des parents,
  • la sociabiliation,
  • la confiance dans le système et dans les personnes impliqués dans la garde des enfants,
  • les horaires,
  • le coût financier.

Idéalement, on pourrait faire un tableau qui met en regard ces éléments et les différents modes de gardes et faire un choix libre et éclairé en fonction des avantages et inconvénients de chaque mode de garde. La première condition serait d’avoir le choix, mais pour de multiples raisons, les choix peuvent être limités :

  • existence du choix :
    Rares sont les parents qui peuvent librement choisir entre ces trois modes de gardes. Souvent c’est la place en crèche qui n’est pas disponible mais parfois dans certaines régions c’est l’assistante maternelle ou la garde à domicile qui est difficile à trouver.
  • les horaires :
    Pour les parent qui ont des horaires spécifiques (travail de nuit par exemple), la crèche peut être exclue quasiment d’office. L’assistante maternelle peut être également difficile à trouver.
  • le coût financier :
    La garde à domicile est rarement, financièrement intéressante. Peu de gens peuvent se le permettre, et le seul élément qui permet de faire peser la balance en sa faveur est le nombre d’enfants à garder.

Les autres éléments que j’ai cité précédemment : respect du rythme des enfants, respect des choix des parents, sociabilisation, confiance, dépendent finalement peu du mode de garde mais plus des individus et organisations à notre disposition.

Le complément libre choix du mode de garde doit permettre de diminuer les contraintes financières. Mais il faudrait pour cela que tous les modes de gardes aient le même coût final. Ce qui n’est pas du tout le cas et me semble impossible. Les tarifs des crèches aidées par la CAF sont encadrés. Les tarifs des assistantes maternelles sont plafonnées si les parents veulent percevoir les aides de la CAF, mais une partie de la rémunération n’entrent pas dans le calcul (frais d’entretien et de repas). Les tarifs des garde à domicile sont libres et dépendent de la loi de l’offre et de la demande. Même l’aide de la CAF est différente. Ainsi quand on emploie une assistante maternelle, toutes les charges sont payées par la CAF et on perçoit un complément par enfant gardée. Alors que quand on emploie une garde à domicile, au maximum 50% des charges sont payées par la CAF et on ne perçoit qu’un complément par foyer (quelque soit le nombre d’enfants gardés).

Il me semble donc que le libre choix du mode de garde est également une vue de l’esprit.

J’aimerais bien savoir si une étude a déjà été faite sur l’utilité de ces dispositifs et si ils permettent vraiment de résoudre les problématiques pour lesquelles ils ont été mise en place.

Dans mon cas personnel, ces aides m’ont incité à me mettre au 4/5ème à l’arrivée de Melody. Ces aides m’ont également incité à m’arrêter complètement pendant 4 mois, pendant le congé maternité de ma nounou actuelle. Mon choix aurait été différent si ces aides n’existaient pas et si j’avais eu réellement le choix de mon mode de garde.

Images : Duncan Hull