Calme toi !

Cette semaine, j’ai pris la décision de ne plus m’énerver contre mes filles (la petite n’a pas à se plaindre pour le moment) et d’essayer d’être plus zen.

Je me suis rendue compte que je criais trop souvent pour me faire entendre. Je me suis rendue compte que Lise et Melody criaient trop souvent pour se faire entendre.
C’est là tout le sens de mère modèle pour moi. Non pas comme la mère idéale, celle que chaque femme aimerait être, mais plutôt la mère en tant que modèle pour ses enfants (d’ailleurs, ça marche pour le père aussi et pour toute personne que l’enfant côtoie et apprécie beaucoup).
Il faut bien que je comprenne une fois pour toute que mes enfants passent beaucoup de temps à m’observer et à calquer leurs propres comportements sur le mien. Donc si elles  sont colériques ce n’est pas pour rien. Jusqu’à présent, je me disais que je n’y pouvais rien, mais bien sûr que si, je peux leur montrer un meilleur exemple !

Le pire, c’est que dans mon travail, j’ai appris à maîtriser mes sentiments, mes émotions et mes énervements. Il y a 10 ans, la fougue du débutant ne m’aidant pas beaucoup, j’étais très impulsive, très émotive et très « transparente » sur mon opinion des autres. Dès que je n’étais pas d’accord sur ce que mon interlocuteur pouvait dire ou faire, je réagissais, exprimais le fond de ma pensée (Non, on ne dit pas à un client ou à un responsable « Pauv’con, ton idée est vraiment débile, rentre chez toi et laisse moi faire! »). Et avec l’expérience, j’ai appris :

  • à écouter mon interlocuteur jusqu’au bout avant de réagir (et vraiment écouter, comprendre et non juste attendre qu’il ait fini de parler).
  • à calmer mes émotions et ma tempête intérieure avant d’exposer mes arguments.
  • à m’adapter à la personnalité de l’autre pour adapter mes méthodes de communication. Il y a de s d’obtenir ce qu’on veut, et la manière douce, la manipulation est souvent la meilleure. Certains préfèreront une réponse directe et sans fioritures, d’autres préfèrent avoir le sentiment d’avoir trouver eux-mêmes la solution, etc.

Biensûr, j’entends par manipuler : manier, manoeuvrer avec soin » et non sa définition péjorative qui consiste à agir avec malveillance pour atteindre son objectif.

  • à me laisser convaincre par le point de vue différent des autres.

Je fais donc cela tous les jours pour mon travail, et je ne serais pas capable de faire ça dans mon propre foyer ? Voilà un comble. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il fallait que j’applique ces mêmes principes (écoute, maîtrise de soi, adaptabilité, communication) à mes enfants. (Et il m’aura fallu plus de 2 ans et demi pour ça !).

Je ne sais pas combien de temps mes bonnes résolutions vont tenir, mais pour le moment je suis motivée, et je vais bientôt adhérer aux Colériques Anonymes.

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On ne doit pas taper !

Alors que j’étais naïve et sans enfant, je ne comprenais pas ces enfants qui tapent sans raison sur les autres. Cela me laissait incrédule, et je devais sans doute me dire, que cela venait des parents.

Quand Lise est arrivée à l’âge des bêtises plus ou moins graves, mon mari et moi avons décidé de ne pas lui donner de fessées. Nous partons du principe assez simple qu’il serait incompréhensible pour elle de comprendre qu’il ne faut pas taper les autres, quelque soient les raisons, si de notre côté nous lui en donnions le mauvais exemple.
Elle n’a dû recevoir qu’une ou deux tapes sur la couche plus motivées par la peur que nous avons eu que par l’idée que nous faisions ce qu’il fallait faire. Nous sommes à chaque fois revenus sur notre geste, une fois la crise passée, avec Lise, en nous excusant et en lui expliquant qu’il nous arrivait nous aussi de faire des erreurs et de nous laisser déborder par nos émotions du moment.

Ça ne l’a pas empêché d’avoir une période très agressive envers les autres enfants de tout âge et bien souvent sans agression de leur part… J’étais toujours assez honteuse envers les autres parents et les remontrances ont eu longtemps l’air d’être inutiles. Cela a duré de 18 mois à plus de deux ans.

Cela arrive encore que Lise tape. Je rajouterais même « Heureusement ! », c’est souvent un signe de frustration. La frustration de ne pas savoir exprimer autrement un débordement d’émotion parfois positive, ce qui est d’ailleurs très étonnant de notre point de vue. À quel adulte viendrait-il l’idée de dire : « Bonjour, tu m’as l’air sympa, tu veux bien discuter avec moi ? » et de conclure par une belle droite en plein dans les dents ?

Mais je vois maintenant les jeunes enfants qui tapent d’un œil différent en fonction de leur âge. Je vois aussi les parents d’un œil différent. Il y a ceux qui sont catastrophés, et je me revois à leur place. Ceux qui reprennent leur enfant avec fermeté mais douceurs. Il y a ceux aussi qui regardent ailleurs jusqu’à ce que les parents de la victime soient obligés d’intervenir. Ces derniers, je ne les comprends pas. Mais je ne sais pas si on peu déduire de l’attitude des parents, la future attitude de leurs enfants.

Être parents c’est bien souvent revoir ses certitudes et apprendre la nuance : dans nos actions, dans nos jugements, dans nos prises de décisions.