Garde-moi ! Confier ses enfants en vacances…

baby-99771_640Quand j’étais petite, depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, mes parents nous ont confiés (mes frères et moi) à de la famille. Souvent, et longtemps à ma grand mère (1 mois complet tous les ans), fréquemment à l’une ou l’autre de mes tantes. Les fois où j’étais triste qu’ils nous laissent étaient rares. En général, je m’en faisais une joie car cela signifiait de nouvelles aventures dans un lieu qui n’était pas ma maison.

Quand je suis devenue mère, c’est donc naturellement que je me suis dit que j’allais confier mes enfants à mes parents quand l’occasion se présenterait. Quand Lise a eu 10 mois, nous étions invité à un mariage au Maroc, et c’est donc logiquement que nous l’avons confié à mes beaux-parents. Tout s’est bien passé, mais à notre retour, nous avons vite remarqué un détail qui avait échappé à première vue  nos beaux-parents : sur toutes les photos qu’ils ont prises en notre absence, Lise ne souriait pas. Même à 10 mois, elle s’était rendu compte de notre absence. Hasard ou conséquence, c’est vers cette période là qu’elle s’est choisi un doudou.

Par la suite, elle est allé régulièrement en vacances avec mes parents.

Pour Melody, cela s’est passé différemment. Beaucoup plus accroché à partir de 1 an, nous n’avons eu ni besoin ni l’envie de la confier aussi tôt que sa soeur. Lise continuant à aller régulièrement avec mes parents pour des longs week-end ou de courtes vacances, nous lui demandions à chaque fois si elle voulait aller avec elle. La réponse était toujours catégorique « Non ! ». Puis vers 1 an et demi, Lise devait aller avec mes parents chez ma grand mère pour seulement 4 jours. Nous avons demandé à Melody, comme d’habitude si elle voulait partir avec ses grands-parents, et là, surprise, elle a répondu « Oui ! ». Elle était encore petite, et nous n’étions pas sûrs qu’elle comprenait exactement ce que cela impliquait. Et pourtant, quand ses grands-parents sont arrivés, elle a pris son sac à dos, m’a dit Aurevoir et elle est parti sans se retourner, et n’a pas été triste pendant tout le séjour.

Pour Jack, encore une fois cela a été différent. Jack était très accroché à nous, un vrai petit sauvageon.  En plus, les nuits ont été très longtemps aléatoires, je ne me voyais donc pas le confier à quelqu’un. Et puis, nous avons eu besoin d’un grand week-end de liberté pour aider un proche à déménager. Jack avait 20 mois, et nous avons demandé à mes parents de venir chercher les 3 pour un grand week-end. Nous lui avons bien expliqué et il est parti. Il avait un petit air tristounet en partant, mais il est parti sans pleurer et le grand week-end c’est très  bien passé.

Quand j’en discute avec les parents autour de moi, ils ont tous des approches différentes :

  • un de mes collègues confie pour 1 mois ses deux fils a ses parents et beaux-parents depuis qu’ils sont tous petits (à la base pour cause de vacances de la nounou),
  • de nombreux collègues ne trouvent personne qui veulent garder leurs enfants plus d’une nuit (certains grands parents, ne veulent même pas en garder plus d’un à la fois),
  • d’autres parents n’ont pas envie de confier leurs enfants et n’ont plus vécus une année sans enfant depuis de nombreuses années.

Je crois que la plupart des parents reproduisent, dans ce cas précis, le schéma dans lequel ils ont été élevé. Je comprends les différents points de vue :

  • les parents qui ne font pas des enfants pour les faire élever par les autres (mais bon, dans ce cas, cela signifie également qu’il ne faut pas prendre de nounou),
  • les parents qui ont envie que les règles qu’ils imposent à leurs enfants ne soient pas contestées et remises en cause (et on sait que les grands parents n’en font souvent qu’à leur tête !),
  • les parents qui ont peur de ce qu’il peut arriver à leurs enfants en leur absence,
  • les parents qui ne veulent pas oublier qu’ils existent en dehors de leur rôle de parent,
  • les parents qui n’ont pas d’autres choix
  • etc…

Paradoxalement, avec le temps, je suis de plus en plus triste quand mes enfants sont loin de moi alors je suis obligée d’anticiper leur absence (prévoir de faire des choses que je n’aurais pas le temps de faire autrement) et de me rappeler ce que cela peut leur apporter.

Je me souviens de ma propre expérience, de ces jours sans parent avec des règles différentes, un peu plus de liberté, un univers différent. Et je vois également ce que cela apporte à mes enfants. Souvent, en plus de profiter de leurs grands parents, ils profitent de leur cousin et cousine qu’ils ne verraient pas aussi longtemps en dehors de ces vacances loin de nous. Ils profitent aussi les uns des autres. Ce sont des expériences qui soudent la fratrie. Loin de nous, ils se rapprochent les uns des autres, se font des expériences dont nous, parents, sommes exclus. Je me souviens de tout ce que peuvent nous apprendre les autres que cela soit des grands parents, des oncles et tantes, des cousins cousines, qui sont tous différents, tous enrichissants.

Loin de nous, ils peuvent aussi apprendre la confiance dans le lien qui les lie à nous comme je l’ai appris lors de notre dernière séparation. En février, j’ai laissé à mes parents un petit garçon d’un peu plus de 2 ans qui avait un peu de mal à se séparer de nous, qui nous réveillait toutes les nuits, une fois dans la nuit, pour être rassuré et se réveillait à l’aube et nous appelait. Un petit garçon qui faisait des siestes très courtes et qui se réveillait en pleurant presque en hurlant, grognon pendant de long moment. Pendant son séjour, il a très bien dormi, nous a parlé tous les soirs au téléphone sans tristesse. Depuis qu’il est revenu, il dort très bien la nuit, il se réveille sûrement tôt mais ne nous appelle que quand on se lève, il fait de vrais siestes l’après midi et se réveille plus en douceur, moins dans l’urgence de nous voir.

Ainsi, nos enfants partent 3-4 semaines par an, par tranche de 1 semaine. C’est un rythme qui nous convient. Le tout est de ne pas leur dire trop tôt parce que sinon j’ai le droit tous les jours à l’éternelle question « Est-ce que c’est aujourd’hui qu’on part ? »

Et vous vos enfants, vous les laissez partir ?

Images :http://pixabay.com/fr/b%C3%A9b%C3%A9-nouveau-n%C3%A9-enfant-kid-m%C3%A8re-99771/

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Je veux redevenir un enfant ! Ce que nous leurs envions…

Il y a certains objets, certaines situations qui me donnent envie de redevenir un enfant.

  • Pyjamas et turbulette : J’aime bien être bien au chaud pour dormir, et malheureusement, j’ai souvent froid aux pieds. Ce serait tentant d’avoir un pyjama aussi hermétique qu’un bébé, avec les pieds bien au chaud, et une turbulette qui nous empêcherait de nous découvrir la nuit. Pour ceux qui seraient vraiment nostalgiques et qui n’auraient pas peur pour leur couple, sachez qu’il est possible de trouver des grenouillères et turbulettes pour les adultes (il suffit de faire une recherche sur Grenouillère Adulte et Turbulette Adulte pour avoir l’embarras du choix).
  • Sorties en poussette : Quand on fait une longue ballade, ou dans les files d’attente qui n’a pas rêvé d’avoir un fauteuil pour pouvoir s’asseoir, se reposer un petit peu ? Et bien nos petits bambins ont cela sous la main la plupart du temps. En plus d’être assis, ils ont toujours une capotte ou une ombrelle pour s’abriter un peu du soleil ou de la pluie. Une bonne couverture ou une chancelière pour rester bien au chaud ! Qui peut dire qu’ils n’aimeraient pas profiter d’une ballade en plein air avec tout le confort possible ?
  • Sorties en voiture : En voiture, les enfants ont tout (en tout cas chez nous). Le siège auto parfois inclinable qui leur permet de piquer un roupillon, le lecteur DVD avec la sélection des plus grands best sellers, les petits gâteaux pour passer le temps et les pires des animateurs : leurs parents qui n’ont qu’un seul objectif : éviter les cris !
  • Soins : Quand on est un enfant et qu’on est malade, il y a toujours quelqu’un pour prendre soin de nous, on peut se faire dorloter, rester sous sa petite couette bien au chaud, pendant qu’on subvient à tous nos besoins. En tant que parent, c’est un peu différent, on a rarement le droit ou le temps d’être malade et à moins d’être alités il faut bien continuer la routine quotidienne.
  • Vacances scolaires : Que cela soit les petites vacances ou les vacances d’été, j’en garde de très bons souvenirs. Du point de vue des parents que nous sommes maintenant, je trouve l’alternance période scolaire – vacances assez bien rythmée. Quand on voit la fatigue de l’école s’accumuler, les vacances arrivent toujours à point. Quand vient le temps des vacances pour mes enfants, je rève aussi d’avoir les mêmes vacances, mais chacun sait que pour les parents, les vacances ne sont pas aussi oisives que pour nos chers bambins.
  • Emerveillement : J’ai parfois l’impression que les enfants ont une vision juste du monde. Un rien les émerveille, tout les passionnent, les étonnent. Le monde est à leurs yeux une merveille. J’aimerais avoir aussi cette vision du monde qui est un rempart à la morosité, à la routine.
Mais attention, je ne veux pas redevenir un enfant, on se souvient tous de ce qu’on enviait aux adultes…
C’est pourquoi sur certains sujets, avoir des enfants m’a permis de retourner un peu en enfance :
  • Gourmandises : J’ai toujours une bonne excuse à la maison pour avoir dans ses tiroirs kinder surprise, bonbons, gâteaux.
  • Jeux : J’adore jouer avec mes enfants aux playmobils, aux petits poneys, aux animaux de la ferme, faire de la peinture, du dessin, des collages.
  • Ballade : Nous redécouvrons les ballades aux zoos, dans les parcs, les aquariums, les parcs d’attraction.
  • Découverte du monde : les remarques, les questions de nos enfants nous font redécouvrir le monde avec un regard neuf et non déformé.

Et vous qu’enviez-vous à vos enfants ? Que vous ont il permis de redécouvrir ?

Images : Harald Hoyer