Promenons-nous ! La cité des enfants…

Petit, j’habitais loin de Paris, mais nos parents nous emmenaient régulièrement sur Paris pour voir une exposition, visiter un musée, visiter des monuments. Parmi nos sorties préférées, il y avait la cité des sciences et de l’industrie, et plus particulièrement la cité des enfants. Pour ceux qui ne connaissent pas voilà l’objectif de cet espace :

contribuer au développement des enfants, éveiller leur curiosité et les préparer aux futurs apprentissages en leur donnant l’occasion de vivre des situations d’exploration riches, variées et adaptées à leur âge.

Je me souviens de cet espace comme un endroit riche en expérience, riche en sensation, où les enfants sont rois et peuvent s’absorber dans des expériences et des observations.

J’attendais avec impatience l’âge où nos enfants seraient suffisamment grands pour faire d’autres genre de sortie que les parcs, les zoos, etc. Jack arrivant doucement sur ses deux ans, et la cité des enfants ayant un espace 2-7 ans, nous avons décidé de nous y rendre dimanche dernier.

Nous avons passé un très bon moment, les enfants ont eu du mal à repartir. Les différentes expériences sensorielles sont telles que je m’en rappelais et adaptées à l’âge de mes enfants (2 ans, 3 ans et demi, 5 ans). Chacun d’eux y a trouvé son intérêt. Les filles sont ressorties enchantées.

Nous un peu moins.

Le cadre

La cité des enfants est située dans Paris, donc pour y aller en voiture, c’est comme toujours, une petite galère en soi, ce n’est pas très bien indiqué et ça ne s’améliore pas une fois arrivé dans le parking. Dans le genre parking glauque où rien n’est indiqué c’est pas mal. Quand on a des petits, on essaye un peu d’optimiser nos déplacements dans des parkings sombres remplis de voitures avec des enfants surexcités de faire une sortie dans un musée où on peut toucher à tout. Là-bas, soit il faut connaître, soit il faut avoir de la chance car rien n’est indiqué. J’ai vu beaucoup de parents faire des aller-retour en poussette. Une fois dans le bâtiment ce n’est pas beaucoup mieux.

L’ambiance dans le bâtiment a un petit arrière goût d’usine désaffectée. Les bâtiments sont sombres, mal éclairés, la décoration d’un autre temps. Quand on me parle de sciences et d’industrie, je pense tout de suite innovation, modernité, effets spéciaux… Là, je pense que ça n’a pas bougé depuis l’époque où j’y allais enfant (soit les années 90 en fait).

L’attente avant la séance

La cité des enfants est séparé en deux espaces en fonction de l’âge des enfants. Il faut savoir qu’on ne rentre pas comme on veut dans ces espaces. Il faut choisir son horaire (un dimanche à 10h30 pour nous), et on dispose d’une tranche d’1h30 pour faire la visite. Nous avions pris les billets sur internet, et nous avons donc attendu dans la salle prévu à cet effet que l’heure soit arrivée. Dans cet espace qui a l’air assez récent, on voit qu’il y a une vrai réalité d’accueillir des enfants correctement (d’immenses bancs, des télés, etc.). Il y a même des WC juste pour les enfants. Ces WC m’ont pourtant parus assez incongrus. L’intimité des enfants est limité, il y a juste une petite cloison entre chaque WC, mais surtout, il y a un distributeur de papier WC pour toute la ligne. Donc si l’enfant y va seul, il est bien em***** (c’est le cas de le dire).

Au milieu de la salle d’attente, il y a une magnifique statue (voir image de ce billet). Elle est colorée, elle est immense, et elle est animée. Elle attire les enfants. Mais voilà, les enfants (et pas seulement les miens) ont du mal à comprendre que dans ce musée où on a le devoir de tout toucher, il y a une magnifique statue qu’on ne peut pas toucher…

La visite

A l’heure indiquée, les portes de la cité s’ouvre et toutes les personnes de la salle d’attente s’engouffrent dans cet espace. Nous étions à une séance où, paraît-il, il n’y a pas trop de monde. Forcément, il y a du bruit, de l’excitation, des pleurs, on ne s’attendait pas à moins. Les expériences sont très variées et exploitent les différents sens. Les enfants touchent, sentent, regardent, écoutent, escaladent, bâtissent, arrosent, etc.

En 1h30, l’espace est suffisamment grand pour ne pas s’ennuyer, il est même un peu trop grand, une seule visite ne suffirait pas pour que les enfants découvrent tout. Les enfants sont très stimulés (- excités) donc il y a intérêt à être vigilent pour ne pas en perdre un).

Côté enfants

Côté enfant, les trois en ont bien profité en fonction de leur âge. Mais Lise (5 ans) a eu beaucoup de frustrations. L’espace est à la fois trop grand et il y a trop d’enfants. Les expériences reproduites sont super mais souvent, le nombre d’enfant sur une expérience ne permet pas à chacun d’en explorer le fonctionnement, la logique, les conséquences. Lise aurait parfois aimé être seule sur un atelier pour en explorer toutes les possibilités, pour apprendre, comprendre et aller plus loin.

Côté parents

Je comprends complètement la frustration de Lise. Je trouve que la cité des enfants ne permet pas d’exploiter à fond cette initiation des enfants à la science, à la découverte du monde, à l’analyse. En 1h30, soit il faut survoler chaque expérience, soit on ne peut faire qu’une toute partie de l’espace et cela demanderait de revenir plusieurs fois mais le coût est alors multiplié. Les expériences sont conformes à mes souvenirs. J’ai même l’impression qu’elles sont identiques. J’exagère un peu, mais nous sommes entourés d’interactivité et d’innovation avec nos téléphones, nos consoles. Je ne sais pas si c’est voulu, mais à la cité des enfants on reste principalement sur des expériences archaïques. J’imagine qui c’est un parti pris qui se défend. D’autre part, certaines manipulations sont physiquement trop difficiles pour des enfants (je pense notamment à celles autour du vent).

En conclusion, je suis contente d’y être allée, mes enfants en gardent un bon souvenir (même si Lise se souvient de sa frustration). Mais je ne pense pas que j’y retournerais. J’attendrais que nous puissions aller à l’espace 5 – 12 ans.

Je suis également déçue de l’image que ce musée donne de la sciences. Je sais que mes enfants n’ont pas vu cet aspect là, mais inconsciemment, ce musée de la sciences et de l’industrie véhicule une image de la sciences terne, grise, vieillotte, à l’image des locaux dans lesquels il se trouve

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Et 1 et 2 et 3 (enfants) ! Ce qui a changé

Les parents grandissent et apprennent en même temps que les enfants. Pourquoi je dis ça ? Je me rends compte qu’on n’a plus la même vie, qu’on n’est plus les mêmes parents maintenant qu’il y a trois ans, quand nous n’avions que Lise. Parfois les changements sont prévisibles, d’autres fois je suis assez surprise.

  • On s’y attendait :
    • La voiture :
      Avec le nombre des enfants, la taille de la voiture augmente.

      • Sans enfant : on avait un cabriolet (la voiture plaisir par excellence).
      • Avec un enfant : Adieu le cabriolet, bonjour la voiture familiale. On aurait pu garder la voiture, mais on n’aurait pas pu l’utiliser toit ouvert, et ce n’est pas facile pendant les vacances de faire rentrer poussette, lit parapluie et bagages dans un coffre de cabriolet.
      • Avec deux enfants : pas de changement, deux sièges autos rentrent facilement dans une voiture familiale
      • Avec trois enfants : il faut croire que les familles n’ont que deux enfants, ou en tout cas que deux enfants qui ont besoin de s’asseoir dans autre chose qu’un réhausseur sans dossier car trois sièges auto ne rentrent pas facilement dans une voiture familiale. Nous sommes donc passés au grand monospace.
    • Le temps de préparation :
      • Sans enfant : quand on partait en ballade cela prenait maximum 10 minutes entre « on part » et notre sortie du parking.
      • Avec un enfant : ce temps de préparation est passé à 15 minutes pour les petites sortie, 30 minutes quand la sortie dépasse la demi-journée.
      • Avec trois enfants : il nous faut minimum une demi heure pour rassembler toutes les petites têtes blondes (ou brunes d’ailleurs), les habiller, chausser, les glisser dans un porte bébé ou une poussette pour de petites sorties et une heure quand on s’en va pour une journée minimum.
    • La qualité des repas :
      Avec le nombre des enfants, la qualité des repas s’améliore.

      • Sans enfant : On a toujours aimé cuisiner, mais la cuisine quotidienne se limitait à des plats de base et simples. On ne mangeait pas des légumes tous les jours, il n’y en avait d’ailleurs pas tout le temps à la maison.
      • Avec un enfant : on n’a pas changé grand chose à nos habitudes alimentaires. Il y avait un peu plus de légumes et fruits dans notre cuisine, mais uniquement pour faire des purées et des compotes pour Lise. Mais quand elle n’a plus voulu en manger, nous avons d’abord commencé par essayer de manger plus de légumes pour lui donner l’exemple et nous avons progressivement baissé les bras pour en revenir au point de départ.
      • Avec deux enfants : un lent mais à priori durable changement s’est amorcé. Il y a toujours des fruits et légumes chez nous. Nous essayons d’avoir des légumes à chaque repas (mais il y a des périodes où on est plus ou moins sérieux, en fonction de la fatigue et l’envie de chacun).
      • Avec trois enfants : j’ai bien l’intention de continuer à améliorer l’équilibre de nos repas. Le plus grand challenge sera d’essayer de donner envie aux filles de manger quelques légumes.
  • On ne s’y attendait pas :
    • Le sac à langer :
      Avec le nombre des enfants, la taille du sac à langer diminue.
      Nous avons un grand modèle de sac à langer.
      • Sans enfant : on prenait nos sacs à main et rien de plus.
      • Avec un enfant : il accompagnait chaque sortie, il était rempli presque à ras bord avec les couches, les tenues de rechange, les petits pots, les biberons etc. Que la sortie dure une heure ou 1 journée entière il était plein à ras bord.
      • Avec deux enfants : il a accompagné uniquement les sorties qui incluaient un repas pendant les premiers mois de la seconde jusqu’à ce qu’elle ait un an et demi. Il était toujours aussi plein, mais contrairement à avant, il n’était pas refait systématiquement. Il y avait du laisser-aller et souvent on se retrouvait avec un sac plein de choses inutiles (couches ou vêtements trop petits, repas incomplet, etc.).
      • Avec trois enfants : Tant que Jack ne boit que le lait de sa maman, pas besoin de gros sac à langer. Il n’est de sortie que pour les ballades de plus d’une journée. Il est remplacé par un petit sac à langer qui contient le minimum : des couches pour les deux plus petits, un petit tapis à langer, des lingettes et un change pour Jack.
    • La féminité :
      Avec le nombre des enfants, ma féminité (surtout mon envie d’être féminine) augmente.

      • Sans enfant : je n’ai jamais été hyper féminine. Mais je pense que je suis passée d’un mode un peu garçon manqué à un mode un peu plus féminin, mais sans porter trop souvent ni robe ni talon.
      • Avec un enfant : pendant la grossesse, j’ai toujours essayé de m’habiller correctement mais sans être trop féminine. Pendant le congé maternité, je sortais peu et donc je faisais peu d’effort. A la reprise du travail, il y a eu un peu d’améliorations mais rien de transcendent.
      • Avec deux enfants : pendant la grossesse, j’ai investi dans quelques robes. Par contre, après l’accouchement j’ai eu besoin de me sentir un peu moins mère et un peu plus femme.
      • Avec trois enfants : sûrement parce que c’était le dernier, je me suis fait plaisir avec de belles robes, de beaux hauts pendant la grossesse. Après l’accouchement, trois enfants obligent, j’ai perdu les kilos de grossesse rapidement, et j’ai vraiment envie de retrouver des formes qui me plaisent. J’attends avec impatience la fin de la rééducation pour pouvoir me remettre au sport (ce qui n’était pas le cas pour les grossesses précédentes). Je ne peux pas encore refaire complètement ma garde robe à cause de l’allaitement bien que je me sois fait plaisir sur le plaisir Mamanana.
    • Le temps pour soi :
      Pas besoin de détailler, plus on a d’enfants moins on a de temps pour soi. Cependant, l’envie d’avoir du temps pour soi augmente !

      • Sans enfant : on ne s’en rend pas compte, on a même parfois l’impression de manquer de temps, et pourtant on déborde de temps où on fait ce qu’on veut.
      • Avec un enfant : on se sent accaparé par ce petit être dépendant de nous. Et pourtant, on rechigne à le confier. Il est si jeune, si fragile, si dépendant de nous ! Et surtout on n’a pas fait un enfant pour le refiler à une tierce personne à la première occasion. On accepte tout juste de le confier à son conjoint pour profiter de quelques instants de liberté.
      • Avec deux enfants : on culpabilise de ne pas consacrer autant de temps à ce petit deuxième. Alors on confie le premier de temps en temps, tout en culpabilisant de le laisser. Mais on rechigne toujours autant à laisser le second si petit, donc on n’a pas plus de temps pour soi.
      • Avec trois enfants : on a fini par comprendre qu’il est important de prendre du temps pour soi, si on ne veut pas complètement se laisser aller, ni se sentir emprisonné par ce rôle de parent. On saisit la moindre occasion pour laisser les trois à son conjoint (ceux qui se battent pour descendre les poubelles me comprendront de suite !). On essaye de refiler les deux grands aux grands-parents qui eux aussi ont compris qu’ils ne sont plus autant en forme, ni aussi patient que quand ils avaient leur propre descendance. Quoiqu’il en soit, on a toujours le petit dernier dans les pattes et on rêve du jour où il sera assez grand pour suivre les aînés… Même si on se rend compte que toute cette petite tribu grandi très vite, et sans qu’on s’en rende compte, ils quitteront le nid. On aura tout le temps qu’on veut pour nous et pourtant on cherchera à les avoir à nouveau auprès de nous !
    • Les sorties :
      Plus on a d’enfants, plus on se bouge pour sortir !

      • Sans enfant : Nous étions très casaniers. Nous sortions un peu faire les magasins, nous promener, mais dès que le temps était menaçant nous préférions rester à la maison.
      • Avec un enfant : Nous avons attendu que Lise ait quelques semaines pour les premières ballades dehors et qu’elle ait plus d’un mois  pour la sortir pour faire les magasins (pour éviter les microbes, les maladies, etc.). Nous avons dû attendre qu’elle ait plus d’un an et demi pour une vraie sortie en famille dans un zoo et pour aller dans des squares pour jouer.
      • Avec deux enfants : Nous n’avons pas mis Melody en « quarantaine » comme sa soeur. Lise avait besoin de sortir, de se dépenser, donc les sorties familiales se sont faîtes très tôt. A partir du moment où il ne tombe pas des trombes d’eau, tout le monde est dehors, même si c’est pour une courte ballade afin de faire courir les fauves et éviter qu’ils nous retournent la maison.
      • Avec trois enfants : Jack nous suit partout, le plus souvent dans le porte-bébé, depuis sa naissance. Il n’avait même pas trois mois que nous sommes allés passer une journée à Disneyland Paris alors que nous jugions, il y a encore peu de temps, Lise et Melody trop jeunes pour ce genre de sortie et  trop compliqué avec deux petits enfants d’aller dans un parc d’attraction toute la journée. Peu importe le temps menaçant, un habillage pluie, une veste de portage imperméable, les capuches sont de sorties.

Et vous, les enfants arrivant les uns après les autres dans votre foyer, y a t’il des choses qui ont changé dans votre vie et auxquelles vous ne vous y attendiez pas ?

Images : Loren Javier