Sois mon Valentin ! Comment choisissent-ils leur doudou…

doudou masculin : (Psychologie) Objet procurant un réconfort psychologique à un petit enfant (généralement une couverture ou une peluche).

Les doudous sont un peu les premiers amoureux de nos bambins. Donc aujourd’hui, c’est un peu leur fête à eux aussi ! Et c’est donc trois histoires d’amour de doudous que je vais vous raconter.

Avant même que l’enfant naisse, tous les parents commencent à penser à ce fameux doudou ! Parfois avec angoisse, car on a tous en mémoire ce cousin, ce neveu qui continue à traîner cet objet dégoûtant, puant, moche partout avec lui bien au delà de l’âge qu’on juge raisonnable. Il lui permet de se consoler en cas de chagrin mais peut également servir de défouloir, de mouchoir (oui, par ici les hauts le coeur), de bavoirs, de tétine, etc. Alors on se dit que chez nous, il n’y aura pas de ça. On le choisira avec soin ce doudou, il sera beau, il sera multiple pour qu’on puisse le laver, il restera dans le lit, etc.

Et puis c’est comme tout, il y a avant d’être parents et après… En matière de doudou, on peut un peu orienter nos enfants mais au final c’est eux qui décident qui il est, ce qu’il représente et combien ils en ont besoin. Il y a autant de façon de gérer son doudou que d’enfants.

Pour Lise, les doudous n’ont pas représenté grand chose jusqu’à ses 1 an. Elle avait deux paires de doudous : 1 choisie par ses cousins, l’autre par mes parents. Il y en avait un à la maison, l’autre chez la nounou. La nounou les lui mettait dans le lit, mais on voyait bien chez nous qu’ils ne signifiait pas grand chose. Et puis pendant l’été de ses un an, ceux choisis par ses grands-parents sont devenus « Doudou ». Je ne sais pas quel est exactement l’élément déclencheur, peut être le début de la seconde grossesse, peut-être le week-end où on est parti sans elle en la confiant à ses grands-parents, peut être le retour chez la nounou après 6 semaines à être gardé par nous ou par sa grand-mère… On ne le saura jamais. Et puis un jour, elle a découvert qu’ils étaient, en fait, deux et depuis elle les garde tous les deux. Depuis peu, s’est greffé une de ses petites couvertures en coton. Ils sont longtemps restés dans le lit. Puis ils sont devenus compagnons de jeux, compagnons d’aventures, de voyages extraordinaires. Ils viennent parfois en ballade avec nous.

Pour Melody, ses histoires d’amour sont multiples. La première a commencé très tôt. Les premiers mois, elle était très accrochée à la couverture que je lui avais fabriquée. Elle dormait beaucoup mieux enroulée comme un tacos dedans, et y logeait son petit nez. Cette histoire d’amour a duré jusqu’à ce qu’on prenne confiance que des nuits meilleures ne valaient pas de courir le risque qu’on faisait courir à ma fille en la faisant dormir. Et puis elle a trouvé son pouce. Et nous n’avons plus eu l’impression qu’il y avait un doudou dans son coeur. Puis à Noël, elle a eu son premier bébé corolle. Rapidement, elle a commencé à s’y intéresser et à jouer avec. Et puis au fur et à mesure, il a eu sa place dans le lit, et il était source de beaucoup de réconfort. Plus aucune sortie ne semblait pouvoir se faire sans lui et ils ont vécu ensemble les plus extraordinaires aventures qui ont laissé quelques cicatrices à ce « Bébé ». Rien ne semblait pouvoir mettre fin à cette grande histoire d’amour. Mais voilà, un jour de décembre, « Bébé » a fugué dans la salle d’attente du médecin, et il semblerait qu’un autre enfant ait eu un coup de foudre pour lui et l’ai ramené à la maison. Nous avons cru au drame pour notre douce Melody, nous lui avons acheté de suite un autre bébé, qui y ressemblait sans être tout à fait le même. Melody ne semble pas en être très affecté, elle sait que ce n’est pas le même et rien ne sera plus jamais pareil. Le nouveau bébé n’a plus systématiquement droit de cité dans le lit, et chaque jour, Melody emmène une autre peluche, un autre jouet pour dormir. Elle doit trouver son réconfort autrement : dans ce petit pouce qui retourne dans sa maison nocturne dès que la tête est posée sur l’oreiller ou dans ce petit bout de drap housse, tout doux, en bambou qui se fait tirer et agripper dès que le sommeil arrive.

Pour Jack, nous essayons d’organiser un mariage arrangé. Le doudou est déjà inclus dans le rituel de coucher que nous avons mis en place suite à ma lecture du livre d’Elizabeth Pantley. Et j’ai comme l’impression qu’il se l’approprie peu à peu. Je retrouve souvent le doudou au dessus de sa tête (et non sur sa tête), entourant son petit crâne  d’un petit halo de douceur. Seul l’avenir pourra nous dire ce que Jack fera de ce doudou.

Il y a autant d’histoires d’amour que de couples « Doudou-Enfant ». Et chez vous, est-ce que c’est une passion sans mesure, un amour raisonnable ou un mariage arrangé ?

Images : Baudouin

Publicités

Et 1 et 2 et 3 (enfants) ! Ce qui a changé

Les parents grandissent et apprennent en même temps que les enfants. Pourquoi je dis ça ? Je me rends compte qu’on n’a plus la même vie, qu’on n’est plus les mêmes parents maintenant qu’il y a trois ans, quand nous n’avions que Lise. Parfois les changements sont prévisibles, d’autres fois je suis assez surprise.

  • On s’y attendait :
    • La voiture :
      Avec le nombre des enfants, la taille de la voiture augmente.

      • Sans enfant : on avait un cabriolet (la voiture plaisir par excellence).
      • Avec un enfant : Adieu le cabriolet, bonjour la voiture familiale. On aurait pu garder la voiture, mais on n’aurait pas pu l’utiliser toit ouvert, et ce n’est pas facile pendant les vacances de faire rentrer poussette, lit parapluie et bagages dans un coffre de cabriolet.
      • Avec deux enfants : pas de changement, deux sièges autos rentrent facilement dans une voiture familiale
      • Avec trois enfants : il faut croire que les familles n’ont que deux enfants, ou en tout cas que deux enfants qui ont besoin de s’asseoir dans autre chose qu’un réhausseur sans dossier car trois sièges auto ne rentrent pas facilement dans une voiture familiale. Nous sommes donc passés au grand monospace.
    • Le temps de préparation :
      • Sans enfant : quand on partait en ballade cela prenait maximum 10 minutes entre « on part » et notre sortie du parking.
      • Avec un enfant : ce temps de préparation est passé à 15 minutes pour les petites sortie, 30 minutes quand la sortie dépasse la demi-journée.
      • Avec trois enfants : il nous faut minimum une demi heure pour rassembler toutes les petites têtes blondes (ou brunes d’ailleurs), les habiller, chausser, les glisser dans un porte bébé ou une poussette pour de petites sorties et une heure quand on s’en va pour une journée minimum.
    • La qualité des repas :
      Avec le nombre des enfants, la qualité des repas s’améliore.

      • Sans enfant : On a toujours aimé cuisiner, mais la cuisine quotidienne se limitait à des plats de base et simples. On ne mangeait pas des légumes tous les jours, il n’y en avait d’ailleurs pas tout le temps à la maison.
      • Avec un enfant : on n’a pas changé grand chose à nos habitudes alimentaires. Il y avait un peu plus de légumes et fruits dans notre cuisine, mais uniquement pour faire des purées et des compotes pour Lise. Mais quand elle n’a plus voulu en manger, nous avons d’abord commencé par essayer de manger plus de légumes pour lui donner l’exemple et nous avons progressivement baissé les bras pour en revenir au point de départ.
      • Avec deux enfants : un lent mais à priori durable changement s’est amorcé. Il y a toujours des fruits et légumes chez nous. Nous essayons d’avoir des légumes à chaque repas (mais il y a des périodes où on est plus ou moins sérieux, en fonction de la fatigue et l’envie de chacun).
      • Avec trois enfants : j’ai bien l’intention de continuer à améliorer l’équilibre de nos repas. Le plus grand challenge sera d’essayer de donner envie aux filles de manger quelques légumes.
  • On ne s’y attendait pas :
    • Le sac à langer :
      Avec le nombre des enfants, la taille du sac à langer diminue.
      Nous avons un grand modèle de sac à langer.
      • Sans enfant : on prenait nos sacs à main et rien de plus.
      • Avec un enfant : il accompagnait chaque sortie, il était rempli presque à ras bord avec les couches, les tenues de rechange, les petits pots, les biberons etc. Que la sortie dure une heure ou 1 journée entière il était plein à ras bord.
      • Avec deux enfants : il a accompagné uniquement les sorties qui incluaient un repas pendant les premiers mois de la seconde jusqu’à ce qu’elle ait un an et demi. Il était toujours aussi plein, mais contrairement à avant, il n’était pas refait systématiquement. Il y avait du laisser-aller et souvent on se retrouvait avec un sac plein de choses inutiles (couches ou vêtements trop petits, repas incomplet, etc.).
      • Avec trois enfants : Tant que Jack ne boit que le lait de sa maman, pas besoin de gros sac à langer. Il n’est de sortie que pour les ballades de plus d’une journée. Il est remplacé par un petit sac à langer qui contient le minimum : des couches pour les deux plus petits, un petit tapis à langer, des lingettes et un change pour Jack.
    • La féminité :
      Avec le nombre des enfants, ma féminité (surtout mon envie d’être féminine) augmente.

      • Sans enfant : je n’ai jamais été hyper féminine. Mais je pense que je suis passée d’un mode un peu garçon manqué à un mode un peu plus féminin, mais sans porter trop souvent ni robe ni talon.
      • Avec un enfant : pendant la grossesse, j’ai toujours essayé de m’habiller correctement mais sans être trop féminine. Pendant le congé maternité, je sortais peu et donc je faisais peu d’effort. A la reprise du travail, il y a eu un peu d’améliorations mais rien de transcendent.
      • Avec deux enfants : pendant la grossesse, j’ai investi dans quelques robes. Par contre, après l’accouchement j’ai eu besoin de me sentir un peu moins mère et un peu plus femme.
      • Avec trois enfants : sûrement parce que c’était le dernier, je me suis fait plaisir avec de belles robes, de beaux hauts pendant la grossesse. Après l’accouchement, trois enfants obligent, j’ai perdu les kilos de grossesse rapidement, et j’ai vraiment envie de retrouver des formes qui me plaisent. J’attends avec impatience la fin de la rééducation pour pouvoir me remettre au sport (ce qui n’était pas le cas pour les grossesses précédentes). Je ne peux pas encore refaire complètement ma garde robe à cause de l’allaitement bien que je me sois fait plaisir sur le plaisir Mamanana.
    • Le temps pour soi :
      Pas besoin de détailler, plus on a d’enfants moins on a de temps pour soi. Cependant, l’envie d’avoir du temps pour soi augmente !

      • Sans enfant : on ne s’en rend pas compte, on a même parfois l’impression de manquer de temps, et pourtant on déborde de temps où on fait ce qu’on veut.
      • Avec un enfant : on se sent accaparé par ce petit être dépendant de nous. Et pourtant, on rechigne à le confier. Il est si jeune, si fragile, si dépendant de nous ! Et surtout on n’a pas fait un enfant pour le refiler à une tierce personne à la première occasion. On accepte tout juste de le confier à son conjoint pour profiter de quelques instants de liberté.
      • Avec deux enfants : on culpabilise de ne pas consacrer autant de temps à ce petit deuxième. Alors on confie le premier de temps en temps, tout en culpabilisant de le laisser. Mais on rechigne toujours autant à laisser le second si petit, donc on n’a pas plus de temps pour soi.
      • Avec trois enfants : on a fini par comprendre qu’il est important de prendre du temps pour soi, si on ne veut pas complètement se laisser aller, ni se sentir emprisonné par ce rôle de parent. On saisit la moindre occasion pour laisser les trois à son conjoint (ceux qui se battent pour descendre les poubelles me comprendront de suite !). On essaye de refiler les deux grands aux grands-parents qui eux aussi ont compris qu’ils ne sont plus autant en forme, ni aussi patient que quand ils avaient leur propre descendance. Quoiqu’il en soit, on a toujours le petit dernier dans les pattes et on rêve du jour où il sera assez grand pour suivre les aînés… Même si on se rend compte que toute cette petite tribu grandi très vite, et sans qu’on s’en rende compte, ils quitteront le nid. On aura tout le temps qu’on veut pour nous et pourtant on cherchera à les avoir à nouveau auprès de nous !
    • Les sorties :
      Plus on a d’enfants, plus on se bouge pour sortir !

      • Sans enfant : Nous étions très casaniers. Nous sortions un peu faire les magasins, nous promener, mais dès que le temps était menaçant nous préférions rester à la maison.
      • Avec un enfant : Nous avons attendu que Lise ait quelques semaines pour les premières ballades dehors et qu’elle ait plus d’un mois  pour la sortir pour faire les magasins (pour éviter les microbes, les maladies, etc.). Nous avons dû attendre qu’elle ait plus d’un an et demi pour une vraie sortie en famille dans un zoo et pour aller dans des squares pour jouer.
      • Avec deux enfants : Nous n’avons pas mis Melody en « quarantaine » comme sa soeur. Lise avait besoin de sortir, de se dépenser, donc les sorties familiales se sont faîtes très tôt. A partir du moment où il ne tombe pas des trombes d’eau, tout le monde est dehors, même si c’est pour une courte ballade afin de faire courir les fauves et éviter qu’ils nous retournent la maison.
      • Avec trois enfants : Jack nous suit partout, le plus souvent dans le porte-bébé, depuis sa naissance. Il n’avait même pas trois mois que nous sommes allés passer une journée à Disneyland Paris alors que nous jugions, il y a encore peu de temps, Lise et Melody trop jeunes pour ce genre de sortie et  trop compliqué avec deux petits enfants d’aller dans un parc d’attraction toute la journée. Peu importe le temps menaçant, un habillage pluie, une veste de portage imperméable, les capuches sont de sorties.

Et vous, les enfants arrivant les uns après les autres dans votre foyer, y a t’il des choses qui ont changé dans votre vie et auxquelles vous ne vous y attendiez pas ?

Images : Loren Javier

Nourris-moi ! L’allaitement tout simplement…

J’allaite en ce moment Jack, comme j’ai allaité mes deux grandes. L’allaitement est un vaste terrain de polémique dans le monde virtuel. Ça ne l’est pas dans mon entourage qui contient aussi bien des mamans qui ont allaité que des mamans qui ont donné le biberon.

Avant d’être enceinte, le sujet de l’allaitement ne m’est jamais venu à l’esprit. Je n’avais aucun avis sur le biberon ou sur l’allaitement. Quand j’étais enceinte, la question s’est posée. L’allaitement me paraissait logique parce que c’est naturel, pour les anticorps. Mais je me disais que si c’était compliqué, que si ça ne se faisait pas simplement, et bien je donnerais un biberon et puis c’est tout.

Quand Lise est née, elle était fatiguée par l’accouchement donc elle dormait beaucoup, mangeait peu. Les auxiliaires de puériculture me disaient de la réveiller, de la stimuler mais rien n’y faisait quand elle avait décidé de dormir, elle dormait. Heureusement, on ne m’a pas harcelé avec ça, ni avec des biberons de compléments, et comme elle commençait à perdre moins de poids à la fin des 3 jours à la maternité, on est sorties comme ça sans consignes particulières. La suite de l’allaitement s’est très bien passé, j’ai commencé le sevrage progressif vers 2 mois en prévision du retour au travail. Je ne me voyais pas utiliser un tire-lait pour me « traire », devoir retourner à la maison le midi pour le faire. Nous avons gardé la tétée du matin et du soir jusqu’à ses 6 mois.

Quand Melody est née, j’avais un bon souvenir de l’allaitement de mon aînée, mais encore une fois, je ne me suis pas dit que j’allaiterais à tout prix. Tout s’est bien passé, et comme les filles étaient gardées à la maison, je me suis dit que cette fois-ci je pourrais tenter de tirer mon lait pour prolonger le temps passé sans biberon. Je pouvais rentrer le midi à la maison, profiter de mes filles et tirer mon lait quand elles allaient à la sieste. Les conditions étaient en tout cas les meilleures possibles. Je me suis fixée une date buttoir : les 6 mois de ma fille. J’ai tenu jusque là, mais je dois avouer que c’était fatigant pour moi, c’était une course tous les midis, et j’ai été soulagé d’arrêter de tirer mon lait. On a gardé les tétées du matin et du soir encore quelques mois.

Quand Jack est né, je ne me suis pas imaginée ne pas allaiter. C’est donc naturellement que les choses se sont faîtes. Je ne sais pas jusqu’à quand j’allaiterais. Le congé maternité prolongé pour le troisième enfant devrait me permettre d’aller jusqu’à 6 mois sans difficulté.

Je garde de très bon souvenirs de mes deux allaitements (et déjà de celui là). Ce sont des moments et des sensations que je ne pensais pas apprécier comme ça. Ce sont des moments uniques avec chacun de mes enfants. Est-ce que j’aurais ces mêmes souvenirs si j’avais donné le biberon ? Non, ils seraient différents mais ils ne seraient pas moins uniques et agréables.

Qu’est-ce que je vais dire à mes filles quand elles seront adultes ? Faut-il allaiter ou pas ? Je leur dirais que c’est leur choix, que j’ai adoré le faire pour elles et leur frêre. L’allaitement a beaucoup d’avantage au niveau de la santé, au niveau pratique. Mais c’est un choix personnel, je comprends qu’on ne veuille pas allaiter. Nous vivons dans une société où nous pouvons faire le choix entre allaiter et donner le biberon sans mettre en danger la vie de son enfant. Le lait infantile a sûrement participé à l’émancipation de la femme sans recourir à une nourrice (au sens initial du terme). Nous devons nous estimer heureux que chaque mère ait se choix. Donc plutôt que de lancer la polémique, estimons nous heureux d’avoir de multiples possibilités (allaitement, allaitement mixte, biberons, etc.) en toute simplicité, en toute sécurité !

Images : Amy Bundy

un, deux, trois ! Quelle transition fut la plus difficile…

Une question revient régulièrement. Quelle situation est la plus compliquée à accepter : passer de zéro à un enfant, de un à deux ou de deux à trois ? Cela pose la question de l’équilibre vie personnelle, vie de famille.

Quand on est célibataire, toute notre attention est centré sur soi. On est le centre de son propre monde, notre vie est rythmée par nos propres besoins, nos propres contraintes.

Quand on vit en couple, c’est un premier changement. Deux personnes autonomes et auto-suffisantes doivent apprendre à vivre ensemble. Quand on vit ensemble, beaucoup de choses se font désormais en commun ou se répartissent entre l’un et l’autre. Cependant, on garde, dans la plupart des cas, la possibilité de gérer ses propres besoins si l’autre n’est pas là. On partage donc son temps entre du temps pour soi et du temps pour l’autre. La proportion entre chaque dépend de chaque couple et donc aussi la position du centre de cette nouvelle association.

Quand un bébé arrive à la maison tout ceci est bouleversé. Un enfant n’est pas autonome, il ne peut rien faire seul, il a besoin de nous. Seul, un nouveau-né ne peut pas subvenir à ses besoins les plus primaires. Quand on accueille un enfant dans son foyer, on découvre donc le fait de devoir assumer cette responsabilité. En plus d’apprendre comment répondre aux besoins de son enfant, c’est une véritable remise en cause de son quotidien. On partage donc son temps entre du temps pour soi, du temps pour l’autre parent et du temps pour le bébé. Le centre d’attention du foyer se situe quelque part entre les deux parents et l’enfant.

Pour Lise, jusqu’à ses 1 mois tout était facile pour moi. Je m’occupais de ce petit bébé, c’était encore tout neuf pour moi, et elle dormait beaucoup. Le moral était bon. Autour de ses un mois, les choses sérieuses ont commencé. Lise pleurait beaucoup la journée (parallèlement, elle a commencé à faire ses nuits). Elle ne dormait que sur moi, dès que je la posais dans son lit, elle se réveillait. Je n’avais plus un instant pour moi et la situation avait perdu l’attrait de la nouveauté, je devais accepter que c’était cela ma nouvelle vie. Le midi, je mangeais sur le pouce, parfois tard dans l’après-midi. J’ai réalisé que maintenant ce n’était plus tout le temps moi qui décidait de l’organisation de ma journée et de mes priorités. Le moral était en berne. Il m’a bien fallu 15 jours pour accepter cette situation : la perte d’une grande proportion du temps pour soi et pour son conjoint.

Quand un second bébé arrive à la maison, il n’y a pas grand chose à apprendre d’un point de vue pratique (même si chaque enfant est unique et qu’on ne cesse d’apprendre), mais le temps à consacrer aux enfants augmentent un peu plus au détriment du temps pour soi et pour son conjoint, mais dans une moindre proportion. La plus grande différence pour moi, c’est qu’avec un enfant, il y a toujours la possibilité pour un des parents d’être « libre » de son temps, ce n’est plus le cas avec deux.

Pour Melody, je n’ai pas vraiment ressenti le même choc que pour Lise. Notre attention est toujours orientée la majeur partie du temps vers les enfants. Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps pour moi, je dois avouer que ce sont plutôt les tâches ménagères qui en ont pâti.

A l’arrivée de Jack, j’ai eu bien sûr moins de temps pour moi, mais pour le moment, je n’en souffre pas. Notre organisation a changé et ma vision de tout cela aussi. Je n’ai plus beaucoup de temps où je me sens libre de toute contrainte extérieure.

Images : Robin Thunholm

Tourne la page ! Peut-on être sûr de ne plus vouloir d’enfants…

Nous avons accueilli, au sein de notre famille, notre troisième enfant, il y a quelques jours. Un petit ange, tout sage qui vient compléter magnifiquement notre famille. J’ai le sentiment maintenant que notre famille est au complet. Certains couples, à ce stade, prennent alors des décisions qui mettent un terme définitif à la taille de leur famille et décident de faire une ligature des trompes ou une vasectomie. J’en serais incapable. Comment peut-on être sûr un jour de ne plus avoir envie d’un autre enfant ?

Quand j’y réfléchis, je ne peux pas dire « je n’aurais plus jamais d’autres enfants », nul ne sait ce que nous réserve la vie. Cependant, après ce troisième accouchement, mon état d’esprit est différent de celui après mes accouchements précédents.

Après la naissance de Lise et Melody, j’ai été tout de suite nostalgique de la grossesse. Nostalgique de cette période d’attente où on se projette dans l’inconnu vers ce bébé. Nostalgique de cette fusion entre ce bébé et moi, qui me permet de l’avoir toujours près de moi, toujours rien que pour moi. Après la naissance, j’ai parfois continué à avoir l’impression d’avoir encore un bébé dans le ventre, de sentir ses coups, et, par réflexe je portais ma main à mon ventre. Je me souviens avoir, pour les deux, dit à mon mari que j’avais du mal à me dire que je ne serais plus jamais enceinte.

Après la naissance de Jack, je n’ai pas ressenti tout ça. Cette grossesse, un peu plus compliquée que les précédentes, s’est au final bien passée. Comme les précédentes, j’étais assez en forme, et en fin de grossesse, j’ai même pu bien me reposer. Et je crois que j’ai aimé être enceinte, sentir le bébé bouger, avoir le sentiment d’être tout pour lui jusqu’à sa naissance, savoir que je prenais soin de lui et que c’était grâce à moi qu’il grandissait bien. Pourtant, à la fin, j’avais envie que ce bébé naisse. J’ai réellement ressenti le besoin de ne plus être enceinte, de récupérer mon corps rien que pour moi. Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver la ligne, retrouver un corps de femme qui ne sert que moi, d’avoir le sentiment d’être en forme et pleine d’énergie !

Mon accouchement s’est bien passé, il n’y a eu aucune complication et les choses se sont déroulées à peu près comme je me l’imaginais. Pendant l’accouchement, et principalement avant d’avoir la péridurale, je me suis dit que c’était la dernière fois que je vivais tout ça, que je sentais les contractions. Et c’est avec soulagement que je me disais que c’était la dernière fois. Je n’ai pas envie de revivre un accouchement, l’attente, les contractions. Je n’ai pas non plus particulièrement envie d’être enceinte, d’avoir un gros ventre, etc.

Je ne sais pas ce qui fait la différence entre cette naissance et les précédentes, et pourtant j’ai bien ce sentiment d’avoir une famille au complet avec mon mari, mes deux belles princesses et mon petit prince. J’ai envie de profiter de ce petit coeur qui a déjà grandi en me disant que c’est le dernier de notre famille à passer par les différentes étapes traversées par un bébé. Une page se tourne, celle de la formation de notre famille, et une autre arrive que j’ai hâte de vivre. Et pourtant, je ne jurerais pas que je n’aurais jamais d’autres enfants. Est-ce que cela signifie que j’en voudrais un jour un autre ? Ou est-ce normal de ne pouvoir être certain de ne pas changer d’avis ?

Images : Etolane