Garde ma fille ! Ou comment la relation avec la nounou tourne souvent au conflit…

La plupart des parents sont confrontés aux problématiques de garde de leur enfant. Et comme nous travaillons tous les deux, on est donc passé par là (et nous n’en avons pas fini). Pour nous la crèche aurait été notre premier choix. Malheureusement, notre situation ne nous permet pas d’avoir beaucoup de chances d’obtenir une place :

  • dans notre commune, les rentrées se font pour la quasi totalité en septembre et Lise aurait eu besoin d’une place en décembre, Melody en Juillet,
  • nous n’avons pas de jumeaux,
  • nous avons des revenus confortables,
  • nous n’avons pas une situation sociale nous permettant de « marquer des points » ou plu   mltôt l’aplomb de mentir pour obtenir ce qu’on voulait (on nous a clairement dit, que si nous avions des problèmes de couples, des problèmes liés à la grossesse ou à l’acceptation de l’arrivée de notre enfant, en bref, que si on pouvait nous prendre en pitié, alors peut être qu’ils pourraient faire quelque chose)…
C’est donc sans surprise qu’on a reçu le refus pour la place en crèche et qu’on s’est dirigé vers une assistante maternelle pour garder Lise.
Notre expérience du métier d’assistante maternelle était double (bien qu’indirecte) :
  • Nous avons beaucoup discuté avec nos amis et nos familles de leurs expériences respectives. Il en ressort que les relations avec une assistante maternelle, aussi idyllique qu’elles peuvent être au départ, finissent toujours par mal tourner : bien souvent pour des raisons d’argents, mais aussi par des conflits avec la nounou ou de la dissimulation (par exemple, la nounou qui cache l’origine d’un bleu sur un enfant, ou qu’elle fait ses courses personnelles avec les enfants, etc.).
  • Nous avons l’exemple de ma belle-mère, assistante maternelle, et de ses difficultés avec les nombreuses familles de parents. Dans ces difficultés, on retrouve les mêmes problèmes d’argents, des parents trop exigeants (par exemple, qui imposerait la préparation d’un repas spécifique pour son enfant sans raison médicale ou autre raison valable), des parents qui ne respectent pas les horaires. Nous avons aussi compris que quelque soit le professionnalisme de l’assistante maternelle, son métier est difficile et il ne faut pas lui poser des exigences qui l’empêcheront de faire son travail dans de bonnes conditions (par exemple : ne pas lui imposer de faire les repas si tous les autres parents le lui apportent). Et au final, la bonne relation entre une assistante maternelle et l’enfant est directement liée à la bonne relation avec les parents.
Nous en avons déduit certains principes de base pour poser des bases saines avec notre assistante maternelle (avant même de commencer à la chercher) :
  • Au niveau argent :
    • ne pas essayer de négocier les prix à la baisse, son prix sera le notre si cela est dans nos moyens, sinon on cherchera quelqu’un d’autre.
    • on lui paiera tous les jours, même s’il y a une semaine où notre fille sera gardée par quelqu’un d’autre, ou si elle est malade.
  • Au niveau de la garde :
    • être ponctuels pour déposer et récupérer notre fille.
    • lister les sujets sur lesquels on ne négociera pas (la sécurité, l’hygiène et les soins essentiellement pour nous) et les sujets sur lesquels on est prêt à faire des concessions (alimentation maison, les sorties et les activités d’éveil principalement). Je conseillerais à tous les parents qui veulent faire garder les enfants de se fixer des priorités de ce genre (et ces priorités sont strictement personnelles).

Nous pensions donc être à l’abri des mauvaises surprises et des conflits. Tout s’est à peu près bien passé pendant plus d’un an. Quand quelque chose ne nous plaisait pas, j’attendais avant de m’enflammer et de réagir sous le coup de l’énervement. Nous en discutions avec mon mari, le soir même, pour voir s’il valait mieux attendre ou dire les choses de suite (toujours en pensant à nos fameuses priorités).

Nous avons fermé les yeux sur plusieurs petits incidents (des pantalons très sales le soir pendant une période où l’assistante maternelle préparait le mariage de son fils, des fesses irritées pendant une période où elle accueillait un nouveau bébé, le manque de sortie des enfants, un flagrant délit de sortie sans les enfants pendant les horaires de gardes : elle avait confié les enfants à sa fille pendant leur sieste pour aller à la pharmacie,  etc.). Pris individuellement les uns des autres, cela était des détails (sauf le dernier point) et nous avons laissé faire.

Le dernier point nous a mis en colère et nous avons pris conscience que cette assistante maternelle ne pourrait décemment pas continuer à garder Lise et quelques mois après Melody (en plus des 2 enfants qu’elle gardait également). Cela faisait plusieurs mois qu’on lui parlait de garder les deux, à condition qu’elle obtienne son quatrième agrément. Cependant, nous avions du mal à savoir si elle en avait vraiment fait la demande à la PMI, et elle nous disait que si au moment de la garde elle ne l’avait pas encore, elle nous garderait Melody sans la déclarer (ce qui ne nous mettait pas du tout en confiance).

Donc nous avons profité du début de mon deuxième congé maternité pour mettre fin à son contrat. Nous avons alors découvert en face de nous une autre personne, qui nous accusait d’avoir trahi sa confiance, de lui avoir menti et que nous  n’avions aucune parole. Elle nous a accusé de la mettre dans une situation financière très inconfortable car il lui manquerait une partie de ses revenus pendant de nombreux mois, alors que dans notre ville, il manque tellement d’assistante maternelle qu’aucune ne reste volontairement sans revenu (avant la fin du préavis, elle avait trouvé un remplaçant). Nous avons été tellement choqués que Lise n’a pas remis les pieds chez elle pendant le préavis. Nous avons eu du mal à récupérer ses affaires (doudous principalement) et leur état nous a choqué : biberon moisi, thermomètre non nettoyé (et ce n’était même pas celui de notre fille).

Quelques semaines plus tard, j’ai rencontré la maman d’un des petits garçons gardés avec Lise, qui allait maintenant être gardé dans une crèche parentale. Et nos expériences se recoupaient. L’une comme l’autre, nous nous sommes voilés la face toute la durée de la garde. Les enfants ne sortaient jamais, les épisodes de fesses rouges ou de problèmes d’hygiènes coïncidaient (l’assistante maternelle était tout simplement dépassé avec 3 enfants) mais heureusement, ils semblaient tout de même en sécurité (pas d’incident, pas de bobo) et content d’y aller.

Ma conclusion est, que quand on confie son enfant à une assistante maternelle, on a beau s’y préparer et faire preuve de compréhension vis à vis d’elle, la personne à qui on confie notre enfant est une inconnue, et nous n’avons pas d’autres choix que de lui faire confiance. Il existe de très bonnes et très professionnelles assistantes maternelles. Mais nous ne pouvons être sûrs de l’avoir rencontré qu’après l’avoir embauché, et je dirais même qu’après la fin de la garde. Et je ne peux pas dire de faire confiance à son instinct parce que lui aussi à ses failles !

Image : Express Monorail

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