En passant

Suis le rythme ! ou pas…

 

Tous les parents en parlent, et peu en sont satisfaits. Je fais partie de ceux qui ne comprennent pas cette réforme et n’en voient pour le moment que l’impact négatif sur leur famille.

Chez nous, la réforme c’est :

  • une heure de cours supprimés chaque jour, en fin de journée,
  • 20 minute supprimées en début d’après midi,
  • 3h20 d’école le mercredi matin.
  • 20 minutes rajoutées chaque matin

Je n’arrive pas à y trouver des points positifs.

Niveau fatigue

Ce que je constate après 3 semaines d’école c’est que mes trois enfants (PS, MS et CP) sont complètement sur les rotules. Ils sont fatigués, énervés. Ils appréciaient leur petit répit du mercredi matin. Se lever quand on se réveille, traîner en pyjama, prolonger le petit déjeuner, aller se promener ou rester à la maison à s’occuper comme on veut.

Niveau école

Il est dur de voir aujourd’hui les bienfaits sur la qualité de l’enseignement, mais pour le moment, les enseignants n’ont pas l’air d’apprécier. 20 minutes rajoutées dans la matinée, ce n’est pas 20 minutes d’enseignement en plus. Pour le moment, on en est plus à 20 minutes de récréation en plus. Parce que les enfants trouvent la matinée trop longue, qu’ils ont du mal à rester calme toute la matinée. Le pire chez nous c’est dans la Petite Section. L’après midi étant de 13h50 à 15h30, les maîtresses ne viennent que pour surveiller une sieste.

Il y a également des dommages collatéraux. La mairie, pour financer cette réforme a décidé :

  • de ne plus financer aucune sortie scolaire (y compris celle de fin d’année),
  • de diminuer la présence des ATSEM (plus d’ATSEM l’après midi), 1 seule pour l’école le mercredi, pour leur permettre d’animer des activités périscolaires.

Elle en a également profité pour mettre le hola sur des arrangements entre les maîtresses et les ATSEM qui semblaient satisfaire tout le monde comme par exemple la récupération des heures que faisaient les ATSEM le samedi du spectacle de fin d’année (plus de récupération = plus d’ATSEM pour aider les enseignants pendant le spectacle)

Niveau Activités Périscolaires

Pour le moment, il n’y en a pas. Elles devraient commencer la semaine prochaine, mais la colère gronde dans les rangs des animateurs qui n’auront pas le nombre d’animateurs nécessaire pour organiser les activités qu’on leur demande de faire. Mais est-ce que j’ai vraiment envie de rajouter des activités dans la journée de mes enfants ? Je n’en suis pas certaine.

 

Je sais que les français sont de nature râleuse. Mais moi, je suis dans l’incompréhension totale :

  • Pourquoi la réforme, si elle est nécessaire, donne tellement de liberté que les organisations de l’école peuvent varier autant d’une ville à l’autre ? (Moins d’heure l’après-midi, pause méridienne plus longue, pas d’école le vendredi après-midi, etc.) Est-ce que toutes ces organisations différentes peuvent vraiment apporter le même bénéfice ?
  • Pourquoi laisser aux mairies le soin de décider comment appliquer la réforme et comment organiser les activités périscolaires ? Cela donne lieu à tellement de différences d’une ville à l’autre !
  • Pourquoi appliquer la réforme en maternelle ? Les enseignements de la maternelle, permettent de moduler les journées entre temps d’apprentissage, temps en autonomie, et repos.
  • Si les enfants sont si fatigués, n’est-ce pas que leur journées sont trop chargées ? Pourquoi rajouter des activités en plus de l’école ?
  • Les enfants seraient effectivement moins fatigués, s’ils étaient couchés plus tôt, et donc s’ils rentraient plus tôt chez eux à la maison. Mais pour tous les enfants dont les deux parents travaillent, ce n’est pas la durée de l’école qui influe sur la longueur de leur journée, c’est le travail de leurs parents, et là dessus, il n’y a pas d’adaptations prévues.

Alors qu’égoïstement, je refusais l’école le samedi matin (parce que ça ne m’arrangeait pas), maintenant, j’aimerais que mes enfants aillent à l’école le samedi matin plutôt que le mercredi matin. Cela permettrait d’avoir une semaine plus linéaire, moins binaire, et une meilleure alternance école – maison.

Alors que j’entends certains parents qui aimeraient que les activités périscolaires permettent de mettre l’accent sur des enseignements supplémentaires (langues, musique, etc.). Je préférerais que ces activités périscolaires ne soient pas si organisées et plutôt laissées au libre choix, et envies des enfants entre « temps de jeux libres » et activités en très petits groupes, pour que sinon, pour eux, cela ressemble trop à l’école.

Plutôt qu’espérer que du chaos (lié à l’absence de directives) naisse une solution miracle pour nos enfants, j’aimerais que l’état guide les écoles, donne un cadre à cette réforme, propose des modèles d’organisation qui paraissent sensés et bénéfiques pour tous.

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Ne crie pas ! Histoire d’un blog…

Le nom de ce blog porte un de mes grands espoirs de mère. Ne crie pas !

Ce n’est pas à mes enfants que cet espoir s’adresse mais à moi-même. Les jours où je ne crie pas sur mes enfants sont rares. Trop rares. J’aimerais pouvoir dire l’inverse deux ans après, mais je ne suis pas sûre que les choses aient beaucoup changé. J’ai été élevé dans une famille où le verbe est haut, la langue bien pendue et le conflit un sport familial. La négociation n’a pas lieu d’être avec des enfants, ni avec les adultes d’ailleurs…

Voilà un trait que je voudrais ne pas être héréditaire mais il est difficile de sortir des ornières creusées depuis tant d’années. En terme d’éducation, j’ai déjà pris de la distance avec la façon dont j’ai été élevé. Mais arrêter de crier est la tâche la plus difficile que j’aimerais accomplir. J’ai essayé à plusieurs reprises mais j’ai toujours une bonne excuse pour déroger à la règle : la fatigue, un excès de bêtises, la colère, l’accumulation, le stress, le regard des autres etc… En écrivant tout ça, j’ai l’impression d’être addict. Y a t’il un club des crieurs anonymes ? Je devrais m’y inscrire de suite.

En attendant, j’aimerais vraiment arrêter de crier. J’ai plusieurs jokers dans ma poche :

  1. Le silence : Je regarde avec insistance l’enfant récalcitrant, droit dans les yeux et je me tais… Ça marche parfois, et parfois ça ne marche pas.
  2. L’excès de parole : cette technique ressemble beaucoup à la première sauf qu’au lieu de me taire, je le saoule de parole sur les règles à respecter, pourquoi il y a cet règle, pourquoi il ne faut pas recommencer… Ça marche parfois, et parfois ça ne marche pas.
  3. 1, 2, 3 … mais qu’y a t’il après le 3 ? Souvent une punition. Parfois les enfants s’arrêtent d’eux même mais jamais avant le 3… Ils ne sont pas fous, je leur donne la permission d’aller jusqu’à 3.
  4. La punition : Avec les plus grands, j’ai laissé le décompte jusqu’à 3. En général, ça ne sert qu’à me faire fulminer jusqu’à 3. Donc il n’y a plus qu’une demande pour arrêter les bêtises puis la punition tombe s’il y a une deuxième fois. La punition est soit la confiscation de l’objet de la bêtise, soit la mise à l’écart. Mais bon, comment fait-on quand l’enfant n’est pas décidé à être mis à l’écart ? Est-ce que c’est moi qui n’est pas compris quelque chose ou est-ce que mes enfants sont particulièrement revêches  ?
  5. L’évitement : Il arrive que je vois les bêtises venir. Comme dans ces moments où ils commencent à courir dans la maison, où à se sauter les uns sur les autres. Dans ce cas, j’essaye d’anticiper : détourner l’attention vers une autre occupation, diviser les troupes, encadrer le jeu.

Et malgré tout, je cries encore trop souvent parce que j’ai tendance à ne voir que le verre à moitié vide. Je me laisse déborder par mes émotions et mes propres envies (envies de calme, envie de faire quelque chose qui me tient à coeur). Parfois même, après coup, j’ai l’impression d’être entré dans le conflit uniquement pour… être en conflit. Pourquoi ce que j’applique quotidiennement au travail, je ne suis pas capable de l’appliquer chez moi ?

Allez, c’est mon défi d’ici la fin de l’année… Aujourd’hui c’est décidé, j’arrête de crier !