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Explique-moi ! La mort…

Si on parlait de la mortIl y a quelques mois, ma grand-mère, chez qui j’ai dû passer 2 ans de ma vie (au rythme dequasiment  2 mois tous les étés) est décédée. Mes enfants, ont eu la chance de la connaître. C’est la première personne de notre famille qui est morte depuis qu’ils sont nés. Lise a 5 ans et demi, Melody 4 ans et Jack 2 ans et demi. Je ne sais pas ce que Jack a compris de la situation, mais les filles par leur question nous ont bien montré qu’elles avaient très bien compris ce qui se passait. Il faut dire que les questions avaient déjà commencées.  Je me souviens en vrac de :

Melody : Quand on est mort on ne sent plus rien ?

Moi : oui ma chérie

Melody : On n’a plus faim ?

Moi : et non !

Lise : Quand on est mort, on ne voit plus rien ? on n’aime plus rien ?

Moi : oui

Lise : Alors il faut profiter de la vie !

L’annonce du décès de ma grand-mère a été un peu compliqué, et pour cause. Elles se sont couchées en pensant que le lendemain on les amenait chez cette grand-mère, retrouver mes parents qui devaient les garder là-bas pour une semaine. Au lever, nous avons du leur expliquer ce qui s’était passé et qu’elles n’iraient pas là-bas pour les vacances… Lise et Jack n’ont pas pleuré mais Melody a eu un gros chagrin. Je pense qu’elle a surtout pleuré de déception de ne pas aller en vacances avec mes parents.

Par la ssuite, elles n’ont jamais dit clairement leur tristesse mais nous les avons senties perturbées. Quand un oiseau est venu se tuer sur notre fenêtre quelques jours après, cela a été le drame. L’une des deux nous a demandé si pour ma grand-mère, ça avait été pareil, elle avait fermé les yeux puis elle était morte. Et puis elles ont beaucoup pleuré.

Je suis surprise par les questions qu’ils m’ont posé. Que des questions très concrètes

Comment on avait fait pour l’enterrer à côté de son mari alors qu’il était mort il y a très longtemps ?

Est-ce que des insectes pouvaient rentrer dans son cercueil et la manger ?

Est-ce qu’il ne restait déjà que des os dans le cercueil ?

Pourquoi j’étais triste ?

Est-ce que Dieu existe ?

J’ai trouvé ça très déroutant leurs questions. Je ne m’attendais pas à une approche aussi « froide » de la mort, aussi « concrète » et ancrée dans la réalité. Cela contrastait avec l’approche très subjective et émotionnelle des adultes. J’ai trouvé difficile de trouver les bonnes réponses à leur question, leur dire la vérité sans être trop choquant. Nous nous sommes appuyés sur un livre de  Catherine DoltoColline Faure-Poirée : si on parlait de la mort que j’ai présenté pour Les Vendredis Intellos

2 mois après, je sais que Lise y pense encore. Un soir, alors que nous parlions de tout autre chose, et qu’elle était pleine de colère, venu de nulle part elle m’a dit

Moi, je ne suis pas triste que mémé soit morte!

J’ai entendu le contraire…

Bientôt, nous allons ensemble voir la tombe de ma grand-mère. Je ne sais pas du tout comment ils vont réagir.

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Déménage ! Quand on commence à être à l’étroit…

J’écris pour la première fois depuis notre nouvelle maison. Elle est encore vide, mais dès ce soir, mes enfants commenceront à prendre leurs marques dedans et les déménageurs apporteront tout les meubles demain et après demain.

Jusqu’à présent, nous vivions dans un appartement de 79m². Pas de quoi se plaindre à priori, mais voilà, nous étions à l’étroit. Tout d’abord, avec seulement deux chambres, nous (les parents) avons du migrer dans le salon… Ensuite, je dois reconnaître que nos enfants doivent être pourris gâtés, car nous sommes envahis de jouets. Je crois que la moitié des cartons que j’ai fait sont des cartons de jouets. Bien souvent, nous avions l’impression de vivre dans une maison de nain en nous cognant, un coup au coin de table, un coup sur le jouet qui traîne par terre, un coup sur le fauteuil du salon. Chaque recoin était utilisé, nous avons souvent fait des parties de Tetris pour essayer de caser plus de rangement, un nouveau jouet un peu encombrant, gagner de l’espace. Mais quand ce n’est plus possible, on a beau faire ce qu’on veut, ça ne rentre plus.

On s’est rendu à l’évidence qu’on ne pourrait pas trouver un appartement de trois chambres dans notre budget et dans la ville où nous habitions. Du moins, si nous pouvions, mais il fallait alors habiter au 10ème étage, avec un micro ascenseur où une poussette canne ne rentre pas dépliée. Ou alors il fallait habiter dans un immeuble un peu glauque, sale, etc. Soit nous restions où nous étions, soit nous louions une maison, beaucoup plus loin de notre travail, avec un petit jardin, et de l’espace ! Voilà le choix que nous avons fait.

Mais déménager avec trois enfants de moins de  4 ans, et en partant d’un appart déjà trop petit, ce n’est pas du repos. Les deux plus jeunes vivent assez bien le déménagement. La phase avant le déménagement en tout cas, mais je pense qu’ils auront plus de mal pour la phase après le déménagement. Mais pour la « grande » tout est compliqué. Elle ne veut pas quitter cet appartement où elle a toujours vécu. Elle aime sa chambre, elle a ses habitudes dans la maison, et à l’extérieur (les parcs, les manèges, l’école, etc.). Elle nous dit qu’elle préfère vivre dans une petite « maison » (notre appartement), que c’est sa maison, que sa chambre est belle, qu’elle préfère aller au parc plutôt que de jouer dans le jardin, qu’il y a assez de place pour jouer dans l’appartement, et que nous ne sommes pas si mal à dormir dans le salon… Cela se traduit par une recrudescence de bêtises et des couchers très compliqués depuis bientôt deux mois (cela peut durer jusqu’à 23h).

Un livre nous a quand même aidé à parler du déménagement avec les deux filles : Changer de maison de Dolto. Je n’avais pas encore acheté de livre de cette série, car je déteste les graphismes. Mais je dois avouer, que les choses sont bien expliquées, et cela permet aux parents, d’ouvrir la discussion avec les enfants. En tant qu’adultes, on ne se rend pas toujours compte des questions que peuvent se poser les enfants. Par exemple, nous deux filles n’avaient pas compris, imaginé quand changeant de maison, on allait quand même prendre toutes les affaires qu’il y a dans notre appartement et les mettre dans la maison. Imaginez comment cela peut être angoissant pour un enfant de penser qu’il va laisser tout ses jouets, son lit, ses affaires aux futurs habitants de son ancienne maison, et devoir utiliser les affaires des anciens habitants de sa nouvelle maison ?

A la fatigue des cartons, se rajoute alors le stress des soirées compliqués, les nuits parfois entrecoupées par notre plus jeune fils, qui a parfois besoin de ses parents la nuit, les maladies infantiles.

En quelques chiffres ce déménagement sera pour nous :

  • 1 maison
  • 60m² habitables en plus
  • 200m² de terrain de jeu
  • 3 chambres
  • 1 salon deux fois plus grand
  • 1 salle d’eau supplémentaire (et 1 WC supplémentaire)
  • La forêt à portée de vélo pour faire les ballades

mais aussi

  • 3 jours de déménagement
  • 3 varicelles
  • 2 mois à faire des cartons
  • environ 140 cartons
  • 22 km de transport en plus (et 30 minutes de trajet en voiture)