Mange ! (épisode 2)

A deux ans, Lise mesurait 95 cm et 12kg. Elle est très grande et mince ce qui la place bien en dessous des courbes d’IMC standard.

C’est à ce moment là que la diversification de Melody a commencé. Cette diversification nous a fait prendre conscience que Lise n’a jamais mangé aussi bien que Melody, si on considère les quantités ingurgitées. L’expérience d’un premier bébé, me permet de me rendre compte que si on observe bien un bébé qui mange, leur attitude quand ils n’ont plus faim ou qu’ils n’aiment pas peut paraître subtile mais devient clair avec un peu d’expérience. Je me suis aussi rendue compte que les indications données par le pédiatre en terme de repas types et de quantités ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Ça paraît évident quand on le dit, mais ça ne l’était pas quand on est entré dans cet engrenage avec Lise.

La confrontation de mes deux enfants au niveau des repas, m’a donc montré qu’il y a des bébés gros mangeurs et des bébés petits mangeurs. Qu’il faut leur faire confiance, plus qu’aux recommandations des médecins, les organismes de « référence » qui sont en réalité un regroupement d’industriel de l’alimentation, les nombreuses études contradictoires toujours diffusées dans les médias de manière parcellaire et sans référence mais aussi parfois à son entourage.

Cette prise de conscience n’a cependant pas réglé les problèmes d’alimentation de Lise parce qu’il nous a fallu plusieurs mois pour mettre en application ce que nous avions compris et ne plus faire des repas un moment de stress et de conflit.

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Coupable !

Depuis que j’ai su que j’étais enceinte, je crois que je n’ai jamais ressenti autant de sentiment de culpabilité.

Coupable de n’être pas immunisée contre la toxoplasmose, et de faire courir un risque mortel ou handicapant à chaque repas en dehors de la maison ou à chaque caresse à mes chats.

Coupable de ne pas avoir eu le sentiment d’être une mère dès le test de grossesse positif.

Coupable de ne pas avoir envie de me lever la nuit pour donner à manger à ma fille et d’envoyer son père qui travaille le lendemain me la chercher.

Coupable de ne pas savoir décrypter les pleurs de mes bébés.

Coupable de ne pas avoir écouté les conseils de nos aînés quand on se rend compte qu’ils ont raison (Oui  ça arrive même si on a jamais envie de le reconnaître).

Coupable quand ma fille concrétise par des gestes agressifs envers les autres, tout ce qu’elle ne sait pas exprimer autrement.

Coupable quand ma fille refuse de manger.

Coupable de ne pas avoir pu consacrer autant de temps à Melody qu’à Lise.

Coupable de voir toutes les erreurs que je fais. En bref, coupable de ne pas être la mère parfaite.

Au final, devenir mère c’est pour moi tout d’abord accepter que la mère parfaite n’existe pas et de dédramatiser les inévitables erreurs et leurs conséquences souvent très limitées.

Image : Thomas Roche