Défends-toi ! Ces jours où tout tourne à l’envers…

Il y a des jours où on a l’impression que le monde s’est trompé de sens et où tout tourne à l’envers. Lundi dernier était un de ces jours.

Lundi, après le goûter, mes trois enfants sont allés au parc à côté de chez nous avec leur auxiliaire parentale (on l’appellera Synthia). Jusque là, rien d’anormal, c’est un moment de jeu pour tout le monde. Ce square est tout petit, mais très apprécié de mes enfants avec son bac assemble sa vraie balançoire, et sa grande construction en forme de bateau. Ils ont en plus l’habitude d’y retrouver les copains d’école. Ce parc est clairement destiné aux enfants de moins de 10 ans.

Comme d’habitude Synthia s’installe à côté de mes filles sur le bord du bac à sable. C’est le genre de nounou qui joue avec les enfants, ne les lache pas des yeux pour discuter avec les « copines » des derniers ragots familiaux. Jack étant réveillé, elle le prend sur les genoux (et ne le laisse pas dans un coin dans la poussette avec un bout de pain dans les mains pour éviter qu’il ne proteste par envie de rejoindre les copains dans les jeux). Deux enfants de 10-12 ans commencent alors à jouer au ballon. Ils commencent à jouer au foot. Ils commencent à jouer au foot avec un gros ballon de cuir bien glonflé. Une première fois, Melody a échappé à un ballon dans la tête. Soucieuse de la sécurité de mes enfants, Synthia reprend alors les enfants, leur expliquant qu’ils risquent de faire mal à tous les enfants en train de jouer au sable.

Mais voilà, les enfants ont souvent du mal à accepter qu’on leur interdise ce qui est un jeu pour eux, mais peut être un danger pour les autres. Je ne leur reprocherais pas. Ce qui devait arriver se produisit. Jack s’est pris ce gros ballon dans la tête. A la marque sur sa joue (encore 2 jours après et pour quelques jours encore), j’imagine bien la puissance du choc. A sa tête toute triste, une demi-heure après le choc, j’imagine la peur et la douleur  qu’il a eu. Il a donc hurlé. Après l’avoir consolé, calmé, rafraîchi, Synthia est allé voir les enfants pour les disputer et leur demander de vraiment arrêter de jouer avec ce ballon.

C’est à ce moment où on ne comprend pas bien ce qui se passer dans la tête des autres. La mère des enfants a engueulé la nounou de mes enfants. C’était sa faute (celle de Synthia) si mon bébé s’était pris le ballon dans la tête. Mon fils n’avait pas à être sur ses genoux. Il aurait dû être dans sa poussette (vous savez bien c’est cette poussette qui est équipée d’une bulle de protection inviolable anti-ballon… Vous ne la connaissez pas ? Ah, ben moi non plus en fait !). Mon fils n’avait d’ailleurs rien à faire dans le parc. Oui, parfaitement il aurait du rester à la maison (et mes filles aussi d’ailleurs). Alors que ses enfants, trop grand pour jouer avec les jouets de ce parc, n’auraient rien eu à faire sur le terrain de foot situé 500m plus loin. Les terrains de foot s’est fait pour… faire du foot ? Et puis je suis sûre que si cette maman c’était pris le même ballon dans la tête, elle aurait eu une réaction complètement calme et posée et aurait remercié ses enfants de vouloir jouer avec elle.

C’est bien connu, la meilleure défense c’est l’attaque.

Mais voilà, ce n’est pas la seule chose qui ne tournait pas rond dans cette journée. Le même jour, dans ce même parc, Maryse l’auxiliaire parentale des meilleurs amis de Lise s’est faite agressée. Il faut dire que Maryse, elle est noire (bon d’accord ce n’est pas la seule auxiliaire parentale noire dans notre quartier). Maryse est d’origine africaine. Et puis Maryse elle parle un français irréprochable. Et Maryse, elle s’occupe bien des enfants qu’elle garde. Donc après tout, elle le méritait bien de se faire agresser.

Elle n’avait qu’à pas intervenir quand un homme d’un certain âge a enlevé la petite fille qu’elle garde de la balançoire sans un mot et sans ménagement. Elle n’avait qu’à pas se relever quand cet homme l’a poussé par terre à plusieurs reprises. Elle n’avait qu’à répondre quand il l’a traité de « sale négresse qui doit retourner dans son pays » au lieu de s’en aller avec les deux enfants apeurés qu’elle garde qui ne comprenaient pas ce qui était en train de se passer. Elle n’avait qu’à pas aller au commissariat porter plainte apeurée par ce type qui l’a suivi avec les enfants alors qu’elle partait du parc. Et puis elle n’avait qu’à pas aller au parc alors qu’il était entièrement vide. Ah non, pardon, il n’était pas vide le parc. Il était rempli d’enfants, de parents et d’auxiliaires parentales qui sont intervenus pour la défendre. Ah non pardon, je me trompe là, ils ont juste regardé la scène avec attention. Avec un regard soutenu, qui a mis la honte à l’agresseur. Ah non, je me trompe encore, c’est Maryse qui s’est sentie gênée, qui a eu honte…

Alors oui, je ne sais pas ce qu’il avait ce monde lundi et pourquoi il a soudain décidé de tourner à l’envers…

Images :  Soccer Ball

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