Laisse-moi faire ! L’apprentissage de l’autonomie…

Nous avons eu samedi la réunion parents-enseignants. On nous a expliqué le programme de l’année. Parmi les apprentissages, il y a l’apprentissage de l’autonomie. Nous n’avons bien entendu pas attendu l’entrée à l’école pour essayer d’apprendre à Lise à être plus autonome. Nous avons essayé de lui apprendre à s’habiller seule, à manger seule, à se laver seule et à s’amuser seule.

Globalement, elle sait faire tout ça seule sans notre aide. Mais cela ne veut pas dire qu’elle le fait. Je me rends compte qu’elle fait seule ce qui l’arrange : jouer seule, se laver les dents, le corps et les cheveux seule. Pour ce qui est de manger seule, cela dépend. Quand nous (ses parents) ne sommes pas là, pas de problème. Mais quand nous sommes là, elle préfère ne plus savoir… Pareil pour ce qui est de s’habiller. Pourquoi ce comportement ? Non seulement parce que ça l’arrange de se faire chouchouter et de rester un peu bébé, mais aussi parce que ça nous arrange également. Comme nous voulons qu’elle mange bien, on prend souvent la fourchette pour être sûre qu’elle n’oublie pas de manger. Comme on considère que le temps passé à s’habiller est une perte de temps, on préfère prendre la main et activer le mouvement, qui prendrait beaucoup plus de temps si elle faisait toute seule. Je me rends compte que ce n’est pas la solution, d’un autre côté, Lise, 3 ans, reste petite, et elle aura bien le temps de faire tout ça toute seule. Je ne connais pas d’adolescente qui demande à leur mère de les habiller le matin.

Jusqu’à l’entrée à l’école, ce sont les parents qui décident du niveau d’autonomie qu’ils accordent à leur enfant. Mais une fois à l’école, on se retrouve parfois face à des apprentissages qu’on n’avait pas forcément envie qu’ils fassent. C’est comme ça, par exemple, que Lise a appris à se laver les mains seules. Elle va toute seule dans la salle de bain, ouvre le robinet de la baignoire, se lave les mains. Pour elle, c’est un jeu, parce que c’est un nouvel axe de liberté dont elle prend possession. Pour nous, c’est un petit embêtement (très anodin, je le conçois) qui nous oblige à être disponible quand elle a décidé de se laver les mains pour lui apprendre à bien refermer le robinet pendant qu’elle se lave les mains pour ne pas gaspiller trop d’eau, à bien s’essuyer les mains, etc. Nous ne sommes plus maîtres de la situation…

Cet exemple est très futile, mais symbolise bien la difficulté de la première rentrée scolaire pour les parents. Nous ne sommes plus les initiateurs des évolutions de nos enfants. Ils commencent à faire leur propre apprentissage sans nous, ils ont leur propre petite vie la journée, sur laquelle nous n’avons plus de réelle maîtrise. Peut-être que les parents des enfants habitués à la collectivité, en crèche notamment, connaissent déjà ça, mais c’est une découverte pour moi. Lise a été gardé depuis qu’elle est toute petite, mais jamais en collectivité. Chez une assistante maternelle ou une auxiliaire parentale, il n’y a pas les mêmes besoins d’autonomie des enfants, les personnes à qui nous les confions sont normalement suffisamment disponibles pour continuer à faire les choses à leur place.

L’entrée à l’école est un bouleversement pour les enfants, mais aussi pour les parents.

Images : Sarah Gilbert

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