Nourris-moi ! L’allaitement tout simplement…

J’allaite en ce moment Jack, comme j’ai allaité mes deux grandes. L’allaitement est un vaste terrain de polémique dans le monde virtuel. Ça ne l’est pas dans mon entourage qui contient aussi bien des mamans qui ont allaité que des mamans qui ont donné le biberon.

Avant d’être enceinte, le sujet de l’allaitement ne m’est jamais venu à l’esprit. Je n’avais aucun avis sur le biberon ou sur l’allaitement. Quand j’étais enceinte, la question s’est posée. L’allaitement me paraissait logique parce que c’est naturel, pour les anticorps. Mais je me disais que si c’était compliqué, que si ça ne se faisait pas simplement, et bien je donnerais un biberon et puis c’est tout.

Quand Lise est née, elle était fatiguée par l’accouchement donc elle dormait beaucoup, mangeait peu. Les auxiliaires de puériculture me disaient de la réveiller, de la stimuler mais rien n’y faisait quand elle avait décidé de dormir, elle dormait. Heureusement, on ne m’a pas harcelé avec ça, ni avec des biberons de compléments, et comme elle commençait à perdre moins de poids à la fin des 3 jours à la maternité, on est sorties comme ça sans consignes particulières. La suite de l’allaitement s’est très bien passé, j’ai commencé le sevrage progressif vers 2 mois en prévision du retour au travail. Je ne me voyais pas utiliser un tire-lait pour me « traire », devoir retourner à la maison le midi pour le faire. Nous avons gardé la tétée du matin et du soir jusqu’à ses 6 mois.

Quand Melody est née, j’avais un bon souvenir de l’allaitement de mon aînée, mais encore une fois, je ne me suis pas dit que j’allaiterais à tout prix. Tout s’est bien passé, et comme les filles étaient gardées à la maison, je me suis dit que cette fois-ci je pourrais tenter de tirer mon lait pour prolonger le temps passé sans biberon. Je pouvais rentrer le midi à la maison, profiter de mes filles et tirer mon lait quand elles allaient à la sieste. Les conditions étaient en tout cas les meilleures possibles. Je me suis fixée une date buttoir : les 6 mois de ma fille. J’ai tenu jusque là, mais je dois avouer que c’était fatigant pour moi, c’était une course tous les midis, et j’ai été soulagé d’arrêter de tirer mon lait. On a gardé les tétées du matin et du soir encore quelques mois.

Quand Jack est né, je ne me suis pas imaginée ne pas allaiter. C’est donc naturellement que les choses se sont faîtes. Je ne sais pas jusqu’à quand j’allaiterais. Le congé maternité prolongé pour le troisième enfant devrait me permettre d’aller jusqu’à 6 mois sans difficulté.

Je garde de très bon souvenirs de mes deux allaitements (et déjà de celui là). Ce sont des moments et des sensations que je ne pensais pas apprécier comme ça. Ce sont des moments uniques avec chacun de mes enfants. Est-ce que j’aurais ces mêmes souvenirs si j’avais donné le biberon ? Non, ils seraient différents mais ils ne seraient pas moins uniques et agréables.

Qu’est-ce que je vais dire à mes filles quand elles seront adultes ? Faut-il allaiter ou pas ? Je leur dirais que c’est leur choix, que j’ai adoré le faire pour elles et leur frêre. L’allaitement a beaucoup d’avantage au niveau de la santé, au niveau pratique. Mais c’est un choix personnel, je comprends qu’on ne veuille pas allaiter. Nous vivons dans une société où nous pouvons faire le choix entre allaiter et donner le biberon sans mettre en danger la vie de son enfant. Le lait infantile a sûrement participé à l’émancipation de la femme sans recourir à une nourrice (au sens initial du terme). Nous devons nous estimer heureux que chaque mère ait se choix. Donc plutôt que de lancer la polémique, estimons nous heureux d’avoir de multiples possibilités (allaitement, allaitement mixte, biberons, etc.) en toute simplicité, en toute sécurité !

Images : Amy Bundy

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Cachez ce sein que je ne saurais voir !

J’ai allaité mes deux filles. Cela n’a pas été des allaitements longs, mais on peut dire que je suis pro-allaitement. Je suis persuadée des bienfaits de l’allaitement pour les enfants. Mais enfants ont été allaités jusqu’à 6-8 mois, et j’ai arrêté en partie à cause du travail mais aussi par rapport à moi.

J’ai adoré allaiter mes enfants, cet échange qui se créée entre la maman et l’enfant et le sentiment que je pouvais à moi seule subvenir à l’essentiel des besoins de mon enfant pendant ses premiers mois. Cependant, quand mes enfants se sont ouverts au monde et ont commencé à être très curieux de ce qui les entourent même pendant qu’ils mangent, j’ai préféré passer aux biberons.

Entendre parler d’allaitement long, de co-allaitement, etc. en France ne me choque pas même si personnellement ce ne serait pas envisageable. Cela reste des choix personnels dans une société qui a aussi les moyens de faire grandir des enfants en bonne santé en mangeant autre chose que le lait maternel.

Entendre parler d’allaitements qui me paraissent extraordinaire vu de mon regard français comme cette expérience d’allaitement en Mongolie me fascinent et me confirment que l’allaitement est devenu une notion culturelle qui varie beaucoup d’un pays à un autre. Et comme toute notion culturelle, pour s’intégrer dans une société, il faut bien souvent en adopter certains codes et principes.

L’allaitement quoi qu’il arrive reste un acte naturel. Personne ne devrait se justifier d’allaiter (ou de ne pas allaiter). L’allaitement en public fait beaucoup débat. Il y a les gens que ça choque un peu de voir une maman allaiter son bébé mais il y a aussi les mamans qui semblent aimer choquer les gens en allaitant en public avec un excès d’impudeur, dans n’importe quel lieu. J’ai vu à plusieurs reprises des mamans déballer leur matos avec un regard de défi aux environs en dévoilant, aux regards de tous, leur anatomie. Et je trouve que ce genre de comportement, comme celui qui consiste à fustiger l’allaitement au biberon, est comme tout comportement extrème : nuisible à la cause que ces dames défendent.

Nous vivons dans une société où le corps de la femme n’est pas un tabou, mais où les seins d’une femme font partie de leur intimité. Pendant la grossesse et l’accouchement, je me suis sentie un peu dépossédée de mon corps par les différentes actes et manipulations médicaux que j’ai subi à répétition. Nous sommes forcées à l’impudeur en montrant à des inconnus nos parties les plus intimes. Pour me sentir femme et non uniquement mère, j’avais besoin de retrouver mon intimité. Cela ne m’a pas empêché d’allaiter en public mais toujours dans le respect de mon intimité (en mettant des vêtements adéquats), de la tranquillité de mon enfant (dans les lieux bondés et bruyants, j’utilisais un lange pour recouvrir un peu sa tête et mon épaule afin de recréer un peu de cette fameuse intimité entre nous deux), et dans le respect des gens qui m’entouraient (je n’ai par exemple jamais allaité devant nos divers amis qui n’ont pas d’enfant et n’ont jamais été confronté à une maman allaitante). Je n’ai pas trouvé cela très compliqué ou contraignant, mais au contraire naturel par rapport à la société dans laquelle nous vivons.

Les comportements extrêmes provoquent toujours leur opposé comme cette interdiction en Angleterre d’allaiter son enfant dans une piscine et malgré le fait qu’ils soient extrêmement minoritaires ce sont malheureusement toujours les plus visibles surtout sur le microcosme d’Internet et des forums.