Porte-moi ! 5 ans après…

Après 3 enfants, et le petit dernier qui va atteindre les 2 ans, on est peu à peu en train de quitter la phase de la petite enfance. Je fais donc naturellement un peu le bilan sur les bons et mauvais plans avec des enfants.

Il y a 2 ans, j’avais écrit un article sur les porte bébé que nous avions utilisé Porte moi ! Mon expérience des porte-bébés… Depuis, nous avons un enfant de plus et un porte bébé en plus. Non pas le Tonga comme pressentie lors de mon précédent article mais un ring sling similaire à celui en photo (la couleur diffère).

Finalement, à la naissance de Jack nous avons utilisé deux porte-bébés en alternance.

L’ergobaby a été longuement utilisé pour les longues ballades. Nous sommes allés notamment plusieurs fois à Disneyland Paris avec les trois enfants entre les 3 mois et les 1 an de Jack. Pour Jack, je l’ai préféré au mei tai. Notamment, parce qu’avec 2 autres enfants, j’étais souvent pressé pour mettre Jack dans le porte bébé, et il est plus difficile de mal mettre un ergobaby qui reste bien réglé d’une utilisation à l’autre qu’un porte bébé noué.

Il a été également beaucoup utilisé pour les déplacements à pied seule avec les 3. Jack y dormait comme un loir. Depuis ses un an, nous ne l’utilisons vraiment plus que très ponctuellement pour plusieurs raisons :

  • Jack marche donc pour les petits trajets, il utilise ses petites jambes…
  • Nous vivons dans une plus petite ville, ce qui signifie moins de trajets à pied, plus de trajets en voiture…

Mais j’étais bien contente de l’avoir pour nos vacances à la plage. J’ai pu ainsi faire de grandes ballades d’une heure, sur la plage  avec Jack dans le dos. Nous avons tous les deux beaucoup apprécié.

Notre nounou a utilisé l’ergobaby 2 fois par jour pour faire les trajets école – maison avec les 3.

Le ring sling a été également beaucoup utilisé, mais par moi principalement. Pour tous les petits trajets à pied, mais également pour avoir les mains libres à la maison. C’est un achat que je ne regrette pas. Et il ne m’a pas servi uniquement de porte bébé. Il m’a également servi de nombreuses fois comme harnais de secours dans les chaises hautes de restaurant sans harnais, dans les caddies. Il m’a également servi de pare soleil pour la poussette, de couverture d’appoint et pour isoler Jack de la lumière quand il faisait sa sieste ou le début de sa nuit dans sa poussette.

L’installation de Jack dans ce porte bébé m’a demandé un peu d’entraînement, pour ne pas avoir mal à l’épaule qui porte et pour serrer suffisamment le porte bébé pour que le portage soit confortable pour nous deux.

C’est un achat que je ne regrette pas.

Jack a donc été beaucoup porté au cours de sa première année. La poussette était plutôt le domaine de Melody. Du coup, j’ai du investir dans une veste de portage. J’ai pris une veste hiver mamaponcho (doublée en polaire) qui permet un portage sur le ventre, sur le côté et sur le dos. C’était un investissement couteux mais vraiment indispensable. Par contre, j’aurais deux reproches à lui faire :

  • je n’ai jamais réussi à installer mon enfant seule dans le dos sous cette veste
  • quand l’enfant est tout petit, il est impossible de lui faire passer la tête dans le trou prévu à cet effet.

Pour le reste, son côté imperméable, les deux capuches, la doublure en polaire m’ont vraiment permis de porter Jack confortablement tout l’hiver.

En conclusion, porter mes enfants aura été un vrai plaisir (et ça le reste encore même si ça devient rare). Mais cela aura été aussi indispensable pour notre vie citadine avec trois enfants d’âge proche. On a pu ainsi se passer de poussette double, et sortir beaucoup plus. Le portage à la maison m’a permis de temps en temps de me sentir moins esclave, de les calmer tout en continuant à faire autre chose.

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Travailler ou ne pas travailler ! Le libre choix…

Travaillant au 4/5ème depuis la naissance de Melody, je perçois deux aides de la CAF :

  • Le complément Libre Choix du Mode de Garde : qui regroupe des aides pour faire garder mes enfants
  • Le complément Libre Choix d’Activité : qui fournit un complément de salaire qui a pour objectif de permettre aux parents de diminuer ou arrêter leur activité pendant un certain temps (qui dépend du nombre d’enfant à charge.

Je me suis demandée si ce « Libre Choix » existait vraiment.

Action de choisir, prendre quelqu’un, quelque chose de préférence à un(e) ou plusieurs autres.

Qui n’est pas soumis à une ou plusieurs contraintes extérieures.

Le libre choix serait donc la possibilité de choisir entre différentes options sans contraintes extérieures.

Quand on doit choisir entre travailler ou pas, comment faire garder ses enfants, il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont vraiment un Libre Choix.

Travailler ou ne pas travailler

Les contraintes qui se posent à nous quand on a des enfants et qu’on décide de travailler ou pas sont les mêmes qui vont inciter certains à travailler et d’autres à garder leurs enfants, on peut citer:

  • éducative :
    Chaque parent a une vision personnelle de l’éducation de leurs enfants. Si on a des exigences particulières, il est possible que l’offre de garde de permette pas de répondre à ses exigences.
  • sociale :
    Qu’il soit familial, communautaire ou professionnel, les personnes extérieures au foyer exposent un modèle auquel on est obligé de porter attention. Les attentes de ces personnes influent forcément sur notre choix que cela soit par un désir de rester conforme à leurs attentes ou de s’y opposer.
  • financière :
    Vraiment très peu de personnes n’ont aucune contrainte financière qui leur permette librement de travailler ou de ne pas travailler.

Les compléments libre choix du mode de garde et d’activité (mais aussi le crédit d’impôt lié à la garde d’enfants) doivent être un levier pour supprimer cette dernière contrainte. Cependant, ils peuvent aussi orienter fortement le choix de travailler ou de ne pas travailler. Il serait beaucoup trop simpliste de dire que les bas salaires sont incités à rester à la maison et les hauts salaires à aller travailler, le calcul est beaucoup plus complexe que ça et dépend également du mode de garde, du nombre d’enfants et des revenus globaux du foyer. Tout ce que je peux dire, c’est que dans mon cas (j’ai un salaire au dessus du salaire médian, 3 enfants), le plus intéressant financièrement serait d’avoir une place en crèche au 4/5ème (et évidemment de travailler au 4/5ème). Je connais des femmes avec des petits salaires qui financièrement ne peuvent pas retourner au travail. Je connais également des femmes avec des petits salaires qui sont obligés de travailler.

Sauf dans le cas de quelques minorités, ce libre choix d’activité est une vue de l’esprit.

Crèche, Assistante Maternelle, Garde à domicile

Les trois principaux modes de gardes ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Les éléments dans la balance sont :

  • le respect des rythmes de l’enfant,
  • le respect des choix des parents,
  • la sociabiliation,
  • la confiance dans le système et dans les personnes impliqués dans la garde des enfants,
  • les horaires,
  • le coût financier.

Idéalement, on pourrait faire un tableau qui met en regard ces éléments et les différents modes de gardes et faire un choix libre et éclairé en fonction des avantages et inconvénients de chaque mode de garde. La première condition serait d’avoir le choix, mais pour de multiples raisons, les choix peuvent être limités :

  • existence du choix :
    Rares sont les parents qui peuvent librement choisir entre ces trois modes de gardes. Souvent c’est la place en crèche qui n’est pas disponible mais parfois dans certaines régions c’est l’assistante maternelle ou la garde à domicile qui est difficile à trouver.
  • les horaires :
    Pour les parent qui ont des horaires spécifiques (travail de nuit par exemple), la crèche peut être exclue quasiment d’office. L’assistante maternelle peut être également difficile à trouver.
  • le coût financier :
    La garde à domicile est rarement, financièrement intéressante. Peu de gens peuvent se le permettre, et le seul élément qui permet de faire peser la balance en sa faveur est le nombre d’enfants à garder.

Les autres éléments que j’ai cité précédemment : respect du rythme des enfants, respect des choix des parents, sociabilisation, confiance, dépendent finalement peu du mode de garde mais plus des individus et organisations à notre disposition.

Le complément libre choix du mode de garde doit permettre de diminuer les contraintes financières. Mais il faudrait pour cela que tous les modes de gardes aient le même coût final. Ce qui n’est pas du tout le cas et me semble impossible. Les tarifs des crèches aidées par la CAF sont encadrés. Les tarifs des assistantes maternelles sont plafonnées si les parents veulent percevoir les aides de la CAF, mais une partie de la rémunération n’entrent pas dans le calcul (frais d’entretien et de repas). Les tarifs des garde à domicile sont libres et dépendent de la loi de l’offre et de la demande. Même l’aide de la CAF est différente. Ainsi quand on emploie une assistante maternelle, toutes les charges sont payées par la CAF et on perçoit un complément par enfant gardée. Alors que quand on emploie une garde à domicile, au maximum 50% des charges sont payées par la CAF et on ne perçoit qu’un complément par foyer (quelque soit le nombre d’enfants gardés).

Il me semble donc que le libre choix du mode de garde est également une vue de l’esprit.

J’aimerais bien savoir si une étude a déjà été faite sur l’utilité de ces dispositifs et si ils permettent vraiment de résoudre les problématiques pour lesquelles ils ont été mise en place.

Dans mon cas personnel, ces aides m’ont incité à me mettre au 4/5ème à l’arrivée de Melody. Ces aides m’ont également incité à m’arrêter complètement pendant 4 mois, pendant le congé maternité de ma nounou actuelle. Mon choix aurait été différent si ces aides n’existaient pas et si j’avais eu réellement le choix de mon mode de garde.

Images : Duncan Hull

Garde-moi ! au masculin…

Pour les vendredis intellos, j’ai fait une petite recherche rapide sur les nounous au masculin. C’est en rédigeant mes précédents billets sur la recherche d’une nouvelle auxiliaire parentale que j’ai pris conscience que pour ma part, la nounou devait être une femme. Je n’ai aucun doute sur les compétences des hommes à bien s’occuper d’un enfant, l’aider à grandir. Mais voilà, pour moi, cela sera non quand même.

On sait désormais que les pédophiles ont tendance à chercher le contact avec les enfants. Heureusement, toutes les personnes qui recherchent le contact avec un enfant ne sont pas pédophiles. Mes enfants pourraient également tomber sur des femmes maltraitantes qui leur feraient autant de mal psychologiquement.

D’autre part, mes enfants seront forcément en contact avec des professionnels masculins de l’enfance : des médecins, des enseignants, des éducateurs, etc.

Mais comme toujours, pour prendre une telle décision, je mets en balance le bénéfice (de faire garder mon enfant par un homme) et le risque encouru. Dans ce cas précis, j’ai le choix de faire autrement, donc je le fais…

Garde-moi ! Choisir une auxiliaire parentale…

Quand on se met à la recherche d’une auxiliaire parentale (nounou au domicile des parents) pour la première fois, on se lance un peu dans l’inconnue. Pire, j’avais l’impression de me jeter dans la fosse aux lions. Il faut dire qu’au cours de mes congés maternités, j’ai un peu cotoyé les squares et jardins publics qui regorgent de nounous. Et parmi toutes ces nounous, il y en a peu à qui j’aurais confié mes enfants (désintérêt pour les enfants, absence de surveillance, violences verbales envers les enfants, etc.). Le premier contact par mail (voir mon précédent billet) avec certaines m’a fait froid dans le dos.

Conscient que Mary Poppins n’existait pas, nous avons tout d’abord réfléchi à ce que nous attendions d’une nounou qui viendrait garder nos enfants à domicile. Je pense que chaque parent, futurs employeurs, devrait réfléchir à ses priorités avant même de rencontrer la première nounou. Voici quelques questions qu’il faut se poser, avant de faire les entretiens :

  • Quels horaires je vais lui demander ? L’auxiliaire parentale, dans la plupart des cas, vient s’occuper de nos enfants pendant que nous allons travailler. Pour être à l’heure à notre travail, il faut donc que l’auxiliaire parentale soit ponctuelle, cela va de soit. Mais les parents ont aussi une obligation de ponctualité par rapport à leur employée. Que dirions-nous si nous devions attendre notre employeur tous les soirs pour partir et qu’il nous mettait en retard pour assumer nos responsabilités personnelles ?
    Quand nous avons nous même un certain aléas pour notre heure de retour à la maison (réunions qui ont tendance à trainer, problèmes de transports), il faut donc prévoir large dès le contrat pour les horaires de l’auxiliaire parentale. Il vaut mieux la payer pour 11h de travail dans la journée, même si dans 90% des cas vous n’avez besoin que de 10h. Pourquoi ?

    • Par respect pour la personne qu’on emploie et qui a sa propre organisation ;
    • Par confort pour notre propre organisation, avoir tout le temps l’impression d’être pris par le temps est une source de stress non négligeable ;
    • Par respect pour nos enfants, la transmission entre les parents et la nounou est un moment important. Il est important de savoir comment s’est passé la journée de nos enfants. Il est important aussi pour nos enfants de voir qu’on se préoccupe de leur journée en notre absence
  • Quelles tâches je vais lui demander ? Dans le cadre de son travail, voilà ce qu’on peut demander à une auxiliaire parentale, selon le modèle de contrat de Pajemploi :
    • Assurer la sécurité ainsi que le confort physique et moral de(s) l’enfant(s),
    • Être à l’écoute permanente de(s) l’enfant(s),
    • Accompagnements divers, promenades quotidiennes sauf si le temps ou la santé de(s) l’enfant(s) ne le permet pas,
    • Bains à la demande des parents,
    • Activités d’éveil par des jeux et lectures adaptés à l’âge de(s) l’enfant(s),
    • Petites courses liées aux besoins de l’emploi,
    • Préparation des repas suivant les consignes des parents,
    • Entretien de la chambre de(s) l’enfant(s), de la salle de bain, de la cuisine, des espaces de jeux,
    • Entretien du linge de(s) l’enfant(s): mise en route, étendage et/ou repassage d’une lessive en fonction des consignes de l’employeur,
    • Dialogue permanent avec les parents sur les points essentiels de l’éducation de(s) l’enfant(s), en particulier les informer du contenu des repas, du comportement de(s) l’enfant(s), des progrès réalisés et des difficultés éventuelles rencontrées,
    • En cas de difficulté ou d’urgence avec le ou le(s) enfant(s), prévenir en priorité les parents et prendre les mesures nécessaires (appel du Samu, des pompiers, du pédiatre, se rendre à l’hôpital…)

Certaines choses dans cette liste paraissent évidentes. On peut (doit) rajouter les autres tâches qu’on souhaite qu’elle réalise (par exemple : accompagner les enfants à l’école, à la ludothèque, préparer et donner les repas du soir…). Cependant, les tâches rajoutées doivent être en relation avec la garde d’enfant. Par exemple, on ne devrait pas demander à une auxiliaire parentale de laver, repasser les vêtements des parents, nettoyer les vitres, les pièces qui ne sont pas en relation directe avec les enfants. Il est vrai que, étant donné le coût, la tentation est grande de « rentabiliser » le temps de présence de la personne employée. Je pense qu’en tant que parent on doit se poser la question suivante : cherche-t-on une employé de maison qui en même temps garde nos enfants ou cherche-t-on une professionnelle de la petite enfance ? Les deux possibilités sont des choix honorables, c’est juste une question de compétence de la personne recrutée et de priorité pour la bon fonctionnement de la famille (on ne peut pas avoir à la fois une personne qui veillera au bien-être, à la sécurité, à l’éveil des enfants et qui vous laissera le soir en partant une maison pimpante, brillante, bien ordonnée).

  • Quelles sont mes attentes et mes espoirs par rapport à cette auxiliaire parentale : En plus de ce que je lui demande contractuellement parlant, quelles sont mes attentes et mes priorités qualitativement parlant. Les nounous ont un rôle important auprès des enfant que les autres professionnels de l’enfance (animateurs, enseignants, soignants, etc.). Ils sont responsables, en l’absence des parents, de l’éducation, de l’éveil des enfants.
    Dans une bonne partie des cas, les nounous sont plus présentes (en terme d’horaires) que les parents sur une semaine complète. Il faut donc être conscient qu’elles vont leur transmettre beaucoup de choses en terme d’éducation, de savoir vivre, de savoir être, d’apprentissages (de la parole, de la motricité, …). Il faut donc être conscient de ce qu’on attend d’elle et de nos priorités à ce niveau. Par exemple, on peut préférer qu’elle respecte le rythme de chaque enfant, plutôt que de faire des sorties tous les jours, etc.
    Cela permettra de poser les bonnes questions pour jauger les compétences de la nounou dans les domaines les plus prioritaires.
    A titre d’exemple : pour notre part nos priorités dans l’ordre sont une auxiliaire parentale qui :

    • Donne la priorité à la sécurité des enfants,
    • Se préoccupe du bien-être des enfants,
    • Parle correctement français. Cette dernière attente peut paraître farfelue. Cependant, il y a tellement de sources de mauvaise compréhension entre deux êtres humains (vous savez la fameuse différente qu’il peut y avoir entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que l’autre veut entendre, ce que l’autre entend et ce que l’autre retient…). Il y a aussi tellement de sources de frictions entre auxiliaire parentale et parents (différences de personnalités, de conception de l’éducation, malentendus financiers, problèmes de reconnaissance du travail fourni, etc.). Si on rajoute à cela des approximations linguistiques, je trouve que c’est encore plus compliqué de ne pas entrer en conflit.
    • et en bonus : qui aime cuisiner et transmettre cela aux enfants.
  • De quel budget je dispose ? Une auxiliaire parentale coûte cher. En plus de son salaire, il faut payer les charges (dont une part seulement est prise en charge par le CAF). Une partie peut être récupérée sur les impôts, mais dans ce cas, il y a un décalage d’un an pour que cela rentre en compte. Je déconseillerais de sélectionner l’auxiliaire parentale la moins cher. On lui confie quand même la vie de nos enfants (certains préciseront également notre maison, mais pour moi le risque est toujours moindre par rapport à celui pris pour nos enfants). S’il y a bien un poste sur lequel il ne faut pas faire le radin c’est bien celui là. Cependant, il faut être sûr de pouvoir payer cette nounou tous les mois. Il faut être sûr que l’auxiliaire parentale soit satisfait de son salaire et d’avoir une petite marge de manoeuvre pour pouvoir éventuellement l’augmenter si besoin. Ce serait dommage de commencer avec une personne, en être pleinement satisfait et ne pas pouvoir la garder car elle demande une augmentation (raisonnable) que vous ne pouvez pas lui accorder.

Tout cela permet de poser les bonnes questions dès le premier contact téléphonique puis en entretien. Pour les particuliers employeurs, qui n’ont pas l’habitude de recruter quelqu’un, il me parait nécessaire de préparer ces entretiens pour dissiper rapidement les mal entendus et ne pas perdre de vue ce qu’on cherche vraiment à trouver dans la personne à qui on confiera la prunelle de nos yeux.

PS : je remarque que je ne parle d’auxiliaire parentale qu’au féminin. C’est sexiste. Mais pour des raisons qui me sont personnelles, je ne pourrais pas confier mes enfants à un professionnel de la petite enfance et je m’en excuse…

Garde-moi ! ou pas…

On pensait être tranquilles pour 3 ans, et pourtant, nous voilà de retour dans la recherche d’une auxiliaire parentale. Quand on est parents et qu’on recherche une nounou, on peut vite avoir l’impression d’être arrivés dans une autre dimension.

Quand je lis ou écoute certaines candidatures, je me demande dans quel état d’esprit sont certaines personnes qui répondent. Cherchent-elles vraiment un travail ? Sont-elles conscientes qu’elles parlent à leur employeur et non à leur voisine de pallier ? Arrivent-elles vraiment à trouver du travail en ayant ce genre d’attitude ?

A chacune de nos recherches, nous avons déposé une annonce sur le site http://www.bebe-nounou.com. Voici les deux annonces que nous avons posté (à un an d’intervalle).

  • annonce 2011

Nous cherchons une auxiliaire parentale avec de l’expérience pour garder nos deux filles à partir de septembre : Lise (3ans) et Meody (1 an et demi) puis notre bébé à naître en octobre. Lise ira à l’école le matin(école maternelle ***** à ****). Le temps de garde sera de 40h environ par semaine.

  • annonce 2012

Nous sommes à la recherche d’une auxiliaire parentale pour garder nos trois enfants qui auront 4 ans, 2 ans et demi, 10 mois à partir du mois de septembre. 
La garde sera effectuée 4 jours par semaine et 11 heures par jour. 
Si vous êtes intéressée, merci d’envoyer votre cv par mail.

Voilà une petite sélection des pires réponses reçues par mail (et je tiens à préciser que je n’ai rien coupé et rien ajouter) :

BJ JE SUISINTERESS GD ENFT

C’est la toute première réponse que j’ai eu. Et là, je peux dire que j’ai pris peur et je me suis demandée où je mettais les pieds

Bonsoir Mme
Je suis Mme s**** f***
je suis diponible merci

Apparemment, la politesse était son meilleur argument pour se vendre.

Voir CV

C’est bref, mais au moins, j’avais un CV en pièce jointe.

J’ai eu aussi quelques contacts téléphoniques. C’est dommage que je n’ai pas pensé à noter ces merveilleuses conversations. Je me souviens par contre de celle de ce matin, aussi surréaliste que les messages au dessus :

Je décroche :
elle : « euh allo ? est-ce que l’annonce est toujours d’actualité ? »
moi : « vous parlez de l’annonce pour une garde d’enfant ? »
elle : « oui, est-ce qu’on peut se voir ? »
moi : « euh, avant dites moi un peu plus sur vous »
elle : « je suis une ancienne assistante maternelle »
moi : « … »
elle : « la garde c’est pour travailler où ? »
moi : « à G****. Et vous avez combien d’années d’expérience ? »
elle: « 4 ans, enfin 8. On peut se voir ? »
Comment dire… Je passe mon tour pour ce coup là !
Heureusement, elles ne sont pas toutes comme ça. Ces championnes de la recherche de travail ne donnent pas une image reluisante de la profession mais il est rassurant de voir qu’il existe de vraies professionnelles de la petite enfance. Des auxiliaires parentales  qui voient leur collaboration avec une famille comme un travail à part entière. Ce que je retiens de ces deux recherches c’est qu’il ne faut pas se précipiter, ne pas se décourager.
Images :  

Défends-toi ! Ces jours où tout tourne à l’envers…

Il y a des jours où on a l’impression que le monde s’est trompé de sens et où tout tourne à l’envers. Lundi dernier était un de ces jours.

Lundi, après le goûter, mes trois enfants sont allés au parc à côté de chez nous avec leur auxiliaire parentale (on l’appellera Synthia). Jusque là, rien d’anormal, c’est un moment de jeu pour tout le monde. Ce square est tout petit, mais très apprécié de mes enfants avec son bac assemble sa vraie balançoire, et sa grande construction en forme de bateau. Ils ont en plus l’habitude d’y retrouver les copains d’école. Ce parc est clairement destiné aux enfants de moins de 10 ans.

Comme d’habitude Synthia s’installe à côté de mes filles sur le bord du bac à sable. C’est le genre de nounou qui joue avec les enfants, ne les lache pas des yeux pour discuter avec les « copines » des derniers ragots familiaux. Jack étant réveillé, elle le prend sur les genoux (et ne le laisse pas dans un coin dans la poussette avec un bout de pain dans les mains pour éviter qu’il ne proteste par envie de rejoindre les copains dans les jeux). Deux enfants de 10-12 ans commencent alors à jouer au ballon. Ils commencent à jouer au foot. Ils commencent à jouer au foot avec un gros ballon de cuir bien glonflé. Une première fois, Melody a échappé à un ballon dans la tête. Soucieuse de la sécurité de mes enfants, Synthia reprend alors les enfants, leur expliquant qu’ils risquent de faire mal à tous les enfants en train de jouer au sable.

Mais voilà, les enfants ont souvent du mal à accepter qu’on leur interdise ce qui est un jeu pour eux, mais peut être un danger pour les autres. Je ne leur reprocherais pas. Ce qui devait arriver se produisit. Jack s’est pris ce gros ballon dans la tête. A la marque sur sa joue (encore 2 jours après et pour quelques jours encore), j’imagine bien la puissance du choc. A sa tête toute triste, une demi-heure après le choc, j’imagine la peur et la douleur  qu’il a eu. Il a donc hurlé. Après l’avoir consolé, calmé, rafraîchi, Synthia est allé voir les enfants pour les disputer et leur demander de vraiment arrêter de jouer avec ce ballon.

C’est à ce moment où on ne comprend pas bien ce qui se passer dans la tête des autres. La mère des enfants a engueulé la nounou de mes enfants. C’était sa faute (celle de Synthia) si mon bébé s’était pris le ballon dans la tête. Mon fils n’avait pas à être sur ses genoux. Il aurait dû être dans sa poussette (vous savez bien c’est cette poussette qui est équipée d’une bulle de protection inviolable anti-ballon… Vous ne la connaissez pas ? Ah, ben moi non plus en fait !). Mon fils n’avait d’ailleurs rien à faire dans le parc. Oui, parfaitement il aurait du rester à la maison (et mes filles aussi d’ailleurs). Alors que ses enfants, trop grand pour jouer avec les jouets de ce parc, n’auraient rien eu à faire sur le terrain de foot situé 500m plus loin. Les terrains de foot s’est fait pour… faire du foot ? Et puis je suis sûre que si cette maman c’était pris le même ballon dans la tête, elle aurait eu une réaction complètement calme et posée et aurait remercié ses enfants de vouloir jouer avec elle.

C’est bien connu, la meilleure défense c’est l’attaque.

Mais voilà, ce n’est pas la seule chose qui ne tournait pas rond dans cette journée. Le même jour, dans ce même parc, Maryse l’auxiliaire parentale des meilleurs amis de Lise s’est faite agressée. Il faut dire que Maryse, elle est noire (bon d’accord ce n’est pas la seule auxiliaire parentale noire dans notre quartier). Maryse est d’origine africaine. Et puis Maryse elle parle un français irréprochable. Et Maryse, elle s’occupe bien des enfants qu’elle garde. Donc après tout, elle le méritait bien de se faire agresser.

Elle n’avait qu’à pas intervenir quand un homme d’un certain âge a enlevé la petite fille qu’elle garde de la balançoire sans un mot et sans ménagement. Elle n’avait qu’à pas se relever quand cet homme l’a poussé par terre à plusieurs reprises. Elle n’avait qu’à répondre quand il l’a traité de « sale négresse qui doit retourner dans son pays » au lieu de s’en aller avec les deux enfants apeurés qu’elle garde qui ne comprenaient pas ce qui était en train de se passer. Elle n’avait qu’à pas aller au commissariat porter plainte apeurée par ce type qui l’a suivi avec les enfants alors qu’elle partait du parc. Et puis elle n’avait qu’à pas aller au parc alors qu’il était entièrement vide. Ah non, pardon, il n’était pas vide le parc. Il était rempli d’enfants, de parents et d’auxiliaires parentales qui sont intervenus pour la défendre. Ah non pardon, je me trompe là, ils ont juste regardé la scène avec attention. Avec un regard soutenu, qui a mis la honte à l’agresseur. Ah non, je me trompe encore, c’est Maryse qui s’est sentie gênée, qui a eu honte…

Alors oui, je ne sais pas ce qu’il avait ce monde lundi et pourquoi il a soudain décidé de tourner à l’envers…

Images :  Soccer Ball

Travaille ! Le bonheur de profiter de ses enfants…

Je suis actuellement en congé maternité pour notre troisième enfant, et cela depuis maintenant 3 semaines et pour un peu plus de 6 mois. Le bébé n’étant pas encore arrivé, je profite de mes filles. Elles sont gardées à la maison par leur auxiliaire parentale donc je peux les voir toute la journée tout en pouvant me reposer. Et je dois dire que j’apprécie ce luxe.

Pour ma deuxième grossesse, ma grande  (19 mois) était gardée par une assistante maternelle, mais on s’en est séparée au début de mon congé maternité suite à plusieurs déconvenues alors que ce n’était pas ce que nous envisagions à l’origine (voir mon article Garde ma fille ! Ou comment la relation avec la nounou tourne souvent au conflit…). Malgré la difficulté de s’occuper d’un enfant en bas âge alors qu’on est enceinte jusqu’au cou ou qu’on a un bébé qui vient tout juste de naître, j’avais apprécié cette période. Les enfants évoluent toujours plus en présence de leurs parents que d’autres adultes, et j’avais vu ma grande progresser de jours en jours, au niveau du langage, de la motricité, des jeux, etc.

Pour cette troisième grossesse, Lise (3 ans) va à l’école le matin et Melody (19 mois) est à la maison toute la journée. Elles étaient gardées avant mon congé maternité par une auxiliaire parentale (à notre domicile) 4 jours par semaine (et le mercredi par moi). Ce sera aussi le même mode de garde à ma reprise du travail, donc nous avons décidé de faire des sacrifices financiers afin de pouvoir garder notre auxiliaire parentale pendant mon congé maternité. Et ce luxe est pour moi un vrai bonheur. Je vois mes deux filles grandir, évoluer, je profite de ce petit bonheur quotidien, de cette petite parenthèse que m’offre ce troisième bébé. Tout le monde à la maison est gagnant par ce sacrifice financier et cette grossesse :

  • Les filles profitent de moi toute la journée mais ne sont pas pénalisées par ma fatigue due à la grossesse puis ensuite par la fatigue d’un bébé qui vient de naître, qui ne fait pas ses nuits. Elles peuvent quand même faire pleins de choses avec leur nounou et avoir l’attention de quelqu’un rien que pour elles : des activités à la maison, des sorties au parc. Je suis beaucoup plus zen que pour mon deuxième congé maternité. Et la présence de quelqu’un chez moi m’oblige aussi à être plus zen avec mes filles.
  • Moi, je profite de mes filles, mais je n’ai pas la fatigue de la préparation des repas, des allers-retours à l’école et je pourrais consacrer un peu de temps rien qu’à ce bébé.
  • Le bébé à venir pourra avoir toute mon attention par moment, ce qui est déjà rare pour un second enfant mais encore plus pour un troisième. Quand je devrais le laisser pour retourner au travail, il connaîtra sa nounou et il n’y aura pas de périodes d’adaptation.
  • Pour mon mari, il peut nous laisser la journée l’esprit tranquille. Il sait que je ne suis pas isolée, que je bénéficierai d’un soutien indéniable au quotidien (sauf le mercredi). Parce que disons-le, s’occuper d’une petite fille de 3 ans, d’un grand bébé de 19 mois et d’un nourrisson peut vite devenir très fatigant, étouffant (en tout cas pour quelqu’un avec ma personnalité). Déjà là, il me trouve le soir beaucoup moins stressée et apaisée et tout le monde en bénéficie.
Profiter de mes enfants au quotidien est donc un vrai bonheur en ce moment. Mais je suis consciente que ce n’est ainsi que parce que c’est temporaire. Ça ne remet pas en cause mon envie de travailler. Si j’arrêtais de travailler, je n’aurais pas d’auxiliaire parentale, donc je devrais gérer tout ça toute seule et je ne serais pas aussi zen. Si j’arrêtais de travailler, je me sentirais enfermée dans ce rôle de mère au foyer et sûrement frustrée. Tout cela se ressentirait sur tous les membres de cette famille.
Il est vraiment incontestable, pour moi, que les parents s’épanouissent et progressent plus auprès de leurs parents mais je ne suis pas faite pour être mère au foyer. Je suis faite pour travailler et pouvoir ainsi apprécier le bonheur d’être avec mes enfants pleinement disponible pendant les mercredi, les week-end, les vacances et pendant ce congé maternité. Je serais bien incapable d’être aussi disponible si je m’occupais à 100% de mes enfants.