Mesure-moi! Se comparer aux autres…

Tout le monde dit qu’il faut élever nos enfants selon notre instinct, comme on le sent, comme on en a envie. Tout le monde dit qu’il ne faut pas comparer ses enfants aux autres. Mais est-ce que c’est possible ? Est-ce que la comparaison des uns envers les autres est forcément néfaste ?

Cette notion d’instinct m’a toujours dérangée. Je l’avais déjà expliqué dans un billet. L’instinct maternel est pour moi quelque chose d’assez obscur, même après trois enfants. Ne se fier à notre instinct c’est lui donner beaucoup de valeur, beaucoup de responsabilité. Et si mon instinct est défaillant est-ce que je serais destinée à être une mauvaise mère ? Mon instinct me disait que mes enfants devaient manger équilibrer à chaque instant et j’en suis arrivé à harceler mes enfants quand ils ont commencé à bouder la nourriture. Mon instinct me disait que les parents ne devaient jamais négocier avec leurs enfants mais la négociation me permet de contourner bon nombre de conflits. Et puis mon instinct est bien silencieux face à bon nombre de questions : comment régler les problèmes de nourritures de mes enfants ? Comment régler les problèmes de sommeil de Lise ? Alors qu’est-ce que je devrais faire ? Rien ?

Le médecin qui soigne notre enfant est bien souvent notre référent pour tout ce qui est lié plus ou moins à la santé. Mais les médecins restent des êtres humains qui n’ont pas les réponses à tout. Mes parents ne sont pas une référence absolue pour moi. J’écoute ce qu’ils me disent mais d’un esprit critique car je n’éduque pas mes enfants comme eux nous ont éduqué. Il y a ensuite les parents de notre âge, frêres et soeurs, amis. Quand je me pose des questions sur l’évolution des mes enfants, sur la résolution des problèmes, je fais ce que beaucoup de parents font : je questionne, je compare. Comment je saurais si le comportement de mon enfant est « normal » si je ne sais pas ce qui se passe ailleurs chez des enfants d’un âge proche du mien.

C’est la comparaison qui m’a permis de voir que beaucoup d’enfants rencontrait à un moment où un autre des problèmes de nourriture et de voir qu’une des meilleures solutions pour écourter cette phase était de ne rien faire. C’est la comparaison qui m’a permis de relativiser des problèmes de sommeil, de caprices, de colères. C’est en comparant mes enfants les uns aux autres que je me suis rendue compte qu’ils sont tous très différents et qu’ils n’ont pas tous les mêmes capacités à faire face aux problèmes qu’ils rencontrent.

En matière d’enfant, on ne peut pas dire qu’il y ait des enfants meilleurs que les autres. La comparaison ne permet pas d’établir un classement (mon enfant serait nul parce qu’il sait marcher plus tard qu’un autre). La comparaison me permet de voir les points faibles et les points forts de chacun et d’aider mes enfants à progresser en fonction de leur besoin. La comparaison me permet d’adapter mon éducation à la personnalité de chacun de mes enfants. Sur certains aspects, je suis plus exigeante avec l’un que l’autre parce que je sais qu’il en a besoin dans un premier temps.

La comparaison aux autres me permet souvent de déculpabiliser. Si on se réfère uniquement aux médecins ou aux livres, on a vite un sentiment d’échec sur un sentiment ou un autre. En se comparant aux autres, on voit vite qu’on n’est pas seul dans notre situation, que les déviations par rapport à la « normale » sont courantes.

Je ne pense pas que j’arrêterais un jour de comparer mes enfants entre eux et aux autres.

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