Choisis ! Le logement, une histoire de compromis…

Quand j’étais étudiante, j’avais la certitude que mes études me permettraient de vivre confortablement. J’ai logé pendant 5 ans dans 11m², mais j’étais persuadée qu’une fois dans le monde du travail, je disposerais de beaucoup plus d’espace.

A mon entrée dans le monde du travail, j’ai choisi par confort professionnel (meilleur salaire, plus de postes disponibles, plus de souplesse et ensuite plus de facilité pour changer de travail) d’aller vivre à Paris. Nous étions deux et la différence de salaire devait compenser (et même plus) la différence de loyer entre Lyon et Paris. Je crois que c’était bien le cas. Malgré nos deux CDI et de très bon salaires, nous avons été confronté à une première situation que je trouvais comique. Nous avions besoin de garants…  Nous avions besoin de garants parce que nous étions en période d’essai. Nous avons donc demandé à nos parents qui gagnaient moins que nous d’être garants pour nous (logique ?). Nous avons choisis de vivre dans un grand T1 dans un quartier assez bourgeois de Paris.

Quelques années après, nous avons voulu déménager pour avoir une chambre séparée pour pouvoir accueillir plus facilement les personnes qui venaient nous voir de loin. Les compromis ont commencé vraiment à cet instant nous avons migré en petite couronne. Le compromis a porté sur l’éloignement de Paris et de ses commodités. 1 an et demi après, je suis tombée enceinte et nous avons déménagé pour avoir une chambre et pour avoir le luxe d’aller à mon travail à pied (qui était en petite couronne). Cette fois-ci, le compromis a porté sur notre budget (un loyer élevé) et sur la taille de notre logement. Nous aurions aimé avoir 3 chambres, pour pouvoir accueillir facilement notre famille qui habitait loin et pour ne pas avoir à déménager à l’arrivée d’un autre enfant. Mais le loyer n’était plus du tout raisonnable. Nous nous sommes donc résolu à n’avoir que deux chambre et à l’arrivée de Melody, nous avons fait quelque chose qui me paraissait inconcevable mais qui s’est très bien passé : nous avons mis les deux filles ensemble dans la même chambre.

Au bout de 3 ans, nous nous préparions à l’arrivée d’un troisième enfant. Au début, nous avons voulu déménagé mais nous n’avons rien trouvé près de mon travail (ou pour un augmentation de minimum 50%, ou sans ascenceur, ou au 10ème avec un ascenceur si petit que la poussette canne n’y rentrait pas). Pris par le temps (la naissance de Jack, la première rentrée de Lise, la recherche d’une nounou pour les trois), nous avons abandonné pendant un temps nos recherches nous disant que dans un premier temps Jack partagerait notre chambre et qu’en suite nous lui laisserons pour dormir dans le salon. Nous avons tenu un an. De jour comme de nuit, le manque de place se faisait ressentir. La journée, l’appartement était encombré par tous les meubles que nous avions pour ranger les affaires de 3 enfants, encombré par tous les jouets, encombrés par tous les habitants (2 adultes, 3 enfants et 3 chats). La nuit, le salon devenait notre chambre et celle de nos 3 chats. Nous ne pouvions pas dire que nos nuits étaient paisibles. Nous avons donc repris nos recherches, d’abord sur la même ville, mais le marché était encore plus tendu qu’un an auparavant, il n’y avait que très peu d’appartement en location et encore moins avec 3 chambres. Nous avons pris alors la décision de nous éloigner et nous nous sommes retrouvés à plus de 25 km de Paris.

Nous vivons désormais dans une maison de 145m² avec un jardin de 400m², pour un loyer légèrement inférieur au précédent. Le compromis a porté sur la distance, sur le temps de transport pour aller au travail. Au lieu d’être en 10 minutes à pied en travail, j’y suis en 1h – 1h30 de voiture le matin et je rentre en 45 minutes le soir. Il y a quelques années, cela me paraissait inconcevable et insupportable, mais nous avons préféré privilégié nos enfants (même s’ils nous voient forcément moins la semaine) et nos week-ends.

Un autre compromis auquel on ne pense pas immédiatement, c’est que nous avons dû faire le choix entre être propriétaire et avoir nos trois enfants. Si nous avions voulu être propriétaire nous n’aurions pas aujourd’hui nos trois enfants.

Parfois, je me dis qu’en ayant une vie plus simple, des métiers moins payés mais où on pourrait travailler n’importe où, nous aurions moins de compromis à faire, moins de frustrations (oui il n’y a pas que les enfants qui apprennent la frustration) : un logement moins cher, au moins aussi bien, moins de transports, ,plus de temps avec nos enfants, …

Images : artmik

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