Parle-moi ! Les bébés nous comprennent mieux qu’on ne les comprend…

Avant d’être mère, je n’y connaissais rien en enfant. Adolescente, je n’ai pas fait de baby-sitting, je n’avais pas le BAFA, et je suis parmi la plus jeune de mes cousins et cousines. Mon neveu et ma nièce étaient bien là, mais ce n’est pas en les voyant une fois tous les 3-4 mois que j’ai beaucoup appris sur le développement de l’enfant. Je plongeais dans l’inconnu. Pour tout ce qui est « technique », on apprend assez vite après « l’initiation » à la maternité. Pour tout ce qui est éducation, développement de l’enfant, et bien on n’a jamais fini d’apprendre.

Pour les vendredis intellos cette semaine j’ai parlé (ici) de ce mini article sur le site de Sciences Humaines :

À 6 mois, un enfant ne sait pas parler et se contente de babiller de « da-da » ou des « ba-ba-ba ». Mais il comprend tout de même le sens de certains mots. Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie viennent de le montrer par l’expérience suivante. 
Un bébé est placé face à un écran sur lequel sont présentés des objets différents : une main,
 une pomme, etc. L’un des parents du bébé prononce plusieurs fois le nom de l’un de ces objets (« Regarde la pomme ! » ou « Où est la pomme ? »),
 sans bien sûr le regarder afin de ne pas l’influencer. L’enfant fixe alors son attention sur la pomme…
ce qui montre qu’il a bien compris le sens du mot.

Il y a 4 ans, je n’aurais pas cru cet article. Comment un enfant de 6 mois pourrait comprendre le sens des mots ? Cela me paraissait surnaturel…

Et puis il y a eu Lise. Quand elle était bébé, je lui parlais, mais plus parce qu’il « fallait » le faire. Je lisais partout qu’il fallait parler aux bébés, qu’ils comprenaient beaucoup de chose, sinon les mots, au moins les émotions qu’on met dedans. Mais j’avoue, je trouvais ça un peu ridicule et j’imaginais que c’était assez vain. J’ai eu ce sentiment assez longtemps. Pour moi, les premiers mots que Lise a compris c’est le « non ». Elle manifestait clairement sa frustration vers 10-11 mois. Et puis je me souviens de la première fois où je lui ai dit « on fait le bain ? » et qu’elle est allé dans la salle de bain. J’étais émerveillée qu’elle ait compris, et à tord. Il me parait maintenant évident qu’elle comprenait déjà beaucoup de chose à cet âge là (elle devait avoir 15 mois).

Et puis il y a eu Melody. Je lui parlais beaucoup plus naturellement quand elle était bébé. Et puis, parce qu’il y avait sa grande soeur, on a été de suite plus « exigents » envers elle. Les limites dans les « jeux » ont été donné très tôt (dès qu’elle a commencé à se déplacer, soit vers 6 mois) parce que sinon sa soeur ne comprenait pas pourquoi les limites étaient différentes (surtout pour tout ce qui concernait la sécurité). Et on a pris l’habitude de lui demander les choses en partant du principe qu’elle était capable de comprendre ce qu’on lui demandait au même titre que sa grande soeur (comme ranger les jouets, participer à une activité, etc.). Je ne compterais pas le nombre de fois où elle nous a bluffé en faisant ce qu’on lui demandait mais sans s’imaginer qu’elle le ferait ! J’ai l’impression que cela nous a permis d’éviter pas mal de frustrations. Elle a toujours été confrontée aux limites, et même si elles ne lui font pas toujours plaisir, elle ne nous a jamais fait de grosses colère comme sa soeur (est-ce une question de tempérament, ou est-ce dû à notre approche différente ?).

Et puis il y a Jack. Jack va avoir 6 mois. C’est un petit lutin qui déborde de joie de vivre. Il dégage énormément de présence, il sait déjà capter le regard des gens comme si il leur parlait dans un langage muet mais très parlant. Pour lui, nous galérons avec le sommeil plus que pour nos filles. J’en parlais avec le médecin, une fois où j’ai consulté après une otite parce que les nuits ne s’amélioraient pas. Il n’avait plus rien, plus de raison physique de ne pas faire de bonnes nuits. Tout le temps de la consultation, il a accroché le regard du docteur qui ne pouvait s’empêcher de le regarder. Et puis, on a parlé de sommeil. Le docteur lui a parlé, lui a expliqué qu’il fallait qu’il fasse dodo, qu’il n’y avait aucune raison qu’il ne dorme plus la nuit. Que la nuit, papa et maman avaient besoin de dormir. Et bien croyez le ou pas, mais à chaque fois que ces mots en gras étaient prononcés, le petit lutin détournait la tête, regardait à l’opposé du docteur et fuyait son regard. Pour moi, c’était clair. Cette attitude ne lui ressemblait pas. Il détournait volontairement son attention quand on lui parlait de dormir. Le médecin l’a remarqué lui aussi, il a vu l’attitude de ce petit coquin changer complètement. Cela me paraissait jeune pour comprendre, jusqu’à ce que je lise cet article. Je suis désormais convaincu de sa justesse.

Je comprends maintenant à quel point, il ne faut pas confondre : ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas toujours leurs attentes, ce n’est pas parce qu’ils ne parlent pas, que les bébés ne peuvent pas nous comprendre et ne peuvent pas comprendre les mots de manière très précise.

Et vous est-ce que vos enfants vous ont étonné dans leur capacité à nous comprendre ?

Images : Marco Bernardini

Publicités

3 réflexions sur “Parle-moi ! Les bébés nous comprennent mieux qu’on ne les comprend…

  1. Comme je me reconnais dans ce billet, incroyable ! Pour Mychoup’, on a aussi eu de gros soucis pendant ses trois premiers mois avec le sommeil. Et puis un jour, au bord de la rupture, on s’est résolu à aller à la PMI. Sur place, l’infirmière a parlé avec Mychoup’. Et le miracle s’est produit.
    Bien sûr, nous avions mis en place d’autres choses parallèlement (rituel, modifications de nos comportements, soins contre les coliques…) mais nous avons compris ce jour-là que la communication, verbale ou non, était une clé à ne jamais négliger.
    Aujourd’hui, je reste épaté à chaque fois que Mychoup’ nous montre qu’elle a compris ce que nous voulions lui dire !

  2. Merci pour cet article ! J’ai vraiment lutté pour expliquer ça à mon entourage quand Petit Baroudeur était tout petit…mais j’en suis convaincue.
    Et à 2 mois, on a du faire un test auditif à l’hôpital: quand je suis arrivée, on m’a dit que le test serait effectué quand il dormirait, donc après têtée ou bib. J’ai expliqué tout ça à Petit Baroudeur, qui ne faisait jamais de sieste autrement que dans l’écharpe de portage, et incroyable, 5 minutes après il dormait dans son couffin et le test a pu se faire nickel…j’en étais baba !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s