Libérons l’assiette de nos enfants ! Que faire face à un enfant qui ne mange pas…

Je poursuis ici ma réflexion sur les problèmes d’alimentation de mes enfants initiée pour les vendredis intello que vous pouvez trouver ici. J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, avec Lise notre plus gros soucis est son alimentation :

Dans le dernier article, je pensais que pour Melody se serait plus simple et je peux maintenant répondre que non…

L’année dernière, j’ai gagné sur internet un livre intitulé « Libérons l’assiette de nos enfants » écrit par Laurence Haurat (Psychologue-Nutritionniste) et Laura Annaert (Mamanchef). Il est rédigé comme  un dictionnaire et traite de l’alimentation des 3-10 ans. Voilà des extraits de l’article Anorexie de l’enfant – Manque d’appétit pathologique.

Un diagnostic difficile

L’anorexie se traduit par une perte d’appétit ou une sélection féroce des aliments qui peut parfois être confondue avec la néophabie. L’enfant trie, refuse de goûter ce qu’il ne connait pas, se détourne d’un groupe entier d’aliments après une mauvaise expérience avec l’un d’entre eux et peut même aller jusqu’à vomir si on le force à s’alimenter. Par ailleurs, l’enfant est vif, réussit bien ses apprentissages, mais à tendance à s’isoler socialement et peut souffrir, surtout les garçons, de moqueries sur sa petite taille ou son petit poids.

Quand j’ai lu ce paragraphe, je me suis vraiment dit qu’on parlait de Lise. Hormis les vomissement et l’isolement social, tout y était. Mais c’est justement ce qui me fait dire qu’on n’a jamais été jusqu’au stade de l’anorexie. Cependant, si on ne prenait pas les choses en main, je pense qu’on aurait pu y arriver. Cela m’a conforté dans l’idée de prendre les choses en main dès maintenant. Ce qui m’a également poussé à changer d’attitude est de voir Melody commencer à son tour à vouloir s’affirmer au niveau de l’alimentation.

Enracinée dans la petite enfance
L’anorexie succède souvent à une diversification alimentaire difficile pendant laquelle l’enfant a pu être forcé à manger. Les refus répétés de l’enfant pour ouvrir sa palette alimentaire tournent rapidement au conflit ouvert, la plupart du temps avec sa mère. Celle-ci souffre de ce qu’elle analyse comme une incapacité à nourrir son enfant. Elle pense ne pas être une « bonne mère » et en veut à son enfant de le lui démontrer de manière répétée.
L’enfant peut aussi manifester une souffrance psychopathologique dont l’anorexie devient un symptôme. Il appelle à l’aide de cette manière et l’anorexie est alors souvent associée à une dépression.

Tout ça me parle également. Sauf peut être le dernier paragraphe, mais n’était pas psychologue, et n’en ayant pas consulté pour les problèmes d’alimentation de mes filles, je ne pourrais pas me prononcer. Si je ne voulais pas faire de mes filles de futures anorexiques, il fallait qu’on résolve dès maintenant nos problèmes. Et le soucis n’était pas que nos filles ne mangent pas bien, mais que nous gérions ça par le conflit, en essayant de les obliger à manger, et que j’en ressente de la culpabilité. Ce n’est donc pas à mes enfants qu’il fallait de résoudre leur problème avec la nourriture, c’était à nous, leurs parents de ne pas en faire un problème.

Les attitudes adaptées
Dans la plupart des cas, un enfant ne se laisse pas mourir de faim. L’attitude la plus adaptée est donc de réduire est donc de réduire le conflit autour de la table et de limiter, pour la mère, la culpabilité qu’engendre un enfant qui mange trop peu. Cela peut être difficile et nécessite parfois un travail psychothérapeutique de la  maman.
Dans certains cas, l’enfant répond à une problématique propre à la mère. En permanence au régime et très préoccupée par les calories et par son apparence, elle transmet à son enfant un rapport conflictuel à l’alimentation et au corps.
L’enfant et les parents peuvent aussi avoir besoin d’une aide extérieure pour retrouver un rapport normalisé avec l’alimentation. Un accompagnement psychothérapeutique individuel ou familial peut être une réponse à la souffrance des membres de la famille.

Dans mon cas, l’attitude de mes filles ne s’est pas installée par imitation de la mienne. Bien que je n’ai jamais était complètement satisfaite de mon corps, j’ai toujours été incapable de me mettre au régime. J’ai toujours quelques complexes, mais ils ne sont pas omniprésents dans ma vie (et je dirais même que chaque enfant arrivé chez nous les a relegué un peu plus loin dans mes préoccupations). Par contre, j’ai été éduqué à l’ancienne : il faut finir son assiette, même si on n’aime pas, même si on n’a plus faim. Donc pour moi, naturellement, c’était les parents qui décident ce que mangent les enfants et ils n’ont pas leur mot à dire. Pas besoin de dire que mon point de vue à bien changé maintenant les règles qu’on suit sont celles que j’avais déjà décrit ici. Et surtout, il n’y a pas de petites victoires pour nous, nous faisons la fête à chaque nouvel aliment gouté (que cela soit un brocoli, un nuggets, une pomme, de la tartiflette, etc.).

Alors, oui, définitivement : Libérons l’assiette de nos enfants !

Et vous, arrivez-vous à prendre du recul ?

Images : Sophie Lenaerts / Cédric Simon

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3 réflexions sur “Libérons l’assiette de nos enfants ! Que faire face à un enfant qui ne mange pas…

  1. Boudchoulisa dit :

    Je crois que c’est mon fils et surtout l’allaitement à la demande qui m’ont aidé à lâcher totalement prise sur l’alimentation. Si nourrisson il savait lui-même ce dont il avait besoin en terme d’horaire de tétées et de quantité de lait maternel, ça devait être pareil pour les solides. Mon rôle d’adulte consiste donc à mettre à sa disposition des aliments sains (ce qui n’est déjà pas si simple!).
    Il y a ce site : http://www.diversificationalimentaire.com/
    ainsi que le livre de Carlos Gonzalez: Mon enfant ne mange pas, qui pourront peut-être t’aider sur ce sujet si délicat.
    J’espère que tes filles vont retrouver le plaisir de manger, et toi de les voir manger.

  2. Merci pour ceci. Je suis maman d’une petite de 2 ans et demie… elle ne mange rien à la maison! il paraît qu’à la crèche elle mange très bien. Je lui fait des bonnes choses, même des gateaux au chocolat! rien! elle crie comme si je serai en train de la torturer!… Je me sens vraiement mal. Sauf son biberon, elle ne veut rien, elle est grande (90cm) mais assez maigrechonne (11.50Kg). Le mèdecin m’a dit de pas m’inquièter et quand « elle sera malade il la verra »… il doit rigoler, quand elle sera malade? mais c’est justement ça que je ne veux pas!… Sinon elle fait une vie normale, elle est en pleine santé et il paraît qu’elle est assez developpé pour son âge. Je ne veux pas qu’elle se gave, mais au moins qu’elle goute….

    • La nourriture est devenue une grosse source de stress pour nous. Justement parce qu’on avait peur qu’elle soit malade, qu’elle manque de quelque chose.
      C’est dur aussi de préparer quelque chose de bon, justement en pensant lui faire plaisir et de les voir balancer leur assiette de dédain (et mon ainée nous l’a fait au sens propre…).
      Ce que je peux te dire c’est que s’énerver, forcer à manger, punir, ne sert à rien.
      Aujourd’hui mes filles mangent bien mieux. Et je peux te dire que c’est notamment grâce au fait qu’on a arrêté de réfléchir en faisant les repas à « Est-ce qu’elle va aimer ? ». On cuisine pour toute la famille. On cuisine ce qui nous fait plaisir à nous. Ensuite, on présente l’assiette. Elle ne veut pas manger ? Tant pis, nous on ne va pas se priver, elle attendra la suite du repas, il n’y aura rien d’autre. On incite à manger mais on n’oblige pas. Et je peux te dire qu’au bout de quelques semaines, on a eu des surprises. Au début, elle rechigne, puis elle goûte et fini par manger comme si de rien n’était.
      Au début, l’amélioration n’était visible qu’avec la nounou. Aujourd’hui, même si elles ne mangent pas de tout, et bien on a régulièrement de bonnes surprises.

      Les médecins me faisaient bondir quand ils me disaient qu’elles grandissaient donc que tout allait bien. Ils n’ont pas su trouver les bons mots pour me laisser lâcher prise. Et le jour où leur courbe d’IMC a trop baissé. Et bien, ils nous ont conseillé de lui faire quelque temps que ce qui pouvait leur faire plaisir. Aujourd’hui, les repas sont redevenus un moment de plaisir, la plupart du temps, et il n’y a pas de stress sur la quantité qu’elles mangent.

      Et ta fille va commencer également à mieux écouter son corps. Pour eux, reconnaître la sensation de faim n’est pas innée. Le jour où elle comprendra qu’elle a faim, les choses se débloqueront peut être. Je te souhaite bon courage, et le conseil que je peux te donner : fait en sorte que la quantité de nourriture qu’elle mange ne soit pas un problème pour toi, et ce ne sera plus un problème pour elle non plus.

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