Travaille ! Ma fille, tu ne seras pas mère au foyer…

Je suis une maman qui travaille, et je ne pense pas être faîte pour être mère au foyer. Ce billet est le premier d’une longue série sur un sujet à la mode actuellement qui traite de mon rapport en temps que maman avec le travail. Je n’ai pas la patience et le dévouement  nécessaires pour garder mes filles toute l’année, tous les jours, toute la journée. J’aime mes filles, j’apprécie d’être avec elles, toute la journée, 3 jours par semaine). Mais j’aime travailler (sûrement parce que j’ai la chance d’avoir un travail stimulant). Je ne sais pas si cela est propre à ma personnalité ou si cela est dû à mon éducation. Ce qui est sûr, c’est que ma propre mère (mère au foyer depuis la naissance de mon deuxième grand frère) n’a eu de cesse de me répéter :

  • qu’elle regrettait de s’être arrêté de travailler, et que c’était la plus grosse erreur de sa vie,
  • qu’en tant que femme je devais travailler deux fois plus pour obtenir la même chose que les hommes,
  • que je devais être plus forte et meilleure que les hommes,
  • que je devais réussir mes études,
  • que je ne devais pas être dépendante financièrement d’un homme, ni sa « boniche »,
  • que si j’arrêtais de travailler, même temporairement, je le regretterais pour ma retraite,
  • etc.
Mais elle était aussi pleine de contradiction, puisqu’elle était elle-même mère au foyer. Elle a eu l’occasion de reprendre un travail salarié (qu’elle fait déjà plus ou moins en tant que bénévole) mais n’en a pas voulu  Elle me sollicitait beaucoup plus que mes frères pour l’aider dans les tâches ménagères.
Ma propre position est un peu différente. Effectivement, j’aime mon travail. Je ne suis pas carriériste, je n’ai pas les dents qui rayent le parquet, mais j’ai de l’ambition, j’aime les challenge, et je ne me vois pas faire le même travail toute ma vie. J’ai la chance d’avoir fait des études, et d’avoir une formation qui me permet, en théorie, d’accéder à beaucoup de fonctions différentes dans une entreprise et je compte bien en profiter.
Mon côté « maternel » n’était pas une évidence, comme ça peut l’être pour certaines personnes. Je n’ai pas passé mon enfance et mon adolescence à rêver d’avoir des enfants. Avoir des enfants était pourtant naturel, je ne me serais pas vue passer une vie sans avoir des enfants, même si je n’ai jamais passé beaucoup de temps à me projeter dans ce rôle de maman. J’ai désiré ces enfants et cette famille formée avec mon mari. Mais cela ne pourrait être l’unique « but » de ma vie.
Je ne souhaite pas non plus que mes enfants ne me voient pas, et me le reprochent plus tard. Quand ils seront adultes, je préfère qu’ils nous reprochent d’avoir été trop présents, que trop absents.

Pour concilier tout cela, je me suis mis en tête, qu’il y avait un temps pour tout.
Suite à mes études, j’ai choisi un poste qui me donnait beaucoup d’investissements au niveau horaire, et intellectuel, qui me permettrait d’évoluer rapidement et de valoriser mon diplôme par un travail qui ferait référence sur mon sujet mais en contre partie d’un environnement de travail très compétitif et éprouvant nerveusement.
Une fois que j’ai estimé avoir atteint mon objectif, j’ai alors changé de travail. Pour celui-là, j’ai privilégié le cadre de travail, le luxe d’habiter à 10 minutes de mon travail, avec moins de pression, tout en continuant à compléter mes acquis. Ce deuxième travail est certes moins stimulant, et a des perspectives d’évolutions moindres. Cependant, c’est le compromis idéal pour fonder une famille, et profiter des premières années de mes enfants, tout en continuant à travailler dans mon domaine et continuer à acquérir de l’expérience. Ma carrière est donc entre parenthèses pour un moment. Et je suis actuellement au 4/5ème ce qui me convient parfaitement.
Mon objectif, suite à cette « pause » est pourtant, une fois mes enfants devenus plus autonomes d’essayer de retrouver un travail contenant un peu plus de challenge, de responsabilités et avec de plus grandes perspectives d’évolution mais qui me demandera un plus grand investissement.
Je n’ai malheureusement pas le recul nécessaire pour savoir si mon choix sera payant, que cela soit pour ma famille ou pour mon travail. Est-ce que le « retard » que je prends aujourd’hui dans mon travail, je pourrais le rattraper plus tard ? Ce qui est sûr c’est que le temps que je ne passe pas avec mes enfants je ne pourrais jamais le rattraper. Pourtant je ne culpabilise pas de continuer à travailler, je n’envie pas les femmes au foyer. J’espère avoir fait le bon compromis pour moi, mes enfants, mon foyer.
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