Egalité ! Etre une fille ou un garçon…

Je deviens de plus en plus sensible à tous les discours qui conditionnent très tôt les filles et les garçons. Surtout quand il serait facile de dire les choses autrement.

Je suis très à cheval ce que mange nos enfants, c’est pourquoi une fois par semaine nous mangeons au mac do… J’ai trois enfants, et on commande invariablement trois Happy Meal. Et invariablement l’opératrice me pose la même question. Fille ou Garçon ? Et invariablement cela m’agace.

Il est évident que la plupart des garçons vont préférer une petite voiture Hotwheel plutôt qu’une mini Barbie, une toupie Beyblade plutôt qu’une toupie Furreal. C’est ce qu’on attend d’eux. Mais on ne leur laisse pas le choix. Si on leur proposait un Happy Meal Beyblade ou Furreal, la petite fille qui demanderait une Beyblade et le petit garçon qui demanderait une toupie Furreal ne se sentiraient pas "hors norme".

Cela ne demanderait pas un grand effort au personnel de Mac Do de changer de discours…

Egalité ! Etre une fille ou un garçon…

Ma mère m’a toujours dit que je devrais me battre pour être l’égale des hommes, obtenir les mêmes droits, les mêmes salaires, n surtout jamais m’arrêter de travailler, être indépendante financièrement, etc. J’ai aujourd’hui un regard critique sur le discours que j’ai entendu mais je reconnais que ça a du avoir de l’influence sur le métier que j’ai choisi, et sur ce que je veux pour mes enfants plus tard.

Depuis que Lise est née, il y a chez nous toute sorte de jouets : voitures, poupées, puzzle, playmobils, cuisinières et dinettes, lego, trains, balles, poussettes, etc. Nous n’avons jamais tenu un discours disant que telle chose était pour les filles ou telle autre pour les garçons. Malgré tout, c’est l’école qui a mis de la zizanie là dedans. Le bleu est devenu une couleur de garçon, le rose une couleur pour les filles. Elle s’est mise à aimer les paillettes et les princesses. Malgré tout, à force de lui dire qu’elle n’était pas obligé de se plier à se genre de convention, elle continue à jouer aux voitures, elle aime les dragons tout en se racontant des histoires de princesses.

En tant que parent, il faut partir du constat que la société actuelle incite les filles et les garçons à se comporter d’une certaine manière. J’estime que c’est notre rôle (à leur père et à moi) d’ouvrir les yeux à nos enfants (filles ou garçon) sur ces conventions et de leur rappeler qu’ils ont le droit de ne pas s’y plier. Cependant, j’aimerais parfois que la société nous aide un peu à ne pas conditionner nos enfants depuis leur plus jeune âge.

Il n’y a pas longtemps je suis tombée sur ce rayon à la Fnac près de chez moi :
2013-01-24 13.29.38

Premier constat choquant, on a donc des livres spécial p’tit garçon, et spécial p’tite fille, bien séparés dans les rayons.

Si on regarde de près les livres pour "filles" :

2013-01-24 13.29.59

Les petites filles ont le droit de "jouer" :

  • Lisa à la maîtresse,
  • Lola joue à la dinette,
  •  Lilou joue à la poupée,
  • Clara joue à la danseuse,
  • Jade joue à la coiffeuse,
  • etc.

Si on regarde côté "garçon" :

2013-01-24 13.29.44 Les petits garçons ne "jouent" pas, ils possèdent :

  • Le train de Bastien,
  • Le bus de Marius,
  • Le taxi de Rémi,
  • L’ambulance de Maxence,
  • L’avion de Gaston,
  • etc.

Certains diront que c’est un détail, que ça répond à une demande et que commercialement ça doit se justifier. Nous avons deux livres "filles" de cette collection. Si on ignore ce problème de sexisme, ils sont très bien fait, les enfants aiment beaucoup les illustrations en pâte à modeler et répondre aux questions à la fin pour montrer qu’ils ont bien écouté l’histoire. Mais j’ai décidé d’éviter désormais cette collection de livre parce que je crois qu’ils ne se vendraient pas moins bien si Lison avait un camion et si Gaston jouait à la poupée.

Et vous avez vous rencontrés des exemples aussi flagrants ?

 

Penser, c’est prédire !

« Les enfants explorent et comprennent le monde en calculant des probabilités bayésiennes » : pour Alison Gopnik, spécialiste mondialement connue de psychologie du développement, l’enfant est un anticipateur-né. Le bébé qui découvre le monde n’absorbe pas passivement les informations dont il est bombardé : il réalise en permanence des anticipations.

Voici le paragraphe qui m’a donné envie de commenter l’article Penser c’est prédire que j’ai pu lire sur le site de Sciences Humaines, pour les vendredis intellos. Vous trouverez mon article ici.

Dors ! Partager sa chambre…

Kids Sleeping

Je me souviens avoir partager ma chambre avec un de mes frères pendant quelques années. J’en garde un souvenir ni bon, ni mauvais. Et pourtant quand j’ai eu des enfants j’aurais aimé qu’ils aient chacun leur chambre.

Quand j’étais enceinte de Melody nous vivions dans un appartement avec deux chambres, et il n’était pas question de déménager. Nous avions donc 2 possibilités : faire partager la même chambre à Lise et Melody, ou laisser notre chambre à Melody et aller dormir dans le salon.

Les 3 premiers mois, Melody dormait dans notre chambre. Nous pensions la transférer dans la même chambre que Lise quand elle ferait ses nuits. Mais pas de chance les nuits furent plus longues à arriver que pour Lise (qui a fait ses nuits à 1 mois). Quand nous nous couchions le soir, cela reveillait et je dormais mal : un bébé fait du bruit la nuit et à chaque bruit j’étais aux aguets me demandant si elle allait se réveiller pour réclamer à manger. De plus nous avions réservé un chalet pour les vacances et là bas nous n’aurions pas d’autre choix que de faire dormir les puces ensemble. Donc quelques semaines avant nous avons installé les deux filles ensemble dans la mêem chambre.

Au début, le coucher était très compliqué.

Nous avons essayé de coucher Melody avant Lise. L’objectif était d’attendre que Melody dorme profondément avant que Lise ne se couche. En effet, Lise était une grande bavarde au coucher. Elle parlait ou chantait pour s’endormir et nous avions peur que ça empêche Melody de s’endormir. Malheureusement, Melody mettait parfois longtemps à s’endormir et Lise se couchait alors très tard.

Ensuite nous avons essayé de coucher Lise avant Melody. L’objectif était d’attendre que Lise dorme profondément avant que Melody ne se couche. Comme ça, il n’y aurait pas de bruit au moment de coucher Melody. Mais ce n’était pas non plus la solution, Lise pouvait parlait très longtemps avant de s’endormir et Melody était trop fatigué.

Jamais je me suis dit que de les coucher en même temps pourrait fonctionner, nous nous sommes cassé la tête à chercher une solution. Et puis nous nous sommes rendu à l’évidence, nous n’avions qu’à les coucher en même temps, cela ne serait peut être pas "pire". Et ce fut la solution miracle. Melody qui avait du mal à s’endormir sans râler, s’endormait maintenant sans un bruit. Elle écoutait sa soeur papoter et ça devait lui faire le même effet qu’une berceuse. Nous n’avions pas de problèmes pour la sieste non plus. Melody qui faisait encore la sieste le matin, faisait une plus petite sieste l’après midi que sa soeur, mais nous pouvions aller la lever sans que cela réveille Lise (et cela se passait pareil la nuit tant que Melody ne faisait pas ses nuits).

Pourtant il y a eu des périodes où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre (Dors ! Quand le sommeil ne vient pas…). Lise a eu de gros soucis d’endormissement que nous gérions très mal. Quand Lise avait 2 ans et demi et Melody 1 an, Elle avait découvert que si elle allait faire mal à sa soeur dans son lit, nous débarquions dans la chambre très en colère. Cela a duré plusieurs mois où nous avons regretté qu’elles soient dans la même chambre.

Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Nous avons parfois du mal à les coucher. Mais cela ne serait pas différent si elles étaient séparées.  Ce que je trouve drôle c’est qu’elles nous font le coup chacun leur tour. Même si sur un coup de colère, elles disent parfois qu’elles ne veulent plus partager leur chambre, je crois qu’elles auraient du mal à trouver leur sommeil sans la présence de l’autre. Je ne peux pas dire si cela influe sur leur complicité. Elles ont beaucoup de tendresse et commencent à partager des jeux avec leur petit frère même s’il ne partage pas leur chambre.

Ce que je retiens de tout ça, c’est qu’en tant que parent, je présume souvent qu’une situation va être compliquée. Pourtant, une fois que j’y suis confrontée, je me rends compte que mes enfants ont une grande capacité d’adaptation. Je me demande à quel point on se complique la vie pour éviter des situations que nos enfants sauraient très bien gérer…

Images : Svante Adermark

Déménage ! Changement de vie…

Voilà maintenant 9 mois nous avons mis notre vie dans des cartons et nous l’avons confiée à des déménageurs.
Voilà maintenant 9 mois nous avons mis nos petits bouts dans la voiture et nous avons laissé derrière nous :

- une ville que nous aimions en petite couronne
- le premier appartement de nos 3 enfants qui a vu un grand nombre de leur première fois.
- la première école et les premiers amis de Lise
- toutes ces habitudes qui faisaient notre quotidien.

Nous sommes allé habiter 25 km plus loin. Cela ne semble pas une révolution, nous n’avons pas changé de travail, nous vivons toujours en région parisienne et pourtant notre vie a changé.

Je vois moins mes enfants, 1h par jour environ en moins. J’ai plus de transports, 1h30 de transport en plus les bons jours. Pareil pour mon mari…

Mais je ne regrette pas. Nous avons gagné en espace. Nous vivons dans une maison et hormis pour notre chambre nous n’avons acheté quasiment aucun meuble. J’ai du mal à imaginer maintenant comment on pouvait avoir tout ce qu’on a aujourd’hui dans la maison dans un appartement qui faisait plus de 40m2 de moins.

Nous avons gagné un jardin. Jusqu’à il y a quelques semaines on en a profité qu’episodiquement avec l’hiver rude. Mais depuis 2 semaines on profite de ce coin de nature à portée de main sans que cela soit une expédition pour aller au square du coin.

Nous redécouvrons la nature, le rythme des saisons, la vie des oiseaux et de toutes les petites bêtes que nous croisons. Ma maison est remplie de petits bouquets de fleurs que mes enfants ne manquent pas de m’offrir quotidiennement. En 5 minutes de voiture nous sommes dans la forêt, au bord de la rivière ou à caresser des chevaux. Mais nous sommes aussi à 5 minutes de la ludothèque, de la bibliothèque, de parcs de jeux, ou de commerces.

20km nous sépare de notre appartement, mais tout y est différent : la nature, les gens, le rythme, l’école…
J’ai également l’impression d’être un peu plus zen et plus heureuse…

Pour moi le bonheur se construit à base de petits instants du quotidien dont certains ne pouvaient avoir lieu là où on habitait avant  :

  • une sortie impromptue 5 minutes avant le coucher pour observer une herbe catalputeuse de graines,
  • cueillir des tulipes dans un jardin,
  • arroser des salades et les voir pousser,
  • observer un chat se dorer au soleil,
  • construire une mangeoire pour les oiseaux et les regarder tout l’hiver venir se nourrir,
  • passer des heures à observer ses enfants découvrir mille et une nouveautés,
  • faire un bonhomme de neige puis l’observer rétrécir au soleil…

 

Images : dalbera

Soigne moi ! Mais pas que mon corps…

Voici un courrier envoyé ce jour à la clinique où mon fils s’est fait opérer.

A l’attention du personnel en charge de la satisfaction des patients,

Madame, Monsieur

Je suis Audrey, la maman de Jack (15 mois) qui s’est fait opérer dans votre clinique (pour un testicule non palpable) il y a un mois. Nous sommes rentrés à l’hôpital à midi et ressorti le lendemain à 10h.

Lors de son admission pour l’hospitalisation, vous nous avez remis un formulaire de satisfaction. Ce formulaire m’amène à penser que vous vous inscrivez dans une démarche d’amélioration du service rendu et de la qualité des soins et d’accueil dans votre structure. C’est pourquoi je me permets de vous écrire cette lettre car notre séjour dans votre service m’a laissé perplexe et m’a amené à me demander si vous aviez l’occasion d’avoir de vrais retours sur le vécu des familles et des patients qui séjournent dans votre clinique. Vous trouverez donc ici la façon dont j’ai vécu cette hospitalisation de mon fils qui reste heureusement une hospitalisation banale et routinière.

Aspect Médical 

Du point de vue médical, je ne suis pas en mesure de jugher si mon fils a reçu les soins qu’il fallait compte tenu de sa situation et je fais entièrement confiance à vos compétences. Toutefois, je suis en mesure de voir que la cicatrisation se passe bien, qu’il n’y a pas eu de complications et qu’il s’est remis très vite de cette intervention. Comme le chirurgien nous l’avait indiqué lors de la visite pré opératoire, le lendemain, il marchait, courrait, escaladait comme si de rien n’était.

Du point de vue humain, j’ai par contre était beaucoup plus désappointée, voilà pourquoi je tiens à vous faire partager comment j’ai vécu cette hospitalisation de mon enfant.

Avant l’opération 

Mon mari, Jack et moi-même sommes arrivés à la clinique à 12h (pour une opération qui avait lieu à 15h). Après un passage aux admissions, nous sommes montés au 3ème étage où nous avons été accueillis puis installés dans la chambre 314. Il s’agit d’une chambre individuelle, petite mais fonctionnelle compte tenu du temps que nous devions y passer. Très rapidement l’éducatrice est passée et nous a fourni des jouets pour Jack en fonction de ce qu’on avait convenu ensemble et l’attente s’est passé sans heurt particulier entre la chambre et la salle de jeu bien fournie. A 14h15 nous avons douché Jack dans la nurserie, puis nous sommes revenus dans la chambre où Jack en body, fatigué et affamé, a fini par s’endormir dans les bras de son papa.

L’opération

A 15h, un brancardier est arrivé avec un "berceau" pour monter notre fils au bloc. Ce "berceau" m’a plus évoqué une cage métallique et froide de couleur agressive. Et vu la réaction de mon fils, je pense qu’il partageait mon avis. Dès que nous l’avons posé il s’est mis à hurlé en s’accrochant aux barreaux. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il est dans un lieu inconnu, entouré d’inconnus, nous sommes ses seuls points de repère et nous l’arrachons de nous pour le poser dans ce "berceau". Heureusement, l’éducatrice passait par là et nous a proposé de le monter au bloc dans ses bras. Bien qu’il n’avait vu cette personne qu’une fois, il s’est de suite arrêté de pleurer et il est monté au bloc sans pleurs, un peu hagard mais rassuré par ce contact humain.

Pour nous, parents, les 3 heures suivantes nous ont paru interminables. Avant l’opération, ainsi qu’à notre arrivée, le personnel avait donné à peu près les mêmes informations. Notre fils resterait maximum 45 minutes en salle d’opération, puis il irait en salle de réveil. Il serait donc sans nous environ 1h30. Cette information avait été très importante pour moi. Au pire, mon fils serait conscient de notre absence 45 minutes. Alors quand au bout de 1h30, 2h, 3h, vous n’avez pas d’information sur votre enfant malgré vos demandes, vous ne pouvez être qu’inquiet. Pourquoi est-ce que cela dure aussi longtemps ? Y a t’il un soucis ? Pourquoi le personnel de l’étage n’a aucune information et ne semble pas avoir envie d’en demander ? J’aurais préféré qu’on nous donne une estimation de cette durée "sans nous" plus pessimiste voire aucune estimation… Si nous avions su que cela pouvait durer plus de 3h, nous nous serions également organisés autrement pour faire garder nos deux autres enfants afin que le papa ait le temps de consoler son fils à son retour et lui montrer qu’il était présent.

Retour dans la chambre 

Comment Jack a vécu ces 3 heures sans nous ? Nous n’en saurons rien. Je ne peux qu’imaginer ce qu’il a vécu en fonction de ce qu’il m’a été expliqué avant l’opération et l’état de mon fils à son retour. J’ai vu mon fils arriver avant qu’il ne nous voit. Il était assis au milieu de ce "berceau", visiblement perdu, le regard dans le vide, les traits tirés, dans une main son doudou, dans une autre le jouet avec lequel il était monté au bloc. Quand il nous a vu, il s’est de suite mis debout. En hurlant, paniqué, il s’est accroché aux barreaux de son lit. Il a ensuite littéralement grimpé sur son père et ne voulait plus le lâcher. J’ai de suite remarqué qu’il avait la voix cassée (est-ce que cela pouvait être dû à l’intubation ?). Une de ses oreilles était toute rouge et griffée. Il avait également des griffures dans la tête. J’en déduis assez facilement qu’il a beaucoup pleuré et qu’il était complètement paniqué. La nuit et les jours suivants me l’ont confirmé. Il a eu beaucoup de mal à s’endormir, il ne s’endormait que dans les bras, et dès qu’il se réveillait il avait besoin de nous pour retrouver son sommeil. J’ai passé une bonne partie de la nuit à le garder dans mes bras ou a lui dire "C’est bon Jack, je suis là" à chaque fois qu’il ouvrait un oeil.

Nous n’avons eu aucun retour, sur ces 3 heures, autre qu’un compte rendu "technique" qui tient en maximum 3 phrases et donné par le chirurgien lors de sa visite dans la soirée. Pour le reste, nous n’avons eu aucun retour ni le jour même, ni le lendemain.

Une nuit à la clinique 

Et alors que le plus dur était passé, j’ai trouvé la nuit longue et interminable. C’est au cours de cette nuit que j’ai vraiment eu l’impression de ne pas être dans un lieu adéquat pour un enfant qui avait besoin de repos.

Tout d’abord, on ne nous avait pas dit que Jack aurait une perfusion sur une main et une sonde sur le pied opposé. Je n’avais prévu qu’une turbulette et un pyjama pour le garder au chaud pendant la nuit et je me suis trouvé dans l’incapacité de les lui enfiler. Je n’avais pas pensé à lui prendre une couverture et encore moins que la clinique ne m’en donnerait pas.

Ensuite, les attentes du personnel m’ont paru inappropriées. J’ai du insister pour qu’on chauffe le biberon de mon fils a ma place parce que je ne voulais pas le laisser hurler dans la chambre pour aller à l’autre bout du couloir (je ne pouvais pas le prendre avec moi étant donné qu’il était accroché à la perfusion et au moniteur et de toute façon je ne l’aurais jamais laissé seul sans surveillance dans une chambre ou quiconque peut rentrer comme bon lui semble). On m’a demandé de ne pas garder mon fils dans les bras pour qu’il dorme. Si je comprends le bien fondé de cette remarque (mon fils aurait pu tomber de mon lit), je ne comprends pas qu’on s’attende à ce qu’il arrive à s’endormir comme un charme dans cet endroit inconnu dans ce "berceau" froid après une opération qui reste éprouvante. Même le poser dans le berceau une fois endormi était un vrai challenge pour ne pas le réveiller (descendre de mon lit, le poser dans son berceau, placer les différents câbles correctement pour ne pas qu’il soit gêné, relever les barreaux, essayer à ce que le système de fermeture ne fasse pas trop de bruit pour ne pas l’effrayer, me remettre dans le lit, etc…), je n’y suis que 2 ou 3 fois et jamais du premier coup. Et quand j’y parvenais, peu de temps après le personnel soignant passait pour relever ces deux fameux chiffres sur le moniteur relié à son pied ce qui n’a jamais manqué de réveiller mon fils aux aboies.

Ce moniteur a aussi contribué à notre mal être. Mon fils dort dans le noir chez nous, surtout la nuit (je ne connais d’ailleurs pas grand monde qui dorme autrement). Alors c’est sûr que de se retrouver avec un moniteur juste au dessus de sa tête ( qui diffuse une lumière bien agressive et qui sonne dès qu’il bouge un peu trop dans son lit) n’a pas aidé mon fils à s’endormir sereinement et à rester endormi.

Ce que j’aurais aimé 

Alors nous étions contents tous les deux de ne passer qu’une seule nuit dans la clinique. Je n’ai pas arrêté d’essayer d’imaginer ce que les enfants et les parents qui doivent rester plus longtemps, pour des opérations beaucoup plus compliquées que la notre, devaient vivre .J’ai pourtant le sentiment qu’il ne m’aurait pas fallu grand chose pour me sentir moins mal à l’aise.

Quand mon fils est parti au bloc, j’aurais aimé avoir le sentiment de le confier à quelqu’un. On y était presque puisque l’éducatrice nous a proposé de le récupérer dans le berceau où il hurlait pour le monter dans ses bras au bloc. Cela là de suite calmé d’ailleurs. Malheureusement cela n’a pu être possible que par un concours de circonstance et une fois au bloc j’imagine qu’elle n’est pas restée. Il nous est revenu seul dans son berceau. J’aurais aimé voir le visage de la personne qui était là à son réveil et qu’elle nous le ramène dans ses bras. Ce serait beaucoup plus humain et cela permettrait une transmission rapide en quelques mots et un sourire (il va bien, il est déboussolé, il a beaucoup pleuré mais maintenant ça va aller). J’aurais eu l’impression qu’il a été entre de bonnes mains et qu’on s’est occupé de son bien être autant physique qu’émotionnel. Alors qu’en le récupérant dans son berceau hagard, je me suis demandée combien de temps il avait passé dans ce berceau à se demander où il était, et où nous étions.

J’aurais aimé que le personnel de l’étage puisse nous dire s’il était sorti du bloc ou non pendant les heures d’attente.

J’aurais aimé que mon fils se sente rassuré dès qu’il nous retrouve et que je puisse le garder en toute sécurité à portée de main (et de caresse) toute la nuit. Nous ne faisons pas partie des parents qui pratiquent le cododo et dorment avec leur enfants dans le lit. J’ai pourtant connaissance de l’existence de lits adaptés qui permettent de dormir près de son enfant sans risque (version berceau de maternité : http://www.kododo.fr/fiche-produit-berceau-maternite, mais il existe le même genre de dispositif avec des lits à barreau). En suivant ce principe, il suffirait de pouvoir mettre à même niveau les berceaux existant de la clinique et le lit des accompagnants et de les accrocher ensemble pour concilier la sécurité physique de l’enfant et son besoin de contact après l’opération.

J’aurais aimé que le côté "médical" de sa surveillance nocturne soit moins présent. La perfusion n’était apparemment pas "indispensable" puisqu’aux dires du personnel de la clinique, elle ne fonctionnait pas sur mon fils, mais je conçois qu’elle aurait pu être utile. J’imagine également que suivre son rythme cardiaque et son oxygénation était aussi nécessaire. Mais, aurait-il été possible d’espacer un peu plus les relevés de valeur ? Aurait-il été possible de placer le moniteur au pied du berceau plutôt qu’à sa tête pour que mon fils n’ait pas la lumière en pleine tête et pour que le personnel soignant n’ait qu’à passer la tête discrètement pour prendre ces deux valeurs ?

J’aurais aimé que le côté humain de cette hospitalisation me donne envie de vous remercier sincèrement de votre aide et de votre soutien, d’admirer votre travail et votre courage. Je suis consciente qui ce qui est quelque chose d’exceptionnel pour les patients et leur entourage est le quotidien de votre personnel. J’imagine très bien le courage qu’il faut pour aller travailler tous les jours dans un contexte comme cela où les tâches, pas toujours gratifiantes se succèdent et les personnes que l’on soigne ne prennent pas toujours la peine de vous remercier (trop pris dans leur hâte de fermer la page de leur maladie). Mais j’ai du mal à croire que la solution pour y arriver était de se détacher complètement du côté humain si difficile à gérer mais aussi si important pour les malades et leurs soignants.

La clinique est un endroit où on vous aide à guérir, ou on vous soigne. Cela devrait être un soulagement d’y aller quand on sait que l’on va en sortir guéri et non une appréhension, une épreuve par laquelle on doit passer coûte que coûte.

Je vous remercie d’avoir pris la peine de lire mes impressions. Et je vous remercie pour l’aide apportée à mon fils. Je n’avais pas pu vous remercier au moment de notre sortie puisque comme vous l’aurez compris j’avais hâte de sortir de votre clinique, tellement j’ai subi cette hospitalisation de mon fils comme une contrainte inévitable. Mais je vous suis reconnaissante des soins médicaux apporté à mon enfant.

En espérant que ce courrier puisse être utile,

Cordialement,

Audrey

PARENTS, PENSONS LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES ENSEMBLE.

Nous sommes parents.

Nous sommes inquiets.

En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.

Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.

Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.

Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.

Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.

Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et  remettrait en question l’organisation des familles.

Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.

Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.

Nous demandons à être entendus.

Prenons le temps de réformer l’école ensemble.

Les 85 Signataires

8alamaison , Agathe VANDAME , Aimé Blumentern , Allo Maman Dodo ,
Anaïs Petitevie ,  Annabelle , Astrid Lareinedeliode ,  Audrey, Madame Koala ,
Aymeric Marlange , Béalapoizon , Bébé-Bonheur Mum ,
Bettina Brouard , Buhot Stéphanie , Carole Nipette ,
Caroline , Céline Fenie , Ces Doux moments ,
Chiawaze , Ciloubidouille , Claire Hoenen , Colombe ,
Cranemou , Cynthia , David Beck , Delphine Gagnon , Doudette , Emma Foxymama ,
Estelle Malice et BlablaEstelle Peralta , Expressions d’enfants ,
FashionMama , Florence , FlorenceMKoenig , Gaëlle Picut ,
Gauthier Vranken , Ginie Femmesweetfemme ,
Harmony Rouanet , Henry le Barde , Isabelle Duvert , Jane Gueneau aka. Libelul ,
Julesetmoa , Julie B , Julie Dessagne , Julien , Juliette Merris , Karen Demaison ,
Karine Un bébé pour mes 30 ans La Poule Pondeuse ,LN moitoutetrien ,
Lul en Lune , Lulu From Montmartre , Lydiane Le Roy ,
M Delobel , Madame , Madame Parle ,
Madame Zaza of Mars , Madame Ziadeh , Maman nanou ,
Mamanwhatelse , Marc Guidoni ,Marie-Gwénaëlle Chuit ,
Marlène Schiappa , Mauvais Père , Mazzhe , Michaëla Avventuriero ,
Michèle, Maman on bouge , Missblogdel , MissBrownie ,
 Mum&Mômes , Naddie , Nadine A ,
Nicolas Gilbert @zegilbos Parisienne Vincennes , Pourquoisecompliquerlavie , Sabine ,
Samuel Lamotte d’Incamps , Sandra Elle , Sandrine Donzel ,
Sophie Reynal , Tetedeblog , Till the Cat , Une maman blogueuse ,
Unperfect mum , Voilapapa , Yusaku (Père de 3 enfants)